Les ONG kurdes dénoncent le gèle de leurs avoirs par la Turquie

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Les ONG humanitaires kurdes Croissant-Rouge du Kurdistan et le Soleil Rouge ont condamné la récente décision du gouvernement turc de geler les avoirs d’une vingtaine de fondations et associations kurdes dans le cadre d’une politique plus large de criminalisation des institutions kurdes. Dans leur déclaration, Croissant-Rouge du Kurdistan (Heyva Sor a Kurdistanê) et Roja Sor (Soleil Rouge) ont fait valoir que cela faisait partie d’une politique de longue date visant à saper leurs efforts. Ces organisations, actives depuis près de trois décennies, apportent une aide à ceux qui en ont besoin dans les zones à majorité kurde, notamment en Syrie et dans la région du Kurdistan irakien (KRI), allant des civils touchés par les attaques militaires aux victimes de catastrophes naturelles et de guerre. Le gouvernement turc a gelé mercredi les avoirs de 62 personnes et de 20 fondations et associations caritatives, les accusant de financement d’« une organisation terroriste [PKK] ». Les avoirs de 62 individus et de 20 fondations et associations ont été gelés, selon la décision publiée au Journal officiel turc. Cette décision s’inscrit dans le cadre de mesures prises en raison d’un prétendu « financement du terrorisme » ciblant les Kurdes et leurs organisations, dont le Croissant Rouge kurde (Heyva Sor a Kurdistanê), l’ONG franco-kurde Soleil Rouge (Roja Sor) et les éditions Mezopotamya. Il s’agit du vol des biens des Kurdes et de ceux de leurs organisations déguisé en « lutte contre le financement du terrorisme ».   Le gouvernement turc a annoncé lundi dans le Journal officiel du pays qu’il avait imposé le gel des avoirs de 62 personnes et de 20 fondations et associations caritatives, les accusant de financer le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). La décision, qui concerne presque exclusivement les organisations humanitaires, coïncide avec l’intensification des opérations militaires turques dans le nord de la Syrie sous direction kurde et dans la région du Kurdistan irakien (KRI), soulevant des inquiétudes quant à ses effets sur les infrastructures civiles et les initiatives humanitaires.   Selon la décision, les avoirs de 62 personnes physiques et 20 personnes morales, dont des fondations et des associations, ont été gelés sur la base d’allégations de « financement du terrorisme ». Les personnes morales dont les avoirs ont été gelés opèrent en Autriche, en Belgique, au Royaume-Uni, au Danemark, en France, en Suède, en Suisse, au Japon, en Italie, en Norvège, en Irak, en Syrie, en Allemagne et en Australie. La décision indique que la mise en œuvre entre dans le champ d’application de la loi n° 6415 sur la prévention du financement du terrorisme. Il a en outre indiqué : « Contre cette décision, une objection peut être déposée auprès du tribunal pénal d’Ankara compétent conformément aux dispositions du Code de procédure pénale, conformément au quatrième paragraphe de l’article 7 de la loi n° 6415. »   La Société du Croissant-Rouge du Kurdistan (Heyva Sor a Kurdistanê) a joué un rôle central en fournissant une aide humanitaire essentielle à ceux qui en ont cruellement besoin au milieu de la tourmente. Elle a lancé une campagne urgente pour fournir une aide essentielle aux civils de la région en réponse à l’escalade de la crise humanitaire provoquée par les opérations militaires turques. Elle a également dépensé environ 1,8 million d’euros en secours suite aux séismes de février 2023, distribuant des produits de première nécessité tels que des tentes, des réchauds, des couvertures, de la nourriture et des produits d’hygiène dans les zones touchées de Turquie et de Syrie. Les organisations dont les avoirs ont été gelés opèrent dans divers pays, dont l’Autriche, la Suède, la Suisse, la Norvège, la Belgique, le Royaume-Uni, le Danemark, la France, le Japon, l’Italie, l’Irak, la Syrie, l’Allemagne et l’Australie. La liste comprend principalement des organisations humanitaires telles que Heyva Sor, connue pour aider les civils dans les zones touchées par les catastrophes.   Les organisations répertoriées au Journal Officiel et dont les avoirs ont été gelés sont : ROJ Sor (Soleil Rouge) a Kurdistanê, Autriche ASBL Croissant Rouge du Kurdistan, Belgique Croissant Rouge du Kurdistan, Royaume-Uni Støtteforeningen Mesopotamiens Sol, Danemark Association Humanitaire Franco Kurde, France Insamlingsstiftelsen Kurdiska Röda Solen, Suède Croissant Rouge du Kurdistan Suisse, Suisse Croissant Rouge du Kurdistan (Heyva Sor a Kurdistanê ), Japon Association culturelle kurde du Japon, Japon Mezzaluna Rossa Kurdistan Italia ETS, Italie Staffetta Sanitaria Rojava, Italie Kurdiske Røde Halvmåne Norge, Norvège Croissant-Rouge kurde (Heyva Sor a Kurd), Irak, Syrie Communauté islamique du Kurdistan (Civaka Islamiya Kurdistan), Allemagne Centre kurde de Nouvelle-Galles du Sud, Australie Editions Mezopotamya, Allemagne Adelaide Kurdish Youth Society, Australie Royem Donar GmbH, Allemagne Bi Hevre, Suisse Ici Ailleurs, Suisse Vous pouvez accéder à la liste des individus et des organisations dont les avoirs ont été gelés ici

