SYRIE / ROJAVA – Le 8 avril dernier, les forces arabo-kurdes (FDS) et des unités antiterroristes du Kurdistan irakien ont mené une opération conjointe contre l’Etat islamique à Hassaké, dans le nord de la Syrie, avec l’appui aérien de la coalition internationale dirigée par les États-Unis.
« Hier samedi, les unités antiterroristes des Forces démocratiques syriennes [FDS], en collaboration avec le service antiterroriste de la région du Kurdistan d’Irak et la Coalition internationale, ont réussi à démanteler une cellule active de l’organisation terroriste DAECH composée de quatre mercenaires, des armes et du matériel militaire de l’organisation », a annoncé dimanche le centre de presse des FDS.
L’opération est intervenue un jour après que Mazloum Abdi, le commandant des FDS, ait survécu à une attaque de drone turc à Sulaymaniyah, au Kurdistan irakien.
Dans une interview accordée à l’agence Nord Press après l’attaque à l’aéroport de Suleymaniyê, Abdi avait déclaré qu’ils avaient des salles d’opérations conjointes avec les unités antiterroristes du gouvernement irakien et du Kurdistan d’Irak.
Medya News
TURQUIE / KURDISTAN – L’armée turque aurait exécuté de manière extrajudiciaire un combattant kurde et son oncle à Mardin. Leurs proches ont contacté l’association de défense des droits humains (IHD) et veulent porter plainte contre l’armée turque.
Dans la région d’Omeriya à Mardin (Mêrdîn), un combattants et son oncle ont été exécutés de manière extrajudiciaire par l’armée turque, déclarent les membres de la famille des deux hommes qui ont saisi vers l’association des droits de l’homme (IHD) et l’association des avocats ÖHD avec une demande d’aide. Ils veulent porter plainte contre la police et l’armée.
Les deux morts sont Musa Kahraman (Çiyager), un combattant des Forces de défense du peuple (HPG, branche armée du PKK), et son oncle maternel, Lokman Görgün, 53 ans. Ils auraient été tués par des militaires turcs dans la soirée de samedi 8 avril à Cinata, une zone rurale du district de Nisêbîn (Nusaybin).
Victimes accusées pour légitimer les crimes de guerre
Selon le ministère turc de l’Intérieur, Görgün et son neveu ont été tués « au cours d’une opération » menée par les paramilitaires (PÖH), une unité spéciale de la police turque pour « lutter contre le terrorisme » dans les zones rurales. Le ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu a écrit dans le choix martial habituel sur son compte Twitter. Le politicien de l’AKP a transformé l’exécution présumée en un acte de représailles à la mort de quatre policiers, dont les deux Kurdes qualifiés de « terroristes » s’en seraient rendus coupables. Accuser les victimes de minimiser et de légitimer les crimes de guerre a toujours été la norme dans la sale guerre de l’État turc au Kurdistan.
Villageois : Il n’y a eu aucun bruit de combat
Les membres de la famille de Kahraman et Görgün contredisent la version officielle selon laquelle il y aurait eu une « opération » au moment d’exécutions des deux hommes. Les habitants du village Cinata disent que les bruits de combats peuvent être entendus dans le village. Samedi soir, cependant, seuls quelques coups de feu ont été entendus d’affilée. Les gens supposent que Musa Kahraman et Lokman Görgün, qui travaillait dans l’élevage de bétail et menait un troupeau d’animaux au pâturage du village peu avant l’incident, ont été abattus après la rencontre de l’oncle et du neveu.
Enterrés avec des cris de « Şehîd namirin » (les martyrs ne meurent pas)
Pendant ce temps, Lokman Görgün et Musa Kahraman ont été enterrés dans leur village natal de Cinata. Les funérailles ont eu lieu lundi soir, avant que les corps ne soient récupérés au service de médecine légale de l’hôpital d’enseignement et de recherche de la capitale provinciale Mêrdîn. Les deux hommes ont été enterrés sous le slogan « Şehîd namirin » (« Les martyrs ne meurent pas »). Le rapport d’autopsie médico-légale n’est pas encore disponible.
ANF
« À l’approche des élections en Turquie, les assassinats de personnalités politiques, d’activistes et de dirigeants de la société civile kurdes à l’étranger peuvent apparaître aux décideurs politiques turcs comme une tactique à faible risque et très gratifiante », écrivait la chercheuse Meghan Bodette* le 17 octobre 2022, au lendemain de l’assassinat de Nagîhan Akarsel, journaliste, universitaire et co-rédactrice en chef du magazine Jineologî, et membre du centre de recherche en jinéologie au Kurdistan irakien abattue par les renseignements turcs à Sulaymaniyah. Près de 5 ans mois après l’article de Bodette, la Turquie a mené une nouvelle attaque toujours dans la province kurde de Sulaymaniyah, dans le nord de l’Irak, pour assassiner deux hauts cadres du Rojava: Le commandant des FDS, Mazloum Abdi et la co-présidente du Comité exécutif du Conseil démocratique syrien (MDS), Ilham Ahmed, étaient à Sulaymaniyah pour une série de rencontres. Il a fallu l’intervention des Etats-Unis pour sauver les deux responsables kurdes pourchassés par un drone turc…
Alors que les électeurs de Turquie se rendent aux urnes le 14 mai prochain au lendemain du séisme dévastateur du 6 février dernier qui a enfoncé un peu plus le pays en proie à une crise économique majeure et que les dizaines de millions de Kurdes de « Turquie » sont criminalisés par le pouvoir turc, les plans d’exécutions extrajudiciaires des responsables kurdes par le régime turc en Irak et en Syrie est toujours d’actualité avec la tentative d’assassinat de Mazloum Abdi et Ilham Ahmed à Sulaymaniyah le 7 mars dernier.
