TURQUIE. Acquittement des suspects du procès de « JİTEM – ANKARA »
TURQUIE – Tous les accusés dans une affaire impliquant les paramilitaires turcs (JITEM) auteurs des meurtres de milliers de Kurdes et d’opposants de gauches commis par les forces de l’État turc dans les années 1990 ont été acquittés. Déclarant que l’acquittement des accusés dans l’affaire « JİTEM – ANKARA » était une décision politique, l’avocat Sertaç Ekinci, fils d’Yusuf Ekinci, une des victimes de JITEM dans les années 90, a déclaré: « Nous considérons qu’il s’agit d’une triste décision concernant l’avenir de la Turquie et la démocratie turque ».
Tous les accusés dans l’affaire ANKARA-JITEM, dont l’ancien chef de la police et ministre de l’Intérieur Mehmet Ağar et l’ancien agent de renseignement Korkut Eken, ont été acquittés lors de leur procès à Ankara le 26 mai, ce qui signifie qu’il n’y a plus de procès en cours pour les crimes commis par les forces étatiques turques contre l’opposition de gauche et kurde du pays dans les années 1990.
L’affaire Ankara JITEM tournait autour des exécutions extrajudiciaires de 19 personnes entre 1993 et 1996 à Ankara et dans les villes voisines. La septième audience de l’affaire a eu lieu à la première Cour pénale d’Ankara.
Dix-neuf accusés, dont Mehmet Ağar, l’ancien chef du département des opérations spéciales İbrahim Şahin, et les anciens officiers des opérations spéciales Korkut Eken, Ayhan Çarkın, Ayhan Akça, Ercan Ersoy, Ahmet Demirel et Enver Ulu, tous membres présumés des paramilitaires turcs, ont été impliqués dans l’affaire.
L’accusation a plaidé en faveur de l’acquittement des accusés sur la base de déclarations contradictoires et du temps qui s’est écoulé, ce qui a entravé l’acquisition de nouvelles preuves.
Les avocats participants ont demandé du temps pour répondre à la déclaration finale, mais leur demande a été rejetée par le tribunal, qui y a vu une tentative de prolonger le procès. Par la suite, les avocats représentant les accusés ont exprimé leur accord avec le résumé de l’accusation et ont demandé leur acquittement.
Eres Baskın, un participant à l’affaire, s’est adressé au tribunal en termes émouvants, exprimant la nécessité de découvrir la vérité sur le sort des 19 personnes impliquées. Baskın, qui demandait justice depuis une décennie, a juré de poursuivre la lutte en dehors de la salle d’audience, en s’associant à des organisations comme les Mères du Samedi, qui plaident pour la justice dans les cas de disparitions forcées.
L’avocat Sertaç Ekinci a fait valoir que le tribunal n’avait pas le pouvoir suffisant pour faire la lumière sur les meurtres non résolus et a contesté la demande d’acquittement. Il a souligné l’utilisation des pistolets mitrailleurs UZI dans les crimes, qui avaient été révélés par Sedat Peker, un ancien patron de la mafia devenu lanceur d’alerte maintenant en exil. Ekinci a considéré la demande d’acquittement comme une violation des principes juridiques généraux et a exhorté le tribunal à la rejeter.
D’autres avocats impliqués dans l’affaire ont également fait part de leurs préoccupations. Yusuf Ataş a critiqué une décision de la cour d’appel, affirmant qu’elle reflétait l’opinion du tribunal de première instance, sapant ainsi la notion de procès équitable. Nuray Özdoğan a souligné l’importance de discuter de toutes les preuves et a critiqué l’accusation pour ce qui semblait être la défense des accusés.
Plusieurs organisations de défense des droits de la Turquie, dont l’Association de surveillance pour l’égalité des droits et l’Association des droits de l’homme, ont publié une déclaration commune en février, appelant à ce que l’affaire soit empêchée de tomber sous le coup du délai de prescription.
Finalement, le tribunal a décidé d’acquitter tous les accusés, laissant un sentiment de déception et de désespoir parmi les familles des victimes, qui avaient espéré que justice serait enfin rendue. Cette décision d’acquittement a soulevé des inquiétudes quant à une culture d’impunité qui prévaut et à la nécessité de rendre des comptes dans le système judiciaire turc.
Alors que l’affaire Ankara JITEM touche à sa fin, des questions subsistent quant à savoir si les crimes commis dans les années 1990, qui ont marqué la tristement célèbre guerre contre les progressistes du pays et l’opposition kurde, seront un jour pleinement confrontés et résolus.
