MARSEILLE – Centre Social Autogéré basé à Marseille, la DAR accueille ce vendredi 5 mai des membres de « Barikat », groupe Ultra du club de foot Amedspor (Amed/Diyarbakir, capitale du Kurdistan côté turc) pour parler de la lutte antifasciste dans la Turquie d’Erdogan.
Le 5 mars dernier, des supporters de l’équipe de football Bursaspor ont attaqué les joueurs de l’équipe kurde Amedspor avant le début du match opposant les deux équipes dans la ville de Bursa. Depuis de nombreuses années, le club d’Amedspor est interdit d’avoir ses supporters lors des déplacements tandis que le club et ses fans subissent régulièrement des attaques fascistes.
Les ultras d’Amedspor sont principalement emmenés par Barikat, groupe clairement antiraciste et internationaliste, qui souhaite développer des liens et du soutien avec des réseaux antifascistes européens notamment via cette tournée.
Le cas d’Amedspor et de Barikat parle sur le racisme en Turquie, érigé en idéologie d’État. Barikat veut parler de la résistance à la fascisation de la Turquie, notamment en contexte des élections du 14 mai où le parti « pro-kurde » HDP est menacé de fermeture et ce qui l’a poussé à créer un nouveau parti (Yesil Sol Parti) pour présenter des candidats aux élections législatives. Barikat veut aussi et surtout parler d’internationalisme par la base.
RDV le vendredi 5 mai, à 19hAu 127 rue d’Aubagne13006 MARSEILLE
LYON – Le recueil de pièces de théâtre kurdes, intitulé Les montagnes de la liberté – Panorama des écritures théâtrales kurdes d’Irak, publié en 2020, sous la direction de Shwan Jaffar et publié aux éditions l’Espace d’un Instant, a récemment fait l’objet d’une conférence et d’une séance de signatures à la Mairie du 7ème arrondissement de Lyon*, le 28 avril 2023. Constituée de six pièces de théâtre, la traduction de Shwan Jafar nous offre un panorama du théâtre kurde, entre classiques littéraires et œuvres contemporaines. Y figurent le fameux Mêm û Zin d’après l’épopée d’Ehmedê Xanî ; Mina, princesse de la pluie d’Ahmed Salar ; Kardo de Kemal Hangira ; Azadî … l’Être kurde de Shwan Jaffar ; La Ruine par Kameran Raoof ; et finalement Les Ombres de Bagdad par Shwan Jaffar lui-même.
La visée de ce recueil fut premièrement la revalorisation de la culture kurde, et a fortiori du théâtre kurde. En cela, Shwan Jaffar s’est tourné vers les éditions l’Espace d’un Instant qui, créées en 2001, œuvrent pour la conservation, la traduction et l’édition des écritures théâtrales d’Europe orientale. Le choix de ces éditions témoigne de la volonté de S. Jaffar d’ancrer son recueil au sein d’une expertise théâtrale et de saisir le théâtre kurde pour ce qu’il est, sans l’infuser d’a priori politique ou d’actualité. Ces six traductions ont par ailleurs été corrigées par un professeur agrégé de français, permettant de corroborer la légitimité du théâtre kurde sur la scène globale.
« Dans l’imagination des Français, quand vous dites « je suis kurde », vous ne signifiez que deux choses : L’attaque d’Halabja à l’arme chimique et le P.K.K. Rien de plus, rien de moins. Je pense qu’il y a d’autres choses à montrer. C’est difficile de vivre comme un Kurde. Premièrement parce que, lorsque les gens voient les Kurdes, ils ne voient que le pauvre peuple. Il y a toujours ce regard de pitié pour nous, et moi, je n’aime pas cette pitié. C’est donc à nous de montrer qu’on a aussi une culture riche et millénaire. » Sa
mission fut ainsi de redonner ses lettres de noblesse à la culture kurde sur la scène internationale, en la considérant pour elle-même, en tant que témoin d’un espace cosmopolite, doté de ses odeurs, de ses couleurs, comme un reflet de la réalité d’un peuple dont l’identité même est en péril. S. Jaffar souligna l’évidente nécessité de traiter de la question kurde, des mouvements kurdes, de la situation politique ainsi que des enjeux internationaux. Toutefois, la voie culturelle est un chemin, non pas en deçà, mais parallèle à la question politique, et dont nous avons le devoir de perpétuer.
Shwan Jaffar« Traduire du kurde vers le français est un acte militant. Je me considère effectivement comme un peshmerga parce que je milite pour faire connaître ma culture, la culture kurde », a-t-il énoncé quand il fut question des embûches de l’édition, de la diffusion ainsi que de la communication. En effet, la destination première des Montagnes de la liberté sont les [lecteurs] francophones. Ces pièces de théâtre existant d’ores et déjà en kurde, il s’agissait, via cette traduction, d’informer les non-Kurdes de l’existence d’une
littérature kurde, foisonnante, étoffée, et pour autant inconnue et menacée.
C’est ainsi que Les montagnes de la liberté cristallise la volonté de S. Jaffar d’œuvrer à la préservation d’une culture, vecteur d’identité, en mettant en lumière l’épaisseur et la luxuriance de cette dernière via son patrimoine théâtral.
