« La Turquie n’a pas respecté les principes d’élections démocratiques »
« L’ingérence politique dans le processus électoral n’est pas conforme aux engagements internationaux de la Turquie. »
Le lendemain des élections turques présidentielles et législatives turques du 14 mai, la mission d’observation conjointe du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE, de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE (AP OSCE) et de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a publié un rapport dans lequel elle souligne que « le cadre juridique ne fournit pas pleinement une base pour la tenue d’élections démocratiques ».
« La campagne était en grande partie pacifique et compétitive, mais très polarisée et souvent de ton négatif et incendiaire. Un certain nombre de poursuites ainsi que des pressions sur les politiciens et les partis d’opposition, y compris les procédures en cours pour dissoudre le deuxième parti d’opposition [parti « kurde » HDP], ont entravé leur participation aux élections. Alors que la constitution garantit l’égalité des femmes et des hommes, les femmes restent sous-représentées dans les postes de direction et généralement dans la vie politique, et des efforts accrus sont nécessaires de la part des autorités et des partis politiques dans ce domaine.
(…)
« L’administration électorale a organisé les élections de manière efficace et jouissait généralement de la confiance, bien qu’il y ait eu un manque de transparence et de communication dans son travail, ainsi que des inquiétudes quant à son indépendance. Le jour du scrutin s’est déroulé dans l’ensemble calme et sans heurts, malgré un certain nombre d’incidents dans et autour des bureaux de vote. Bien que le processus ait été généralement bien organisé, des garanties importantes, en particulier lors du dépouillement, n’ont pas toujours été mises en œuvre. Le vote familial et collectif était fréquent, tandis que l’aménagement de la moitié des bureaux de vote observés les rendait inaccessibles aux personnes handicapées.
La campagne était en grande partie pacifique et compétitive, mais très polarisée et souvent de ton négatif et incendiaire. Un certain nombre de poursuites ainsi que des pressions sur les politiciens et les partis d’opposition, y compris les procédures en cours pour dissoudre le deuxième parti d’opposition, ont entravé leur participation aux élections. Alors que la constitution garantit l’égalité des femmes et des hommes, les femmes restent sous-représentées dans les postes de direction et généralement dans la vie politique, et des efforts accrus sont nécessaires de la part des autorités et des partis politiques dans ce domaine », déclare le communiqué publié sur le site AP OSCE le 15 mai.
(…)
« Il s’agissait d’élections compétitives mais toujours limitées, car la criminalisation de certaines forces politiques, y compris la détention de plusieurs politiciens de l’opposition, a empêché le plein pluralisme politique et entravé les droits des individus à se présenter aux élections. L’ingérence politique dans le processus électoral n’est pas conforme aux engagements internationaux de la Turquie », a déclaré Michael Georg Link, coordinateur spécial et chef de la mission d’observation à court terme de l’OSCE.
Les observateurs internationaux ont également constaté que dans les zones touchées par le séisme, le taux de participation était très bas et que les femmes candidates aux élections étaient sous représentées [Seul le parti « kurde » HDP / Yesil Sol a respecté la parité homme/femme lors de la désignation des candidat.e.s]. « Malgré l’opportunité prometteuse de choix présentée lors de ces élections, les citoyens ont dû relever des défis importants pour exercer leur droit de vote, et malheureusement, les femmes étaient sous-représentées en tant que candidates. Des centaines de milliers d’individus, des personnes touchées par les tremblements de terre et particulièrement des étudiants, ont dû faire des efforts supplémentaires importants pour exercer leur droit de vote », a déclaré Farah Karimi, chef de la délégation de l’AP OSCE.
L’intégralité du communiqué (en anglais) à lire ici: Türkiye elections marked by unlevel playing field yet still competitive, international observers say
Le 34e festival de danses traditionnelles kurdes a lieu à Hannover
ALLEMAGNE – Le 34e festival de danses traditionnelles kurdes aura lieu à Hanovre, en Allemagne, les 27 et 28 mai. Le festival est organisé par Govend Europa eV.
Pendant le dernier week-end de mai aura lieu à Hanovre, en Allemagne, le 34e Festival des danses folkloriques du Kurdistan (Mîhrîcana Govendên Kurdistan), organisé par l’association Govend Europa.
Le festival débutera le samedi 27 mai à 10 heures au Steintor avec un défilé folklorique à travers la ville. Les participants défileront dans les rues de la ville en tenues et costumes traditionnels du Kurdistan.
