La commune internationaliste rend hommage aux 5 filles tuées par la Turquie en août 2022

0
La commune internationaliste du Rojava a rendu hommage à 5 adolescentes kurdes tuées par un drone turc qui avait attaqué le 18 août 2022 un centre éducatif parrainé par l’ONU à Şemoka (Shamuqah), entre Tall Tamr et Hassaké, au Rojava. Il s’agissait d’un assassinat ciblé mené par l’État terroriste turc qui voulait dépeupler le Rojava par des attaques de civils. Le centre avait été créé dans le cadre d’un « accord visant à mettre fin au recrutement d’enfants soldats et à prévenir l’exploitation des enfants dans les conflits armés », conclu en 2019 entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Quatre des filles de moins de 18 ans, Rania Eta, Zozan Zedan, Dilan Ezedin et Diyana Elo sont mortes sur le coup. La cinquième fille, Silava Remedan, est décédée quelques jours plus tard des suites de ses blessures. La Commune Internationaliste du Rojava a rendu hommage à Zozan Zêdan, Diyana Elo, Dilan Ezedîn, Ranya Etawere et Silava Ramadan avec un communiqué et une vidéo. Le communiqué indique : « Les cibles de ces attaques sont précisément sélectionnées et ont une valeur symbolique. Ce sont des commandants des forces militaires d’autodéfense, des hommes politiques, des personnes qui participent à l’administration autonome ou des jeunes qui s’organisent dans le mouvement de la jeunesse ». L’État turc, au moyen de sa nouvelle guerre, essaie de réduire au silence toutes les personnes qui ont joué un rôle de pionnier dans une société politico-éthique. Ainsi, le régime d’Erdogan veut détruire la révolution. L’attaque contre ces cinq jeunes filles a une signification symbolique. Le monde entier a compris que la révolution du Rojava puise son énergie dans l’esprit et le pouvoir d’organisation des jeunes femmes et des filles. L’État turc lui-même admet ce fait avec cette attaque. Mais les filles de cette révolution ne seront pas intimidées. A chaque attaque, la détermination à défendre cette révolution et tout son peuple grandit ! »

KURDISTAN. Découverte d’un site archéologique vieux de 2 500 ans

0
IRAK / KURDISTAN – Un important site archéologique datant de 2 500 ans a été découvert dans la province kurde de Sulaymaniyah. En coopération avec la Direction de l’archéologie de Sulaymaniyah et l’Université Chubu du Japon, un important site archéologique datant de 2 500 ans a été découvert à Yasin Tepe, dans le district de Tancero de Sulaymaniyah, au Kurdistan « irakien ». Le gouverneur de Sulaymaniyah Heval Ebubekir a déclaré que les archéologues ont découvert des sites archéologiques et des vestiges très importants qu’on trouve uniquement en Irak et au Kurdistan du Sud. Exprimant que les vestiges varient de la période néolithique à la période islamique, Ebubekir a déclaré : « Cette équipe travaille sur des vestiges archéologiques de la période assyrienne. Ils ont découvert des maisons, des rues, des cimetières, ainsi que de rares vestiges historiques de la période assyrienne ».