ARRIÈRE-PLAN
Les rapports de la Commission parlementaire turque d’enquête sur les assassinats politiques par échec en 1995 et de la Commission Susurluk en 1996 ont révélé la création d’une unité connue sous le nom de JİTEM*. Cette unité a été mise en place au sein de l’organisation étatique sous prétexte de lutte contre le terrorisme mais a été largement et systématiquement impliquée dans des actes de torture, des disparitions et des exécutions extrajudiciaires au nom de l’État depuis la fin des années 80. Une quantité importante d’informations et de documents ont été trouvés comme preuves à l’appui de ces affirmations.
Cependant, malgré les preuves, aucune enquête n’a été ouverte sur les activités du JİTEM et aucun procès n’a été engagé pendant une longue période. Les actes d’accusation préparés en 1999 et 2005 concernant la disparition forcée de 12 personnes à Diyarbakır et dans ses environs, dont Hasan Caner, Hasan Utanç, Tahsin Sevim, Mehmet Mehdi Kaydu, Harbi Arman, Lokman Zuğurli, Zana Zuğurli, Servet Aslan, Şahabettin Latifeci, Ahmet Ceylan, Mehmet Sıddık Etyemez et Abdülkadir Çelikbilek avaient conclu que les prévenus avaient « participé à l’organisation JİTEM », « créé une organisation pour commettre un crime » et « commis plusieurs homicides ».
La détermination du tribunal approprié pour traiter ces affaires est devenue un sujet de débat, impliquant les cours de sûreté de l’État, les tribunaux militaires, les tribunaux spécialement autorisés, les cours pénales et les tribunaux de contentieux. Enfin, en 2010, les procès ont débuté devant la 2e Cour pénale de Diyarbakır, appelée affaire principale du JİTEM. En 2014, cette affaire a été fusionnée avec l’enquête sur le meurtre de l’intellectuel et journaliste kurde Musa Anter, et pour des raisons de « sécurité », elle a été transférée à la 6e Cour pénale d’Ankara en 2015. En 2019, l’affaire concernant la disparition d’Ayten Öztürk, une ouvrière d’usine d’Elazığ, a également été consolidée avec ces affaires en cours.
Qu’est-ce que le JITEM?
*JITEM est l’abréviation de Jandarma İstihbarat ve Terörle Mücadele (service de renseignements et antiterrorisme de la gendarmerie). JITEM a été actif dans le conflit kurde en Turquie. Après le scandale de Susurluk, les anciens premiers ministres Bülent Ecevit et Mesut Yılmaz ont confirmé l’existence de JİTEM.
PARIS. Présentations de la revue « Études Kurdes » et du livre « Introduction à la linguistique kurde »
PARIS – L’Institut kurde de Paris organise deux présentations d’ouvrages le samedi 3 juin à l’occasion de la publication du 15e numéro de la revue « Études Kurdes » ayant pour thème « Genre et politique dans les espaces kurdes » ainsi que du livre « Introduction à la linguistique kurde » du linguiste Salih AKIN.
L’Institut kurde a le plaisir de vous inviter à la présentation du 15e numéro de la revue Études Kurdes, qui vient de paraître, en présence des contributeurs de ce numéro ayant pour thème « Genre et politique dans les espaces kurdes ». (Avec Pierre BANCE, Fatemeh KARIMI, Hardy MÈDE et Somayeh ROSTAMPOUR)
Cette présentation sera suivie de celle de l’« Introduction à la linguistique kurde » de Salih AKIN, professeur à l’Université de Rouen, publié par les éditions Lambert-Lucas.
RDV le samedi 3 juin 2023, à 16 heures,
A l’Institut kurde de Paris
106, rue La Fayette, F-75010 Paris
M° Poissonnière – Gare du Nord – Gare de l’Est
JÎNA-BENDAN – Femme Vie Liberté, Recueil de poésie en soutien aux femmes du Kurdistan et d’Iran
PARIS – En novembre 2022, la poétesse kurde Nazand Begikhani et plusieurs autres poètes francophones rendaient un hommage poétique à Jina Mahsa Amini et toutes les femmes en Iran et au Kurdistan en lutte pour leurs droits à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.
Ce projet poétique baptisé « Jînabendan », un nom combiné du nom de Jîna Mahsa Amini. « Bendan » vient de Khana bendan (Henne Bendan), la fête ayant lieu la veille du mariage lors de laquelle on applique du henné sur les mains de la future mariée pour marquer la fin de la vie de jeune fille et l’entrée dans la vie conjugale.
Les poèmes lus ce jour-là ont été réunis dans un recueil publié par la maison d’Éditions L’Harmattan (collection: Peuples cultures et littératures de l’Orient) sous le titre de « JÎNA-BENDAN ».