TURQUIE. Un ministre turc avoue la motivation politique dans l’emprisonnement de Kavala et de Demirtas

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Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a récemment prétendu que l’emprisonnement du philanthrope Osman Kavala et de l’homme politique kurde, Selahattin Demirtaş, avaient été injustement politisés en Europe, entraînant d’inévitables réactions politiques en Turquie. L’équipe juridique d’Osman Kavala, un philanthrope turc purgeant une peine à perpétuité aggravée, a contesté l’affirmation du ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan selon laquelle l’Europe avait politisé le cas de Kavala. Ils ont fait valoir que la Turquie devrait respecter ses obligations juridiques internationales, indépendamment de la politisation perçue, et ont averti que le non-respect des arrêts de la CEDH pourrait mettre en danger l’adhésion de la Turquie au Conseil de l’Europe. Fidan a déclaré que les affaires impliquant Osman Kavala, et par extension des affaires similaires, avaient été politisées dans les capitales européennes avant même d’être portées devant les tribunaux turcs. Il a fait valoir que ces affaires n’étaient plus des questions juridiques et techniques mais s’inscrivaient désormais dans le cadre du conflit politique interne de la Turquie, déclarant que « la réponse à une affaire politisée sera également politique ». Fidan a laissé entendre qu’il n’y avait aucun acte répréhensible dans cette approche et a suggéré que lorsque les cas sont politisés à l’extérieur, la réponse de la Turquie était naturellement politique. Les avocats Köksal Bayraktar et Deniz Tolga Aytöre, répondant aux commentaires de Fidan formulés lors de la réunion du comité du plan et du budget de la Grande Assemblée nationale turque (TBMM), ont réfuté l’idée selon laquelle l’Europe avait injustement politisé l’affaire. Ils ont souligné que la réponse de la Turquie devrait être dictée par ses obligations juridiques internationales, quelle que soit la politisation perçue de l’affaire. Les avocats ont souligné que le Conseil de l’Europe (CdE) attend de la Turquie, en tant que membre, qu’elle remplisse ses engagements au titre de la Convention et de l’article 90 de sa constitution et ont averti que le non-respect des décisions de la CEDH pourrait mettre en danger l’adhésion de la Turquie au CdE. Ils ont soutenu que ces attentes, émanant de la CEDH et des organes concernés au sein du Conseil de l’Europe, ne politisent pas l’affaire mais soulignent l’application d’une décision d’un tribunal international. Ils ont affirmé le devoir de la Turquie d’appliquer ce verdict conformément à la Convention. Au cours de la discussion en commission susmentionnée sur le budget du ministère des Affaires étrangères, les députés d’opposition du Parti républicain du peuple (CHP) et du Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (HEDEP) ont exprimé leurs inquiétudes quant au mépris de la Turquie envers les décisions de la CEDH sur Kavala et l’ancien coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP) Selahattin Demirtaş pourrait conduire à son retrait du Conseil de l’Europe. Fidan a défendu la position de la Turquie, affirmant que ces affaires, en particulier celle de Kavala, étaient politisées avant même les procédures judiciaires, devenant ainsi partie intégrante de la lutte politique interne de la Turquie.