*Voici l’article de Meghan Bodette daté du 17 octobre 2022 et publié (en anglais) sur le site Kurdish Peace Institute:
Les exécutions extrajudiciaires de politiciens et d’activistes par la Turquie à l’étranger menacent la sécurité régionale
Les frappes de drones turcs visant les dirigeants de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES), les Forces démocratiques syriennes (FDS) et les représentants de la société civile kurde sont une menace croissante pour la gouvernance, la stabilisation et les efforts de lutte contre l’EI dans la région. Pour préserver la sécurité et la stabilité dans le nord et l’est de la Syrie, il faut une réponse globale.
Campagne d’attaques de drones menée par la Turquie
La Turquie cible à la fois le personnel de sécurité et les dirigeants politiques et sociaux du nord et de l’est de la Syrie. Ces hommes et ces femmes forment le noyau des institutions chargées de maintenir la sécurité d’une région instable et de mettre en place des institutions civiles performantes pour gouverner près d’un tiers du territoire syrien. La volonté avérée de la Turquie de frapper sur les routes principales et dans les villes peuplées signifie que des civils apolitiques sont également souvent tués et laisse les populations locales dans la peur constante de nouvelles attaques.
Le 22 juin, la commandante des unités antiterroristes (YAT), Jiyan Tolhildan, a été tuée dans une frappe de drone turc alors qu’il revenait d’une conférence sur le mouvement des femmes du nord et de l’est de la Syrie à Qamishlo.
Tolhildan, originaire d’Afrin, était l’une des membres fondatrices des Unités de défense des femmes (YPJ). Elle a participé à presque toutes les batailles majeures contre l’Etat islamique dans le nord et l’est de la Syrie et a formé des centaines de femmes aux questions militaires et à la philosophie politique de libération des femmes du mouvement kurde.
La commandante des YPJ Roj Xabur, de Darbasiyah, et la combattante Barin Botan, d’Afrin, ont également perdu la vie dans l’attaque.
En juin, le vice-président du conseil exécutif de l’AANES, Ferhad Shibli, a été tué lors d’une frappe à l’extérieur de Sulaymaniyah au Kurdistan irakien , où il s’était rendu pour recevoir des soins médicaux.
En avril, la coprésidente du comité de défense du canton de Kobanê, Rodîn Ebdilqadir Mihemed, a été tuée dans une frappe de drone ciblant son véhicule. Mihemed, une soldate des YPJ, a combattu l’Etat islamique à Kobanê et Raqqa avant d’assumer un rôle de leadership dans l’administration locale de Kobanê.
En novembre de l’année dernière, trois membres d’une famille kurde politiquement active à Qamishlo – Yusuf, Mazlum et Mihemed Gulo – ont été pris pour cible dans un quartier résidentiel surpeuplé de la ville.
Selon les données du Rojava Information Center basé à Qamishlo, au moins 47 frappes de drones turcs ont ciblé le territoire de l’AANES au cours des six premiers mois de 2022. Le Centre a documenté 89 frappes de ce type en 2021.
La Turquie semble choisir ses cibles en fonction de leur affiliation aux FDS, à l’AANES ou à des structures de la société civile affiliées, et non en fonction de l’implication actuelle d’un individu donné dans une action militaire contre la Turquie. La majorité des victimes notables de ces frappes de drones semblent être des citoyens syriens. Les frappes ont souvent lieu bien derrière les lignes de front actives, en violation des accords de cessez-le-feu négociés par les États-Unis et la Russie.
Ces modèles suggèrent que les frappes ne sont pas menées en raison d’une nécessité militaire, mais dans le cadre d’une stratégie turque visant à affaiblir l’AANES par des mesures qui, bien que destructrices, ne constituent pas une guerre totale. À cet égard, ils s’alignent sur l’instabilité persistante sur les lignes de cessez-le-feu existantes et sur la pression économique et environnementale à long terme imposée par la Turquie sur le nord de la Syrie en tant qu’ensemble de politiques qui menacent gravement l’AANES sans atteindre un niveau qui inviterait à un examen international.
Impacts au sol
À cause de la Turquie, les responsables du nord et de l’est de la Syrie sont contraints de faire face à des menaces crédibles contre leur propre vie et celle de ceux qui les entourent tout en faisant face aux principaux défis d’après-guerre en matière de sécurité, de gouvernance et de reconstruction. Cela crée un sérieux compromis : limiter leurs mouvements de manière à protéger leur sécurité personnelle entrave leur capacité à combattre l’EI, à servir leurs électeurs et à s’engager dans d’autres travaux nécessaires.