TURQUIE. Tentative d’arrestation d’un député kurde à Urfa

0
TURQUIE / KURDISTAN – Gravement malade et vivant sous assistance respiratoire, l’ancien élu kurde, Bazo Yılmaz (67 ans) était mort en prison le 18 août 2022. Lors des commémorations sur la tombe de Bazo Yılmaz à l’occasion de l’anniversaire de son décès, des soldats turcs ont détenus plusieurs politiciens kurdes et tenté d’arrêté le député du parti Yesil Sol, Omer Ocalan. Le 18 août 2022, le prisonnier gravement malade Bazo Yılmaz (67 ans) est décédé dans la prison d’Urfa. Des élus, la famille de Yilmaz, ainsi que des civils se sont réunis sur sa tombe au cimetière de la localité de Gogan du district d’Halféti (Xelfetî) à Urfa (Riha). En plus de la famille de Yılmaz, le député du Parti de la gauche verte Ömer Öcalan, les représentants locaux du Parti démocratique des peuples (HDP) et du Parti des régions démocratiques (DBP) ainsi qu’une foule de citoyens étaient présents. « Il a été tué parce qu’il était kurde » S’exprimant lors de la commémoration, qui a commencé par une minute de silence à la mémoire de ceux qui ont perdu la vie dans la lutte pour la démocratie, le député du Parti vert de gauche, Ömer Öcalan a déclaré : « Notre ami Bazo était le dernier maire de Gogan. Les administrateurs et les maires élus par le peuple ont été arrêtés, les municipalités ont été usurpées et la volonté du peuple a été foulée aux pieds. Nos amis ont été arrêtés et ont fait face à une grande persécution en prison. L’un d’eux était le camarade Bazo. Tout le monde savait que sa santé n’était pas bonne. Peu importe à quel point nous avons essayé, il n’a pas été libéré, il a été assassiné dans le cachot il y a un an. » Pendant qu’Öcalan parlait, un soldat a menacé d’intervenir au motif qu’«il était interdit de faire des déclarations dans le cimetière ». Poursuivant son discours malgré les tentatives des soldats pour l’empêcher, Öcalan a réagi en déclarant : « Notre camarade qui a perdu la vie était un politicien. Il a été tué parce qu’il était Kurde. Nous sommes persécutés ici aussi ». 3 personnes détenues Puis les soldats ont attaqué la foule. La foule a répondu à l’attaque par le slogan « Bijî berxwedana zindanê » (vive la résistance dans les prisons) et avec des youyous. Öcalan a répondu aux soldats qui attaquaient la foule : « Nous n’avons pas peur de vous. Ils sont cruels. Ils attaquent les gens dans le cimetière ». À la suite de l’attaque, la porte-parole provincial du Parti de la gauche verte Senem Eriş, le membre du Conseil des jeunes du Parti de la gauche verte (Yesil Sol) Enes Rakım et le conseiller du député Ömer Öcalan, Nuh Mert Turan, ont été arrêtés. Des responsables locaux du Parti démocratique des peuples (HDP) a protesté contre l’attaque et les arrestations par une déclaration faite devant leur bureau. Des membres du DBP, du Parti de la gauche verte et du Mouvement des femmes libres (TJA) étaient également présents lors de la déclaration. Le Parti de la gauche verte a également fait une déclaration sur les réseaux sociaux, indiquant que les soldats avaient tenté d’arrêter le député Omer Öcalan. Agence Mezopotamya  

ROJAVA. Une jeune musicienne kurde d’Afrin poursuit ses rêves dans un camp de réfugiés

0
SYRIE / ROJAVA – La jeune musicienne kurde, Baryana Sîdo d’Afrin a fui avec sa famille vers Shahba après l’occupation turque de sa ville natale. Elle vit désormais dans un camp de réfugiés et défie les conditions de vie difficiles marquées par les attentats et l’embargo grâce à sa musique. Elle chante, joue plusieurs instruments, dont violon, guitare, def ( ou daf, grand tambour sur cadre)… Baryana Sîdo est née dans le village de Çolaqa dans le district de Jindires d’Afrin. Après l’occupation d’Afrin le 18 mars 2018 par l’État turc, elle s’est enfuie avec sa famille dans le canton voisin de Shehba et vit désormais dans le camp de réfugiés de Serdem. La jeune fille de 16 ans rêve de devenir une bonne musicienne depuis qu’elle est enfant. Tous les autres rêves d’enfance ont été détruits par l’invasion turque. Baryana Sîdo est issue d’une famille de musiciens. S’adressant à ANF, elle a déclaré que son père, son frère aîné et sa sœur aînée chantaient et faisaient également de la musique : « Comme je viens d’une famille d’artistes, je me suis intéressée à la musique dès mon plus jeune âge. Quand nous vivions à Afrin, j’étais encore petite et je suis allée à l’école. Donc, je ne me suis impliquée de manière intensive dans la musique qu’ici à Shehba. J’étais dans un groupe d’enfants et je chantais. Même alors, je voulais apprendre à jouer de la guitare, mais il n’y avait personne qui pouvait me l’apprendre. Ma sœur m’a donné des cours de violon. J’ai appris à jouer du violon avec elle. Si vous pouvez jouer du violon, vous pouvez apprendre tous les autres instruments à cordes. Alors, plus tard, j’ai aussi appris à jouer de la guitare. Grâce au soutien de ma famille , j’ai évolué musicalement et je suis aujourd’hui membre du mouvement culturel féminin Hîlala Zêrîn. » ANF

