TURQUIE. Une politicienne kurde condamnée à 10 ans de prison

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TURQUIE / KURDISTAN – Torturée et emprisonnée le 26 juin 2020, la politicienne kurde Sevil Rojbin Çetin vient d’être condamnée à dix ans de prison pour « appartenance à une organisation terroriste ». Çetin a déclaré que son procès faisait partie de la campagne d’annihilation de l’État turc cibalnt la politique locale kurde et le mouvement de libération des femmes. L’acte d’accusation reposait essentiellement sur le témoignage de témoins secrets. La politicienne kurde, Sevil Rojbin Çetin a été reconnue coupable d’appartenance au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) devant le 2e tribunal de Van et a participé au procès de vendredi via une liaison vidéo depuis la prison pour femmes de Diyarbakir. Avant l’annonce du verdict, elle a de nouveau réfuté les accusations la ciblant. Pour sa défense, Çetin a déclaré que son procès faisait partie de la campagne d’annihilation de l’État turc cibalnt la politique locale kurde et le mouvement de libération des femmes. L’acte d’accusation reposait essentiellement sur le témoignage de témoins secrets. Sevil Rojbin Çetin est une militante du mouvement des femmes kurdes TJA (Tevgera Jinên Azad) et a également été membre du comité politique local du Parti démocratique des peuples (HDP). En juin 2020, elle a été agressée dans son appartement à Amed par des forces spéciales masquées de la police turque. Avant que Çetin ne soit arrêtée, elle a subi des tortures pendant environ trois heures et demie, au cours desquelles onze officiers auraient été impliqués. Ils ont d’abord opposé deux chiens à Çetin. Elle a subi de graves blessures par morsure aux jambes. Elle a ensuite été clouée au sol et battue et frappée à coups de pied par des policiers qui pointaient un pistolet sur sa tempe. À la fin de la torture, Çetin a été déshabillé à moitié nu et photographié. La femme kurde, qui souffrait d’un cancer du col de l’utérus, a dû passer près de deux semaines en garde à vue avant qu’un tribunal n’ordonne sa garde à vue. Çetin n’est pas en prison pour la première fois. En mars 2014, elle a été élue maire du district d’Êrdmed (Edremit) dans la province de Van lors des élections municipales. À peine deux ans et demi plus tard, elle a été démise de ses fonctions et emprisonnée avec une centaine d’autres maires. A cette époque, Çetin est restée derrière les barreaux pendant environ quatorze mois, accusée dans le cadre de la résistance pour l’autonomie au Kurdistan du Nord. En 2019, elle a de nouveau été emprisonnée, cette fois pour des activités pour le Mouvement des femmes libres démocratiques (DÖKH). Le procès initié par le procureur de la République de Mardin était lié au procès de Van. ANF

PARIS. Action contre Iran Air suite aux exécutions de trois manifestants en Iran

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PARIS – Le vendredi 26 mai, un groupe d’activistes a aspergé de peinture rouge la façade de la compagnie aérienne Iran Air, sur l’avenue Champs Élysées, à Paris, pour dénoncer les exécutions des manifestants en Iran et le silence complices de l’État français. Les activistes ont exhorté la France à inscrire les Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes, comme l’ont voté les eurodéputés et la Suède jusqu’à présent. Les activistes ont également demandé le prix payé pour la libération d’otages européens détenus en Iran et affirmé que l’Iran a pu acheté le silence des Européens face aux exécutions massives, rappelant que les dernières exécutions ont eu le 19 mai en la personne de Majid Kazemi, Saleh Mirhashemi et Saeed Yaghoubi accusés par les mollahs de « moharebeh » (« guerre contre Dieu »).   Hausse inquiétante des exécutions en Iran Selon les données collectées par l’ONG des droits humains HENGAW, au moins 199 prisonniers ont été exécutés par le régime iranien au cours des 126 premiers jours de 2023. 51 prisonniers kurdes et 42 prisonniers baloutches figuraient parmi ceux qui ont été exécutés, ce qui équivaut à 55% de tous les prisonniers dont l’identité a été vérifiée par Hengaw. Par ailleurs, 5 des prisonniers exécutés étaient des ressortissants étrangers. Depuis le début des manifestations anti-régime déclenchées par le meurtre de Jina Mahsa Amini à Téhéran le 16 septembre 2022, des dizaines de milliers de civils ont été emprisonnés et certains d’entre eux risquent la peine de mort, tandis que les mollahs ont intensifié les exécutions des prisonniers politiques et du droit commun.