Le niveau d’expertise militaire et politique et de légitimité locale dont les dirigeants ont besoin pour résoudre les problèmes auxquels sont confrontés le nord et l’est de la Syrie prend des années à cultiver – et est donc impossible à remplacer à court terme. En tuant des individus ayant des années d’expérience et des liens étroits avec leurs communautés, la Turquie quitte le nord et l’est de la Syrie sans certains de ses effectifs les plus compétents. La perspective de se retrouver sur une liste noire turque peut décourager les nouveaux dirigeants d’intensifier et d’avancer dans leur carrière. Il s’agit d’une menace directe pour la sécurité et la stabilité de la région.
Les impacts négatifs ne sont en aucun cas limités aux structures AANES et aux FDS. Le mépris de la Turquie pour la vie civile dans sa campagne de drones et son penchant pour frapper ses cibles dans les zones peuplées causent de réels dommages civils suscitent la peur parmi la population, décourageant les Syriens du nord-est de planifier un avenir à long terme là-bas.
Les grèves découragent également la reconstruction et la reprise économique. Les particuliers et les entreprises qui craignent que leurs investissements soient détruits ou que leur personnel soit tué simplement parce qu’ils se trouvent au mauvais endroit au mauvais moment sont moins susceptibles d’investir dans le nord et l’est de la Syrie. La récente exemption des sanctions américaines , destinée à promouvoir une reprise économique désespérément nécessaire dans la région, n’aura que peu d’effet si les grèves ne sont pas arrêtées.
Recommandations politiques
En ne répondant pas de manière proactive et en n’enregistrant des protestations qu’après coup à certaines occasions, les États-Unis semblent avoir donné à la Turquie un feu vert tacite pour procéder à des assassinats ciblés de Syriens sur le sol syrien en raison de leur affiliation à l’AANES ou aux FDS. Cela nuit à la lutte contre l’EI et aux efforts de stabilisation post-EI pour les raisons décrites ci-dessus.
Cela peut également renforcer la perception parmi les habitants du nord et de l’est de la Syrie que les États-Unis ne sont pas intéressés par l’avenir à long terme de la région. Si des acteurs comme la Russie saisissaient l’occasion pour régler le problème des drones et imposer des conséquences à la Turquie pour ses violations déstabilisatrices et démoralisantes du cessez-le-feu, elle pourrait gagner en bonne volonté politique et prendre le dessus dans les négociations.
Pour garantir la stabilité et la sécurité dans le nord et l’est de la Syrie, les États-Unis et la coalition doivent agir avant que cette menace n’ait un impact encore plus important sur les capacités et les perceptions locales.
Premièrement, ils doivent assurer la protection du personnel des FDS et de l’AANES dont la vie peut être en danger. Cela devrait inclure une évaluation de l’étendue de l’intention de la Turquie de cibler des dirigeants individuels des FDS et de l’AANES, et la fourniture de toutes les informations dont disposent les États-Unis sur les plans de la Turquie pour cibler des individus spécifiques aux autorités des FDS et de l’AANES et aux individus eux-mêmes.
La Turquie doit alors faire face à des conséquences significatives pour avoir mené une campagne de drones déstabilisante, préjudiciable à la gouvernance et probablement souvent en violation du droit international.
Un point de départ raisonnable peut être de bloquer la vente d’armes et de technologies d’origine américaine susceptibles d’être utilisées dans des frappes visant des individus affiliés aux FDS et à l’AANES. Une enquête menée en 2021 par Hetq a révélé que les drones turcs Bayraktar TB-2 contiennent au moins six composants d’origine américaine.
Cela trouverait probablement un soutien bipartite à Washington. L’année dernière, 27 membres du Congrès ont envoyé une lettre au secrétaire d’État américain Antony Blinken appelant à une enquête sur le programme de drones de la Turquie et demandant la suspension des exportations de technologie liée aux drones. Plus récemment, des membres du Congrès opposés aux ventes de F-16 à la Turquie ont exprimé leur inquiétude quant au fait que les jets seraient utilisés contre les Kurdes syriens qui ont combattu l’EI au sol.
Il existe également de nombreuses mesures punitives qui peuvent être utilisées pour faire pression sur les dirigeants et les institutions turcs impliqués dans la campagne de drones. En étendant les pouvoirs en vertu du décret exécutif 13894 , l’administration Biden a déclaré que l’offensive de la Turquie dans le nord-est de la Syrie « sape la campagne visant à vaincre l’État islamique d’Irak et de Syrie, ou DAECH, met en danger les civils et menace davantage de saper la paix, la sécurité et la stabilité dans la région. » Les frappes de drones qui tuent des dirigeants des FDS et de l’AANES et des civils syriens font partie de cette campagne et contribuent explicitement à tous les développements négatifs énumérés.