TURQUIE. Arrestations des Mères du Samedi à Istanbul/Galatasaray

0
TURQUIE – 21 personnes ont été arrêtées avec les mains menottées dans le dos par des policiers qui ont attaqué la 960e veillée hebdomadaire des mères du samedi réunies sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour s’enquérir du sort de leurs proches disparus. Dans une scène récurrente qui n’est devenue que trop familière, la police d’Istanbul a une fois de plus fait obstacle à la manifestation hebdomadaire des Mères du Samedi, un groupe inébranlable de femmes et des députés, simples citoyens et défenseurs des droits humains qui exigent la justice et la vérité pour les disparus de forces. Depuis 1995, les mères du samedi se réunissaient sur la place Galatasaray d’Istanbul pour exiger des réponses concernant les disparitions forcées de leurs enfants dans les années 1980 et 1990 en Turquie.   Les mères du samedi ont déclaré sur X (anciennement Twitter) qu’elles étaient victimes de la torture avec leurs mains menottées dans le dos, ajoutant que la « place Galatasaray ; C’est l’héritage de nos mères qui sont décédées avant d’avoir pu retrouvé leurs enfants, la vérité et la justice. Malgré toute votre illégalité et vos pratiques de torture, nous n’abandonnerons pas Galatasaray ! » Depuis 28 ans, les mères du samedi s’arment d’œillets contre la police turque Il y a 28 ans, les Mères du Samedi (en turc: Cumartesi Anneleri) descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus. Les « mères du samedi » reproche l’État turc de ne pas avoir enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques. Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres (de journalistes, syndicalistes, médecins, enseignants, enfants ou simples paysans) par l’État ont été signalés dans les régions kurdes de Turquie. Le 25 août 2018, les autorités turques ont annoncé que le gouvernement avait interdit la réunion. Suite à cette annonce, lors de leur 700ème manifestation pacifique, les mères de samedi ont subi des violences policières et plusieurs des participants ont été arrêtés, dont Emine Ocak, une mère de plus de 80 ans. Par la suite, la cour constitutionnelle turque a déclaré que la police avait violé le droit de manifester des Mères du Samedi, en les arrêtant, mais manifestement la police d’Erdogan refuse de se conformer aux lois de son propre pays. Le 5 mai dernier, la commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe dénonçait les violations des droits en Turquie, en attirant l’attention sur les violences subies par les Mères du Samedi : « Les autorités ne respectent toujours pas le droit à la liberté de réunion pacifique des « Mères du samedi » et des autres personnes qui manifestent ce jour-là pour demander que la lumière soit faite sur la disparition de leurs proches, alors que la Cour constitutionnelle turque a déjà conclu deux fois à la violation de leur droit de manifester. Les membres de ce groupe font même l’objet d’une procédure pénale, engagée tout récemment, pour avoir exercé ce droit. La manière dont sont traitées les « Mères du samedi » est une illustration supplémentaire des risques inhérents à un contexte dans lequel les droits humains ne sont pas protégés de manière effective. »  

« Sound Rise », court métrage racontant l’histoire de la révolte « femme, vie, liberté » 