Le festival se poursuivra le dimanche à partir de 9h30 au Theater am Aegi. Après un discours d’ouverture, les groupes de danse d’enfants seront les premiers à se produire, suivi de concours de danse et de musique.
Les groupes sont évalués par un jury qui apprécie les costumes, la musique, la danse, les expressions faciales et gestuelles, la créativité, la mise en scène et la chorégraphie. L’événement de deux jours se terminera par une cérémonie de remise des prix et un discours de clôture.
Festival ouvert au publique
ANF
ANF
La langue kurde victime de politiques linguicides
Ce 15 mai est la journée de la langue kurde alors que la majorité des Kurdes ne la parlent plus à cause des politiques criminalisant la langue kurde et l’assimilation forcée imposée par les États occupant le Kurdistan.
Riche de ses nombreux dialectes millénaires, aujourd’hui la langue kurde est menacée de disparition car plusieurs dizaines de millions de Kurdes ne peuvent parler, apprendre, ou enseigner leur langue mais sont obligés d’apprendre la langue des colonisateurs. Aujourd’hui, parler en kurde est devenu un acte de survie pour le peuple kurde.
15 mai, journée de la langue kurde
Les Kurdes célèbrent le 15 mai la journée de la langue kurde. Une date associée à la première parution de la revue Hawar publié en 1932 par des intellectuels kurdes en exil. La particularité de la revue Hawar (le cri) est qu’elle est publiée en alphabet latin utilisé pour la première fois alors qu’on utilisait l’alphabet arabe jusqu’alors.
Le 15 mai 1932, paraît à Damas, le premier numéro de la revue kurde Hawar, sous la direction de Celadet Elî Bedirxan (Celadet Bedir Khan) et de ses amis, exilés en Syrie après la fondation de la République de Turquie en 1923. Revue à caractère littéraire, mais aussi politique, Hawar joue un rôle extrêmement important dans la renaissance et le développement de la langue kurde qui est menacée par les nouveaux États-nations occupant le Kurdistan.
Écrite essentiellement en kurmancî, principal dialecte kurde, mais aussi en soranî et zazakî, en plus de quelques publications en français, la revue bimensuelle contribue à la formation de grands noms de la littérature et de la langue kurde, comme le poète Cegerxwîn, et connaît un grand succès, avec ces 57 numéros publiés entre 1932 et 1943.
Outre son intérêt littéraire et linguistique, Hawar a pour particularité d’introduire l’alphabet latin dans l’écriture du kurde qui était jusqu’alors transcrit en alphabet arabe.
Fêtée depuis 2006, la journée de la langue kurde est l’occasion d’élever la revendication de l’enseignement dans la langue maternelle et de dénoncer les politiques répressives des Etats à l’encontre du kurde.
Des quatre Etats qui occupent le Kurdistan (Turquie, Iran, Irak, Syrie), c’est la Turquie qui a déployé les plus grands efforts visant à l’assimilation et la disparition de la langue kurde.
Alors que le kurde a toujours été interdit dans le sphère publique sous la République fondée par Atatürk, l’AKP, le parti du président Erdogan, avait montré une « tolérance » certaine aux travaux et réalisation autours de la langue kurde dans les années 2000. Avec la première défaite du parti AKP lors élections de 2015, ce dernier s’est attaqué au parti HDP, tenu responsable de cette défaite. Et comme le HDP était un projet kurde pour les peuples de la Turquie, le pouvoir truc a mené une répression sans précédent à partir de 2016 : avec la déchéance et l’arrestation des maires kurdes du Parti démocratique des Peuples (HDP) et leur remplacement par des administrateurs désignés par le gouvernement turc, toutes les structures kurdes – écoles, centres de formation, centres pour la protection des femmes, institut de recherche et de langue, maison d’édition, chaînes de radio et de télévision- destinées à la préservation, la diffusion et le développement de la langue kurde ont été interdites.
Malgré les tentatives centenaires menaçant le kurde d’un génocide linguistique, cette langue reste bien vivante, que ce soit au Rojhilat, Rojava, Bashur et Bakur ou dans la diaspora. Au Rojava (Kurdistan syrien) en particulier, elle connaît un grand essor, avec l’institution par l’administration autonome d’un enseignement généralisé dans la langue maternelle, c’est-à-dire le kurde, mais aussi l’arabe, l’assyrien et l’arménien.