Meghan Bodette est directrice de recherche au Kurdish Peace Institute. Elle se concentre sur le droit international, les institutions et l’éthique. Elle informe des responsables de gouvernements et d’institutions internationales de ses recherches sur les droits et le statut des femmes auprès de divers acteurs politiques et militaires dans le conflit syrien, et son travail a été présenté par divers médias, notamment le programme Moyen-Orient du Wilson Center.
LYON – La comédienne franco-kurde, Sultan Ulutas Alopé est sur scène à Lyon jusqu’à 9 avril et ensuite à Rennes pour sa pièce « La Langue de Mon Père » qui sera éditée prochainement aux éditions l’Espace d’un instant.
Une spectatrice qui a assisté au spectacle dans la salle du Théâtre des Clochards Célestes a écrit au sujet de la pièce: « Sultan Ulutas Alopé nous transmet tour à tour pendant le temps de son spectacle (1h) joie et tristesse. Nous marchons avec elle au cœur de son récit d’enfance entre humour et gravité, distance et proximité, rires et silence. Marche des mots, des images évoquées brutes sur sa « honte » d’être Kurde, entrecoupé d’un chant – une comptine – d’un dialogue enregistré entre un homme et une femme que nous ne comprenons pas. C’est voulu, pour le plaisir de la découverte sonore d’une langue qui nous est étrangère. C’est bien. C’est beau. »Sultan Ulutas Alopé après son spectacle à LyonL’entrée de la salle des clochards célestes avec en fond la carte dessinée de la TurquieLa Langue de Mon Père à voir au Théâtre des Clochards Célestes à Lyon jusqu’au 9 avril, à 16H30Et au festival Mythos à Rennes, à la Parcheminerie, le 14 avrilSpectacle à partir de 14 ansDurée: 1H15
« Le commandant des FDS, Mazloum Abdi et la co-présidente du Comité exécutif du Conseil démocratique syrien (MDS), Ilham Ahmed, étaient à Sulaymaniyah depuis plusieurs jours pour une série de rencontres. Lorsqu’ils ont tenté de retourner au Rojava, ils ont été pourchassés et attaqués par des drones turcs. Les Américains sont intervenus et les ont sauvés », a écrit sur Twitter le journaliste Karwan Faidhi Dri.
Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont confirmé samedi que leur commandant en chef Mazloum Abdi se trouvait à Sulaymaniyah lors d’une attaque de drones turcs sur l’aéroport la veille.
Le porte-parole des FDS, Farhad Shami, avait initialement démenti les informations selon lesquelles Abdi aurait été la cible d’une attaque de drone turc. Dans sa déclaration de samedi, il a déclaré qu’ils avaient délibérément nié l’attaque afin d’assurer la sécurité d’Abdi jusqu’à son retour dans le nord-est de la Syrie (Rojava).
Il a ajouté qu’Abdi est maintenant de retour au Rojava, qu’il est indemne et qu’ils fourniront plus de détails sur l’attaque à une date ultérieure.
La frappe de drone vendredi après-midi a été signalée d’abord comme une explosion près de l’aéroport international de Sulaimani, ne faisant aucune victime. Les responsables américains ont ensuite confirmé qu’il s’agissait d’une frappe de drone visant le personnel américain.
« Nous pouvons confirmer qu’il y a eu une frappe sur un convoi vendredi à Sulaymaniyah qui comprenait du personnel militaire américain. Heureusement, nous pouvons également confirmer qu’il n’y a pas eu de victimes », a déclaré le porte-parole du département américain de la Défense, Philip Ventura, à Rudaw dans un e-mail samedi matin. Il n’a pas mentionné Abdi ni spéculé sur l’auteur de la frappe.
Des responsables américains ont déclaré au Wall Street Journal que certains responsables occidentaux soupçonnaient qu’Ankara était à l’origine de l’attaque. Abdi lui-même a également accusé la Turquie.
L’attaque survient quelques jours après que la Turquie a imposé une interdiction de vol de trois mois à l’aéroport de la province de Sulaymaniyah qui serait « infiltrée par le PKK » selon le régime turc.
L’interdiction serait liée à un accident d’hélicoptère dans la province de Duhok le 15 mars qui a tué neuf membres des unités antiterroristes affiliées aux FDS qui se rendait à Sulaymaniyah.
ISTANBUL – La police turque a attaqué le rassemblement des Mères du Samedi et a arrêté 15 personnes, dont l’éminente avocate kurde des droits humains Eren Keskin.
Cet après-midi, la police turque a assiégé le rassemblement des mères du samedi à la place Galatasaray (Istanbul), malgré la précédente décision de la Cour constitutionnelle selon laquelle leur droit de tenir des réunions et des manifestations avait été violé.
Outre l’avocate et présidente de l’Association des droits de l’Homme de Turquie (İnsan Hakları Derneği – IHD), la police turque a arrêté plusieurs mères du samedi et des activistes ainsi que des politiciennes. Certaines de personnes détenues sont:
Besna TosunMaside OcakAli OcakHanife YıldızSebla ArcanGülseren YoleriEren Keskinİrfan Bilginİkbal ErenDeniz ZeybekAylin TekinerFeyyaz YamanAyşe TepeMikail KırbayırLeman Yurtsever
Malgré la décision de la Cour constitutionnelle selon laquelle l’intervention de la police contre la manifestation de la 700e semaine des mères du samedi en août 2018 a violé les droits des manifestants, les mères ont de nouveau été agressées et détenues par la police aujourd’hui.