L’Allemagne « ignore » les menaces de mort proférées par les fachos turcs

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ALLEMAGNE – Kerem Schamberger, un universitaire germano-kurde, a exprimé de sérieuses inquiétudes quant à l’inaction du gouvernement allemand contre un fasciste turc qui a proféré des menaces de mort depuis la Turquie. Depuis des années, des hommes politiques de gauche d’origine kurde, mais aussi des personnes d’origine non kurde, reçoivent des menaces de mort sur les réseaux sociaux via des individus louant la mouvance fasciste turque Ülkü Ocaklari (Loups gris). Kerem Schamberger, un universitaire allemand, a révélé mercredi dans un article sur les réseaux sociaux l’absence de réponse du gouvernement allemand aux menaces de mort persistantes dont il fait l’objet. Schamberger a révélé que lui et d’autres avaient reçu des menaces de mort de la part d’un individu résidant en Turquie. Cet individu, identifié comme Tayfun K., serait connu des autorités, mais ne fait l’objet d’aucune mesure légale ou restrictive importante. L’universitaire a souligné les liens étroits entre les hommes politiques allemands et le président turc Recep Tayyip Erdoğan, en mentionnant l’apparente négligence dans la lutte contre ces menaces particulières. Il a souligné que les autorités allemandes n’avaient pas confirmé si Tayfun K. était récemment entré en Allemagne. En outre, Schamberger a souligné que même si Tayfun K. devait entrer en Allemagne, il ne semble pas qu’il serait confronté à des répercussions immédiates, malgré ses menaces antérieures. L’inaction du gouvernement allemand va jusqu’à ne pas imposer d’interdiction d’entrée dans le pays à Tayfun K. Parmi les autres personnes menacées par ces menaces figurent les politiciens gérmano-kurdes Civan Akbulut, Sarya Ataç et Cansu Özdemir, ainsi que plusieurs individus anonymes. Lecture d’un livre co-écrit par Schamberger et Alexander Glasner-Hummel, « Geflohen, Verboten, Ausgeschlossen. Wie die kurdische Diaspora in Deutschland mundtot gemacht wird » (Comment la diaspora kurde en Allemagne est réduite au silence) », prévue le 28 novembre, a été annulée officiellement pour des raisons de sécurité. Le consulat turc en Allemagne est accusé d’avoir exercé d’importantes pressions sur le lieu de l’événement, conduisant à son annulation.

TURQUIE. La justice attaque l’Association médicale turque sur fond de « guerre chimique »

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Un tribunal d’Ankara a ordonné la destitution des dirigeants de l’Association médicale turque (TTB) dans une affaire de « guerre chimique ». L’affaire découle des propos de la présidente de l’association Korur-Fincanci selon lesquelles la Turquie a pu utiliser des armes chimiques contre la guérilla kurde pendant ses opérations au Kurdistan d’Irak. Un tribunal d’Ankara a prononcé le licenciement de tous les membres du Conseil administratif de l’Association médicale turque (TTB/TMA). Les poursuites judiciaires découlent de l’affirmation du président du TTB, Şebnem Korur-Fincancı, l’année dernière, selon laquelle l’armée turque avait utilisé des armes chimiques lors d’opérations contre des militants du PKK dans la région du Kurdistan irakien. Korur-Fincanci a purgé deux mois et demi de détention provisoire après que ses allégations ont conduit à une enquête contre elle pour « propagande terroriste ». La salle d’audience a vu la présence des membres accusés du Conseil administratif du TTB et de leurs représentants légaux, ainsi que des représentants syndicaux, des dirigeants d’organisations professionnelles et des législateurs de l’opposition. Alors que le tribunal cherchait à reporter l’audience, les avocats et les membres du Conseil central du TTB menacés de licenciement ont insisté pour présenter leur défense. Après les défenses, le juge a annoncé la décision de démettre les membres du Conseil administratif de leurs fonctions. Selon la décision du tribunal, conformément à l’article 2 de la loi TTB, de nouvelles élections doivent avoir lieu dans un délai d’un mois. Par ailleurs, de nouveaux présidents doivent être élus à la tête des cinq chambres médicales provinciales pour organiser un congrès en vue des élections. Les membres évincés du TTB sont : la présidente du Conseil administratif du TTB, Şebnem Korur Fincancı, le deuxième président Ali İhsan Ökten, le secrétaire général Vedat Bulut et les membres Nursel Şahin, Onur Naci Karahancı, Kazım Doğan Eroğulları, Alican Bahadır, Ahmet Karer Yurtdaş, Adalet Çıbık, Aydın Sirin et Lütfi Tiyekli.