0
Le court métrage « Sound Rise » racontant la révolte « Jin, Jiyan, Azadî » sera projeté à l’occasion de l’anniversaire du déclenchement des manifestations de masse qui ont débuté en Iran et au Rojhilat suite au meurtre de Jina Mahsa Amini le 16 septembre 2022. Un court métrage a été réalisé sur la rébellion « Jin, Jiyan, Azadi » (slogan kurde signifiant femme, vie, liberté) qui a commencé en Iran et au Kurdistan iranien après que la jeune femme kurde, Jîna Amini, a été assassinée alors qu’elle était détenue par la police des mœurs à Téhéran le 16 septembre 2022. Le court métrage « Sound Rise » (Le son monte) devrait être projeté à l’occasion de l’anniversaire de la rébellion en Iran et au Rojhilat. Le court métrage est réalisé par Fiya Yunus et Hewar Farisewi et raconte l’histoire des détenus torturés. Des acteurs Nickwan Qadiri, Delniya Waisi et Delniya Lotfi ont participé au court métrage.

TURQUIE. Perpétuité pour un autre jeune Kurde innocent

0
TURQUIE / KURDISTAN – Il n’avait que 14 ans, il y avait des preuves solides prouvant son innocence, mais il était Kurde et il fallait trouver un coupable pour le meurtre d’un autre Kurde: Yasin Börü. Alors, la « justice » turque l’a condamné à plus de 100 ans de prison, sans possibilité de libération. Mais Mazlum n’est pas le seul Kurde innocent qu’on veut voir mourir en prison. Ils sont des dizaines de milliers, une bonne partie emprisonnée depuis plus de 30 ans, certaines en sont morts, d’autres très malades et presque tous torturés. Leur seul crime est d’être kurdes et de ne pas accepter l’assimilation forcée ou d’être des collabos du régime turc. Le jeune musicien kurde, Mazlum İçli a été condamné à une peine de prison aggravée, sans possibilité de libération, malgré les preuves de son innocence. Son père Nusret İçli a déclaré: « Je connais notre ennemi. Parce que moi aussi, j’ai passé 12 ans en prison. Des dizaines de milliers de personnes comme Mazlum sont en prison à la suite d’un complot », ajoutant que ces prisonniers innocents attendent qu’on les libèrent des geôles turques. La Cour de Cassation confirme la condamnation à perpétuité de Mazlum Içli malgré les preuves l’innocentant Mazlum İçli a été arrêté en 2014, quand il avait 14 ans, suite aux manifestations de solidarité avec la ville de Kobanê réprimées dans le sang par les forces armées turques. On l’a condamné à plus de 100 ans de prison pour un crime qu’il n’a pas commis: meurtre de Yasin Börü dans la nuit de 6-7 octobre 2014, pendant les manifestations de Diyarbakir (Amed). Pourtant, au moment du crime qu’on lui reproche, İçli jouait de la musique dans un mariage à 140 km du lieu du crime! Des vidéos du mariage et des témoins oculaires qui ont confirmé la présence de Mazlum bien loin du lieu des manifestations au moment des faits n’ont pas suffit à l’innocenter car il fallait trouver un coupable à tout prix afin de condamner plus de 100 politiciens kurdes poursuivis dans l’affaire Kobanê. La Cour de cassation turque a confirmé la peine à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle prononcée contre Mazlum İçli, malgré les preuves l’innocentant, a annoncé mercredi l’avocat d’İçli. İçli, qui n’avait que 14 ans à l’époque, a été accusé d’avoir tué Yasin Börü, 17 ans, et trois autres personnes lors de manifestations de rue généralisées à Diyarbakır (Amed) et dans d’autres villes kurdes en 2014, en soutien à la résistance de Kobanê, de l’autre côté de la frontière syrienne. Des