Shwan Jaffar
Shwan Jaffar, né à Suleimanîyê, au Kurdistan irakien (Başûr), est un auteur, traducteur, metteur en scène et docteur en géopolitique. Il réalise ses études à l’Université de Bagdad, obtenant en 1984 un Master des Arts. C’est durant la guerre Iran-Irak qu’il quitte sa ville, séjournant ainsi dix-neuf mois dans un camp de réfugiés à proximité de Téhéran, lui permettant ainsi l’apprentissage du persan. C’est en 1986 qu’il s’installe à Paris, poursuivant des études théâtrales-Arts du spectacle à l’université de la Sorbonne-Nouvelle. Il traduira et mettra en scène par la suite nombre de pièces de théâtre, dont certaines seront représentées sur la Scène nationale de Cherbourg ou encore à Paris. Parallèlement, Shwan Jaffar est enseignant à l’I.N.A.L.C.O. ainsi qu’à l’Université de Strasbourg et de Rouen.
Texte et photos par Zîlan Koç, pour Kurdistan au féminin
*Événement organisé par l’association Amitiés Kurdes de Lyon
IRAN / ROJHILAT – « La contrebande a ses racines dans la maladresse des dirigeants qui, pendant des centaines d’années, ont pris la chaîne de Zagros de 1600 km comme frontière entre l’Arabie et la Perse, mais ont ignoré la façon dont les Kurdes vivent des deux côtés » écrivait le journaliste Alex Perry dans son article « Grand reportage : avec les contrebandiers kurdes iraniens dans les montagnes les plus dangereuses du monde« publié sur le site Outside Magazine le 5 novembre 2021.
Kolber est un mot kurde composé de deux mots : « kol (dos) + bar ou ber (charge)», qui signifie « celui qui porte des charges sur son dos ». Il se réfère à un groupe de personnes qui transportent et échangent divers types de produits, tels que de la nourriture, des appareils électroniques, des vêtements, des tissus, des médicaments, etc., sur le dos entre les frontières montagneuses de l’Iran, de l’Irak et de la Turquie modernes (trois des quatre régions occupées du Grand Kurdistan).
Bien que les Kolbers existent dans tout le Kurdistan, le phénomène est le plus visible au Kurdistan oriental / Rojhilat (nord-ouest de l’Iran), où il y a plus de 70 000 kolbars (selon les estimations de l’ONU), mais les organisations et experts locaux avancent des chiffres fluctuants plus élevés d’environ 150 000 à 300 000 d’hommes, femmes et enfants qui exercent le métier de kolbari. Parmi les Kolbers, il y a souvent des personnes titulaires d’un diplôme universitaire.
Les Kolbers ne sont pas officiellement reconnus comme force de travail par le régime iranien ou les compagnies d’assurances ; au lieu de cela, ils sont qualifiés de « passeurs » et leur travail est considéré comme illégal. En conséquence, ils sont confrontés à une multitude de difficultés économiques et politiques, et leur sécurité est souvent aussi risquée. Les kolbers kurdes en Iran reçoivent environ 20 à 25 dollars par chargement, le parlement iranien évaluant la valeur de tout le trafic à 25 milliards de dollars américains, soit à peu près la même chose que le PIB du gouvernement régional kurde voisin, ou le commerce annuel passant par le port de Seattle. Lorsque vous vous rendez compte que cette quantité massive de matériel est transportée à dos d’homme, plutôt que sur de gros cargos, l’ampleur du phénomène devient difficile à comprendre. Au niveau individuel, on estime que chaque charge pèse entre 30 et 80 kg et que les itinéraires parcourus par les kolbers vont de 5 à 15 km.
Parce que les Kolbers sont actifs dans les zones frontalières le long des montagnes de Zagros (avec des sommets de 14 000 pieds), ils doivent traverser des chemins très hauts et escarpés et faire face à un temps extrêmement froid, à la neige, à la pluie, aux avalanches, aux animaux sauvages et, pire encore, aux balles de Gardes-frontières iraniens, turcs et irakiens. Ils sont fréquemment ciblés par ces forces, et des centaines de Kolbers sont tués, blessés et amputés chaque année par le tir direct de ces forces ou même bombardés par des jets. Le massacre de Roboski, dans le nord du Kurdistan (sud-est de la Turquie) est un exemple tragique du niveau extrême de violence auquel les Kolbers sont confrontés. Ces forces militaires confisquent également les chevaux et les biens appartenant aux Kolbers et les revendent à des prix plus élevés. Dans certains cas, ils ont aussi mitraillé les chevaux, mulets ou tout autre bétail comme forme de punition et acte de terreur pour dissuader les Kolbers.
Selon Hangaw, une organisation kurde de défense des droits humains au Rojhilat, en 2022, au moins 290 kolbers et commerçants kurdes ont été tués ou blessés, dont 46 tués et 244 blessés. Ce chiffre a augmenté d’au moins 75 cas, soit 35%, depuis 2021. Ces chiffres incluent naturellement un taux élevé de mineurs qui ont été contraints à cette forme de commerce hautement dangereuse par l’appauvrissement économique délibéré et systémique des Kurdes par le régime de Téhéran.
Les sanctions si elles sont prises en Iran peuvent également être sévères. La loi iranienne prévoit des sanctions pour les kolbers en fonction de la valeur des marchandises qu’ils transportent. Pour les marchandises jusqu’à 238 dollars américains, le contrebandier est emprisonné de 90 jours à 6 mois et condamné à une amende pouvant aller jusqu’à 3 fois la valeur de la marchandise. La peine la plus élevée, réservée aux chargements d’une valeur supérieure à 23 750 dollars américains, comprend jusqu’à 5 ans de prison et une amende pouvant atteindre 10 fois la valeur des marchandises. Cependant, la peine est souvent la peine de mort – l’exécution – quelle que soit leur cargaison.