Arrière-plan

La controverse a commencé lorsque le président du Conseil central du TTB, la professeur Şebnem Korur Fincancı, a déclaré dans une émission en direct le 20 octobre 2022 que les forces armées turques avaient utilisé des armes chimiques dans leurs opérations contre les militants du PKK. Commentant une vidéo au centre des allégations, elle avait déclaré : « Il est évident que des produits chimiques toxiques affectant directement le système nerveux ont été utilisés. Bien qu’ils soient interdits, nous les voyons utilisés dans les conflits ». La vidéo en question, publiée par l’agence de presse Fırat News (ANF), montrerait deux combattants (une femme et un homme), l’un en train d’agoniser au sol et l’autre montrant un comportement délirant. Le PKK avait déclaré que ses deux combattants étaient morts à la suite de l’attaque chimique. Dans son commentaire, Korur-Fincanci a souligné la nécessité de mener des enquêtes indépendantes dans la région, citant les accords internationaux. Elle avait déclaré : « Lorsqu’une telle réclamation est formulée au titre de la Convention de Genève, les principes du Protocole du Minnesota doivent être pris en compte dans l’enquête. »  Après ces déclarations, Korur-Fincancı a été prise pour cible par des médias proches du pouvoir. Le président Recep Tayyip Erdoğan et le ministre de la Défense nationale de l’époque, Hulusi Akar, ont nié les allégations d’utilisation d’armes chimiques. Par la suite, le 22 octobre 2022, le parquet d’Ankara a ouvert une enquête contre Korur-Fincancı pour « faire de la propagande pour une organisation terroriste » et « insulte à la nation et les institutions de l’État turques ». Elle a été arrêtée le 26 octobre 2022 et arrêtée le 27 octobre 2022 pour « propagande terroriste ». Dans l’acte d’accusation, le procureur a demandé une peine de prison pouvant aller jusqu’à 7 ans et 6 mois contre la professeure Korur-Fincancı pour « faire de la propagande par la presse » (loi antiterroriste 7/2). Après deux mois et demi de détention, la professeure Korur-Fincancı a été libérée le 11 janvier 2023. De plus, le 26 octobre 2022, le parquet d’Ankara a préparé une requête demandant la révocation des membres du Conseil administratif du TTB et l’a envoyée au 31e tribunal civil de première instance d’Ankara. La première audience du procès visant à la révocation du Conseil administratif du TTB pour avoir prétendument « participé à des activités allant au-delà de son objectif » avait eu lieu le 10 janvier 2023.   Bianet

TURQUIE. Un élu kurde condamné à 9 ans de prison

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TURQUIE / KURDISTAN – Adnan Selçuk Mızraklı, un médecin kurde élu maire de Diyarbakir avec un demi-million de voix, vient d’être condamné à plus de 9 ans de prison pour « appartenance à une organisation terroriste ». Le maire destitué de la municipalité métropolitaine de Diyarbakır, Selçuk Mızraklı, a été condamné à plus de 9 ans de prison lors d’un nouveau procès. Mızraklı avait été élu avec 62 % des voix aux élections locales à Diyarbakır (Amed) le 31 mars 2019. Lors de la troisième audience du nouveau procès du maire de la municipalité métropolitaine de Diyarbakır, Adnan Selçuk Mızraklı, qui s’est tenue hier (29 novembre), le 9e tribunal pénal de Diyarbakır a condamné Mızraklı à 9 ans, 4 mois et 15 jours de prison pour « appartenance à une organisation terroriste [PKK] ».  Le tribunal a également statué en faveur du maintien en détention de Mızraklı. La même peine de 9 ans, 4 mois et 15 jours prononcée lors du procès initial a été annulée par la 3ème chambre criminelle de la Cour de cassation. Lors de l’audience d’hier, le 9e tribunal pénal de Diyarbakır a condamné Mızraklı à une peine de 7 ans et 6 mois de prison pour « appartenance à une organisation terroriste » et a augmenté la peine de moitié. Après avoir appliqué une réduction discrétionnaire de la peine de 10 ans et 6 mois de prison, le tribunal l’a condamné à 9 ans, 4 mois et 15 jours de prison. La branche de l’Association des droits de l’homme (IHD) de Diyarbakır a critiqué la nomination continue des administrateurs depuis 2016 dans un communiqué publié aujourd’hui et a rappelé que Mızraklı avait été élu avec 62 % des voix aux élections locales du 31 mars 2019. La déclaration comprenait les points suivants : « Depuis 2016, suite à la nomination injuste des administrateurs des municipalités, les pressions et interventions systématiques contre les Kurdes et les représentants politiques, telles que des arrestations, des détentions et des entraves au droit de s’engager en politique, se poursuivent. Dans un pays où la démocratie, les droits humains et les libertés individuelles ne sont pas garantis, il est impossible de parvenir à la paix sociale. Par conséquent, des mesures doivent être prises pour mettre en œuvre des politiques qui mettront fin au conflit armé et à la violence en cours en Turquie, et les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) et de la Cour constitutionnelle [Anayasa Mahkemesi] doivent être mises en œuvre de toute urgence dans le droit national. La voie vers la démocratisation en Turquie et la minimisation des problèmes liés aux droits humains ne réside pas dans la détention, l’arrestation et l’imposition de lourdes sanctions aux Kurdes et aux représentants politiques ou dans la nomination d’administrateurs des municipalités, mais dans la garantie du droit de vote et d’être élu dans un sens réel. , mettre fin au conflit en cours et rechercher une résolution pacifique et fondée sur le dialogue de la question kurde. »