séquences vidéo, des signaux téléphoniques et des témoignages oculaires ont prouvé qu’İçli assistait à un mariage à 140 kilomètres de l’endroit où les victimes ont perdu la vie le jour des manifestations. L’accusation contre İçli était fondée sur la déclaration d’un témoin anonyme, mais il a été révélé qu’un autre accusé dans l’affaire, nommé par le même témoin, était en fait en prison à la date du crime, ce qui prouve que le témoin avait menti. De plus, le témoin anonyme est ensuite revenu sur sa déclaration, affirmant qu’elle avait été donnée sous la pression de la police. Malgré le manque de preuves concrètes incriminant İçli, le tribunal a ignoré les preuves solides qui l’auraient disculpé dans son règlement de 2021. L’avocat Mahsuni Karaman, qui a annoncé la décision de la Cour de cassation sur la plateforme de médias sociaux connue sous le nom de X (anciennement Twitter), a souligné que la décision du tribunal était injustifiée. Karaman a attribué la raison de la décision à la nécessité d’un « coupable » afin de condamner Selahattin Demirtaş et d’autres membres du HDP pour « incitation » dans l’affaire Kobanê. Cette interprétation de Karaman est liée au procès de Kobanê, dans lequel 108 membres du HDP, dont les anciens coprésidents Demirtaş et Figen Yüksekdağ, sont jugés. À la suite des manifestations, qui sont devenues violentes et ont fait de nombreux morts, les autorités turques ont accusé le HDP d’être à l’origine de la violence et ont commencé à arrêter des membres du parti, dont des politiciens de premier plan. Les coprésidents du HDP et des responsables à divers niveaux ont été accusés d’avoir incité à la violence et causé des morts. Le procureur requiert des peines de prison pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité pour les accusés pour 29 chefs d’accusation différents, dont meurtre, pillage, blessure d’un agent public avec une arme à feu, incendie de drapeaux et atteinte à l’unité et à l’intégrité nationales du pays. Les morts lors des manifestations, dont celle de Börü, 17 ans, constituent également un élément important du dossier contre le HDP. Les manifestations pour Kobanê Les manifestations de rue ont commencé après que le gouvernement a refusé d’intervenir dans le siège de l’État islamique (DAECH) de la ville kurde syrienne de Kobane, à quelques mètres de la frontière turque. Les commentaires du président turc Recep Tayyip Erdoğan à l’époque selon lesquels la ville était « sur le point de tomber » ont suscité l’indignation de la population kurde de Turquie et attisé les flammes de violentes manifestations. Les manifestations ont vu des affrontements entre les mouvements kurdes rivaux de Turquie, y compris le Parti de la cause libre (Hüda-Par), un groupe islamiste avec une histoire de violence politique et des liens présumés avec l’organisation fondamentaliste Hezbollah en Turquie, qui est alliée à Erdoğan. Börü et les trois autres personnes tuées lors des manifestations auraient été liées au parti. Selon un rapport de l’Association turque indépendante des droits de l’homme, 46 personnes sont mortes lors des manifestations de Kobani en octobre 2014. Les registres officiels n’ont enregistré que 37 de ces décès. Sur les 41 personnes inculpées dans l’affaire du meurtre de Börü et de trois autres, 25 ont été condamnées à des peines de prison. Les autres décès, pour la plupart des partisans du Parti démocratique des peuples (HDP), n’ont pas fait l’objet d’une enquête.