Création de la Maison du KURDISTAN de Lyon

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LYON – Depuis quelques années la cause du peuple Kurde est mieux connue et soutenue par l’opinion publique française et européenne mais ce sont le plus souvent à travers les évènements dramatiques comme récemment le séisme en Turquie et en Syrie, les atteintes à la liberté d’expression comme l’interdiction de parler sa langue, les violences quotidiennes à l’encontre des individus et des groupes politiques, associatifs ou artistiques au Kurdistan mais aussi en Europe, les violations des droits humains … la liste est longue des atteintes répétées contre ce peuple. Nous savons par les articles, les reportages, les publications dans les médias et sur les réseaux sociaux, la situation difficile voire catastrophique vécue quotidiennement par les Kurdes dans les quatre parties du Kurdistan en Irak, en Iran, en Syrie et en Turquie. Mais que savons-nous véritablement de leur Histoire millénaire ? Quelle idée ou connaissance avons-nous du patrimoine culturel matériel, immatériel et vivant du peuple Kurde au Kurdistan hormis quelques images ou écrits glanés lorsque nous ne sommes pas des spécialistes ou des féru.e.s de littérature, de poésie ou de cinéma kurde. En janvier 2023, un collectif de Kurdes et de non kurdes, de tout âge, horizon et profession, issu de la société civile, ont décidé de créer la Maison du Kurdistan de Lyon avec pour objectif de participer à Lyon, troisième ville de France à la diffusion de la culture du peuple kurde. Une importante diaspora y est déjà présente ainsi qu’en région Auvergne-Rhône Alpes. Prendre connaissance de la culture de l’autre rapproche les peuples L’association MKL qui gère la Maison du Kurdistan de Lyon s’est donnée comme objectif de faire exister un lieu culturel ouvert, indépendant et laïc avec comme credo l’universalité de la Culture. Lors d’un pot de l’amitié en direction de la diaspora kurde et du monde associatif lyonnais, tenu le 25 mai 2023 à la Maison des Solidarités locales et internationales, la Maison du Kurdistan de Lyon a partagé les grandes lignes de sa démarche résumée en quatre objectifs : – DIFFUSER le patrimoine culturel matériel et, immatériel du peuple kurde – CONVERGER les regards, savoirs et connaissances – PRÉSERVER l’identité d’un peuple par la culture – UNIR les voix des peuples autochtones Une soixantaine de personnes, dont de nombreuses femmes en tenue traditionnelle kurde, étaient présentes à cette manifestation qui s’est déroulée dans un climat d’enthousiasme et de partage. Un futur lieu d’échanges La Maison du Kurdistan de Lyon, première structure régionale à caractère culturel en France, a pour objectif de s’installer dans les mois à venir dans un lieu dédié lui permettant de mieux concrétiser sa présence et ses actions et de développer des synergies de projets avec les structures lyonnaises et métropolitaines représentant les différentes communautés. Elle pourra ainsi offrir un « espace ressources » organisé autour : – d’une bibliothèque ouverte à tous. Elle proposera des ouvrages, CD … en langue kurde et en français touchant tous les domaines de la culture Kurde : littérature, architecture, cuisine, arts plastiques, musique, histoire, cinéma, géographie, écologie.