TURQUIE. DEM parti dévoile ses candidats aux postes de co-maire de nombreuses villes, dont Istanbul et Ankara

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TURQUIE / KURDISTAN – La porte-parole du parti DEM, Ayşegül Doğan, a dévoilé les candidats de son parti pour les élections municipales de 31 mars 2023. Outres les villes kurdes, DEM parti présentera des candidats dans les grandes villes turques où il y a une forte population kurde. Le porte-parole du Parti de l’égalité du peuple et de la démocratie (Parti DEM), Ayşegül Doğan, s’est adressé aux journalistes lors d’une conférence de presse au siège du parti concernant le programme des élections locales. Doğan a annoncé les candidats aux postes de co-maire de nombreuses villes, dont Istanbul et Ankara. Faisant référence à la « Grande Marche pour la Liberté » par le mouvement politique kurde, Doğan a déclaré : « Je viens vers vous avec la poussière de mes pieds depuis Cizre. La Marche de la Liberté se poursuit depuis 9 jours maintenant, s’arrêtant dans de nouvelles stations. La Marche pour la liberté se poursuivra jusqu’au 15 février avec des revendications pour l’égalité, la liberté, la justice et la paix. Je salue les marcheurs. L’isolement n’existe pas seulement dans les prisons mais dans nombre de nos vies. Notre droit d’opposition, notre rébellion, notre liberté d’expression sont assiégées. C’est pourquoi l’isolement (…) tient la Turquie en otage. » Doğan a ensuite dévoilé les noms des candidats du DEM parti aux postes de co-maires de 40 provinces et 16 municipalités métropolitaines. Après avoir annoncé les candidats, Doğan a déclaré : « Nous sommes un mouvement politique trop fort et trop expérimenté pour nous laisser imposer l’option de gagner ou de perdre. Notre décision n’est ni un geste ni un défi. Nous présentons tout de manière transparente. Nous ne luttons pas pour un parti pour se sentir puissant, mais pour que les peuples vivent de manière plus forte et plus pacifique. » Les candidats du DEM pour les provinces et municipalités métropolitaines annoncées par Doğan sont: Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine d’Istanbul  Meral Danış Beştaş – Murat Çepni Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Diyarbakır Ayşe Serra Bucak Küçük – Doğan Hatun Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Mardin Devrim Demir – Ahmet Türk Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Van Neslihan Sedal – Abdullah Zeydan Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Bursa Kasım Yıldırım – Bilmez Erboğa Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine d’Antalya Kemal Bülbül – Nesibe Bahadır Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine d’Eskişehir Gamze Toprak – Suat Basaraner Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Denizli Cevahir Kayar – Hanifi Yıldırım Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Sakarya Engin Güleser – Emine Melis Tantan Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Konya Gülbahar Gündüz – Bülent Kılıç Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Samsun İnci Aydın – Hasan İlten Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine d’Ordu Zeynep Toptaş Yılmaz – Necmettin Durmuş Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Trabzon Leyla Üzüm – Samedin Gündoğan Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Kayseri Remziye Erener – İhsan Sarıyar Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Kahramanmaraş Fatma Sikyürek – Ali Ardic Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Malatya Sevim Şimşek Bayram – Abdulvahap