Près de 1 800 Kolbers ont été tués, blessés ou amputés de membres au Kurdistan oriental au cours des dix dernières années, avec près de 550 tués et environ 1 250 blessés. La majorité d’entre eux ont été tués ou blessés à la suite de tirs directs des forces armées iraniennes, tandis qu’un petit nombre ont été tués ou blessés à la suite de catastrophes naturelles et d’accidents de voiture.
Cependant, le sort des kolbers est largement inconnu en dehors du Kurdistan, avec un article de mai 2022 dans Political Geography observant comment : « Le sort des kolbers est largement invisible en dehors de la région frontalière où ils vivent, travaillent et tentent de survivre… les kolbers ont été largement ignorés par les universitaires et les médias. Cette obscurité est déconcertante compte tenu de l’importance du commerce du kolberi, des immenses défis auxquels sont confrontés ceux qui y participent et des informations qu’il peut fournir sur la dynamique géopolitique et politico-économique qui façonne la vie des peuples marginalisés. »Téhéran crée ces conditions
La question doit être posée : pourquoi le Kolberi est-il un emploi au Kurdistan ? Et comment les États contrôlant le Kurdistan, en particulier l’Iran, sont-ils à blâmer? Le Kurdistan est une région extrêmement prospère avec d’abondantes ressources en eau, en pétrole, en minéraux et en métaux ; terre fertile; temps habitable; et un emplacement stratégique au cœur du Moyen-Orient. Néanmoins, en raison de la colonisation du Kurdistan par ces États et de l’oppression et de la marginalisation du peuple kurde, les Kurdes de toutes les régions du Kurdistan sont confrontés à une pauvreté extrême, à des difficultés financières, à un manque d’éducation adéquate, à un manque d’investissement et à d’autres problèmes. Kolberi (ceux qui sont des Kolbers), en particulier, est l’une des manifestations les plus visibles de cette oppression systématique des Kurdes, qui a entraîné une crise humanitaire ainsi que le plus grand problème financier du Kurdistan oriental (l’Iran).
Les provinces du Kurdistan oriental d’ Ourmia (Azerbaïdjan occidental), Sînê / Sanandaj (Kurdistan), Kirmashan (Kermanshah) et Ilam, qui sont situées à la frontière avec le Kurdistan méridional et septentrional (Irak et Turquie), sont d’où viennent généralement les Kolbers et ont des taux d’investissement public parmi les plus bas tout en ayant des taux de chômage parmi les plus élevés. Certains Kolbers d’autres provinces peuplées de Kurdes, comme Hamedan et Lorestan, se rendent également aux frontières pour travailler pour les mêmes raisons.
En 2016, par exemple, le taux de chômage en Iran était de 13 %, tandis que les taux de chômage dans des endroits comme Kirmashan variaient de 14 à 20 %. La misère et la pauvreté sont le résultat des taux de chômage élevés et des politiques économiques inhumaines du gouvernement iranien envers les Kurdes. Entre 2019 et 2020, le taux de pauvreté moyen en Iran était de 48 %. La province kurde de Kermanshah avait le taux de pauvreté le plus élevé, à 55 %. Sanandaj est arrivé deuxième avec 53,2 %, Urmia est arrivé troisième avec 46,9 % et Ilam est arrivé quatrième avec 45,3 %. Les provinces non persanes, en particulier les provinces kurdes, ont reçu le moins de financement dans le plan budgétaire national iranien 1401 (2022-mars 2023). Ilam, qui compte plus de 600 000 habitants, a reçu le moins d’argent, 935 milliards de tomans (environ 20 millions de dollars), de toutes les 31 provinces iraniennes. Avec une population de près de 8 millions d’habitants, les quatre provinces kurdes d’Ourmia, Sanadaj, Kermanshah et Ilam ont reçu près de 11 000 milliards de tomans (environ 245 millions de dollars), tandis que la province d’Ispahan, avec une population d’environ 5 millions, a reçu plus de 32 000 milliards de tomans (plus de 710 millions de dollars), soit trois fois plus que le budget total des principales provinces kurdes.
Par conséquent, les taux de suicide élevés, la consommation de drogue et la violence domestique ne sont que quelques-uns des problèmes sociaux associés à la pauvreté au Kurdistan oriental. Ilam, par exemple, a le taux de suicide le plus élevé d’Iran, à 17,3 pour 100 000 habitants. Kermanshah et Luristan sont deuxième et troisième, avec des taux de 13,6 et 11,1 pour 100 000, respectivement. En comparaison, le taux de suicide moyen en Iran est de 5,2 pour 100 000 habitants. Ces statistiques démontrent une discrimination sociale, politique et économique très systématique contre les Kurdes, qui a abouti à un phénomène tel que le Kolberi.
En plus des problèmes mentionnés ci-dessus, le Kurdistan oriental est soumis à deux types de sanctions économiques. Le premier est un ensemble de sanctions imposées à l’Iran par la communauté internationale en réponse à son comportement déstabilisateur, ses violations des droits de l’homme et ses efforts de développement d’armes nucléaires. Cependant, alors que les sanctions n’ont pas forcé le gouvernement iranien à changer son comportement, elles ont affecté presque toutes les personnes à l’intérieur de la géographie de l’Iran, en particulier les Kurdes. Il s’agit d’un cas similaire au programme désastreux « Pétrole contre nourriture » dans lequel le régime de Saddam Hussein a délibérément sous-approvisionné les régions kurdes en nourriture, de sorte qu’un problème humanitaire et économique atroce s’en est suivi, entraînant une pauvreté et une famine de masse. De toute évidence, les gouvernements qui occupent les régions kurdes maintiennent une politique délibérée et extensive de sous-développement économique dans ces régions.