Les Mères du Samedi
Il y a vingt-huit ans, le 27 mai 1995, des mères se sont installées pour la première fois sur la place Galatasaray, au centre d’Istanbul, pour protester contre la pratique répandue consistant à tuer des personnes (majoritairement des Kurdes) en détention et à faire disparaître les corps.
Selon les « mères du samedi » (en kurde: Dayikên Şemiyê), l’État turc n’a jamais enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur enlèvement / arrestation par les autorités turques.
Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres par le service de renseignements et antiterrorisme de la gendarmerie (JITEM) ont été signalés dans les régions kurdes de la Turquie.
CULTURE – La journaliste kurde Gurbetelli Ersöz, a été la première femme rédactrice en chef de Turquie. Le 8 octobre 1997, elle est tombée martyre lors d’affrontements entre la guérilla kurde et les peshmergas du KDP. Son journal de bord, publié en turc sous le titre Yüreğimi Dağlara Nakşettim (J’ai brodé mon coeur dans les montagnes) va apparaitre prochainement en français aux Éditions d’en bas grâce à la traduction de Delal Chamarane (probablement, un pseudonyme).
Couverture du livre « J’ai brodé mon coeur dans les montagnes. » Journal d’une combattante kurde (1995-1997)Présentation du livre par les édition d’en bas:« Dans son journal, Gurbetelli Ersöz chronique les combats, écrit des poèmes et se livre à quelques autocritiques. Tenir un journal était, d’une part, un acte politique et personnel permettant de documenter les faits bruts d’une histoire qui ne serait pas publiée officiellement, et, d’autre part, était l’occasion d’exprimer ses rêves, ses malaises et ses doutes. le journal de Gurbet permet ainsi de mettre en lumière la formation d’une combattante, de formuler et d’explorer les contradictions de la lutte armée, et d’accompagner et de forger le rôle des femmes dans un tel contexte. Le fondateur et dirigeant du parti des travailleurs du Kurdistan, Abdulah Öcalan, a toujours encouragé les combattant.e.s du PKK à tenir un journal : à la fois chronique de la lutte pour un Kurdistan indépendant et témoignage sur le terrain pour contrer la désinformation de l’État Turc et de ses alliés. La construction d’une telle archive de la mémoire in situ est essentielle pour cartographier et accompagner les luttes politiques. »Qui était Gurbetelli Ersoz ?
Chimiste de formation, Gurbetelli Ersöz a été marquée par la catastrophe de Tchernobyl de 1986 et l’attaque chimique à Halabja en 1988. Par la suite, elle s’est impliquée dans la politique. Elle a été condamnée à la prison par le régime turc en 1990 pour avoir soutenu le PKK. Elle est restée en prison pendant deux ans.
Gurbetelli Ersöz a été la première femme rédactrice en chef de Turquie. Elle est née dans le village d’Akbulut du district de Palu d’Elazığ. Quand elle est née, son père était ouvrier en Allemagne et c’est pourquoi elle s’appelait Gurbetelli (lieu étranger). Quand elle était élève de troisième année à l’école primaire, sa différence avec ses amis et ses professeurs était sa langue. Elle a commencé à demander pourquoi, comment à ce moment-là. Elle a étudié la chimie à l’université de Çukurova où plus tard, elle a travaillé comme assistante. Elle a commencé à s’impliquer activement dans la politique.
Gurbetelli Ersöz est alors devenue journaliste et elle a été arrêtée le 10 décembre 1990. Elle a été maintenue en détention pendant 15 jours et torturée. Après avoir été détenue pendant 15 jours, elle a été envoyée à la prison de Malatya et détenue en prison pendant deux ans. Après sa libération, elle a continué à faire du journalisme. Le 23 avril 1993, elle a commencé à travailler pour le journal Özgür Gündem. Ensuite, elle est devenue rédactrice en chef du journal et est devenue la première femme rédactrice en chef de Turquie.
Le 10 décembre 1993, le bâtiment du journal a été perquisitionné par des centaines de policiers. Gurbetelli Ersöz était l’un des journalistes détenus. Après avoir été détenue pendant 13 jours, elle a été envoyée à la prison de Sağmalcılar. Elle a été libérée de prison lors de la première audience du procès ouvert contre elle en juin 1994. Elle a continué à travailler comme journaliste pendant un certain temps mais elle a ensuite décidé de mener son combat dans un autre domaine. Elle a rejoint la lutte armée dans les rangs du PKK. Le 8 octobre 1997, elle est tombée martyre dans un affrontement avec les peshmergas du Parti démocratique kurde (PDK).