Ekim Candidats à la co-maire de la municipalité d’Ağrı Hazal Aras – Memet Akkus Candidats à la co-maire de la municipalité de Batman Gülüstan Sönük – Mehdi Öztüzün Candidats à la co-maire de la municipalité de Bitlis Sümeye Kızıltepe – Enver Barin Candidats à la co-maire de la municipalité de Hakkari Viyan Tekce – Mehmet Sıddık Akış Candidats à la co-maire de la municipalité d’Iğdır Nejla Kum – Mehmet Nuri Güneş Candidats à la co-maire de la municipalité de Kars Arzu Savaş Derman – Kenan Karahancı Candidats à la co-maire de la municipalité de Siirt Safiye Alağaş – Mehmet Kaysi Candidats à la co-maire de la municipalité de Bolu Birsen Baş – Veli Saçılık Candidats à la co-maire de la municipalité de Yalova Songül Hacıoğlu Dağ – Cengiz Topbaşlı Candidats à la co-maire de la municipalité de Çanakkale Canan Aytaç – Çetin Avci Candidats à la co-maire de la municipalité de Sivas Semiha Sahin – Cemal Pir Candidats à la co-maire de la municipalité d’Erzincan Elmast Tolmaç – Birhat Onuk Candidats à la co-maire de la municipalité d’Uşak Azize Karadağ – Ahmet Ak Candidats à la co-maire de la municipalité d’Artvin Fatma Biçer – Levent Serhan Candidats à la co-maire de la municipalité d’Edirne Aylin Hacaloğlu – Mevlüt Aykoç Candidats à la co-maire de la municipalité de Giresun Feride Kızgit – Ümit Bozan Candidats à la co-maire de la municipalité de Kırıkkale Sehmiran Güneş – Razi Taşkın Candidats à la co-maire de la municipalité de Kırklareli Arzu Fırat – Adnan Aydın Candidats à la co-maire de la municipalité de Kırşehir Kadriye Turan – Cemil Akkaş Candidats à la co-maire de la municipalité de Yozgat Merve Eylül Bütün – Bager Aşkın Candidats à la co-maire de la municipalité de Zonguldak Çağla Özgençtürk – İbrahim Nebioğlu Candidats à la co-maire de la municipalité de Tokat Dilber Demir – Reşat Yildiz Candidats à la co-maire de la municipalité de Sinop Filiz Yalçın – Erol Aydemir Candidats à la co-maire de la municipalité de Rize Nurettin Aydin – Semanur Akar Candidats à la co-maire de la municipalité de Niğde Basak Caner Aktaş – Hacı Zırığ Candidats à la co-maire de la municipalité de Nevşehir Helin Elif Geyik – Erdem Eren Bektas Candidats à la co-maire de la municipalité de Kütahya Sibel Temel – Hakan Etemoğlu Candidats à la co-maire de la municipalité de Kastamonu Hatice Uçar – Yakup Akyol Candidats à la co-maire de la municipalité de Gümüşhane Gülşen Işık – Abdulsamed Gültekin Candidats à la co-maire de la municipalité de Çankırı Azize Akoğlu – Veysel Yıldırım Candidats à la co-maire de la municipalité de Burdur Fatma Arslan – Tamer Kaş Candidats à la co-maire de la municipalité de Bayburt Tülay Kilinç – Recep Özmen Candidats à la co-maire de la municipalité de Bartın Leyla Danış – Kemal Eroğlu Candidats à la co-maire de la municipalité de Bilecik Züleyha Çengel – Ömer Ege Candidats à la co-maire de la municipalité de Karabük Emine Kaya – Adnan Aksu Candidats à la co-maire de la municipalité d’Isparta Meral Karakuş – Nizam Aktepe Candidats à la co-maire de la municipalité d’Afyonkarahisar Zehra Yalçın – Sezer Erikli Candidats à la co-maire de la municipalité d’Amasya Güvercin Unaldi – Reşit Güneç Candidats à la co-maire de la municipalité de Düzce Ayfer Fatma Çelik – Zabit Vurdu Candidats à la co-maire de la municipalité d’Aksaray Hanife Gedik Baser – Azad Demirağ Candidats à la co-maire de la municipalité d’Akdeniz Hoşyar Sarıyıldız – Nuriye Arslan Candidats à la co-maire de la municipalité de Cihanbeyli Eylül Yaylacı – Hasan Ateşci Candidats à la co-maire de la municipalité de Kulu Ayşe Özdemir – Bekir Karakurt