« Ce recueil est inspiré de la résistance des femmes du Kurdistan et d’Iran qui se battent depuis le mois de septembre 2022 pour la liberté et contre l’oppression étatique et patriarcale du régime des ayatollahs. Il contient 44 poèmes de poètes français et francophones [en solidarité avec] cette jeunesse révoltée et inspirante. »
Livre à commander ici: JÎNA-BENDAN Femme Vie Liberté – Recueil de poésie en soutien aux femmes du Kurdistan et d’Iran
*Jîna-Bendan rend hommage et célèbre la vie de Jîna Amini et ces centaines de femmes, hommes et enfants massacrés par le régime iranien pour avoir voulu vivre libres.
Coup d’envoi du 34e festival de danses folkloriques kurdes
ALLEMAGNE – La 34e édition du festival de danses traditionnelles kurdes a lieu ce week-end (27 et 28 mai), à Hanovre, en Allemagne. Le festival est organisé par l’association Govend Europa eV.
Le plus ancien festival de danses folkloriques du Kurdistan (Mîhrîcana Govendên Kurdistan) pour célébrer la culture kurde en Europe démarre aujourd’hui à Hanovre, avec le slogan « Notre culture est notre identité ».
23 groupes folkloriques kurdes d’Allemagne, de Suisse et de France participeront au festival, qui aura lieu cette année pour la 34e fois et durera deux jours.
Des danses folkloriques kurdes de différentes régions du Kurdistan seront représentés au festival, tandis qu’un prix sera décerné dans le domaine de la recherche sur la culture kurde.
ANF
« La répression des médias en Turquie: le grand trucage des élections », RSF
L’ONG Reporters sans frontières (RSF) dénonce la couverture biaisée par les médias turcs des élections législatives et présidentielle du 14 mai et du second tour de l’élection présidentielle du 28 mai.
« Un scrutin inéquitable. Alors que la Turquie se prépare au second tour de l’élection présidentielle entre Recep Tayyip Erdogan et le candidat d’opposition Kemal Kiliçdaroglu, Reporters sans frontières (RSF) dénonce un traitement médiatique discriminatoire.
Au pouvoir depuis 20 ans, Recep Tayyip Erdogan a tout mis en œuvre pour remporter le second tour de la présidentielle prévu ce dimanche 28 mai, quitte à bafouer le droit à l’information de ses concitoyens. Au fil des années, la répression tous azimuts avec des incarcérations massives, le contrôle renforcé des médias d’Etat, le rachat du plus grand groupe de médias privés en Turquie par un milliardaire proche du pouvoir et un système de subventions vers les médias qui lui sont favorables ont permis au président turc d’avoir la mainmise sur 85 % des médias nationaux.
Cette emprise a des conséquences multiples. Au contrôle éditorial généralisé s’ajoute un déséquilibre des temps de parole : en l’espace d’un mois, entre le 1er avril et le 1er mai 2023, le président sortant a bénéficié de 60 fois plus de couverture médiatique que son principal rival sur la chaîne publique TRT Haber (TRT Info). En cumulé, cela équivaut à 32 heures d’antenne pour Recep Tayyip Erdogan, contre 32 minutes pour Kemal Kiliçdaroglu, selon des membres du Conseil supérieur de l’audiovisuel (RTUK). Une chaîne publique qui se comporte non seulement en chaîne d’Etat, mais en chaîne au service d’un candidat contre l’autre.
A deux jours des élections législatives et du premier tour de la présidentielle, le 12 mai, Recep Tayyip Erdogan n’a pas hésité à mobiliser l’audiovisuel en sa faveur. Pendant près d’une heure et demi, lors d’une émission conjointe organisée par 14 chaînes de télévision (dont A Haber, 24 TV, TV100, Akit TV, etc), le président sortant a multiplié les attaques et les accusations contre son principal rival, sans que ce dernier puisse bénéficier du moindre droit de réponse. Cette tribune dont a bénéficié Recep Tayyip Erdogan est d’autant plus choquante et contraire à l’éthique journalistique qu’à aucun moment il n’a été sérieusement interrogé sur la corruption politique, la crise économique, la gestion controversée du tremblement de terre, ou tout autre sujet sensible qui préoccupe pourtant les Turcs actuellement.
« En Turquie, un système a été construit pour porter des atteintes gravissimes à la liberté de la presse et au pluralisme.On peut toujours débattre des qualités et défauts des deux candidats, de leurs programmes ou de la sociologie politique du pays : la vérité c’est que le système médiatique mis en place constitue un trucage massif des élections en privant les citoyens turcs d’une délibération démocratique. L’iniquité flagrante porte évidemment atteinte à la sincérité du scrutin.”
Erol Onderoglu, Représentant en Turquie de RSF.
Le système déloyal de hyper-présidentialisation de Recep Tayyip Erdogan a aussi été renforcé ces dix dernières années par les attaques et subterfuges multiformes du pouvoir qui ont fragilisé les médias d’opposition, et tué le pluralisme de l’information.