… – d’un lieu d’exposition, de conférences, de projection… ouvert à des évènements et des rencontres artistiques et culturelles , mais aussi d’ateliers dont d’apprentissage de la langue kurde ÉVÈNEMENTS 2023 Pour l’année 2023, la Maison du Kurdistan de Lyon fonctionne hors les Murs avec deux évènements : – Le FORUM des Associations en septembre – LA 1ERE JOURNÉE DE LA CULTURE KURDE le 25 novembre 2023 à l’Hôtel de Ville de Lyon. Cette journée de lancement auprès du public lyonnais et métropolitain est intégrée à la Quinzaine des Solidarités Lyon et Métropole. Elle se déroulera sous la forme de courts exposés présentés par des spécialistes de la culture kurde et abordera plusieurs thématiques et éclairages sur la littérature, le cinéma, la langue, l’histoire, la musique. Un film documentaire sera présenté. Sera aussi présent à cette journée le Président de l’Institut Kurde de Paris, Kendal Nezan. Voici les intervenants et les thèmes proposés – ENGIN SUSTAM, Sociologue et critique d’art – Thème : « Subalternité de la culture kurde » – MAHA HASSAN, Journaliste et romancière kurde de Syrie – Thème : « Identité littéraire et place des femmes dans la culture kurde » – BORIS JAMES, Historien, chercheur et maître de conférences à l’Université Paul-Valéry Montpellier – Thème : « Qu’enseigne-ton dans les écoles kurdes aujourd’hui ? » – GULISTAN SIDO Doctorante à l’Inalco, chercheuse en littérature orale et écrite en kurde, membre fondatrice de l’association écologique Keziyên Kesk « les Tresses Vertes » – Thème : « Projets alternatifs et écologiques au Rojava, entre résistance et solidarité » – TONY RUBLON, Géographe, université de Poitiers – Thème : « Les ressources/ la question de l’eau »   – Film documentaire : « Le retour du vieux guerrier kurde » Cinq parties de 10 minutes REMI CARCELES, modérateur Doctorant en sciences politiques, Université Aix Marseille, au sein du réseau Mesopolhis et de l’institut Convergence Migration PROGRAMMATION DES ÉVÈNEMENTS 2024 La Maison du Kurdistan de Lyon travaille déjà à la mise en place de sa programmation culturelle pour l’année 2024 avec notamment : – LES JEUDIS DU CINEMA KURDE. L’objectif est d’instaurer à Lyon une rencontre mensuelle avec les réalisateurs Kurdes en France et en Europe dans une ou plusieurs salles lyonnaises afin de faire découvrir aux cinéphiles et au grand public la richesse et la diversité de ce 7ème Art qu’est le cinéma kurde. – LE MOIS DU KURDISTAN. Prévu au printemps et dans différents lieux à Lyon, il ciblera le théâtre, la littérature, la musique et la danse et organisera aussi des ateliers, rencontres et conférences sur la culture du peuple kurde. SOLIDARITÉ ET SOUTIEN La Maison du Kurdistan de Lyon, aux côtés des aides publiques, lance un appel à soutien en direction du privé à travers la CAMPAGNE FINANCER 100 personnes engagées pour la faire vivre. Votre aide nous est précieuse. Ce soutien ponctuel ou régulier est défiscalisé. Voici le lien pour vos dons: https://www.helloasso.com/associations/maison-du-kurdistan-de-lyon/formulaires/1