TURQUIE. Istanbul peut-elle avoir une maire kurde-alévie?

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TURQUIE – La députée du Parti de l’égalité du peuple et de la démocratie (DEM), Meral Danış Beştaş est la candidate du DEM pour la municipalité métropolitaine d’Istanbul aux élections locales du 31 mars prochain. La porte-parole du parti DEM, Ayşegül Doğan, a annoncé les candidats à la mairie pour Istanbul. Doğan a annoncé que Meral Danış Beştaş et Murat Çepni étaient les candidats (selon le système de co-maires une femme, un homme) pour Istanbul, déclarant : « Notre décision n’est pas un geste pour certains et un défi pour d’autres ». Meral Danış Beştaş, née en 1967 à Mazıdağı, Mardin, est diplômée de la Faculté de droit de l’Université Dicle en 1990. Elle a travaillé comme avocate indépendante affiliée au Barreau de Diyarbakır, où elle a également occupé diverses fonctions au sein de l’administration du barreau. Elle s’est spécialisée dans les questions de droits des femmes et de droits humains et a représenté des clients dans des cas de violations des droits de l’homme portés devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Elle a occupé des postes au sein de l’Association des droits humains (İHD). La femme politique kurde de confession alévie a notamment été l’avocate du requérant lors de la première condamnation pour violence domestique en Turquie, connue sous le nom d’affaire Opuz. Beştaş a été co-vice-présidente du Parti Paix et Démocratie (BDP) et membre de sa commission juridique. Elle a été élue députée d’Adana aux 25e et 26e mandats, et de Siirt au 27e mandat. Elle a occupé les postes de co-porte-parole et co-présidente de la Commission juridique et des droits de l’homme au sein du Parti démocratique des peuples (HDP). Elle a rempli le rôle de membre de la Commission de conciliation constitutionnelle établie au sein de la Grande Assemblée nationale turque (TBMM). De plus, elle a été membre du comité constitutionnel, du comité d’examen des droits de l’homme et vice-présidente du sous-comité des droits de l’enfant. Elle a également été vice-présidente du groupe parlementaire du HDP.

HRW: Les frappes turques font des ravages dans le nord-est de la Syrie

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Depuis plusieurs mois, la Turquie bombarde régulièrement les infrasutructes vitales du Rojava, mettant en danger la survie des populations civiles dans la région autonome dirigée par une aliance arabo-kurde. Dans un rapport daté de 9 février 2024, Human Rights Watch a qualifié les attaques de l’occupation turque contre les infrastructures dans le nord-est de la Syrie de crimes de guerre interdits par les lois internationales. Le rapport de Human Rights Watch (HRW) indique qu’à la fin octobre 2023, les bombardements turcs dans le nord-est de la Syrie ont entraîné des coupures d’eau et d’électricité pour des millions de personnes, et qu’en décembre et janvier, ils ont intensifié leurs frappes pour inclure les installations médicales et les routes vitales utilisées par les secouristes. L’organisation a qualifié de crime de guerre les attaques causant des dommages disproportionnés aux civils et aux biens civils ainsi que le ciblage délibéré d’infrastructures civiles, tous interdits par le droit international. Hiba Zayadin, responsable de HRW pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, a conclu l’article en déclarant qu’« Alors que la crise dans le nord-est de la Syrie s’intensifie, des mesures sont nécessaires pour atténuer les impacts humanitaires sur la population civile. La Turquie devrait immédiatement cesser de cibler les infrastructures civiles critiques, respecter le droit international humanitaire et demander des comptes aux responsables de violations graves. Tous les pays doivent s’attaquer au sort des populations de la région, même si d’autres conflits font la une des journaux. » d

Conférence « La Turquie et la nouvelle réalité kurde : défis, alternatives et solutions »

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SUEDE – Une conférence intitulée « La Turquie et la nouvelle réalité kurde : défis, alternatives et solutions » se tiendra demain samedi à 13 heures à l’Université d’Uppsala, le plus ancien établissement d’enseignement de Suède. La conférence est organisée par l’Institut kurde de Stockholm avec le soutien de l’ABF, l’une des principales institutions culturelles suédoises. Le programme de la conférence, composé de deux sessions, est le suivant : Première partie: La relation entre la démocratisation de la Turquie et la question kurde Necmettin Türk / Doctorant, Département de géographie politique de l’Université de Hambourg Isolement catégorique et régime de l’île d’İmralı [où est emprisonné Abdullah Ocalan] Cüneyt Caniş / Avocat en droits humains Les politiques de fermeture des partis de l’État turc comme tradition stratégique Eda Düzgün / Co-porte-parole du Parti Démocrate Europe Crimé écologique [écocide] au Kurdistan Pınar Dinç / Maître de conférences à l’Université de Lund Deuxième partie: Source du Manifeste pour « Jin Jian azadî » (slogan kurde signifiant « femme, vie, liberté » et qui est devenu le slogan de ralliement du mouvement Jina en Iran)  Lena Wilderbach / Membre du Centre Européen de Jinéologie Criminalisation de la diaspora kurde et processus suédois de l’OTAN Miran Kakaee / Avocat spécialisé en droit de l’immigration Similitudes entre le Kurdistan et la Palestine et la vision de la Turquie dans la région Barzoo Elliasi / Professeur agrégé de sociologie à l’Université Linnaeus Adresse : Salle de conférence SAL IV de l’Université d’Uppsala, Biskopsgatan 3, 753 10, Uppsala