Le second est un embargo intérieur imposé au Kurdistan oriental depuis plus d’un siècle et exacerbé après la révolution islamique de 1979. Suite au commandement religieux du guide suprême iranien, l’ayatollah Khomeiny, appelant au « jihad » contre les Kurdes en 1979, Rojhilat a été fortement militarisé et est considéré comme une zone de sécurité. Par exemple, le régime iranien a construit environ 2 000 points de contrôle et bases militaires dans les provinces kurdes, et parce que le Kurdistan est considéré comme une zone de sécurité en raison de son histoire d’opposition à l’État iranien, les citoyens locaux ne sont généralement pas autorisés à investir librement dans leurs régions et à créer des emplois pour la population, ou qu’ils n’investissent pas intentionnellement dans les industries du Kurdistan en raison du manque de protection juridique.
Simultanément, l’État iranien cause fréquemment des difficultés aux agriculteurs et propriétaires terriens locaux, les empêchant de vivre de leurs terres. De plus, à moins qu’eux-mêmes ou leurs familles aient des liens avec le gouvernement, les Kurdes ne sont presque jamais acceptés dans les programmes d’emploi du gouvernement, et s’ils le font, ils doivent se plier au gouvernement officiel et à ses politiques anti-kurdes. Par conséquent, les Kurdes représentent un très faible pourcentage des employés du gouvernement, même dans leurs propres régions et, même alors, ne peuvent que reproduire les procédures officielles du gouvernement.
Le Kurdistan oriental, comme indiqué précédemment, est extrêmement riche en ressources. Pendant des décennies, le gouvernement iranien a exploité ces sources sans aucun avantage pour le peuple kurde. Par exemple, l’une des plus grandes mines d’or de la région est Zarra Shuran situé dans le district de Tikab de la province d’Ourmia. Elle dispose d’un approvisionnement total de plus de 200 tonnes d’or pur et de plus de 2 000 employés, dont presque tous viennent de l’extérieur de la province et y sont amenés par le gouvernement qui est également propriétaire de la mine. Le seul avantage pour les habitants de cette mine est les produits chimiques toxiques laissés par le processus d’extraction de l’or dans les usines voisines, qui pénètrent dans leurs réserves d’eau et provoquent diverses maladies. De même, il existe des centaines d’autres mines, bassins pétroliers, puits et même des terres agricoles au Rojhilat dont le peuple kurde n’en bénéficie aucunement.
Le gouvernement iranien n’a pas non plus reconnu légalement les Kolbers et leur travail, ce qui signifie que les Kolbers ne sont pas couverts par des régimes ou des programmes d’assurance, et qu’ils ne reçoivent aucune aide gouvernementale parce qu’ils sont considérés comme des « criminels ». Ce processus permet également aux militaires de traiter les Kolbers de la manière la plus odieuse possible. Selon la loi de l’État iranien sur l’utilisation des armes dans les régions frontalières : « Les officiers des forces armées sont autorisés à utiliser des armes dans les cas énumérés dans cette loi s’ils n’ont d’abord d’autre choix que d’utiliser des armes et ensuite, si possible, de suivre les rangs de tir aérien, tirer à la taille vers le bas et tirer à la taille vers le haut. »
Les forces armées iraniennes, cependant, ignorent illégalement cette loi et ciblent les Kolbers, qui importent ou exportent principalement des biens de première nécessité tels que de la nourriture, des vêtements, des tissus, des médicaments, des appareils électriques, etc., et la justice iranienne affirme fréquemment que les fusillades sont légales et raisonnable. Lors d’une visite dans la région en 2021, Alex Perry a décrit la scène comme suit :
« J’observe plus de climatiseurs, ainsi que des piles imposantes de machines à laver, de téléviseurs, de réfrigérateurs, de boîtes de thé, de cigarettes, d’aliments pour animaux de compagnie, de bière, de whisky et de lingerie – la liste de courses secrète de toute une nation. Le vieil homme dit que les jours de grande affluence, la file d’hommes et de mulets qui serpente sur les collines peut atteindre un kilomètre de long. Du côté iranien, où la discrimination contre les Kurdes leur laisse peu d’alternatives au travail de kolbarî, elle peut faire plusieurs kilomètres de long. »
Les cas mentionnés ci-dessus sont quelques-unes des principales raisons qui ont entraîné une crise humanitaire et un phénomène connu sous le nom de Kolberi auquel le peuple kurde est confronté sous l’État iranien. Jusqu’à présent, le gouvernement iranien ne semble pas aider à résoudre ce problème. Au lieu de cela, le gouvernement place les Kurdes dans une situation financière pire, de sorte que des personnes plus désespérées choisissent le kolberi comme emploi, ce qui permet au gouvernement d’opprimer plus facilement les Kurdes.
