Réouverture partielle du poste-frontière entre le Kurdistan irakien et le Rojava
Les autorités kurdes d’Irak ont annoncé hier la réouverture du poste-frontière reliant le Kurdistan irakien à la région autonome du Rojava / Syrie du Nord et de l’Est, après 26 jours de fermeture unilatérale. Cependant, le poste-frontière ne sera ouvert qu’à des unités de personnel spécifiques et à des ONG d’aide humanitaire, selon les autorités kurdes d’Irak.
La réouverture du poste frontière de Semalka est un soulagement pour la région, qui est aux prises avec une pénurie de fournitures essentielles, notamment du lait maternisé et des produits de base. La fermeture du poste frontière le 11 mai par le gouvernement régional du Kurdistan (GRK), sans explication détaillée ni date de réouverture, a aggravé les inquiétudes et exacerbé la crise humanitaire dans la région.
Selon la direction, le poste frontière de Semalka fonctionnera selon les règles en vigueur avant sa fermeture, c’est-à-dire qu’il sera ouvert trois jours par semaine : dimanche, lundi et mercredi. Alors que l’accent sera initialement mis sur la facilitation du travail des organisations impliquées dans les efforts d’aide humanitaire, on espère que la reprise du trafic commercial stabilisera progressivement les prix et allégera la pression économique sur les communautés locales.
Au cours des dernières semaines, plusieurs réunions ont eu lieu entre médiateurs et responsables du Kurdistan irakien visant à trouver une solution à la fermeture soudaine du point de passage.
Le point de passage de Semalka sert de lien crucial entre l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES) dirigée par les Kurdes et le Gouvernement Régional du Kurdistan en Irak. Environ 60% des denrées alimentaires et des produits entrant dans le nord et l’est de la Syrie passent par Samalka / Faysh Khabur.
Outre son importance pour la circulation des biens et des personnes entre les deux régions, la traversée joue également un rôle essentiel pour transporter les patients atteints de maladies incurables et faciliter les visites, notamment de l’étranger.
Le Kurdistan irakien avait déjà fermé unilatéralement le poste-frontalier de Samalka / Fish Khabur pendant 40 jours fin de 2021.
Medya News
IRAN. Les femmes détenues soumises aux fouilles rectales et vaginales
IRAN – Les manifestations provoquées il y a près de 9 mois suite au meurtre de Jina Mahsa Amini, une jeune Kurde tuée par la police des mœurs pour un voile « mal porté », ont été sévèrement réprimées par le régime et plusieurs milliers de jeunes, adolescents et enfants détenus par le régime sont victimes de traitements inhumains, dont des violences sexuelles et meurtres sous la torture qui ont été documentés à plusieurs reprises. Dans l’article suivant, le site IranWire publie le témoignage d’une activiste qui dénonce les fouilles rectales et vaginales subies par les femmes détenues.
De nombreux rapports continuent de faire état de femmes soumises à des traitements inhumaines dans les centres de détention iraniens, notamment des actes de torture, des violences sexuelles et des humiliations.
Une militante des droits des enfants de la ville de Tabriz, au nord-ouest, a déclaré à IranWire que de nombreuses femmes détenues ont été contraintes d’exposer leur corps nu devant des caméras, sans connaître le but de ces vidéos et qui aurait accès aux enregistrements.
Les interrogateurs ont également soumis les détenues à des contacts physiques invasifs, y compris des examens rectaux et vaginaux, pour s’assurer que les prisonnières ne cachaient rien, a déclaré Nargis, qui est un pseudonyme pour protéger son identité.
Nargis, qui a été détenue lors de manifestations à l’échelle nationale l’année dernière, est elle-même victime de fouilles corporelles aussi invasives et humiliantes. Elle a déclaré que les autorités soumettent les détenues à des traitements « illégaux » et « inhumains » pour les « briser mentalement ».
Nargis a déclaré qu’elle avait été soumise à un total de huit déshabillages et fouilles corporelles avant son transfert entre le centre de détention et les services de renseignement.
« Chaque matin, tout au long de mon interrogatoire, lorsqu’ils m’ont transportée du centre de détention au département du renseignement et vice-versa, j’ai subi le même type de fouille physique. Au cours des deux derniers jours, lorsque j’ai été emmenée en prison, j’ai subi deux autres fouilles physiques.