TURQUIE. 4 jeunes ouvriers kurdes morts à Istanbul

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ISTANBUL – 4 jeunes Kurdes qui logeaient à l’étage de la boulangerie où ils travaillaient à Istanbul, sont décédés des suites d’une intoxication au monoxyde de carbone. On affirme que 4 jeunes, qui dormaient à l’étage de la boulangerie où ils travaillaient à Istanbul, ont perdu la vie par intoxication au monoxyde de carbone. L’incident s’est produit hier dans une boulangerie d’Istanbul. Un incendie aurait éclaté la nuit dans la boulangerie alors Mehmet Erboğa, Beşir Erboğa, Mehmet Erboğa et Abdulkadir Erboğa dormaient à l’étage. Lors du premier examen, il a été déterminé que Mehmet Erboğa, Mehmet Beşir Erboğa et Mehmet Erboğa ont perdu la vie après avoir été empoisonnés par la fumée. Abdulkadir Erboğa a perdu la vie quelques heures plus tard. Les victimes vont être inhumées dans leur ville natale de Mardin/Kabala. Agence Mezopotamya  

TURQUIE. Un journaliste kurde qui a dévoilé une affaire de pédophilie poursuivi pour « diffusion de fausse nouvelle »

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TURQUIE / KURDISTAN – Le journaliste Oktay Candemir qui a couvert une affaire de viol impliquant des policiers et officiers turcs dans la province kurde de Van est poursuivi par la justice turque pour « diffusion de fausse nouvelle », mais les suspects ayant violé pendant des années une fille de 16 ans sont tous libres. Le journaliste Oktay Candemir a couvert l’affaire de viol dans le district de Bêgirî (Muradiye) en janvier dernier. Il a décrit comment la « jeune fille, 16 ans, étudiant au lycée Muradiye Nizamettin Aktaş, a été amenée à consommer de la drogue à partir de fin 2019, puis a été systématiquement violée. Elle a été renvoyée du lycée au motif qu’elle était toxicomane. Les individus qui ont pris des photos de Y., dont des policiers et des officiers, ont violé Y. pendant des années, utilisant les photos pour la faire chanter. » Six hommes désignés par Y. comme étant ses violeurs ont été arrêtées. Deux d’entre eux ont été libérés sous contrôle judiciaire, tandis que 4 ont été arrêtés. Une ordonnance de confidentialité a été placée sur le dossier. Le journaliste Candemir s’est rendu au département de police et a fait une déclaration en raison de l’enquête ouverte contre lui. Les violeurs présumés ont été libérés, tandis qu’une plainte a été déposée contre le journaliste Candemir en vertu de l’article 217/A de la loi sur la censure votée au  parlement par l’AKP, qui permet de poursuivre les journalistes pour « diffusion de fausses nouvelles ». Candemir, qui a révélé le crime, comparaîtra devant le tribunal le 6 juin 2023. (ANF) Par ailleurs, le journaliste Oktay Candemir a été menacé pour avoir couvert des affaires de viols et de pédophilies impliquant des gardes de village et des membres des forces de l’ordre dans les districts de Gürpınar et de Çatak, à Van.

TURQUIE. La peine de prison de la politicienne kurde Aysel Tuğluk reportée pour des raisons de santé