TURQUIE. Les suicides d’enfants ont augmenté de 40 % ces deux dernières années

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TURQUIE / KURDISTAN – L’Association des Droits de l’Homme (IHD) a annoncé que les suicides des mineurs ont augmenté de 40 % au cours des deux dernières années, ajoutant qu’« en outre, le conflit en cours, les interdictions et les tensions sociétales dans les provinces kurdes sont connus pour contribuer à l’insécurité et au désespoir, entraînant des suicides ». Selon les données de 2022 publiées par l’Institut turc des statistiques (TÜIK) au cours des derniers mois, sur un total de 4 146 cas de suicide, 81 étaient âgés de moins de 15 ans et 410 étaient des enfants âgés de 15 à 19 ans, ce qui indique qu’un total de 491 des enfants ont perdu la vie par suicide en 2022. En 2021, il a été signalé que 71 enfants de moins de 15 ans et 377 enfants âgés de 15 à 19 ans se sont suicidés. La Commission des droits de l’enfant de l’Association des droits de l’homme (İHD), ramenant ces chiffres à l’ordre du jour public, a publié un communiqué de presse exigeant une « enquête sur les suicides d’enfants ».

« Les suicides chez les filles sont plus fréquents dans certaines régions »

Le communiqué de l’IHD indique qu’il a suivi de près et avec inquiétude l’augmentation alarmante des suicides d’enfants et de jeunes à travers la Turquie ces derniers temps. Il indique : « Les données statistiques révèlent une augmentation de 40 % des suicides d’enfants au cours des deux dernières années. Après un examen détaillé de ces données, on observe que les suicides chez les filles sont plus répandus dans certaines régions. » La déclaration souligne la nécessité de donner la priorité aux politiques qui autonomisent les enfants, ajoutant qu’« une jeune fille de 14 ans nommée IA, du district de Cizre, à Şırnak, s’est suicidée à son domicile la semaine dernière. Toujours à Cizre, il a été rapporté que deux sœurs, ZC et ZC, 16 ans, avaient tenté de se suicider en sautant dans le Tigre. La jeune fille de 16 ans a été secourue et emmenée à l’hôpital, tandis que le jeune homme de 17 ans aurait disparu dans la rivière et n’a pas encore été retrouvé. »

« Les suicides d’enfants doivent faire l’objet d’une enquête »

Les déclarations d’İHD incluent les points de vue suivants : *Les suicides d’enfants peuvent se développer en raison des effets néfastes des structures économiques, sociales et culturelles, ainsi que des pressions créées par les environnements de guerre et de conflit, conduisant à des sentiments d’oppression, de siège, de désespoir et d’inutilité. *Dans les suicides d’enfants en Turquie, des facteurs tels que la pauvreté économique, les mariages précoces forcés et les abus sexuels sur les enfants sont connus pour avoir un impact significatif. *En outre, le conflit en cours, les interdictions et les tensions sociétales dans les provinces kurdes sont connus pour contribuer à l’insécurité et au désespoir, entraînant des suicides. *Tous les suicides récents d’enfants, en particulier ceux de Cizre, devraient faire l’objet d’une enquête approfondie. Les politiques favorisant l’autonomisation des enfants devraient être prioritaires en identifiant les raisons économiques, sociales et psychologiques qui poussent les enfants au suicide. *Les suicides d’enfants devraient faire l’objet d’une enquête. Les conventions relatives aux droits de l’enfant doivent être mises en œuvre. Bianet

