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Syrie : Le fédéralisme affaiblit-il vraiment l’État ?

SYRIE / ROJAVA – « Je souhaite que les peuples de la région continuent à creuser leur propre chemin et que les États qui veulent rester centralisés continuent à creuser leur propre tombe », Chris den Hond.
 
Dans sa réponse à Samir Aita, Chris den Hond défend le projet d’autonomie kurde en Syrie. Il conteste l’idée que le fédéralisme affaiblirait nécessairement l’État syrien et l’exposerait aux ingérences étrangères.
 
Voici les points principaux de l’article de Chris den Hond publié sur le site Contre Temps :
 
Un État très centralisé comme la Syrie actuelle d’Ahmed al-Charaa est au contraire plus vulnérable : Israël occupe davantage de territoire et la Turquie exerce une influence massive au cœur du pouvoir à Damas.
 
La décentralisation administrative ambitieuse défendue par Aita, dès lors qu’elle inclut éducation en langue maternelle, culture, police locale et levée partielle d’impôts, rejoint de fait le fédéralisme ou l’autonomie régionale.
 
Fédéralisme, autonomie, décentralisation ou régionalisation sont des notions très proches ; elles diffèrent surtout par le degré de pouvoirs transférés aux régions. Les domaines régaliens (armée, affaires étrangères, frontières) restent généralement nationaux.
 
Les exemples d’États fédéraux ou fortement décentralisés (Allemagne, Espagne, Belgique, Irak…) montrent qu’ils renforcent souvent le « vivre ensemble » et limitent les tentations séparatistes, contrairement aux États centralisés autoritaires.
 
Les Kurdes syriens (FDS/AANES) ont pratiqué pendant dix ans un fédéralisme territorial (basé sur le droit du sol, pas ethnique), réduisant fortement les tensions intercommunautaires. Ils ont obtenu de facto une autonomie régionale (brigades autonomes, institutions locales, éducation en kurde) même sans le nom officiel.
 
En conclusion, Den Hond déclare qu’un fédéralisme territorial est préférable à un centralisme qui mène souvent à l’oppression et à l’ingérence. Il invite les peuples de la région à tracer leur propre voie plutôt que de copier des modèles centralisateurs qui ont échoué.