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Atteinte de démence, la politicienne kurde Aysel Tuğluk a été libérée de prison en octobre 2022. Le parquet général de Kocaeli a décidé de reporter l’exécution de la peine de prison de la politicienne kurde Aysel Tuğluk, invoquant des « raisons de santé ». Selon l’e rapport de l’institution de médecine légale (ATK) le 22 mai, Tuğluk serait incapable de mener une vie indépendante en raison de son état de santé. Tenant compte de ce rapport, le bureau du procureur a accordé à Aysel Tuğluk une suspension d’un an de sa peine de prison de 10 ans pour « appartenance à une organisation terroriste ». Tuğluk a reçu un diagnostic de démence courant 2021 et sa libération est intervenue après le rapport de l’Institut de médecine légale en octobre 2022. Malgré divers rapports similaires, dont celui d’un hôpital universitaire, au cours de ce processus, des défenseurs des droits humains ont critiqué le retard de la libération de Tuğluk. Aysel Tuğluk, qui a fait face à de multiples affaires liées au terrorisme, a été arrêtée en décembre 2016 et emprisonnée aux côtés d’un groupe de politiciens kurdes. En mars 2018, elle a été condamnée à 10 ans de prison. Aysel Tuğluk a été emprisonnée en 2016 pour ses activités politiques au sein du congrès de la Société démocratique (DTK), comme tous les autres politiciens kurdes dont les activités sont criminalisées par l’État turc dans le but de créer un motif d’emprisonnement et de privation de tous leurs droits en tant que représentants élus par le vote populaire. Elle a déjà été condamnée dans plusieurs procès alors qu’il y a d’autres procédures engagées contre elle. En février 2020, la cour d’appel a confirmé la plus lourde peine de prison prononcée à ce jour à l’encontre de Tugluk, soit dix ans d’emprisonnement. Elle a été reconnue coupable pour « diriger une organisation terroriste » en raison de sa fonction de coprésidente du Congrès pour une Société démocratique (DTK, Organisation faîtière de la société civile). Cette condamnation a été suivie mi-octobre d’une peine de vingt mois d’emprisonnement pour propagande terroriste. L’ancienne députée risque par ailleurs une peine de prison à vie aggravée dans le cadre de l’affaire Kobanê. Née à Elazığ en 1965, Aysel Tugluk est diplômée de la Faculté de droit de l’Université d’Istanbul et a travaillé comme avocate indépendante.

Élections en Turquie. Près de 40 Kurdes arrêtés à Agri et Bingöl

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TURQUIE / KURDISTAN – Au moins 39 civils ont été arrêtés ce matin dans les provinces kurdes d’Agri et Bingöl où la population a désavoué Erdogan et son parti lors des élections législatives et présidentielles du 14 mai. A deux jours du 2e tour des présidentielles, la rafle des Kurdes continu de plus belle. Dans la matinée, des soldats turcs ont attaqué de nombreuses maisons dans les villages de Xişok, Yorgançayır, Aşağı Çır, Kargapazar et Serpmekaya dans le district de Kanîreş (Karlıova) de Bingöl (Çewlîg). Des centaines de soldats ont fouillé les maisons une à une. Dans le village de Xişok, les soldats ont déclaré qu’ils cherchaient une personne de 21 ans et ont fouillé toutes les maisons. Le noms de certains des civils arrêtés sont: Rohat Karabağ, Doğan Özçelik, Delil Avcı et Rodi Güngör. Raids à Agri/Tutak Des soldats et des policiers ont fait des descentes dans de nombreuses maisons du district de Dutax (Tutak) à Agirî. On a appris que 35 personnes, pour la plupart des jeunes, avaient été arrêtées lors des raids. Certains des noms accusés de « faire de la propagande pour une organisation terroriste [PKK] » et placés en garde à vue sont: Nevzat Dağ, Celalettin Karataş, Sadık Reşat İyi, Ahmet Öztaş, Bekin Polat, Mehmet Uçar, İbrahim Öztaş, Adem Balta, Cemil Vural, Celal Altun, Kasım Yıldırım et Aydın Badger.

L’histoire d’un crime démasqué: « Sara, Rojbîn, Ronahî »