TURQUIE. Une femme kurde de 81 ans va en prison

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TURQUIE / KURDISTAN – Makbule Özer, condamnée à 2 ans et un mois de prison pour « aide à une organisation terroriste [PKK] » dans la province de Van, avait été libéré en septembre 2022, après que la peine ait été reportée d’un an. Cette femme kurde de 81 ans va être de nouveau incarcérée suite au rapport de l’Institut de médecine légale (ATK) affirmant qu’« elle peut rester en prison ». Selon les informations publiées par l’agence Mezopotamya, dans la lettre envoyée au tribunal par ATK le 11 novembre, il était indiqué que « d’après les documents existants et les résultats de l’examen de Makbule Özer, il est approprié qu’elle reste dans un établissement de type R (réadaptation). » La fille d’Özer, Naime Özer, a déclaré : « Ma mère a reçu un rapport d’invalidité de 61% à l’hôpital (…). Nous avons envoyé ces rapports au parquet. Ensuite, nous avons emmené ma mère en médecine légale. ATK a décidé qu’il était approprié que R reste en prison. Même lorsque nous l’avons emmenée au palais de justice aujourd’hui, nous l’avons emmenée avec sur une chaise roulante. Ma mère est dans une situation où elle ne peut pas subvenir à ses propres besoins en ce moment. L’année dernière, elle pouvait se lever et prendre un verre d’eau, mais maintenant elle ne peut même plus le faire. Nous portons notre mère sur notre dos. Une telle illégalité n’existe pas. Le monde entier a vu dans quelle situation se trouvait ma mère. Nous voulons que cette illégalité prenne fin maintenant. »

IRAN. Exécution d’un Kurde emprisonné pendant 14 ans

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IRAN / ROJHILAT – Ayoub Karimi, un religieux kurde de Mahabad, père de deux enfants, a été exécuté à la prison Ghezel Hesar à Karaj après 14 ans passés en prison. Le mois précédent, Qasim Abeste, un des coaccusés de Karimi, avait été exécuté. À l’heure actuelle, les cinq autres accusés emprisonnés risquent l’exécution. Selon les informations réçues par l’ONG de défense des droits humains HENGAW, Ayoub Karimi a été exécuté le 29 novembre dernier à la prison Ghezel Hesar à Karaj.

Il est à noter que l’exécution d’Ayoub Karimi a eu lieu après l’exécution d’un autre prisonnier religieux, Qasim Abesteh, le 5 novembre 2023, qui a passé 13 ans et neuf mois en prison.

En condamnant avec véhémence l’exécution d’Ayoub Karimi, l’Organisation Hengaw pour les droits de l’homme affirme que ce prisonnier politique a été condamné à mort au terme d’une procédure judiciaire menée par la République islamique d’Iran qui était totalement opaque, injuste et illégale.

Ayoub Karimi, accusé d’implication du meurtre d’Abdul Rahim Tina, aux côtés de Qasim Abeste et de cinq autres activistes religieux kurdes – Dawood Abdullahi, Farhad Salimi, Anwar Khezri, Khosrow Basharat et Kamran Sheikha – a été condamné à mort par la branche 28 du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidé par le juge Moqiseh. Les accusations comprenaient « action contre la sécurité nationale », « propagande contre le régime », « appartenance à des groupes salafistes » et « corruption sur terre ».

Hengaw a récemment publié une vidéo mettant en vedette la mère d’Ayoub Karimi, âgée de 70 ans, implorant le peuple et le système judiciaire de la République islamique d’Iran d’annuler immédiatement la condamnation à mort. Plus tôt, Hengaw avait prévenu de l’exécution imminente d’Ayoub Karimi et de ses cinq coaccusés : Dawood Abdullahi, Farhad Salimi, Anwar Khezri, Khosrow Basharat et Kamran Sheikha.

Ces individus ont été appréhendés par les forces de sécurité le 7 décembre 2009, puis transportés au centre de détention des services de renseignement dans la ville d’Ourmia.

Le procès des sept religieux sunittes kurdes a eu lieu fin mars 2015 et la communication officielle des condamnations a eu lieu le 25 mai 2016. Il est crucial de noter que le verdict initial a été annulé par la 41e branche du Tribunal suprême iranien. tribunal, dirigé par le juge Razini, en 2017. Un appel a ensuite été interjeté auprès de la 15e branche du tribunal révolutionnaire islamique iranien à Téhéran. En juin 2017, Ayoub Karimi et les six autres coaccusés ont été condamnés à mort par la 15e branche du tribunal révolutionnaire islamique iranien de Téhéran, présidée par le juge Abolqasem Salavati, pour « corruption sur terre ».

Sous la pression persistante du département iranien des renseignements à Ourmia, la 41e branche de la Cour suprême iranienne a réaffirmé le verdict susmentionné. Lundi 4 mars 2020, Mahmoud Walizadeh Tabatabai, le conseiller juridique de ces sept prisonniers religieux kurdes, a reçu la notification officielle de cette décision.