Hier, un drone (turc?) a visé un convoi américain qui accompagnait un dirigeant kurde des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) au Kurdistan irakien. Certaines sources affirment qu’il s’agissait de Mazloum Abdi, mais les FDS ont démenti cette affirmation tout en condamnant l’attaque. (Les FDS sont des alliées des Etats-Unis dans la lutte contre l’État islamique en Syrie.)
Trois militaires américains étaient dans le convoi au moment de l’attaque qui n’a pas fait de victimes.
« Je peux confirmer qu’il y a eu une frappe sur un convoi à Sulaymaniyah, dans la région du Kurdistan irakien. Ce convoi comprenait du personnel militaire des États-Unis. (…) Nous enquêtons actuellement sur cette attaque », a déclaré dans un communiqué porte-parole du Commandement central américain CENTCOM, Joe Buccino. (Via The Wall Street Journal)
IRAK / KURDISTAN – Hier (7 avril), des responsables kurdes d’Irak ont annoncé qu’un drone turc avait ciblé l’aéroport international de Souleimaniyeh en fin de journée. D’autres sources évoquaient une explosion près de l’aéroport, sans faire de victimes. Aujourd’hui, le président irakien a condamné l’attaque, qu’il attribue à la Turquie.
« Le président irakien Abdel Latif Rachid a condamné samedi un bombardement imputé aux forces turques et mené la veille contre l’aéroport de Souleimaniyeh au Kurdistan d’Irak, théâtre depuis de longues années des luttes entre Ankara et les combattants kurdes turcs du PKK » (Via Orient le Jour).
Un cadre de la guérilla kurde met en garde contre le parti islamiste d’extrême-droite HUDA-PAR qui s’est rangé derrière le bloque pro-Erdogan à la veille des élections du 14 mai 2023. Il a déclaré que: « Cette structure peut devenir dangereuse après les élections. Cela peut transformer Hüda-Par en un Hamas kurde. »
Membre du Conseil exécutif du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Nedim Seven s’est exprimé dans l’interview suivante accordée à l’agence ANF sur les élections législatives et présidentielles en Turquie et a mis en garde contre le parti islamiste kurde Hüda-Par, qui a rejoint le bloc électoral du AKP et MHP.
Le Traité de Lausanne existe depuis près de cent ans. À un moment aussi important et critique, la Turquie organise des élections. Quelle signification ont ces élections pour les Kurdes, les peuples, les communautés de foi et les cultures ?
Le Traité de Lausanne aura 100 ans le 24 juillet 2023. Des élections auront lieu en Turquie le 14 mai à l’approche [des cent ans du Traité de Lausanne]. [La coalition] AKP/MHP veut boucler le processus électoral sur la base du maintien de son pouvoir fasciste par des intrigues et des machinations diverses. Si cela peut être évité, il est certain que les élections du 14 mai conduiront au succès des forces démocratiques. La planification de base du régime fasciste AKP/MHP vise à réaliser les rêves ottomans à l’occasion du centenaire de Lausanne. Le renouvellement de Lausanne vise à réintégrer dans les frontières de la République de Turquie les zones situées à l’intérieur des frontières du Misak-ı Milli [Pacte ou serment national voté par le dernier parlement de l’empire ottoman] où existait la principale domination ottomane. C’est l’objectif principal du gouvernement AKP/MHP depuis la réunion du Conseil de sécurité nationale turc en octobre 2014, où le plan de démantèlement [contre le Mouvement de libération kurde] a été décidé. C’est le long de cet axe que le gouvernement fasciste a lancé une guerre le 24 juillet 2015 avec une série de frappes aériennes (400) de très grande envergure. Les frappes aériennes se sont ensuite poursuivies sans interruption, couvrant le nord, le sud et l’ouest (Rojava) du Kurdistan. Ces attaques continuent à ce jour. Jusqu’à présent, la résistance du PKK a contrecarré au prix fort les rêves du « Misak-ı Millî » de ce régime fasciste.
Les élections sont un moyen de lutter pour des positions fortes
Avec le traité de Lausanne, le Kurdistan a été officiellement divisé entre les quatre États occupants syrien, irakien, iranien et turc (…). En ce sens, la politique de négation, d’anéantissement et d’assimilation dirigée contre les Kurdes a été encadrée par la loi. Nous entrons dans un nouveau siècle avec une énorme culture de résistance qui brise ce cadre légal. Le fascisme AKP/MHP, dans une position qui institutionnalise le « fascisme vert [islamisme] », entend mettre en œuvre encore plus cette politique, en utilisant la réalité lausannoise contre les peuples, les cultures et toutes les ethnies du nouveau siècle sur la base de l’alliance des fascisme vert et noir et kémalisme décalé. Cette mentalité a contraint les peuples arménien et assyrien à l’exil à travers de grands massacres entre 1915 et 1918. Il a isolé diverses minorités [dont il a nié l’existence] et visait à dépouiller les Kurdes de leur identité et à les turciser. Dans le cadre de la politique pan-turque, une constitution a été créée pour la pleine turcisation de divers groupes ethniques et autres. Face à la réalité de ce siècle, il y a eu une résistance continue des peuples, des forces socialistes et révolutionnaires. Cette résistance doit aboutir à un résultat en faveur du peuple et des forces de la démocratie dans le nouveau siècle. Les efforts en ce sens doivent être maintenus au plus haut niveau. Les élections sont aussi un moyen de se battre pour des positions fortes. C’est un fait, que le régime fasciste AKP/MHP ne peut pas être complètement détruit par une seule élection. Cependant, il est possible dans les prochains jours, avec la bonne tactique et stratégie, avec des alliances appropriées et une attitude déterminée, d’utiliser les élections comme un outil et de mettre fin à l’existence de l’AKP/MHP dans le cadre légal au profit des peuples.