La préservation de la langue kurde occupe par ailleurs une place de premier ordre dans les activités des organisations de la diaspora kurde qui déploient de grands efforts pour développer son enseignement et le transmettre aux nouvelles générations.
Cejna zimanê kurdî pîroz be! (Bonne fête de la langue kurde!)
Élections en Turquie. Les Kurdes sont les grands perdants, les islamo-nationalistes au commande du parlement
TURQUIE / KURDISTAN – Selon les résultats provisoires des élections législatives du 14 mai, l’alliance islamo-nationaliste réunie derrière Erdogan a obtenu la majorité au parlement avec plus de 51% des voix exprimées en sa faveur. Alors que même le parti HÜDA-PAR (Hezbollah turc) est entré au parlement avec 3 députés élus, le parti « kurde » HDP, rebaptisé la gauche verte (YSP) à cause des menaces d’interdiction, n’a obtenu que 11,7 % des votes. C’est un recul net par rapport aux élections de 2015 où il avait obtenu 13,12% des voix. Bien que la fraude électorale et la criminalisation du HDP par le régime soient la principale raison de ce recul, de nombreux Kurdes lui reprochent son alliance avec le Parti des travailleurs de Turquie (TIP) qui lui auraient fait perdre des voix en présentant ses propres candidats au lieu de faire liste commune avec HDP/Yesil Sol. D’autres déclarent que le HDP n’est pas assez connecté à sa base et qu’il doit faire son autocritique…
« Aux élections de 2023, les partis ultra-nationalistes ont obtenu 25 % des voix. Peu importe qui arrivera au pouvoir, la politique en Turquie se fera longtemps dans l’ombre du nationalisme turc extrême. Les deux blocs [Erdogan et Kiliçdaroglu qui s’affronteront le 28 mai pour la présidence turque] (…) sont obligés de prendre au sérieux le populisme raciste et de négocier avec leurs représentants », écrit l’analyste Ceng Sagnic sur Twitter ce matin.
Faits marquants des élections présidentielles et législatives turques du 14 mai
Hier soir, les AKTROLLS d’Erdogan ont organisé une cyberattaque contre les sites des médias indépendants Sözcü, Halk TV et Cumhuriyet.
Dans plusieurs bureaux de votes où le parti « kurde » Parti de la gauche verte (Yesil Sol) est arrivé en tête, les voix de ce parti ont été enregistrés au profit de l’alliance pro-Erdogan (MHP, AKP…).
Toujours dans des régions kurdes, plusieurs militaires et policiers ont votés, sans rendre le document spécial (142 belgesi) qui leur permet de voter dans n’importe quel bureau de vote, sans en être inscrits.
Dans la ville kurde de Gaziantep, plus de 1000 personnes n’ont pas pu voter car le parti ultra-nationaliste turc, Vatan les avait déclarés assesseurs mais sans qu’ils aient le fameux document 142.
Élections législatives: la coalition au pouvoir garde la majorité (résultats provisoires)
L’Alliance du Peuple (coalition islamo-nationaliste réunie derrière Erdogan) : 323 sièges
L’Alliance de la Nation ou table des six: 211 sièges
Alliance du Travail et de la liberté (YSP + TIP): 66 sièges
Ferit Şenyaşar est entré au Parlement pour le Parti de la gauche verte
Ferit Şenyaşar, dont le père et le frère ont été tués par les proches du député AKP Urfa İbrahim Halil Yıldız lors de la campagne électorale de 2018, a été élu député du Parti de la gauche verte à Urfa.
2:10 YSK a ouvert 91,93% des urnes
Le président du Haut Conseil électoral (YSK), Ahmet Yener, a déclaré : « À 2 h 25 [heure locale], 91,93 % des urnes ont été ouvertes. M. Erdogan a 49,49 % des voix, M. Kılıçdaroğlu a 44,79 % et M. Ogan a 5,29 % des voix. »
20h05 Longues files d’attente à Diyarbakir pour livrer les urnes
Les fonctionnaires qui ont livré les urnes à compter devant le bâtiment du Haut Conseil électoral à Diyarbakir (Amed) ont dû attendre dans de longues files d’attente. Le décompte des voix n’est pas encore terminé à Amed.