Ils ont méticuleusement fouillé nos vêtements et inspecté nos soutiens-gorges et nos culottes. Ils ont vidé les poches de nos pantalons et autres vêtements, et si nous portions une ceinture, ils l’examinaient aussi. »
Narges a déclaré que la fille de trois ans de l’une des agents avait assisté à au moins une des fouilles à nu.
« J’ai protesté, refusant de me déshabiller devant l’enfant, et [la mère] m’a ordonné de m’écarter. Certaines femmes, arrêtées pour des accusations liées à la drogue, ont également été soumises à des inspections avant moi. »
Narges a déclaré que certaines fouilles à nu ont été filmées : « J’ai été transférée d’un service de renseignement à un autre. Le bureau du renseignement disposait d’un petit espace dépourvu de caméras où nous avions pour instruction de nous déshabiller. Une fois entièrement nues, nous devions nous asseoir et jouer des mouvements spécifiques pour s’assurer que si nous avions dissimulé quoi que ce soit, il serait expulsé. J’ai protesté avec véhémence contre cette pratique dégradante. »
Narges a déclaré que de telles inspections physiques contrevenaient à l’article 53 du code régissant l’organisation des prisons.
L’activiste a déclaré que cet article exige que ces inspections aient lieu dans une pièce désignée et que, dans la mesure du possible, des appareils électroniques doivent être utilisés pour les fouilles corporelles.
« Le règlement interdit explicitement les inspections corporelles sans vêtements ou les examens intimes… Pourtant, ces violations persistent. J’ai été fouillée sans appareils électroniques (…). »
Article en anglais à lire ici: Activist Exposes “Inhumane” Rectal, Vaginal Searches In Iran Jails
IRAN. Décès suspect d’une policière qui avait démissionné
IRAN / ROJHILAT – Mansoure Segund, une policière kurde qui a démissionné en protestation des attaques ciblant ls manifestants est morte à Abdanan (province d’Ilam).
Avant sa mort (meurtre), les renseignements iraniens avaient menacé la jeune femme déclarant qu’elle pourrait être assassinée par les forces gouvernementales. Suite aux menaces, Mansoure Segund s’était cachée mais avait déclaré que « tôt ou tard, on me retrouvera et me tuera »…
Les autorités iraniennes ont prétendu que la jeune femme était morte suite à une crise cardiaque.
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SUEDE. Manifestation contre la criminalisation des Kurdes à la demande d’Erdogan
STOCKHOLM – Sous la devise « Non à l’OTAN, pas de lois Erdoğan en Suède », des centaines de personnes ont défilé à Stockholm contre l’introduction de lois « antiterroristes » ciblant les Kurdes et l’entrée prévue du pays nordique dans l’OTAN.
Dimanche après-midi, des centaines de manifestants ont défilé à Stockholm contre le durcissement des lois suédoises sur le terrorisme. Le réseau « Alliance contre l’OTAN » (NEJ TILL NATO) ; une alliance d’organisations kurdes, du mouvement suédois pour la justice climatique et de groupes de gauche, anarchistes et féministes. Leur devise était : « Non à l’OTAN, pas de lois Erdoğan en Suède ». Il y avait de nombreuses personnalités politiques, des militants des droits de l’homme et des intellectuels parmi les manifestants.
De nouvelles lois antiterroristes sont entrées en vigueur en Suède la semaine dernière, criminalisant la participation, la promotion, le renforcement et le soutien d’une « organisation terroriste » dans le pays et à l’étranger et passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à huit ans de prison. La modification de la loi était une exigence clé de la Turquie pour accepter l’adhésion de la Suède à l’OTAN. Sous l’impression de la guerre d’agression russe contre l’Ukraine, Stockholm a demandé son admission dans l’alliance de défense occidentale en 2022. Le chef de l’État turc Recep Tayyip Erdoğan accuse le pays scandinave d’être un refuge pour les « terroristes », notamment les personnalités de l’opposition kurde et les membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Depuis un an, il oppose son veto à l’adhésion de la Suède à l’OTAN. Erdoğan appelle à une position plus dure contre les militants kurdes, qu’il considère comme des « terroristes », Stockholm parie maintenant sur le fait que la législation plus stricte peut résoudre le blocus turc de l’adhésion de la Suède à l’OTAN.
ANF
IRAN. Deux séismes ont frappé la province kurde de Kermanchah
IRAN / ROJHILAT – Deux séismes se sont produits aujourd’hui dans la province kurde de Kirmashan (Kirmaşan), au Kurdistan « iranien ». On ne sait pas encore si les séismes ont fait des victimes ou des dégâts.