Avec la révolution en cours de « Jin, Jiyan, Azadi » (Femmes, vie, liberté), la situation économique des Kurdes se détériore de façon exponentielle car le régime iranien considère les Kurdes comme la source du soulèvement. Les taux de pauvreté, le chômage, le désespoir et la misère continuent de dominer le climat de la région kurde, qui à son tour fomente de nouveaux troubles et soulèvements. Les Kurdes continuent d’être les boucs émissaires des divers échecs internes du régime iranien, et tant que ce cycle d’isolement social et de terreur parrainé par l’État se poursuivra, les conditions misérables qui forcent les Kurdes du Rojhilat [à faire du Kolberi] le seront également. [Pourquoi] des centaines de milliers de Kurdes risqueraient continuellement la mort pour transporter un réfrigérateur sur leur dos au-dessus de montagnes perfides pour 20 dollars, tout en gelant et en se faisant tirer dessus [par les forces armées iraniennes], à moins qu’ils ne soient victimes de souffrances intolérables d’un État qui les considère comme jetables?
Article original à lire sur le site Kurdish Center for Studies: Rojhilat’s Kolbers: Symbols of Economic InjusticePar Gordyaen Benyamin Jermayi
Gordyaen Benyamin Jermayi est un militant kurde des droits humains né à Urmia, au Kurdistan oriental, diplômé en génie civil. Il est membre d’une organisation humanitaire qui documente les abus de l’État iranien au Kurdistan oriental. Depuis 2020, il a présenté et soumis des documents à des organismes internationaux, dont le Conseil des droits de l’homme des Nations unies et les forums des Nations Unies sur les minorités Moyen-Orient-Afrique. Il est également le fondateur de la plateforme Kurdistani People sur Instagram, qui travaille à sensibiliser aux problèmes kurdes et à connecter les Kurdes à travers la diaspora.
Le site Equal Times a publié un article sur les coopératifs agricoles de femmes créées par l’administration kurde au Rojava / Syrie du Nord et de l’Est alors que la région fait face à des sècheresses et à une guerre de l’eau livrée par la Turquie voisine…
Extraits:Depuis les deux tremblements de terre dévastateurs qui ont frappé la Turquie et la Syrie dans la nuit du 5 au 6 février, causant la mort de plus de 50.000 personnes et le déplacement de millions d’autres, l’attention du monde entier s’est à nouveau tournée vers la frontière entre la Turquie et la Syrie. La situation, catastrophique pour toutes les personnes affectées, s’est encore aggravée pour les Kurdes de Turquie et l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES ou NES, également connue sous le nom de Rojava), car la Turquie et la Syrie empêchent les convois d’urgence d’acheminer de l’aide aux communautés kurdes du nord de la Syrie. Ces blocages ne sont que la dernière manifestation en date de l’oppression persistante des Kurdes, la plus grande nation sans patrie au monde.Parallèlement, une autre crise frappe les communautés kurdes dans le nord-est de la Syrie : la Turquie a restreint l’écoulement de l’eau dans une région déjà durement touchée par le changement climatique. En conséquence, dans cette région qui dépend fortement de l’agriculture, les récoltes s’effondrent, les agriculteurs s’endettent et les habitants sont contraints de partir en raison des sécheresses récurrentes.Une lueur d’espoir se dessine cependant à l’horizon, en particulier grâce aux femmes de la région. Un projet baptisé Water for Rojava (De l’eau pour le Rojava), organisé par l’association Solidarity Economy basée au Royaume-Uni, a bénéficié d’un financement participatif de 105.000 livres sterling (127.000 dollars américains ou 119.563 euros) à la mi-2022 pour aider les coopératives agricoles de femmes à réirriguer les terres souffrant de la sécheresse.Soutenu par Water for Rojava, le Comité économique des femmes a irrigué 75 hectares sur une ancienne ferme étatique de 450 hectares près de Derik (population estimée à 40.000 habitants) et 50 hectares près d’Hassaké (dont la population métropolitaine dépasse 600.000 habitants). « Grâce à cette eau, ces communautés peuvent à nouveau prospérer », explique Sami Miran (nous utilisons un pseudonyme pour protéger son identité), qui a visité le Rojava en octobre 2022 dans le cadre d’une délégation de l’association Water for Rojava.
(…)
Suite de l’article à lire ici: Les coopératives de femmes surmontent les guerres liées à l’eau et la sécheresse climatique au Rojava
Article de Steve Rushton, traduit de l’anglais par Charles Katsidonis
EUROPE – L’Association Européenne des Juristes pour la Démocratie et les Droits de l’Homme (ELDH) a condamné l’arrestation d’avocats, journalistes, artistes et politiciens kurdes par le régime turc lors des rafles du 25 avril dernier et ajouté que ces arrestations illégales avaient pour but de saper le bon déroulement des élections présidentielles et législatives turques du 14 mai 2023.
L’Association Européenne des Juristes pour la Démocratie et les Droits de l’Homme (European Association of Lawyers for Democracy and Human Rights – ELDH) a publié un communiqué condamnant l’arrestation d’avocats, politiciens, journalistes et artistes kurdes dans 21 provinces de Turquie et du Kurdistan du Nord, le 25 avril.
Le communiqué a appelé « les autorités turques à ne pas violer le droit à des élections libres et indépendantes par des arrestations massives », ajoutant que « les arrestations actuelles doivent être considérées dans le contexte des élections, qui auront lieu dans trois semaines et s’accompagnent de nombreuses attaques violentes contre des personnalités de l’opposition ».
Les avocats européens ont déclaré que ces arrestations illégales « montrent clairement que cette opération cherche à saper le processus électoral à venir par le biais de la justice et vise un processus électoral qui n’est ni équitable ni indépendant. Nous sommes aux côtés de toutes les personnes détenues, en particulier l’Association des Avocats pour la Liberté (OHD), qui est membre de l’ELDH. »
ANF
SUISSE – Le Traité de Lausanne, signé à Lausanne il y a 100 ans et connu sous le nom de « Traité de paix », a ouvert la voie au génocide et à l’exil des peuples de la région, en particulier des Kurdes et des Arméniens.