Les responsables du Parti de la gauche verte appellent les membres du parti travaillant dans les centres électoraux à ne pas quitter leur place.
20:03 Kılıçdaroğlu bien en tête au Kurdistan
Le candidat présidentiel de l’Alliance de la Nation, Kemal Kılıçdaroğlu, est bien en tête au Kurdistan, selon les résultats des élections jusqu’à présent. Quelque 44,3 % des urnes ont été ouvertes.
Selon les données de l’ANKA, 44,30 % des urnes ont été ouvertes. Kılıçdaroğlu est en tête avec 72,07% à Amed, 68,07% à Batman, 72,77% à Sirnak, 69,39% à Mardin, 76% à Hakkari, 60,66% à Wan, 61,44% à Siirt, 79,86% à Dersim, 54,60% à Kars, 64,05% à Agir, 59,12 % à Idir, 67,74 % à Muş et 51,78 % à Bitlis.
19:39 CHP : Nous sommes en tête
Les maires CHP d’Istanbul et d’Ankara, Ekrem İmamoğlu et Mansur Yavaş, ont fait une déclaration à la presse et ont vivement critiqué l’agence de presse d’État Anadolu qui, selon eux, manipule les résultats des élections.
Dans un message sur Twitter, le chef du CHP et candidat à la présidentielle Kemal Kılıçdaroğlu a déclaré : « Nous sommes en avance. »
D’autre part, la coprésidente de la branche provinciale du CHP d’Istanbul, Canan Kaftancıoğlu, a déclaré que 40% des bulletins de vote avaient été comptés dans la ville jusqu’à présent. En conséquence, le chef du CHP, Kemal Kılıçdaroğlu, devance l’actuel président Recep Tayyip Erdoğan avec 51,42 %.
17h33 Appel du Parti de la gauche verte: Protégez les urnes et les votes
Les co-porte-parole du Parti de la gauche verte ont appelé à « protéger les urnes, les bulletins, les procès-verbaux et les sacs de vote » pour garantir la « victoire historique ».
La co-porte-parole du Parti de la gauche verte, Çiğdem Kılıçgün Uçar, a déclaré : « Chères femmes et jeunes, pour la démocratisation de la République et la construction d’un pays pacifique et égalitaire, protégeons les urnes, les votes, les procès-verbaux signés et les urnes. Nous sommes à la veille d’une victoire historique. Nous allons sûrement gagner. Nous allons le changer ensemble. »
16h52, députée française, Danielle Simonnet: l’espoir est là, d’ouvrir enfin une nouvelle page historique pour la démocratie et la liberté en Turquie
La députée française Danielle Simonnet a résumé l’esprit électoral en Turquie avec les mots suivants ; « Très forte présence policière, tension palpable et immense espoir populaire. (…) Après avoir pu observer 2 bureaux de vote, nous avons été refoulé des suivants… »
Dans un message Twitter, la députée française, qui a observé les élections dans la province de Van, a déclaré : «En cette journée électorale historique pour l’avènement de la démocratie en Turquie, nous assumons notre rôle d’observateurs internationaux des bureaux de vote à l’invitation du HDP / YSP. »
« Après 20 ans d’#Erdogan, l’espoir est là, d’ouvrir enfin une nouvelle page historique pour la démocratie et la liberté en #Turquie, l’arrêt des discriminations et persécutions contre des kurdes, et pour l’émancipation des femmes. Jin, Jiyan, Azadî: les femmes, la vie, la liberté! »
« Des échanges passionnants et très émouvants. Entre celles et ceux qui ont subi la prison, ont perdu des proches face aux tirs de l’armée turque dans les montagnes, ce maire de Van sitôt élu, sitôt destitué, ces militantes pour l’émancipation des femmes .. Quel courage ! »
Élections en Turquie: Erdogan n’est plus l’homme fort de la Turquie
Malgré les irrégularités massives observées, notamment dans les régions kurdes, lors des élections du dimanche 14 mai, le président sortant Erdogan n’a pas été réélu dès le premier tour et va affronter Kiliçdaroglu au second tour le 28 mai. Mais d’ors et déjà, on peut dire qu’Erdogan a perdu le pouvoir. En effet, pour un homme qui contrôle tous les médias, les appareils étatiques, bâillonne et persécute l’opposition, et dont les sbires ont recours à toutes sortes de fraudes électorales, ne pas être élu dès le premier tour est déjà une défaite qui n’attend qu’être confirmée au second tour de la présidentielle.