Effondrement du fascisme AKP/MHP
Face à la grande résistance de Rêber Apo [Abdullah Öcalan] et à la lutte menée par le PKK avec de lourdes pertes, le fascisme AKP/MHP s’effondre et connaît les moments les plus faibles de son histoire. Il s’est effondré économiquement, politiquement et diplomatiquement, est devenu idéologiquement ambigu et s’est transformé en un État mafieux. L’équipage Erdoğan/Bahçeli s’est transformé en un réseau d’intérêt international. Aux élections, il faut l’arrêter dans un cadre légal. Les élections du 14 mai sont importantes à cet égard. Par conséquent, tous les milieux démocratiques devraient adopter une attitude qui ouvre la voie à l’unité, à la solidarité et aux alliances. Les alliances ont déjà été clarifiées dans une large mesure. D’une part, il y a une alliance mafieuse de contras et de gangs sous la forme de l’AKP, du MHP et du Hüda-Par connue sous le nom d’Alliance populaire ; de l’autre côté en compétition dans ces élections se trouvent l’Alliance révolutionnaire démocrate-socialiste pour le travail et la liberté et l’Alliance nationale, connue sous le nom de la Table des Six, qui a une structure essentiellement réparatrice, englobant de nombreuses tendances et pas encore capable d’une politique stable. Les principales forces qui s’affronteront se situent autour de ces trois blocs.
Le Parti de la gauche verte [Yesil Sol Parti] représente toutes les couches de la population
Le fascisme a depuis longtemps pour projet d’éliminer le peuple kurde de la politique légale. À cette fin, toutes sortes d’orientations immorales ont surgi. Le gouvernement AKP/MHP sait très bien qu’aucun pouvoir fasciste n’a pu résister à la lutte pour la liberté kurde. Cette lutte ne peut être repoussée, ni la guérilla détruite. Les Kurdes, les Alévis, les autres groupes marginalisés et tous les cercles démocratiques doivent être éradiqués de la politique démocratique. Comme cela est bien connu, des méthodes sales ont été utilisées à cette fin. Des milliers de maires élus, de députés et d’élus, et des dizaines de milliers de nos concitoyens ont été pris en otage et contraints à l’exil. Il a été essayé, faire des prochaines élections un piège pour les Kurdes et les milieux démocrates. La coïncidence de la procédure d’interdiction contre le HDP avec la date des élections législatives en est une indication. Les Kurdes et les forces socialistes démocratiques, qui ont une grande tradition et une grande expérience du combat, l’ont reconnu et ont pris les mesures nécessaires pour contrecarrer cette foule fasciste. En travaillant avec des alternatives, une politique cohérente avec la tradition de lutte en cours a été poursuivie. C’est une attitude positive qui représente tous les peuples avec une perspective qui représente une véritable alternative, dans laquelle s’est formée une alliance révolutionnaire, démocratique, ouvrière, libertaire, qui a reçu un cadre légal, qui s’exprime comme un parti de la gauche verte. Cela se voit clairement dans les déclarations électorales publiées.
Nous suivons également ce processus de près. Notre direction a fait les déclarations et les facilités nécessaires pour que tous les milieux démocratiques réussissent dans cette affaire. Le 6 février, en raison de la catastrophe du tremblement de terre, notre mouvement a annoncé qu’il avait pris une décision d’inaction [cessation des actions militantes] par responsabilité morale et humanitaire. L’annonce par le directoire du KCK que cette décision sera maintenue jusqu’à la fin des élections est une sérieuse chance de succès. Ce nouvel appel de notre mouvement était très important. Les élections du 7 juin 2015 ont amené plus de 80 députés au parlement, mais le régime fasciste de l’AKP a annulé les élections du 1er juin.
Le gouvernement utilisera toutes les méthodes
Les élections s’approchent. Le gouvernement utilisera toutes sortes de méthodes sales et immorales pour tourner le résultat en sa faveur. (…) Le gouvernement s’est transformé en une organisation fasciste, semblable à un gang, qui n’a plus aucun statut. Dans cette situation, il est presque impossible de réussir par les urnes, mais le fascisme AKP/MHP s’est spécialisé dans les méthodes et les ruses immorales. Notre peuple et nos forces démocratiques doivent être vigilants et prendre des mesures de précaution à cet égard. Ils devraient pouvoir s’articuler dans tous les domaines sous l’égide du parti de la gauche verte.