La Turquie va construire un 10e barrage sur les rives du Tigre

0
TURQUIE / KURDISTAN – L’État turc va construire un dixième barrage sur les rives du Tigre près de la région kurde de Cizrê. De nombreux villages seront engloutis par ce nouveau barrage qui coupera le dernier filet d’eau qui coulait encore vers le Kurdistan du Sud et l’Irak. Un nouveau barrage sera construit près de Cizrê sur les berges du Tigre, le plus long fleuve du Moyen-Orient avec une longueur de 2 800 km. Le projet, baptisé « Barrage de Cizre » avait vu le jour le 24 mai 2013, avait été suspendu en raison de divers désaccords. Cependant, le projet vient d’être sorti du placard. Le barrage de Cizre sera le deuxième plus grand barrage après le barrage d’Ilısu construit sur les rives du Tigre. Le projet de barrage, qui fait débat depuis des années, a été accepté le 16 août. Cependant, on ne sait pas quand commencera la construction du barrage. Avec le barrage, de nombreuses espèces vivant dans le Tigre sont en danger d’extinction. L’Irak, la Syrie, le Rojava et le Kurdistan du Sud victimes de la guerre de l’eau turque Le sud du Kurdistan et l’Irak, alimentés par le Tigre, seront également confrontés à une grave crise de l’eau avec l’achèvement du barrage. On prétend que le barrage, qui sera construit avec une hauteur de 40 mètres et un volume de stockage d’eau de 381 millions de mètres cubes, sera achevé d’ici trois ans. Occupant les régions nord du Kurdistan traversés par de nombreux fleuves, dont les mythiques Tigre et Euphrate, la Turquie a construit plusieurs dizaines de barrages dans ces régions, coupant l’eau des pays voisins Irak et Syrie. L’eau est devenue une arme de guerre redoutable qui assoiffent ceux habitant en aval des barrages tandis que d’autres sont chassés de leurs villes et villages inondés par les barrages. De nombreuses zones d’habitation seront inondées Selon le projet, le nouveau barrage devrait être construit sous la ville de Qesirk (Kasrik), qui sépare les monts Judi et Gabar, et sous le village de Misûriyê, engloutissant de nombreuses routes, vignobles et villages. Jinnews

Livre. « Un génocide oublié, la voix brisée du peuple kurde »

0
La journaliste Béatrice Dillies a publié un livre relatant le génocide kurde commis par l’État irakien dans les années 1970-1988 aux Éditions l’Harmattan, collection Kronos, chez SPM. Pendant plus de 10 ans, Béatrice Dillies a recueilli des témoignages des rescapés du génocide kurde commis par l’État irakien et dont la « solution finale » fut al-Anfal de 1988 ordonné par le dictateur Saddam Hussein. Gazages, rafles, déportations, viols, marche de la mort, recherche et élimination systématique des rescapés du génocide…, au fil des témoignages des rescapés que Béatrice Dillies a interviewés, on a l’impression d’un déjà vu, tant les atrocités commises par les soldats irakiens ressemblent à celles commises plusieurs décennies auparavant par l’armée turque au Kurdistan colonisés par la Turquie, à Dersim et Zilan notamment. « Un génocide oublié, la voix brisée du peuple kurde » écrit par Béatrice Dillies n’est que l’« iceberg » irakien du génocide kurde qui a eu lieu dans les quatre parties du Kurdistan occupées par l’Iran, la Turquie, l’Irak et la Syrie depuis le XXe siècle.
Un génocide oublié, la voix brisée du peuple kurde, préface de Joost Hiltermann

TURQUIE. La Cour de Cassation confirme la condamnation à perpétuité d’un jeune Kurde malgré les preuves l’innocentant