Faits marquants des élections présidentielles et législatives turques du 14 mai:
Hier soir, les AKTROLLS d’Erdogan ont organisé une cyberattaque contre les sites des médias indépendants Sözcü, Halk TV et Cumhuriyet.
Dans plusieurs bureaux de votes où le parti « kurde » Parti de la gauche verte (Yesil Sol) est arrivé en tête, les voix de ce parti ont été enregistrés au profit de l’alliance pro-Erdogan (MHP, AKP…).
Toujours dans des régions kurdes, plusieurs militaires et policiers ont votés, sans rendre le document spécial (142 belgesi) qui leur permet de voter dans n’importe quel bureau de vote, sans en être inscrits.
Dans la ville kurde de Gaziantep, plus de 1000 personnes n’ont pas pu voter car le parti ultra-nationaliste turc, Vatan les avait déclarés assesseurs mais sans qu’ils aient le fameux document 142.
Élections législatives: la coalition au pouvoir garde la majorité (résultats provisoires)
L’Alliance du Peuple (coalition islamo-nationaliste réunie derrière Erdogan) : 323 sièges
L’Alliance de la Nation ou table des six: 211 sièges
Alliance du Travail et de la liberté (YSP + TIP): 66 sièges
Ferit Şenyaşar est entré au Parlement pour le Parti de la gauche verte
Ferit Şenyaşar, dont le père et le frère ont été tués par les proches du député AKP Urfa İbrahim Halil Yıldız lors de la campagne électorale de 2018, a été élu député du Parti de la gauche verte à Urfa.
2:10 YSK a ouvert 91,93% des urnes
Le président du Haut Conseil électoral (YSK), Ahmet Yener, a déclaré : « À 2 h 25 [heure locale], 91,93 % des urnes ont été ouvertes. M. Erdogan a 49,49 % des voix, M. Kılıçdaroğlu a 44,79 % et M. Ogan a 5,29 % des voix. »
20h05 Longues files d’attente à Diyarbakir pour livrer les urnes
Les fonctionnaires qui ont livré les urnes à compter devant le bâtiment du Haut Conseil électoral à Diyarbakir (Amed) ont dû attendre dans de longues files d’attente. Le décompte des voix n’est pas encore terminé à Amed.
Les responsables du Parti de la gauche verte appellent les membres du parti travaillant dans les centres électoraux à ne pas quitter leur place.
20:03 Kılıçdaroğlu bien en tête au Kurdistan
Le candidat présidentiel de l’Alliance de la Nation, Kemal Kılıçdaroğlu, est bien en tête au Kurdistan, selon les résultats des élections jusqu’à présent. Quelque 44,3 % des urnes ont été ouvertes.
Selon les données de l’ANKA, 44,30 % des urnes ont été ouvertes. Kılıçdaroğlu est en tête avec 72,07% à Amed, 68,07% à Batman, 72,77% à Sirnak, 69,39% à Mardin, 76% à Hakkari, 60,66% à Wan, 61,44% à Siirt, 79,86% à Dersim, 54,60% à Kars, 64,05% à Agir, 59,12 % à Idir, 67,74 % à Muş et 51,78 % à Bitlis.
19:39 CHP : Nous sommes en tête
Les maires CHP d’Istanbul et d’Ankara, Ekrem İmamoğlu et Mansur Yavaş, ont fait une déclaration à la presse et ont vivement critiqué l’agence de presse d’État Anadolu qui, selon eux, manipule les résultats des élections.
Dans un message sur Twitter, le chef du CHP et candidat à la présidentielle Kemal Kılıçdaroğlu a déclaré : « Nous sommes en avance. »
D’autre part, la coprésidente de la branche provinciale du CHP d’Istanbul, Canan Kaftancıoğlu, a déclaré que 40% des bulletins de vote avaient été comptés dans la ville jusqu’à présent. En conséquence, le chef du CHP, Kemal Kılıçdaroğlu, devance l’actuel président Recep Tayyip Erdoğan avec 51,42 %.
17h33 Appel du Parti de la gauche verte: Protégez les urnes et les votes
Les co-porte-parole du Parti de la gauche verte ont appelé à « protéger les urnes, les bulletins, les procès-verbaux et les sacs de vote » pour garantir la « victoire historique ».