Par la suite, le 1er août 2023, ces sept prisonniers religieux kurdes ont été transférés de la prison de Gohardasht à la prison de Ghezel Hesar à Karaj suite à l’évacuation du premier.

Tournage du film « Heval Kekê Min »

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SYRIE / ROJAVA – Le tournage du film « Heval Kekê Min », réalisé par le cinéaste kurde Haşim Aydemir, a commencé. Le scénario du film, produit par la Commune du Film du Rojava, a été écrit par Rêber Habeş.   Le tournage du film « Heval Kekê Min », qui raconte les progrès de la révolution du Rojava, le système communal et coopératif et la réalité sociale reconstruite avec la révolution, a débuté. Le film est réalisé par Haşim Aydemir et écrit par Rêber Habeş. Nadya Derwêş, assistante réalisatrice du film, et Hajîn Ebdurrehman Mihemed, l’actrice principale, ont parlé à l’ANF du film. Nadya Derwêş est originaire de Serêkaniyê et participe à la Commune du Film du Rojava depuis 2015. Elle a travaillé à la fois comme réalisatrice et assistante réalisatrice.
La comédienne Hajîn Ebdurrehman Mihemed et l’assistante réalisatrice Nadya Derwêş
Le miroir de la révolution Nadya Derwêş a déclaré : « Le nouveau système créé ou la vie construite au Rojava se répandra partout comme modèle. Nous l’avons expliqué à la fraternité des peuples du Rojava. Dans un village, les gens vivent de manière communautaire et créent une vie communautaire. Le film couvre la période de libération de la ville de Raqqa après la libération de Tabqa. La lutte des combattants des YPJ-YPG pour libérer la ville et la relation des combattants avec le public sont également mises en avant. La réalité de la société et des combattants se révèle. Le film mettait l’accent sur le type de système que les combattants et le peuple avaient créé ensemble. Plus important encore, le film montre que ces combattants font partie de ce peuple, ils en sont les enfants, les frères, les sœurs, les frères. La révolution du Rojava est racontée à travers plusieurs sujets entrelacés. Bien sûr, l’histoire est comme une goutte d’eau au bord de la mer. » Les attaques n’ont pas pu arrêter l’art Derwêş a souligné qu’en plus des problèmes causés par les conditions météorologiques, les attaques de l’État turc constituent un gros problème, mais ils ne considèrent aucune d’entre elles comme un obstacle et a poursuivi : « Elles ne seront jamais un obstacle. Nous menons des activités cinématographiques ou artistiques au sein de la révolution, et ces attaques ne peuvent pas arrêter notre art. Dans nos projets précédents, la question la plus difficile était de jouer. Nous sommes confrontés à la réalité d’un peuple dépourvu d’activités culturelles et artistiques. Un peuple qui ne pouvait pas créer de l’art avec sa propre couleur, sa propre culture, son identité et sa langue, et qui ne participait pas à l’art. Pour la première fois, nous créons l’art de la révolution avec notre propre peuple, nos moyens et notre expérience au sein de la révolution. Il y a donc des lacunes. En particulier, l’expérience de nos acteurs est inférieure à la durée de vie de la révolution. Les acteurs qui jouent dans des films, des séries télévisées et des théâtres sont pour la plupart des acteurs amateurs plutôt que des professionnels impliqués dans des activités artistiques depuis de nombreuses années. La phase actuelle présente des lacunes, mais les résultats obtenus sont précieux. Nous repartons de zéro avec des ressources limitées dans un environnement de guerre. Au fil du temps, nous aurons un art qui deviendra plus spécialisé. Nous avons des amis experts du film Heval Kekê Min. Nous avons aussi des amis qui viennent de commencer à jouer. Nous apprenons à nouveau, nous enseignons à nouveau. » Travailler dans un esprit collectif Nadya Derwêş a déclaré que le scénario était en fait prêt il y a un an et demi et a ajouté : « Nous avons commencé les préparatifs pendant trois mois avec l’équipe technique, les acteurs, etc., compte tenu des circonstances. Certains acteurs jouaient dans la série télévisée Evîna Kurd, et d’autres travaillaient dans différentes séries télévisées et films. Les préparatifs de production et de décoration nous ont pris beaucoup de temps. Une nouvelle maison a été construite pour créer un environnement propice au tournage. Le tournage a commencé au début de ce mois. Nous avons besoin de conditions météorologiques adaptées pour le tournage. Parfois, nous prenons une image plus d’une fois jusqu’à ce que nous obtenions ce que nous voulons. Il y a des perturbations