Erdoğan se présente illégalement aux élections, c’est un candidat illégal. C’est un menteur, un voleur, une personne qui n’a plus de morale et la personne la plus honteuse qui puisse diriger l’État de la République de Turquie. Il n’y a rien qu’une personne avec une telle personnalité ne ferait pas pour son propre ego. Parce qu’il trahit la tradition de la vision nationale, il peut trahir toutes les valeurs auxquelles il croit sans sourciller. Surtout compte tenu de la réalité de Devlet Bahçeli et du MHP, qui attaquent tout et tout le monde, en bavant à chaque fois qu’ils ouvrent la bouche, les forces de la démocratie doivent maintenir leurs efforts au plus haut niveau avec une grande vigilance et une attitude révolutionnaire. C’est ainsi que le succès viendra. (…)
Le fascisme AKP/MHP s’est allié à Hüda-Par, une structure contra qui a massacré le Kurdistan. Pourquoi cette alliance a-t-elle été conclue, quel est son but et sa signification ?
Je vois l’alliance de l’AKP avec Hüda-Par comme positive car elle montre leurs vraies couleurs. Hüda-Par est une contre-structure trop connue des Kurdes. Cette structure est un réseau de tueurs organisé et pleinement soutenu par l’État profond et les gouvernements dans les années 1990. Cette structure de gangs a versé le sang de milliers de nos concitoyens et a été créée pour faire la guerre au PKK et aux Kurdes. Les Kurdes appellent ce réseau meurtrier Hizbulkontra. Hüda-Par signifie Hezbollah [à ne pas confondre avec Hezbollah au Liban] en kurde. Cela signifie le parti d’Allah. Cette contre-organisation est en réalité une réalité de DAECH et du JITEM. Tous les éléments meurtriers du JITEM dans les années 1990 ont émergé entièrement de la structure du Hizbulkontra. L’organisation un peu plus grande de cette contre-structure est l’AKP lui-même.Lorsque les Kurdes ont combattu l’EI, il est devenu évident que l’EI était directement lié à l’AKP. Il n’est donc pas surprenant que l’AKP se soit allié à ces structures. Avec cette alliance, le régime fasciste, qui s’effondre déjà à tous égards, deviendra encore plus rien aux yeux des peuples et de tous les milieux humanitaires.
Un autre aspect est que Hüda-Par essaie d’obtenir une couverture légale. Toutes les possibilités économiques et politiques possibles sont offertes pour cela. À l’avenir, cette situation risque de devenir très dangereuse. Si le bloc fasciste AKP/MHP n’obtient pas le résultat escompté aux élections, il armera Hüda-Par au Kurdistan et ailleurs et les laissera lutter contre le mouvement révolutionnaire et les Kurdes. Pour cette raison, des tentatives sont faites pour créer un camouflage juridique pour ces contras. C’est la première fois dans la tradition turque que cette approche s’affiche ouvertement à ce niveau.
La publication de photos de Yeşil* (Mahmut Yıldırım) et des Toros blancs dans le match entre Amedspor et la célébration ultérieure de ces attaques par Bursaspor et Bahçeli montre que cet événement est une attaque organisée et une menace. Tous les cercles doivent le savoir et agir en conséquence. Cette mentalité ne connaît pas les différences et essaie de les détruire. Par conséquent, tous les segments doivent être vigilants et se battre avec force. Cette structure peut devenir dangereuse après les élections. Cela peut transformer Hüda-Par en un Hamas kurde. Il faut y faire face de cette manière et être vigilant. Ils attaqueront probablement avec ces contre-structures pendant la campagne électorale et lorsqu’ils se rendront compte que les élections vont en faveur du peuple (…) l’État peut s’exonérer et laisser faire le Hüda-Par.
*Le 5 mars 2023, des supporters de l’équipe de football Bursaspor ont attaqué les joueurs de l’équipe kurde Amedspor avant le début du match opposant les deux équipes dans la ville de Bursa. Ils ont tabassé un supporter d’Amedspor dans les tribunes et également lancé des bouteilles d’eau et des projectiles (couteaux, etc.) sur les joueurs kurdes, sans que le match soit suspendu. Par ailleurs, des supporters de Bursaspor ont arboré des images du tueur à gage du JITEM (service de renseignement de la gendarmerie turque), Mahmut Yıldırım, alias Yeşil (Vert) et des images des voitures Renault (Beyaz Toroslar) utilisées dans le kidnapping et la disparition forcée des milliers de Kurdes dans les années 1990.
Le Parti de la cause libre (en turc : Hür Dava Partisi ; en kurde : Partiya Doza Azadî ; abréviation : HÜDA PAR), parfois appelé Parti de Dieu, est un parti politique turc d’ extrême-droit et islamiste. Il est fondé par d’anciens membres et sympathisants du Hizbullah turc, une organisation, aujourd’hui interdite et classée terroriste, connue pour avoir combattu le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) durant les années 1990 avec la complaisance du gouvernement turc. Soutenu principalement par des sympathisants kurdes, il est perçu comme un contre poids à l’hégémonie du Parti Démocratique des Peuples (HDP). (Wikipedia)