Le Centre d’enregistrement des tremblements de terre de l’Université de Téhéran a annoncé que le tremblement de terre d’une magnitude de 4,7 sur l’échelle de Richter s’est produit dans la ville de Gaware du district de Dalaho à l’ouest de la province de Kermashan.
Selon les informations, une demi-heure après le premier séisme, un autre séisme d’une magnitude de 4 s’est produit dans le district de Dalaho.
Dalaho a population de plus de 40 000 personnes et se trouve à 100 km du centre de la ville de Kirmashan. (Via Rûdaw)
KURDISTAN. L’armée irakienne lève le siège du camp de réfugiés de Makhmour
IRAK / KURDISTAN – L’armée irakienne encerclait le camp de réfugiés kurdes de Makhmour depuis 16 jours pour prendre le contrôle du camp qui est autogéré depuis des décennies et qui fait grincer les dents de la Turquie. La résistance acharnée des réfugiés de Makhmour a fait reculer l’armée irakienne qui vient de lever son siège ce dimanche 4 juin.
L’Assemblée populaire démocratique de Maxmur a déclaré ce soir qu’à la suite d’un accord conclu, l’armée irakienne s’est retirée des alentours du camp.
Le coprésident de l’Assemblée populaire démocratique, Yusuf Kara, a déclaré : « Notre peuple résiste au siège de l’armée irakienne depuis 16 jours. Ce siège n’était pas nouveau. En 2021, ils voulaient entourer notre camp de clôtures grillagées. Les attaques en question se développent sous la pression de l’État turc et de la famille Barzani. Le PDK et l’État turc veulent évacuer le camp de Maxmur. Jusqu’à présent, les habitants du camp n’ont pas violé les lois irakiennes. Lors de nos réunions avec l’Irak, nous leur avons constamment rappelé qu’ils ne devaient pas agir conformément aux souhaits de l’État turc et du PDK ».
MAKHMOUR DANS LE VISEUR DE LA TURQUIE
Le camp, qui abrite environ 12 000 réfugiés kurdes, a été la cible de plusieurs frappes aériennes turques ces dernières années. Cependant, ni le gouvernement irakien, ni le gouvernement régional du Kurdistan (KRG) ni l’ONU n’ont condamné ces attaques, provoquant la consternation parmi les résidents du camp.
ROJAVA. Des mercenaires de la Turquie tuent une femme kurde de 70 ans à Afrin
SYRIE / ROJAVA – Les forces turco-islamistes poursuivent leurs crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans le canton kurde d’Afrin, dans le nord de la Syrie, depuis son invasion en mars 2018.
Selon l’organisation des droits humains d’Afrin, des mercenaires de la Brigade Sultan Mohamed Fatih ont abattu Qedriye Elî, 70 ans, dans le quartier de Marate d’Afrin, le samedi 3 juin.
Afrin occupé depuis 2018
Le canton d’Afrin est le canton le plus à l’ouest du Rojava et du nord et de l’est de la Syrie, où vivaient 200 000 Kurdes. Bien que la population soit majoritairement kurde, elle abritait divers groupes religieux, notamment des yézidis, des alévis et des chrétiens, aux côtés de musulmans sunnites.
Le 20 janvier 2018, la Turquie a lancé des frappes aériennes sur 100 sites à Afrin, au début l’opération d’invasion « Rameau d’Olivier ».
L’armée de l’air turque a bombardé sans discernement des civils ainsi que des positions des YPG/YPJ, tandis qu’un assaut au sol a été mené par des factions et des milices organisées sous l’égide de l’armée nationale soutenue par la Turquie.
Le 15 mars, des milices soutenues par la Turquie avaient encerclé la ville d’Afrin et l’avaient placée sous un bombardement d’artillerie. Une frappe aérienne turque a frappé le seul hôpital en activité de la ville, tuant 16 civils.
Les civils ont fui et les Forces démocratiques syriennes (FDS) se sont retirés et, le 18 mars, la Turquie occupait de facto Afrin. Entre 400 et 500 civils sont morts lors de l’invasion, en très grande majorité à cause des bombardements turcs. D’autres civils ont été sommairement exécutés sur le terrain.
Avant l’invasion turque, Afrin était l’une des régions les plus pacifiques et les plus sûres de la Syrie, n’ayant pratiquement jamais vu de combats pendant la guerre civile, à l’exception d’escarmouches occasionnelles entre les YPG/YPJ et les forces djihadistes à ses frontières. En conséquence, Afrin avait offert un refuge pacifique à plus de 300 000 personnes déplacées internes venues d’ailleurs en Syrie.