La justice, à la botte d’Ergodan, n’a de cesse d’emprisonner et de harceler les journalistes. Depuis juin 2022, au moins 32 journalistes et collaborateurs de médias pro kurdes ont été arrêtés pour “appartenance à l’organisation illégale du PKK”. Seuls neuf d’entre eux ont retrouvé la liberté le 16 mai dernier. Depuis 20 ans, environ 200 journalistes comparaissent chaque trimestre devant les tribunaux, sur la base de la législation antiterroriste (TMK) ou du code pénal (TCK) en raison de leur activité professionnelle. Le “délit de lèse majesté” toujours en vigueur dans le code pénal turc, a aussi permis de poursuivre quelque 200 autres journalistes depuis août 2014 pour “insulte envers le président Erdogan”. Soixante-quatorze d’entre eux ont été condamnés à de la prison ou amende.
D’après le site Bianet, partenaire de RSF en Turquie, en 2022, la justice a également censuré sur Internet pas moins de 550 contenus journalistiques (articles, éditoriaux, enquêtes), en grande partie sur la corruption et clientélisme politique et les mauvaises pratiques des cercles proches du pouvoir.
A ces pressions judiciaires s’ajoutent celles du Conseil chargé des annonces publiques (BIK) qui a modifié le code éthique de la presse qui conditionne l’accès à la publicité publique et qui peut pénaliser les quotidiens récalcitrants. Le Haut Conseil de l’audiovisuel (RTÜK) contribue aussi à affaiblir financièrement des chaînes critiques, en les sanctionnant avec des amendes astronomiques. En 2022, 75 % des amendes infligées l’avaient été aux dépens des sept principales chaînes critiques (Halk TV, Fox TV, Tele1, KRT, Habertürk TV, Flash TV et TGRT Haber)…
La Turquie a perdu 16 places au dernier Classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF et se situe désormais à la 165e place sur 180 pays », écrit RSF dans son communiqué publié ici: La répression des médias en Turquie: le grand trucage des élections
Tempête de sable au Kurdistan d’Irak
IRAK / KURDISTAN – Avec l’arrivée des beaux jours, la région autonome kurde d’Irak se trouve de nouveau piégée par des tempêtes de sable qui paralysent la vie et provoquent des hospitalisations massives dues aux problèmes respiratoires.
La Direction générale de la santé de Kirkouk a signalé que 100 personnes ont été hospitalisées le 25 mai en raison de l’intensification de la tempête de sable.
Le 25 mai, une tempête de sable balayant l’Irak et la région du Kurdistan a provoqué l’hospitalisation d’une centaines de personnes, dont des malades souffrant d’insuffisances respiratoires. Dans une déclaration faite par la Direction générale de la santé de Kirkouk, il a été indiqué que 100 personnes sont arrivées à l’hôpital de Kirkouk la nuit du 25 mai en raison de la tempête de sable et de poussière.
Au lieu d’exploiter les énergies fossiles, dont le pétrole, l’Irak est les autorités kurdes de la région doivent reboiser les régions désertiques, favoriser l’agriculture vivrière et trouver une solution à la coupure d’eau du fleuve Tigre par la Turquie qui a construit de nombreux barrages en amont du fleuve et qui assoiffe ses voisins du Sud, en plus de participer à la désertification de la région… Sinon, la population sera forcée à quitter le pays, devenant les réfugiés climatiques tant redoutés.
Élections en Turquie. Dire adieu à Erdogan et à la crise économique qui secoue le pays
PARIS – Alors que la Turquie va se doter d’un nouveau Président à l’issu des élections de ce dimanche 28 mai, deux militant.e.s de la cause kurde expliquent pourquoi le départ du président sortant Erdogan est vital afin que la crise économique qui secoue le pays, les violations des droits humains et les politiques néocolonialiste du régime turc prennent fin.
Voici la tribune co-signée par Annick Samouelian, Solidarité-Liberté Provence et Pascal Torre, France-Kurdistan, co-coordinateurs du Collectif National Solidarité-Kurdistan (CNSK):
Faire tomber R.T. Erdogan
Pour la première fois depuis vingt ans, R.T. Erdogan ne parvient pas à obtenir la majorité pour être élu au premier tour de la présidentielle. Dans un même mouvement, la formation islamo-conservatrice (AKP) réalise son score le plus bas. Cela témoigne indéniablement d’une volonté de changement profonde dans la population.
Même si R.T. Erdogan arrive en tête et dispose d’une majorité à l’Assemblée, rien n’est joué à quelques jours du second tour. La priorité est de tout mettre en œuvre pour que le président sortant soit battu le 28 mai 2023.