La co-porte-parole du Parti de la gauche verte, Çiğdem Kılıçgün Uçar, a déclaré : « Chères femmes et jeunes, pour la démocratisation de la République et la construction d’un pays pacifique et égalitaire, protégeons les urnes, les votes, les procès-verbaux signés et les urnes. Nous sommes à la veille d’une victoire historique. Nous allons sûrement gagner. Nous allons le changer ensemble. »
16h52, députée française, Danielle Simonnet: l’espoir est là, d’ouvrir enfin une nouvelle page historique pour la démocratie et la liberté en Turquie
La députée française Danielle Simonnet a résumé l’esprit électoral en Turquie avec les mots suivants ; « Très forte présence policière, tension palpable et immense espoir populaire. (…) Après avoir pu observer 2 bureaux de vote, nous avons été refoulé des suivants… »
Dans un message Twitter, la députée française, qui a observé les élections dans la province de Van, a déclaré : «En cette journée électorale historique pour l’avènement de la démocratie en Turquie, nous assumons notre rôle d’observateurs internationaux des bureaux de vote à l’invitation du HDP / YSP. »
« Après 20 ans d’#Erdogan, l’espoir est là, d’ouvrir enfin une nouvelle page historique pour la démocratie et la liberté en #Turquie, l’arrêt des discriminations et persécutions contre des kurdes, et pour l’émancipation des femmes. Jin, Jiyan, Azadî: les femmes, la vie, la liberté! »
« Des échanges passionnants et très émouvants. Entre celles et ceux qui ont subi la prison, ont perdu des proches face aux tirs de l’armée turque dans les montagnes, ce maire de Van sitôt élu, sitôt destitué, ces militantes pour l’émancipation des femmes .. Quel courage ! »
ROJAVA. Une combattante kurde tuée lors d’une attaque de drone turc à Kobanê
SYRIE / ROJAVA – La combattante des YPJ, Cûdî Egîd a été tuée dans une attaque de drone turc le 11 mai dans la municipalité de Çelebiyê, située entre Kobanê et le Girê Spî (Tall Abyad) occupé par les gangs de la Turquie.
La combattante des Unités de protection de la femme ou Unités de défense de la femme (en kurde : Yekîneyên Parastina Jin, YPJ), Tuğba Karakoç, alias Cûdî Egîd, est née en 1995 à Diyarbakir (ville kurde d’Amed) dans le nord du Kurdistan. Les YPJ ont rendu hommage à leur camarade qu’elles promettent de venger, ajoutant que : « Les lignes frontalières tracées par les gouvernants ont perdu leur sens avec la révolution du Rojava et l’unité des peuples a connu un nouvel élan avec la résistance de femmes courageuses contre la mentalité de génocide. »
KURDISTAN. Joyce Blau a sa bibliothèque à Hewler
KURDISTAN – L’Institut français du Proche-Orient à Erbil (Hewler) a ouvert une bibliothèque portant le nom de Joyce Blau, linguiste, spécialiste de la langue et de la littérature kurdes.
La bibliothèque portant le nom de Joyce Blau, pionnière des études kurdes en France et amie du peuple kurde, a été inaugurée en présence de Joyce Blau et d’Olivier Decottignies, Consul général de France à Erbil.
Née au Caire le 18 mars 1932, Joyce Blau a enseigné à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO). Joyce Blau est rédactrice en chef de la revue Études kurdes et apporte son aide précieuse à l’Institut kurde de Paris.
La maire de Paris s’est rendue au Kurdistan
Le 12 mai dernier, la maire de Paris, Anne Hidalgo et Alexandra Cordebard, maire du 10e arrondissement de Paris abritant une forte communauté kurde, se sont rendues au Kurdistan du Sud où elles ont rencontré entre autre Nagaham Hasan, doctoresse qui vient en aide aux réfugiés yézidis, et Choman Hardi, académicienne qui enseigne les études de genre et défend les droits des femmes.
Les deux élues parisiennes ont également assisté à l’inauguration à Erbil du musée-mémorial en hommage à Mustafa Barzani, fondateur du Parti Démocratique du Kurdistan.
Lors de son voyage au Kurdistan irakien, après une visite à Bagdad, la maire de Paris a réaffirmé « la gratitude et toute la reconnaissance de Paris au peuple kurde, à ses combattantes et combattants à qui nous devons notre liberté ».