ANF
A quoi rime la fête des mères au Kurdistan?
Aujourd’hui, dans de nombreux pays du monde, on célèbre la « fête des mère » et à cette occasion, une abonnée de notre page nous a envoyé un message saluant le courage des femmes et mères kurdes. On en profite pour vous dire ce que signifie la fête des mères au Kurdistan alors que le régime islamofasciste d’Erdogan vient de consolider son règne en Turquie et qu’il veut mener de nouvelles guerres génocidaires au Kurdistan, y compris dans la région yézidie de Shengal, et que les régimes iranien, syrien et irakien ne sont pas non-plus tendre avec les enfants et jeunes kurdes…
A quoi rime la fête des mères au Kurdistan?
Aujourd’hui, dans certains pays dont en Turquie, on célèbre la « fête des mères », dans un pays où tant de mères kurdes « rêvent » de recevoir, non pas de fleures, mais le corps d’un enfant tué ou porté disparu entre les mains des sbires de l’État turc.
On ne sait pas trop quand et comment la fête des mères est arrivée en Turquie et dans le Kurdistan du Nord (Bakûr), mais une chose est sûre : chaque année, le deuxième dimanche du mois de mai, on y « célèbre » la fête des mères. Ce jour-là, de nombreuses mères kurdes, dont au moins un enfant a été tué ou porté disparu entre les des sbires de l’Etat turc, ne peuvent s’empêcher de passer la journée en larme.
Les plus « chanceuses » de ces mères kurdes qui ont les tombes de leurs enfants y vont se recueillir. Mais souvent, les tombes de leurs enfants sont détruites par l’armée turque car leurs enfants sont qualifiés de terroristes pour avoir embrassé la lutte de la liberté pour vivre libres sur leurs terres colonisées. Parfois, elles veillent dans les cimetières pour empêcher les soldats turcs de détruire les tombes et parfois, à main nue, elles reconstruisent les tombes détruites d’où leur surnom « Les Antigone(s) kurdes ».
D’autres de ces resteront à la maison, en espérant un jour trouver les restes de leurs enfants disparus parfois depuis si longtemps. Certaines d’entre-elles sont mortes, sans que leur « voeux » soit exaucés.
D’autres continuent à chercher les restent de leurs enfants et à interpeller les autorités turques en se rassemblant, vêtues de leurs voiles blancs, symbole de la paix, tous les samedis à Amed (Diyarbakir) ou à Istanbul, sur la place Galatasaray, depuis 25 ans déjà. On les appelle les mères de la paix ou les mères du samedi. Alors, pendant que d’autres célèbrent la fête des mères, nous, on souhaitent que ces mères kurdes aient le d’avoir leurs enfants en vie, qu’importe si elles n’ont pas un jour de fête pour elles. Il n’y a rien de de plus sacré que la vie d’un enfant.
*Image des mères kurdes dont les enfants ont été tués par des paramilitaires et les forces armées turques
Brève arrestation d’un journaliste français au Kurdistan irakien
PARIS – Le vendredi 2 juin, le journaliste français Benoit Drevet a été détenu brièvement par les forces de sécurité kurdes alors qu’il se trouvait dans la région de Galala pour effectuer un reportage sur les conséquences des bombardements sanglants menés par la Turquie soi-disant pour chasser la guérilla kurde (PKK) mais qui vident la région de sa population.
Le journaliste Benoit Drevet a déclaré sur Twitter concernant sa brève arrestation: « Les personnes qui m’ont privé de ma liberté ont été respectueuses, j’étais un “invité” un peu particulier. “L’ordre vient d’en haut” étant le seul obstacle à ma libération. »
De son côté, la France, par la voix de son consul à Erbil, Olivier Decottignies, a condamné l’arrestation et la détention arbitraire de Benoit Drevet, qui est une « nouvelle illustration » des « atteintes récurrentes à la liberté de la presse et aux droits des journalistes dans l’ensemble de la Région autonome du Kurdistan ».
Les forces de sécurité de Sulaymaniyah (Asayish) contrôlées par l’UPK viennent de réfuter les allégations d’arrestation du journaliste français et de son assistante.
Ces dernières années, la région autonome kurde d’Irak est régulièrement pointée de doigt à cause des attaques ciblant les journalistes et la liberté de la presse.