Le président du chaos
Jamais depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP, la question de la survie du régime n’a été posée avec autant de force. R.T. Erdogan en a pris la mesure puisqu’il a reconduit son alliance électorale avec l’extrême-droite (MHP) tout en l’élargissant à des organisations islamistes au passé criminel comme le Refah ou Hüda-Par.
Cet Etat kleptocratique, qui s’appuie sur la corruption et la prédation des bourgeoisies industrielle et financière, a entraîné le pays dans le chaos qu’a révélé l’ampleur du séisme et ses conséquences. La crise économique qui aggrave la pauvreté et les inégalités a été au cœur de tous les débats. La population dans son ensemble considère que la politique actuelle est un échec même si une partie de l’électorat d’Anatolie a encore la conviction qu’il n’y a pas d’alternatives crédibles.
Afin de faire taire les oppositions et briser toutes formes de citoyenneté, R.T. Erdogan a imposé un régime autoritaire fait de régressions démocratiques, de destructions des mécanismes de contrôle et d’équilibre et une para militarisation croissante de l’Etat. La réforme constitutionnelle, permettant au président d’agir par décrets, validée dans des conditions douteuses en 2017, a permis de restructurer les configurations politiques à son avantage. La présidentialisation a favorisé la constitution de coalitions permettant à l’AKP de gérer les déçus de sa politique en faisant glisser leurs voix vers l’extrême droite ou les islamistes de leur alliance. La colère sociale n’a pas été transférée vers l’opposition expliquant en partie les résultats très élevés des ultranationalistes dont le programme vise à déchaîner la haine contre les Kurdes et les migrants.
Cette violence s’exprime également par l’accaparement de tous les pouvoirs de l’appareil d’Etat, le contrôle quasi-absolu des médias, la privatisation des ressources publiques pour déployer une influence clientélaire qui étouffe la libre expression. A cela s’ajoute un maillage d’institutions religieuses, du Diyanet aux confréries, qui exercent un contrôle social sur les populations.
Cet ensemble a miné profondément la démocratie et a criminalisé toutes les formes d’opposition.
Comment dans de telles conditions peut-on avancer que le scrutin s’est déroulé dans de bonnes conditions car cette brutalité extrême n’est pas sans conséquence sur les résultats ? Certes, au regard de l’ampleur de la participation, les pressions et les fraudes, le jour du scrutin, ne modifient qu’à la marge les enseignements généraux qui peuvent être tirés. Cependant il n’est pas inutile de rappeler que les forces démocratiques de Turquie et plus particulièrement le Parti Démocratique des Peuples (HDP) sont soumis depuis des années à une impitoyable terreur blanche, de Gezi à Cizré, faite d’arrestations, de condamnations, de tortures et d’exécutions. Plus de 10 000 maires, parlementaires et militants du HDP sont emprisonnés tandis que cette formation, désormais décapitée, est sous le coup d’une procédure d’interdiction. Il en va de même pour des milliers d’avocats, de journalistes, d’universitaires, de syndicalistes ou de défenseurs des droits humains. La campagne électorale a été d’une rare violence comme en ont témoigné les nombreuses délégations du Collectif National Solidarité-Kurdistan (CNSK) qui se sont rendues sur place. Celles de Grenoble ou de France-Kurdistan ont été délocalisées en dernière minute en raison de situations locales périlleuses. Celle de Bretagne, s’est vue partiellement empêchée d’exercer sa mission d’observation. Deux déléguées de Solidarité et Liberté Provence ont été expulsées manu militari ainsi qu’une parlementaire d’EELV. Le comité lyonnais, avec d’autres, a dénoncé des exactions et des irrégularités au moment du vote de la diaspora.
Le jour du scrutin, l’armée turque a établi des barrages dans les régions du Kurdistan, a multiplié les provocations et les intimidations violentes contre la population. Dans plus de mille bureaux, les voix obtenues par le HDP ont été attribuées à l’AKP ou au MHP modifiant les résultats dans des circonscriptions législatives. Et que dire de la province d’Antakya, durement frappée par le séisme, majoritairement peuplée d’alévis et dans laquelle l’AKP arrive en tête !
Enfin, R.T. Erdogan s’appuyant sur la crise a constamment irrigué la société de références identitaires. L’exaltation de la nation comme seul horizon et le souverainisme sont devenus le moteur du conservatisme social. Ce poison, nourri par une mentalité obsidionale, alimente le repli et le rejet de l’autre. Ici la force et la guerre prime sur le droit, justifie l’expansionnisme, les opérations militaires de connivence avec les djihadistes, et aiguillonne la fierté des réalisations techno-militaristes. L’anti-occidentalisme, fossoyeur de la famille traditionnelle ou promoteur du modèle LGBT selon les dirigeants de l’AKP, occupe une place de choix dans ce néo-conservatisme qui n’a rien d’émancipateur mais qui bannit toutes les perspectives alternatives, plurielles et universelles.