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Le journaliste kurde basé à Bruxelles, Maxime Azadî a publié un roman pour rendre hommage aux trois militantes kurdes assassinées à Paris le 9 janvier 2013 par un espion turc. L’histoire d’un crime démasqué: « Sara, Rojbîn, Ronahî » est une enquête romancée de 202 pages qui revient sur ce triple assassinat politique* resté impuni plus de 10 ans après les faits. Maxime Azadî déclare avoir écrit ce roman par devoir et pour rendre hommage à la lutte féministe kurde, dont Sakine (Sara) Cansiz fut une des pionnières, et dont le slogan « Jin Jiyan, Azadî » (femme, vie, liberté) est scandé par les femmes à travers le monde depuis le meurtre de Jina Mahsa Amini en septembre 2022.
Sara – Rojbin – Ronahi
Un triple assassinat politique en plein coeur de Paris Le 9 janvier 2013, trois militantes kurdes, Sakine (Sara) Cansiz, Fidan (Rojbîn) Dogan et Leyla (Rojbin) Saylemez, ont été assassinées dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan (CIK) situé au 147, rue Lafayette, à Paris. L’assassin arrêté près de deux semaines après le massacre s’est avéré être un agent des services de renseignement turcs (MIT). L’assassin étant mort en prison en décembre 2016, cinq semaines avant le début de son procès, on s’attendait à ce que l’affaire soit classée. Mais, de nouvelles évolutions ont contraint la justice à rouvrir une instruction pour identifier les commanditaires du triple assassinat. Toutefois, cette nouvelle instruction est au point mort car le gouvernement français refuse de lever le secret-défense qui pèse sur les informations détenues par les services de renseignement français. Plus de 10 ans après le triple féminicide d’État commis en plein coeur de Paris, les Kurdes verront-ils les commendataires identifiés et punis? En attendant, vous pouvez lire le roman de Maxime Azadî pour revivre le climat de l’époque quand la presse française s’emparait de l’affaire et qu’on découvrait que les espions turcs étaient venus en Europe chasser du Kurde au nez et à la barbe des États européens ou plus précisément avec leur complicité…
L’histoire d’un crime démasqué « Sara, Rojbîn, Ronahî » première parti
Le roman de Maxime Azadî à acheter sur Amazon en cliquant ici: L’histoire d’un crime démasqué: « Sara, Rojbin, Ronahi »

Une commandante kurde en visite à Barcelone

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Sozdar Dêrik, une des commandantes des forces féminines kurdes du Rojava est à Barcelone à l’invitation du Parlement de Catalogne. En plus des discussions avec des personnalités politiques catalans, la commandante des YPJ apparaît dans des émissions de télévision et répond aux questions sur la révolution des femmes au Rojava. Sozdar Dêrik, membre du Commandement général des Unités de défense des femmes (Yekîneyên Parastina Jin – YPJ) du Rojava / Syrie du Nord et de l’Est, est à Barcelone pour une série d’entretiens à l’invitation du Parlement de Catalogne. Comme l’a rapporté le bureau de presse des YPJ, Sozdar Dêrik s’est entretenue avec Alba Vergés i Bosch, présidente par intérim du Parlement catalan, et des représentants des partis CUP (Candidatura d’Unitat Popular) et ERC (Esquerra Republicana de Katalonya) sur la situation sécuritaire dans la région autonome du nord et de l’est de la Syrie, la menace permanente de « l’État islamique » et la lutte contre le terrorisme, la situation dans le camp d’internement de Hol et les attaques constantes de la Turquie. Le thème particulier était la lutte des femmes au niveau militaire, politique et social. De plus, Sozdar Dêrik a participé à des programmes télévisés et a discuté de la lutte des femmes au Kurdistan avec la modératrice Mònica Terribas et a répondu aux questions de plus de 400 parties intéressées. Lors d’une visite d’un salon du livre à Barcelone, le livre « Le mouvement des femmes kurdes: histoire, théorie, pratique » de la sociologue kurde Dilar Dirik a été présenté à cette occasion. ANF