A l’occasion du centenaire du Traité de Lausanne, la série de conférences, tables rondes, animations artistiques et culturelles lancées par le Comité Commémoration du 100ème Anniversaire de Lausanne (Lozan2023) se poursuit aujourd’hui par l’ouverture d’une exposition d’œuvres d’artistes kurdes.
Dans le cadre des événements du 100e anniversaire, à partir d’aujourd’hui une exposition intitulée « 2+2=KRDSTN » (2+2 = Kurdistan) qui présentera des œuvres d’artistes de différentes disciplines (vidéo, performance, photographie, installation, peinture) tiendra dans le hall d’exposition du Forum d’Hôtel de Ville, situé Plase de la Palud 2, 1003, et sera ouverte au public jusqu’au 19 mai.
Lors de cette exposition, des historien·ne·s et des artistes attireront l’attention sur les conséquences néfastes du traité de Lausanne et tenteront d’ouvrir la voie à sa re-documentation du point de vue kurde, et à la renaissance de la mémoire sociale.
Organisée par Barış Seyitvan et Serdar Mutlu, l’exposition présentera des œuvres d’Osman Ahmed, Havin Al-Sindy, Havar Amini, Vooria Aria, Khadija Baker, Savaş Boyraz, Wirya Budaghi, Timur Çelik, Salah Ebrahimi, Serhat Ertuna, Jacopo Gallico, Fatoş Irwen, Eren Karakuş, Serpil Odabaşı, Walid Siti, Hito Steyerl, Leyla Toprak.
Attirer l’attention sur les destructions causées par le traité
Le conservateur Serdar Mutlu a déclaré que le territoire de la Mésopotamie et de l’Anatolie avait été remodelé par le traité de Lausanne et a ajouté : « Avec la mentalité ‘une langue, une nation, un drapeau’ qui dure depuis 100 ans, d’innombrables massacres, génocides culturels et exils ont eu lieu sur ce territoire. »
Des conservateurs, des historiens, des artistes et des militants attireront l’attention sur les destructions causées par le traité de Lausanne, a déclaré Mutlu, ajoutant que ces activités tentent d’ouvrir la voie à la renaissance de la mémoire sociale en documentant à nouveau ce qui s’est passé. « Avec cette exposition, nous avons voulu montrer le pouvoir de l’art pour documenter et reconstruire la mémoire sociale. »
Le titre de l’exposition, ‘2+2=KRDSTN’, vient du mot 2+2=Kurdistan attribué à Qazi Muhammed, qui a proclamé la République de Mahabad en 1946. Mutlu a dit : « Les 2 R représentent ici le Rojava et le Rojhilat, et 2 B représente Bakur et Başûr. »
ANF
Un groupe de députés européens a exhorté l’OIAC à mener une enquête indépendante sur l’utilisation d’armes chimiques par la Turquie contre les combattants kurdes au Kurdistan irakien.
Un groupe de députés européens a écrit à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) pour exprimer leur inquiétude « face aux allégations crédibles d’utilisation d’armes chimiques par la Turquie dans la région du Kurdistan irakien, et à l’absence de toute enquête indépendante. La Convention sur les armes chimiques a été une réalisation d’une grande importance, d’autant plus que, comme nous le lisons sur votre site Web, 98 % du globe – tous les pays sauf quatre – sont couverts par sa protection. Cependant, l’expérience kurde suggère que même dans ces 98%, la couverture n’est pas universelle. La protection dépend de la présence d’un État qui parlera en votre nom. Les Kurdes, notamment, n’ont pas leur propre État pour faire une telle demande. »
La lettre soulignait que « la nécessité d’une demande d’un État nous semble saper l’esprit fondamental de la Convention, nier son universalité primordiale et restreindre sa capacité à créer le monde sans armes chimiques pour lequel elle a été créée.En ce qui concerne la situation particulière dans le nord de l’Irak, où l’armée turque combat le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), nous notons que le gouvernement turc a même admis l’utilisation militaire de gaz lacrymogène, ce qui, bien sûr, est interdits par la Convention.1) Il existe des rapports alarmants de journalistes qui se sont entretenus avec des civils locaux qui affirment avoir souffert de symptômes associés à des attaques chimiques après les bombardements turcs. 2) Il y a des vidéos qui semblent montrer des soldats turcs mettant des tuyaux dans les tunnels où les combattants du PKK s’abritent, et d’autres vidéos montrant l’agonie de deux des guérilleros kurdes.Ces dernières vidéos ont convaincu la professeur Şebnem Korur Fincancı, présidente de l’Union des médecins de Turquie [Türk Tabipleri Birliği – TTB], de la nécessité d’une véritable enquête indépendante ; mais quand elle a soulevé cela, elle a été mise en prison, ne faisant que renforcer les craintes que la Turquie ait quelque chose à cacher. Il y a également eu des preuves circonstancielles sous la forme de conteneurs de produits chimiques et d’une cartouche de masque à gaz. 5) Combinées, les preuves étaient suffisantes pour que l’association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW) appelle également à une enquête indépendante. 