C’est sur ce terreau nauséeux que R.T. Erdogan, avec l’extrême-droite, a cherché à effacer son bilan calamiteux en polarisant toujours davantage la société et en y développant une violence structurelle.
Une opposition debout
Avec un immense courage, des forces sociales ont réagi pour empêcher la tyrannie. Certes R.T. Erdogan contrôle par la terreur et l’autoritarisme la société, mais il n’a pas atteint ses objectifs en ne parvenant pas à imposer la syntaxe islamo-conservatrice. Le combat engagé par la jeunesse, les femmes, les défenseurs des droits humains, les forces progressistes et plus particulièrement les Kurdes est pour beaucoup dans ce refus de l’assujettissement.
A ce stade, l’opposition qu’incarne K. Kiliçdaroglu n’est pas encore parvenue à chasser R.T. Erdogan en dépit d’une bonne campagne. Comment ne pas comprendre la déception et l’effet de sidération qui se sont emparés de ceux qui avaient espéré un retour à l’état de droit et à la démocratie. Ils ont repris le combat.
La dynamique issue de l’alliance hétéroclite de six partis allant des sociaux-démocrates mâtinés de nationalisme (CHP) en passant par des figures dissidentes de l’AKP, des islamistes et d’un parti d’extrême-droite, a créé un immense espoir qui n’a pas toujours eu l’effet escompté et qui n’a pas convaincu notamment sur le plan économique. La crainte d’une instabilité ultérieure, d’un saut dans le vide auxquels s’ajoutent les inquiétudes liées aux guerres en Syrie, en Arménie ou en Ukraine ont largement été instrumentalisés par R.T. Erdogan.
Le HDP avait fait le choix de ne pas présenter de candidature à la présidentielle. Même si cela constituait un rétrécissement du champ politique, l’impérieuse nécessité de battre R.T. Erdogan et de faire renaître l’espoir se sont imposés à eux, avec un immense sens des responsabilités. Rien n’a été épargné au HDP. Quelques jours avant le scrutin, 150 de ses dirigeants ont été arrêtés. Dans la crainte d’une interdiction, il s’est présenté sous les couleurs du « Parti de la Gauche Verte » déboussolant des électeurs et il a été concurrencé à l’ouest par le Parti des Travailleurs de Turquie (TIP), pourtant membre de son alliance, lui faisant perdre des sièges aux législatives.
Pour autant, le HDP conserve son ancrage démocratique et populaire et a présenté des candidatures renouvelées dans toutes les circonscriptions compte-tenu du fait que tous ses dirigeants, dont S. Demirtas, sont emprisonnés.
Dans ce contexte, le HDP demeure la troisième force de l’Assemblée nationale, en dépit d’une certaine érosion, et demeurera la voix sur laquelle pourra s’appuyer l’opposition démocratique. Le soutien du HDP à K. Kiliçdaroglu, dès le premier tour, a été utilisé par R.T. Erdogan pour diaboliser les Kurdes mais aussi pour accuser le candidat du CHP de disposer de l’appui des « terroristes » du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). S’il s’agit d’une constante dans le discours des forces réactionnaires turques, chacun devrait mesurer les conséquences désastreuses et contre-productives du maintien du PKK sur la liste des organisations terroristes. Cette inscription a permis à R.T. Erdogan d’accroître ses marges de manœuvres, de distiller la haine et d’exercer un chantage odieux. Ce rôle d’épouvantail a été renforcé par l’absence de discours clair d’une partie de l’opposition sur le règlement pacifique de la question kurde mais aussi sur le sort des migrants syriens.
Si le vote kurde n’a pas suffi, il pèsera encore de manière déterminante à l’occasion du second tour. Il en va de même pour celui d’une partie de la jeunesse profondément sécularisée et qui rejette les discours de ré-islamisation. Partisane d’une mondialisation ouverte, elle est entrée en rébellion contre R.T. Erdogan exprimant tout à la fois un immense désir de liberté individuelle, de solidarité tout en récusant les idéologies globalisantes. Mais ce recul de l’islam politique ne doit pas masquer qu’une partie d’entre elle demeure sensible aux discours des forces ultra-nationalistes.
L’enjeu du 28 mai
De toute évidence, l’élection de K. Kiliçdaroglu le 28 mai 2023 ouvrirait de nouvelles perspectives, celle d’un retour à l’état de droit, à une presse libre, à une diplomatie plus institutionnalisée ou à une justice assainie. Elle constituerait un immense espoir pour les dizaines de milliers de prisonniers politiques, victimes de l’arbitraire qui croupissent dans des geôles sans espoir de sortie. Elle permettrait le retour de milliers d’universitaires exilés et privés de leur poste.