TURQUIE. La torture est devenue une forme de gouvernance disent les avocats

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TURQUIE / KURDISTAN – 4 jeunes Kurdes ont été arrêtés lors de l’attaque policière contre des jeunes qui dansaient la ronde au son des chants kurdes sur la plage de Kadıköy-Moda, à Istanbul. Un autre jeune a été placé en garde à vue pour avoir observé les violences de la police. Les jeunes ont été battus et emmenés au poste de police d’Iskele, où ils ont été menottés face contre terre. La police, qui a continué la torture, leur a fait écouter l’hymne ottoman Mehter Marşı (images publiées sur les réseaux sociaux). Les jeunes, qui ont été transférés au palais de justice d’Anadolu à Kartal après la procédure policière, ont été libérés sous contrôle judiciaire après avoir été entendus pour « empêcher [les agents] de faire leur devoir » et « résister à la police ». Plusieurs avocats ont déclaré que la torture est devenue une forme de gouvernance en Turquie et que ceux qui pratiquent la torture doivent être poursuivis. « L’esprit des années 1990 est au pouvoir » Eren Keskin, présidente de l’Association des droits de l’homme (İnsan Hakları Derneği – IHD), a attiré l’attention sur la torture des jeunes et a déclaré : « Cela montre que l’état d’esprit des années 90 est au pouvoir. » Soulignant que le discours polarisant utilisé pendant la campagne électorale a conduit à la violence et à la torture, Keskin a déclaré que les alliances en Turquie sont façonnées par « l’anti-kurdisme ». Keskin a averti que nous sommes entrés dans une période où le nationalisme et le racisme sont à leur apogée, et a déclaré : « Il faut réfléchir à la torture des jeunes sous cet aspect. Le menottage dans le dos sont une méthode de torture et de mauvais traitements. Il est appliqué actuellement à tous les dissidents. La torture des jeunes et l’écoute de l’hymne mehter signifient également que la torture est pratiquée avec un motif raciste. » « Contre l’existence des Kurdes » « Ils sont contre la langue kurde, ronde, avocat, médecin, défenseur des droits humain, journal, journaliste et entité kurde », a déclaré Keskin ajoutant : «Dans le passé, l’État était dans le déni et disait :« Je ne l’ai pas fait ». Mais en ce moment, il dit clairement ‘nous l’avons fait, nous le faisons, nous le ferons’ ». Ciblés par le ministre de l’intérieur Keskin a rappelé les menaces et les cibles de Süleyman Soylu, qui occupe toujours au siège du ministère de l’Intérieur bien qu’il soit député de l’AKP, et a déclaré que cette situation est contraire aux conventions internationales que la Turquie a signées. Keskin a poursuivi ainsi : « Nulle part un ministre de l’Intérieur ne peut dire : ‘Nous allons nous jeter sur vous’. Mais cela se fait dans ce pays. Même dans les années 90, cela n’a pas été fait. Parce qu’ils y ont préparé la société. Il y a une majorité qui le soutient. » « La torture contient un message ouvert » Gürkan Isteli, coprésident de la branche d’Istanbul de l’Association des avocats pour la liberté (ÖHD), a déclaré que la torture contient un message clair. Exprimant que les attaques contre la jeunesse kurde ne sont pas isolées, Iskli a souligné que cette situation est devenue systématique. « Chaque jour, nous ouvrons les yeux sur une nouvelle attaque », a déclaré İstekli, ajoutant : « Des jeunes kurdes sont détenus et torturés. Cela doit être lu comme un moyen d’intimider et de retenir la jeunesse kurde. La torture subie à cause des rondes (govend) et du chant nous montre l’ampleur du régime fasciste qui est en train de se construire. » Déclarant qu’ils déposeront une plainte pénale contre la torture, İstekli a déclaré : « Le fait que la police les ait torturés de manière si imprudente devant le public, à un moment où les caméras filmaient, puis ait fait écouter aux jeunes qu’ils torturaient mehter hymne et le diffuser, montre seulement que le fascisme est devenu ordinaire et a commencé à dominer la société. » « C’est une politique d’État » Ezgi Önalan, une avocate de ÇHD, a déclaré qu’ils voulaient punir les jeunes qui ont été torturés et a déclaré : « Il y a un effort pour éliminer les traces de torture. Il essaie de se faire passer pour une victime. Essayer de criminaliser l’autre personne. Il essaie de légitimer la torture ici. Et cela arrive tout le temps. C’est une politique de l’État. « Il essaie de marginaliser la personne torturée, de la conduire à l’arrestation et d’essayer de la punir. » Agence Mezopotamya