TURQUIE. Irrégularités lors du vote au Kurdistan
TURQUIE / KURDISTAN – Des militaires postés dans les bureaux de vote, des policiers et militaires qui votent illégalement… dès l’ouverture des bureaux de vote, de nombreuses irrégularités ont été constaté dans de plusieurs régions kurdes.
Ce dimanche 14 mai, dès 8 heures du matin (heure turque) les électeurs ont commencé à voter pour l’élection du treizième président de la République et pour le renouveler le parlement. Dans les régions kurdes, les journalistes signalent de nombreuses irrégularités, comme à chaque élection.
A Şirnak/Cizre, on signale que le « document 142 », qui a été remis aux militaires et policiers pour voter dans n’importe quel bureau de vote, sans y être inscrit, devrait être rendu après le vote, tandis que dans de nombreuses écoles, le document a été tamponné et remis aux soldats et aux policiers qui l’ont gardé au motif de voter à nouveau au cas où il y aurait un second tour. Ce qui ne les empêche pas d’aller voter de nouveau dans d’autres bureaux de vote…
A Gaziantep, près de 1000 personnes nommées observateurs des urnes à leur insu
Il s’est avéré que les électeurs qui se sont rendus aux urnes pour les élections présidentielles et législatives ont été nommés membres des urnes à leur insu. Environ un millier d’électeurs de la ville à majorité kurde de Gaziantep (Dilok) ont appris que le parti Vatan (parti ultra-nationaliste turc) avait été nommé membre du comité des urnes à leur insu dans les écoles où ils étaient allés voter. Il a été déclaré que les personnes en question étaient des personnes âgées et analphabètes. Les personnes qui ont été nommées membres du comité des urnes n’ont pas pu voter car ils n’avaient pas le document 142.
Tensions policières dans les écoles
Les policiers, qui sont entrés dans les bureaux de vote de l’école primaire de Cizre Vatan, se sont disputés avec les observateurs du Parti de la gauche verte qui leur avaient dit d’attendre à l’extérieur. Avec l’intervention d’autres observateurs, les policiers sont sortis des bureaux de vote. Les responsables du Parti de la gauche verte, travaillant à l’école primaire et secondaire de Cizre Menderes, n’ont pas été acceptés à l’école par la police dans la matinée. Après les protestations, il sont pu regagner les bureaux de vote de l’école.
Toujours à l’école Cizre Mithatpaşa, les policiers, qui marchaient dans le couloir avec des fusils, ont répondu aux électeurs qui protestaient à leur présence armée : « Il n’y a pas de loi de ce genre, il y aura des policiers à chaque étage ».
En quelques heures, plus de 70 procès verbaux dressés pour irrégularités à İdil
On a appris que plus de 70 procès verbaux ont été dressés par les avocats dans les premières heures de la journée dans le district d’Idil (Hezex), à Sirnak, en raison des irrégularités impliquant notamment des policiers en arme dans des bureaux de vote.
Un soldat vote dans un bureau de vote où il n’est pas enregistré
Dans le village de Milga Şantiyê (İkizce) de Şirak, un soldat a voté avec le « document 142 » même si son nom ne figurait pas sur la liste. Le vote a été annulé avec l’intervention des responsables des bureaux de vote et des observateurs du Parti de la gauche verte.
Des bulletins de vote non tamponnés
Dans un village de Silopi, les bulletins de vote non tamponnés au dos, donc non valide, apportés à l’école ont été remplacé par des bulletins tamponnés après contestation des observateurs.
Irrégularités à Diyarbakir
On a signalé qu’un officier de police du lycée Anadolu du district de Peyas (Kayapınar) à Diyarbakir (Amed) n’avait pas remis le « document 142 » aux responsables après le vote. Un autre policier a également voté à l’école primaire Fuat Sezgin à Peyas, sans remettre le fameux document. (Irrégularités signalées par l’agence Mezopotamya)
Qu’est-ce que le document 142 ?
Le document 142 (belge 142) est remis aux personnes telles que les superviseur de bureaux de vote, agents chargés de l’application des lois, les agents des transports affectés le jour de l’élection pour pouvoir voter, même si leurs noms ne figurent pas sur la liste électorale. Mais le document 142 doit être remis à la commission des urnes après le vote. Sinon, la personne détenant ce document peut voter dans d’autres bureaux de vote autant de fois qu’elle veut.