6) Ils ont essayé de mener ont eux-mêmes mené une mission d’enquête, mais lorsqu’ils ont voulu se rendre dans les environs immédiats et rencontrer les civils touchés, ils n’ont pas reçu l’autorisation de s’y rendre.Nous supposons que les preuves que nous avons décrites ci-dessus vous sont très familières – vous devez donc déjà être conscient du besoin urgent d’une enquête indépendante qui peut insister pour aller là où elle est nécessaire. Bien sûr, nous ne pouvons présumer du résultat d’une telle enquête, mais si elle montre effectivement que la Turquie a utilisé des armes chimiques, ce serait une première étape essentielle pour s’en débarrasser.En tant qu’élus européens, nous considérons qu’il est de notre devoir de mettre en lumière cette situation préoccupante et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour qu’elle fasse l’objet d’une enquête appropriée. Ne pas agir dans ces circonstances pourrait équivaloir à une complicité avec un crime de guerre. »Les député.e.s qui ont signé la lettre sont:ALFONSI François (Verts/ALE) ;SCHIEDER Andreas (S&D);VILLUMSEN Nikolaj (LA GAUCHE);ARENA Maria (S&D);AUKEN Margrete (Verts/ALE);BITEAU Benoit (Verts/ALE) ;BJÖRK Malin (LA GAUCHE);BOURGEOIS Geert (ECR);CAREME Damien (Verts/ALE) ;CASTALDO Fabio Massimo (NI);CHAIBI Leila (LA GAUCHE);COMIN I OLIVERES Antoni (NI);CORMAND David (Verts/ALE);CORRAO Ignazio (Verts/ALE);D’AMATO Rosa (Verts/ALE);DELBOS- CORFIELD Gwendoline (Verts/ALE) ;DELLI Karima (Verts/ALE);DEMIREL Ozlem (LA GAUCHE);FRAGKOS Emmanouil (ECR) ;GREGOROVÁ Markéta (Verts/ALE);GRUFFAT Claude (Verts/ALE) ;GUSMÃO José (LA GAUCHE);HEIDE Hannes (S&D);JADOT Yannick (Verts/ALE) ;KANKO Assita (ECR) ;LARROUTUROU Pierre (S&D);MACMANUS Chris (LA GAUCHE);MATIAS Marisa (LA GAUCHE);MELCHIOR Karen (Renouveler);MIRANDA Ana (Verts/ALE);PAPADAKIS Demetris (S&D);PEDICINI Piernicola (Verts/ALE) ;PETER-HANSEN Kira Marie (Verts/ALE);PISAPIA Giuliano (S&D);PONSATI Clara (NI);PUIGDEMONT Carles (NI) ;RIBA I GINER Diana (Verts/ALE);RIVASI Michèle (Verts/ALE) ;RODRÍGUEZ PALOP Eugenia (LA GAUCHE);ROOSE Caroline (Verts/ALE);SANTOS Isabelle (S&D);SATOURI Mounir (Verts/ALE) ; SIDL Guenther (S&D);SINČIĆ Ivan Vilibor (NI);SMERIGLIO Massimiliano (S&D);SOLE Jordi (Verts/ALE);TOUSSAINT Marie (Verts/ALE) ;CRESPO URBAIN Miguel (LA GAUCHE);VILLANUEVA RUIZ Idoia (LA GAUCHE);ŽDANOKA Tatjana (NI)
SUISSE – L’exposition « Frontières. Le Traité de Lausanne, 1923 – 2023 » a été inaugurée hier à Lausanne où le fameux Traité signé il y a 100 ans entre les Puissances alliées et la Turquie a joué un rôle tragique sur le destin des peuples kurde, arménien et grec…
Intervenant lors du vernissage de l’exposition, le bourgmestre de Lausanne Grégoire Junod a déclaré: « Cet accord, qui a eu lieu à Lausanne et s’appelait l’accord de paix, n’a malheureusement pas pu ramener la paix même après 100 ans ».
L’exposition d’art mixte, organisée par la Municipalité de Lausanne et le Musée d’histoire de Lausanne, à l’occasion du 100e anniversaire du Traité de Lausanne, dont on se souvient pour avoir divisé le Kurdistan en quatre parties et fait passer les anciens peuples de la région à travers le cercle du génocide, a été ouvert aux visiteurs.
Le bourgmestre de Lausanne Grégoire Junod, des représentants du Centre communautaire démocratique kurde, Sevgi Koyuncu au nom du Comité Lausanne 2023, des représentants de nombreux partis politiques suisses, des dizaines d’artistes de Turquie et du Kurdistan ont participé au vernissage de l’exposition intitulée « Frontières, traité de Lausanne, 1923-2023 » au Musée d’histoire de Lausanne.
Laurent Golay, directeur du Musée d’histoire de Lausanne, a fait une déclaration concernant l’exposition. Golay a déclaré : « Cette exposition invite les invités à revenir sur les moments forts et les lieux de la conférence, qui a duré près de neuf mois avant le traité de Lausanne. Elle est centrée sur ce qui s’est passé cette année-là dans la capitale du Canton de Vaud, qui accueille également de nombreuses délégations internationales, comme le Beau-Rivage Palace ou les institutions historiques de Lausanne, comme l’actuelle Clinique Cecil. Le but du projet est d’établir des liens entre les époques et d’inclure l’expression artistique contemporaine. »
Par la suite, le maire de Lausanne Grégoire Junod a rappelé que la carte régionale avait été remaniée après le traité. Junod a déclaré : « Le traité de Lausanne, signé le 24 juillet 1923, est le seul accord qui produit encore ses effets parmi les accords conclus après le conflit ».