0
TURQUIE / KURDISTAN – Mazlum İçli est un jeune Kurde arrêté en 2014, quand il avait 14 ans, suite aux manifestations de solidarité avec la ville de Kobanê réprimées dans le sang par les forces armées turques. On l’a condamné à plus de 100 ans de prison pour un crime qu’il n’a pas commis: meurtre de Yasin Börü dans la nuit de 6-7 octobre 2014, pendant les manifestations de Diyarbakir (Amed). Pourtant, au moment du crime qu’on lui reproche, İçli jouait de la musique dans un mariage à 140 km du lieu du crime! Des vidéos du mariage et des témoins oculaires qui ont confirmé la présence de Mazlum bien loin du lieu des manifestations au moment des faits n’ont pas suffit à l’innocenter car il fallait trouver un coupable à tout prix afin de condamner plus de 100 politiciens kurdes poursuivis dans l’affaire Kobanê. La Cour de cassation turque a confirmé la peine à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle prononcée contre Mazlum İçli, malgré les preuves l’innocentant, a annoncé mercredi l’avocat d’İçli. İçli, qui n’avait que 14 ans à l’époque, a été accusé d’avoir tué Yasin Börü, 17 ans, et trois autres personnes lors de manifestations de rue généralisées à Diyarbakır (Amed) et dans d’autres villes kurdes en 2014, en soutien à la résistance de Kobanê, de l’autre côté de la frontière syrienne. Des séquences vidéo, des signaux téléphoniques et des témoignages oculaires ont prouvé qu’İçli assistait à un mariage à 140 kilomètres de l’endroit où les victimes ont perdu la vie le jour des manifestations. L’accusation contre İçli était fondée sur la déclaration d’un témoin anonyme, mais il a été révélé qu’un autre accusé dans l’affaire, nommé par le même témoin, était en fait en prison à la date du crime, ce qui prouve que le témoin avait menti. De plus, le témoin anonyme est ensuite revenu sur sa déclaration, affirmant qu’elle avait été donnée sous la pression de la police. Malgré le manque de preuves concrètes incriminant İçli, le tribunal a ignoré les preuves solides qui l’auraient disculpé dans son règlement de 2021. L’avocat Mahsuni Karaman, qui a annoncé la décision de la Cour de cassation sur la plateforme de médias sociaux connue sous le nom de X (anciennement Twitter), a souligné que la décision du tribunal était injustifiée. Karaman a attribué la raison de la décision à la nécessité d’un « coupable » afin de condamner Selahattin Demirtaş et d’autres membres du HDP pour « incitation » dans l’affaire Kobanê. Cette interprétation de Karaman est liée au procès de Kobanê, dans lequel 108 membres du HDP, dont les anciens coprésidents Demirtaş et Figen Yüksekdağ, sont jugés. À la suite des manifestations, qui sont devenues violentes et ont fait de nombreux morts, les autorités turques ont accusé le HDP d’être à l’origine de la violence et ont commencé à arrêter des membres du parti, dont des politiciens de premier plan. Les coprésidents du HDP et des responsables à divers niveaux ont été accusés d’avoir incité à la violence et causé des morts. Le procureur requiert des peines de prison pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité pour les accusés pour 29 chefs d’accusation différents, dont meurtre, pillage, blessure d’un agent public avec une arme à feu, incendie de drapeaux et atteinte à l’unité et à l’intégrité nationales du pays. Les morts lors des manifestations, dont celle de Börü, 17 ans, constituent également un élément important du dossier contre le HDP. Les manifestations pour Kobanê Les manifestations de rue ont commencé après que le gouvernement a refusé d’intervenir dans le siège de l’État islamique (DAECH) de la ville kurde syrienne de Kobane, à quelques mètres de la frontière turque. Les commentaires du président turc Recep Tayyip Erdoğan à l’époque selon lesquels la ville était « sur le point de tomber » ont suscité l’indignation de la population kurde de Turquie et attisé les flammes de violentes manifestations. Les manifestations ont vu des affrontements entre les mouvements kurdes rivaux de Turquie, y compris le Parti de la cause libre (Hüda-Par), un groupe islamiste avec une histoire de violence politique et des liens présumés avec l’organisation fondamentaliste Hezbollah en Turquie, qui est alliée à Erdoğan. Börü et les trois autres personnes tuées lors des manifestations auraient été liées au parti. Selon un rapport de l’Association turque indépendante des droits de l’homme, 46 personnes sont mortes lors des manifestations de Kobani en octobre 2014. Les registres officiels n’ont enregistré que 37 de ces décès. Sur les 41 personnes inculpées dans l’affaire du meurtre de Börü et de trois autres, 25 ont été condamnées à des peines de prison. Les autres décès, pour la plupart des partisans du Parti démocratique des peuples (HDP), n’ont pas fait l’objet d’une enquête.