Battre R.T. Erdogan par les urnes est le seul moyen d’éviter l’institutionnalisation de l’autocratie, l’accentuation d’une politique étrangère agressive notamment contre les Kurdes du Rojava mais aussi en Irak ou en Méditerranée orientale.
Battre R.T. Erdogan serait un signe qu’il est possible de faire reculer à l’échelle du monde le populisme qui débouche sur les formes les plus brutales de domination. Chacun mesure l’exigence de construire des solidarités réciproques pour l’avenir en renforçant notre soutien aux forces progressistes unies dans le HDP. Les Kurdes constituent la principale force de paix régionale. Ils portent un projet progressiste, féministe et écologiste. La France et les pays de l’Union Européenne seraient bien inspirés d’être à leurs côtés. Toute complaisance envers le régime d’Ankara encourage la tyrannie de R.T. Erdogan et l’instabilité.
Annick Samouelian, Solidarité-Liberté Provence et Pascal Torre, France-Kurdistan, co-coordinateurs du Collectif National Solidarité-Kurdistan (CNSK)
TURQUIE. Nouvelles arrestations des Mères du Samedi
TURQUIE – Aujourd’hui, le jour du 28e anniversaire de la veillée des Mères Du Samedi à Istanbul/Galatasaray contre les disparitions en détention, la police a attaqué le rassemblement et détenu une vingtaine de participant.e.s, dont Eren keskin, avocate kurde et présidente de l’Association des droits de l’Homme de Turquie (İnsan Hakları Derneği – IHD).
Il y a 28 ans, les mères du samedi descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus. Aujourd’hui, elles ont voulu laisser des œillets sur la place Galatasaray pour marquer le 28ème anniversaire de leur action. Mais la police a attaqué le rassemblement et détenu plusieurs mères et proches des disparus et des défenseurs des droits humains, dont l’avocate kurde Eren Keskin.
Les personnes détenues sont:
Besna Tosun
Eren Keskin
Özge Bakır Efe
Mehmet Mert Karatağ
Maside Ocak
Hanife Yıldız
Ali Ocak
Mikail Kırbayır
Leman Yurtsever
İrfan Bilgin
Hasan Karakoç
İkbal Eren
Hünkar Yurtsever
Hüseyin Aygül
Coşkun Üsterci
Ümit Efe
Cüneyt Yılmaz
Gülseren Yoleri
Depuis 28 ans, les mères du samedi s’arment d’œillets contre la police turque
Il y a 28 ans, les Mères du Samedi (en turc: Cumartesi Anneleri) descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus.
Les « mères du samedi » déclarent que l’État turc n’a jamais enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques.
Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres (de journalistes, syndicalistes, médecins, enseignants, enfants ou simples paysans) par l’État ont été signalés dans les régions kurdes de Turquie.
Le 25 août 2018, les autorités turques ont annoncé que le gouvernement avait interdit la réunion. Suite à cette annonce, lors de leur 700ème manifestation pacifique, les mères de samedi ont subi des violences policières et plusieurs des participants ont été arrêtés, dont Emine Ocak, une mère de plus de 80 ans. Par la suite, la cour constitutionnelle turque a déclaré que la police avait violé le droit de manifester des Mères du Samedi, en les arrêtant, mais manifestement la police d’Erdogan refuse de se conformer aux lois de son propre pays.
Le 5 mai dernier, la commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe dénonçait les violations des droits en Turquie, en attirant l’attention sur les violences subies par les Mères du Samedi : « Les autorités ne respectent toujours pas le droit à la liberté de réunion pacifique des « Mères du samedi » et des autres personnes qui manifestent ce jour-là pour demander que la lumière soit faite sur la disparition de leurs proches, alors que la Cour constitutionnelle turque a déjà conclu deux fois à la violation de leur droit de manifester. Les membres de ce groupe font même l’objet d’une procédure pénale, engagée tout récemment, pour avoir exercé ce droit. La manière dont sont traitées les « Mères du samedi » est une illustration supplémentaire des risques inhérents à un contexte dans lequel les droits humains ne sont pas protégés de manière effective. »
TURQUIE. Une politicienne kurde condamnée à 10 ans de prison
TURQUIE / KURDISTAN – Torturée et emprisonnée le 26 juin 2020, la politicienne kurde Sevil Rojbin Çetin vient d’être condamnée à dix ans de prison pour « appartenance à une organisation terroriste ». Çetin a déclaré que son procès faisait partie de la campagne d’annihilation de l’État turc cibalnt la politique locale kurde et le mouvement de libération des femmes. L’acte d’accusation reposait essentiellement sur le témoignage de témoins secrets.