en fonction des conditions météorologiques, mais nous avons atteint un certain niveau jusqu’à présent. Nos acteurs se sont adaptés à leurs rôles. Notre plus jeune acteur a 13 ans et joue le rôle principal dans le film. Même si c’était la première fois qu’elle jouait dans un film, elle s’est rapidement adaptée à son rôle et a pu entrer dans l’atmosphère du film. En équipe, nous poursuivons notre travail dans un esprit collectif. » Le cinéma est recréé au Rojava Derwêş, impliqué dans les activités culturelles, notamment le cinéma, depuis 2015, a déclaré : « C’est un plaisir de participer à des activités culturelles dans la révolution, je considère cela comme une grande chance. Le cinéma est en train d’être recréé au Rojava. J’ai appris le cinéma et nous apprenons à connaître notre culture en nous mêlant aux gens à travers les films. De plus, communiquer avec les gens, apprendre à les connaître étroitement et socialiser est la chose la plus importante. Le cinéma me permet de m’intégrer aux gens et de socialiser. Même si je laisse de côté les aspects techniques et artistiques, apprendre de nouvelles choses auprès des gens et les connaître directement m’aide à me rapprocher de l’art. » Soulignant que la construction de la révolution et la guerre étaient des expériences étroitement liées, Nadya Derwêş a ajouté : « Notre insistance et notre résistance sont de créer de l’art à partir des cendres dans un tel environnement. Les fictions de nos films, séries télévisées et pièces de théâtre sont tissées de vérité et font partie de ces expériences. Tourner dans un tel environnement nous donne de la force. La résistance, la liberté et la lutte sont décrites. Le fait que nous travaillions sans interruption ou que les décors ne s’arrêtent pas est la preuve de notre résistance et de notre lutte malgré la guerre. Nous tirons notre force du fait que le peuple s’approprie des films qui dépeignent sa langue, sa culture, son identité et son existence. Au début, les gens étaient contents de dire que nous aurons aussi des films. Même si nous n’avons pas de salles de cinéma, nous nous réunissons, des enfants aux adultes, et nous regardons ensemble sur grand écran. Quoi de plus stimulant que cela ? Nous maintenons toujours notre enthousiasme initial. J’espère que nous créerons des œuvres plus réussies qui plairont à nos collaborateurs. » Je me suis adaptée en peu de temps Hajîn Ebdurrehman Mihemed est originaire de Qamishlo et est une actrice de 13 ans. Elle incarne le personnage principal Nûjin dans Heval Kekê Min. Elle a déclaré qu’elle avait travaillé dans le théâtre avant de se tourner vers le cinéma et a ajouté : « J’ai joué trois pièces de théâtre. J’ai gagné le prix du meilleur acteur de théâtre. Actuellement, je suis l’actrice principale du film Heval Kekê Min. La transition du théâtre au cinéma a eu ses difficultés. Alors que le théâtre propose une gamme de plans plus large, dans le film, il y a des plans qui entrent dans les détails. Il y a eu des difficultés dans cet aspect, mais je me suis adapté à mon rôle en peu de temps. J’interprète le personnage de Nûjin. A la naissance de Nûjin, son frère aîné rejoint la guérilla et elle n’a pas eu l’occasion de le connaître. Elle rencontre un guérillero nommé Baran et pense qu’il est son frère. Alors le film continue… » Hajîn a déclaré qu’il devrait y avoir davantage de films illustrant la résistance et la lutte du peuple kurde au Rojava, la révolution du Rojava et la fraternité du peuple.

ROJAVA. Plantation de 1 200 pins dans la campagne de Qamishlo

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SYRIE / ROJAVA – Les organisations civiles et les autorités kurdes du Rojava continuent leurs projets de reboisement de la région dans le cadre de leurs politiques écologiques. Depuis 26 novembre, le Conseil environnemental de la région de Cizre, la municipalité populaire de Qamishlo et des organisations de la société civile plantent 1200 pins sur l’ancienne zone de déchets Rodîko dans le village de Navkur afin de l’assainir. L’opération de reboisement devrait durer 4 jours. Avant cette nouvelle action, 3 500 arbres ont été plantés par les étudiants de l’Université du Rojava. Aujourd’hui, 1 200 pins supplémentaires ont été plantés. Il s’agit ainsi de verdir la région et de la rendre accessible à la population. En 2021, la municipalité populaire a nettoyé cette zone, qui était à l’origine d’une pollution environnementale. Des ouvriers ont été embauchés pour protéger la zone où un total de 4 700 arbres seront plantés.