Indiquant que l’exposition « Frontières, Traité de Lausanne, 1923 – 2023 » qu’ils ont organisée dans le cadre du 100e anniversaire du Traité de Lausanne, Junod a déclaré que l’effet de la dévastation et de la douleur vécues par les peuples de la région se poursuit toujours, « Cette exposition est une exposition commémorative. Malheureusement, ce traité, qui a eu lieu à Lausanne et s’appelait le «traité de paix», n’a pas pu apporter la paix même après 100 ans. » Affirmant qu’ils ont discuté d’une rétrospective avec cette exposition qu’ils ont organisée à l’occasion du 100e anniversaire du traité, qui a infligé des souffrances aux peuples, en particulier les Kurdes, les Arméniens et les Grecs, Junod a réitéré que cette exposition était conçue comme une commémoration.
Au cours de l’exposition, plusieurs événements sont prévus pour discuter des conséquences du traité de Lausanne subies par différents les Kurdes, Arméniens, Grecs et Turcs.
L’exposition « Frontières. Le Traité de Lausanne, 1923 – 2023 » est ouverte au public au Musée d’histoire de Lausanne jusqu’au 8 octobre.
ANF
PARIS – Suite à la rafle de près de 130 militants, journalistes, avocats, artistes et simples citoyens kurdes par le régime turc le 25 avril dernier, le Parti de Gauche (PG) a publié un communiqué condamnant la persécution des Kurdes et des forces progressistes de Turquie par le régime turc, déclarant qu’Erdogan a peur de perdre les élections du 14 mai 2023.
Voici le communiqué du PG publié le 26 avril:« Erdogan a peur de perdre les élections alors il terrorise la population et les démocratesÀ deux semaines des élections générales présidentielles et législatives en Turquie, le président-dictateur sortant Erdogan a peur.La société est saignée à blanc par les purges de toutes sortes, la politique économique est catastrophique et la gestion du terrible séisme qui a ravagé un quart de la Turquie ont révélé de manière encore plus criante la corruption et l’incurie du pouvoir islamiste et fasciste à s’occuper de l’intérêt général de la population.Plus de 150 artistes, syndicalistes, universitaires, journalistes, responsables politiques ont été arrêtés le 24 avril dans le cadre de cette opération dite anti-terroriste menée par le régime policier turc. Cela survient quelques semaines après que le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a décrété un cessez-le-feu pour permettre le déroulement des élections dans un climat paisible.Le Parti de Gauche exige du gouvernement français d’agir directement en direction d’Erdogan et au sein du Conseil de l’Europe (dont est membre la Turquie) pour que les élections générales de mai prochain se déroulent avec toutes les garanties nécessaires à la bonne tenue des débats et réunions publiques, jusqu’au dépouillement régulier du scrutin. »
TURQUIE / KURDISTAN – Le 25 avril dernier, Près de 130 journalistes, politiciens, avocats, artistes et militants kurdes ont été arrêtés lors des raids policiers dans 21 villes à 19 jours des élections cruciales du 14 mai prochain. Les détenus qui exigeaient un interprète kurde lors de leur audition doivent attendre que les autorités turques trouvent des interprètes kurdes.
Il n’a pas encore été possible de recueillir les déclarations des détenus arrêtés le 25 avril et qui voulaient être auditionnés en kurde. Deux avocates détenues qui allaitent des bébés ont été libérées sous caution, alors que l’ordonnance de confidentialité est toujours en vigueur sur le dossier.
La procédure de recueil des dépositions des personnes détenues a débuté hier (26 avril) dans le cadre de l’enquête menée par le bureau du procureur général de Diyarbakır qui a abouti à une répression massive dans 21 provinces.
Dans le cadre de l’enquête, le tribunal avait délivré des mandats d’arrêt contre 216 personnes, dont 128 ont été placées en garde à vue à ce jour, dont des journalistes, des politiciens, des artistes et des avocats.
Pas d’interprètes kurdes
Rifat Ronî, co-président de l’Association d’études linguistiques et culturelles de Mezopotamya (MED-DER), le journaliste Salih Keleş, et Halise Aksoy, une mère de martyr dont le cadavre de son fils lui avait été envoyé dans un colis, étaient ceux qui voulaient faire leurs déclarations en kurde.
Cependant, aucun interprète kurde n’a pu être fourni, et la prise de leur déclaration a donc été reportée à aujourd’hui, a rapporté l’agence Mezopotamya (MA).
Les avocats refusent d’être auditionnés par la police
Les journalistes Abdurrahman Gök, Beritan Canözer, Mehmetşah Oruç et Mikail Barut, le politicien Hakim Kaya, et Abdulgani Alkan, membre de l’association Génération 78 qui n’a pas accepté d’être auditionnés par la police ont été envoyés devant le tribunal.
Par ailleurs, aucun des avocats membres de l’Association des avocats pour la liberté (ÖHD) n’a accepté d’être auditionné au poste de police.
Ordonnance de confidentialité en vigueur
Les avocates Gurbet Özbey Öner et Jiyan Sametoğlu qui ont été arrêtées hier ont été envoyées au bureau du procureur et libérées sous caution hier car elle allaitent leurs bébés.
Alors que la restriction de 24 heures sur les visites d’avocats a pris fin hier, l’ordonnance de confidentialité imposée sur le dossier est toujours en vigueur.
Les 126 personnes dont 10 journalistes qui ont été arrêtées dans 20 provinces le 25 avril et conduites à Diyarbakır sont détenues dans différents commissariats de la ville.
Bianet