La politicienne kurde, Sevil Rojbin Çetin a été reconnue coupable d’appartenance au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) devant le 2e tribunal de Van et a participé au procès de vendredi via une liaison vidéo depuis la prison pour femmes de Diyarbakir. Avant l’annonce du verdict, elle a de nouveau réfuté les accusations la ciblant. Pour sa défense, Çetin a déclaré que son procès faisait partie de la campagne d’annihilation de l’État turc cibalnt la politique locale kurde et le mouvement de libération des femmes. L’acte d’accusation reposait essentiellement sur le témoignage de témoins secrets.
Sevil Rojbin Çetin est une militante du mouvement des femmes kurdes TJA (Tevgera Jinên Azad) et a également été membre du comité politique local du Parti démocratique des peuples (HDP). En juin 2020, elle a été agressée dans son appartement à Amed par des forces spéciales masquées de la police turque. Avant que Çetin ne soit arrêtée, elle a subi des tortures pendant environ trois heures et demie, au cours desquelles onze officiers auraient été impliqués. Ils ont d’abord opposé deux chiens à Çetin. Elle a subi de graves blessures par morsure aux jambes. Elle a ensuite été clouée au sol et battue et frappée à coups de pied par des policiers qui pointaient un pistolet sur sa tempe. À la fin de la torture, Çetin a été déshabillé à moitié nu et photographié. La femme kurde, qui souffrait d’un cancer du col de l’utérus, a dû passer près de deux semaines en garde à vue avant qu’un tribunal n’ordonne sa garde à vue.
Çetin n’est pas en prison pour la première fois. En mars 2014, elle a été élue maire du district d’Êrdmed (Edremit) dans la province de Van lors des élections municipales. À peine deux ans et demi plus tard, elle a été démise de ses fonctions et emprisonnée avec une centaine d’autres maires. A cette époque, Çetin est restée derrière les barreaux pendant environ quatorze mois, accusée dans le cadre de la résistance pour l’autonomie au Kurdistan du Nord. En 2019, elle a de nouveau été emprisonnée, cette fois pour des activités pour le Mouvement des femmes libres démocratiques (DÖKH). Le procès initié par le procureur de la République de Mardin était lié au procès de Van.
ANF
PARIS. Action contre Iran Air suite aux exécutions de trois manifestants en Iran
PARIS – Le vendredi 26 mai, un groupe d’activistes a aspergé de peinture rouge la façade de la compagnie aérienne Iran Air, sur l’avenue Champs Élysées, à Paris, pour dénoncer les exécutions des manifestants en Iran et le silence complices de l’État français.
Les activistes ont exhorté la France à inscrire les Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes, comme l’ont voté les eurodéputés et la Suède jusqu’à présent. Les activistes ont également demandé le prix payé pour la libération d’otages européens détenus en Iran et affirmé que l’Iran a pu acheté le silence des Européens face aux exécutions massives, rappelant que les dernières exécutions ont eu le 19 mai en la personne de Majid Kazemi, Saleh Mirhashemi et Saeed Yaghoubi accusés par les mollahs de « moharebeh » (« guerre contre Dieu »).
Hausse inquiétante des exécutions en Iran
Selon les données collectées par l’ONG des droits humains HENGAW, au moins 199 prisonniers ont été exécutés par le régime iranien au cours des 126 premiers jours de 2023. 51 prisonniers kurdes et 42 prisonniers baloutches figuraient parmi ceux qui ont été exécutés, ce qui équivaut à 55% de tous les prisonniers dont l’identité a été vérifiée par Hengaw. Par ailleurs, 5 des prisonniers exécutés étaient des ressortissants étrangers.
Depuis le début des manifestations anti-régime déclenchées par le meurtre de Jina Mahsa Amini à Téhéran le 16 septembre 2022, des dizaines de milliers de civils ont été emprisonnés et certains d’entre eux risquent la peine de mort, tandis que les mollahs ont intensifié les exécutions des prisonniers politiques et du droit commun.
Hausse inquiétante des exécutions en Iran
Selon les données collectées par l’ONG des droits humains HENGAW, au moins 199 prisonniers ont été exécutés par le régime iranien au cours des 126 premiers jours de 2023. 51 prisonniers kurdes et 42 prisonniers baloutches figuraient parmi ceux qui ont été exécutés, ce qui équivaut à 55% de tous les prisonniers dont l’identité a été vérifiée par Hengaw. Par ailleurs, 5 des prisonniers exécutés étaient des ressortissants étrangers.
Depuis le début des manifestations anti-régime déclenchées par le meurtre de Jina Mahsa Amini à Téhéran le 16 septembre 2022, des dizaines de milliers de civils ont été emprisonnés et certains d’entre eux risquent la peine de mort, tandis que les mollahs ont intensifié les exécutions des prisonniers politiques et du droit commun.