Selahattin Demirtaş: La question kurde est notre priorité

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TURQUIE – Selahattin Demirtas, ancien coprésident du parti HDP emprisonné depuis 2016 et encourant jusqu’à 142 ans de prison, a fait publié aujourd’hui une série de tweets via ses avocats au sujet des spéculations entourant la candidature de son épouse Başak Demirtaş sous l’étiquète du parti DEM pour la mairie d’Istanbul qui fut finalement abandonnée. L’homme politique kurde a déclaré que la candidature de Başak Demirtaş « vise à rendre visible la politique de la troisième voie du parti DEM », ajoutant que « la question kurde et le grave problème de la démocratie et de la justice en Turquie sont notre priorité. Nous parlerons à tous ceux qui veulent parler pour résoudre ces problèmes. » Selahattin Demirtaş, ancien coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP), détenu à la prison de type F à Edirne, a écrit un article sur la décision concernant la candidature de Başak Demirtaş à Istanbul et les allégations formulées par certains milieux après qu’elle ait annoncé ne pas être candidate. Selahattin Demirtaş a conclu son article ainsi:  
« La question kurde, le grave problème de la démocratie et de la justice en Turquie et les problèmes économiques sont nos priorités. Nous parlons à tous ceux qui veulent parler de la résolution de ces problèmes, et si nous voyons du sérieux et de la sincérité, nous faisons deux pas pour un. Nous ne demandons la permission ou l’autorisation de personne pour cela. Nous n’aurons jamais à rendre des comptes, surtout envers ceux qui se battent pour un siège. Le parti DEM devrait également agir avec cette confiance en soi, rencontrer la principale opposition et tous les autres partis, y compris le parti au pouvoir, s’il le peut, et faire des compromis s’il le peut dans le cadre des principes et pour le développement de la démocratie. Pour nous, le 1er avril et ses conséquences sont plus importants que les élections du 31 mars.
Ceux qui attachent une grande importance aux élections du 31 mars devraient également aborder avec sérieux notre quête de démocratie, de justice et de paix. Le CHP ne devrait pas considérer l’enjeu uniquement comme le 31 mars, mais devrait attacher de l’importance à une alliance à long terme dans la lutte pour la démocratie. L’AKP, en revanche, devrait considérer quatre années sans élections comme une opportunité de revenir à la démocratie. Le parti DEM doit pouvoir négocier avec tous les partis, y compris les deux partis, et rechercher un compromis avec quiconque adhère à ces principes. 
Ces aspects de la candidature de Başak Demirtaş n’auront pas été correctement évalués par les acteurs politiques extérieurs au parti DEM. Pour cette raison, il est entendu que nous participerons à une course électorale avec d’autres amis précieux. Cependant, nous nous préoccupons de cette démarche politique en faveur de la paix sociale plutôt que des élections.
Il n’est donc jamais trop tard pour le dialogue et la négociation en vue du développement de la paix sociale et de la démocratie ; Toutes les parties doivent pouvoir se parler. Chacun devrait réévaluer la question dans cette perspective et avec sérénité. Nous servons la démocratie, la liberté et la paix. Les prix que nous payons ne servent à rien d’autre. Et je crois que nous gagnerons ces valeurs et les mettrons en œuvre. Nous avons la volonté, la force et la détermination pour cela. »

TURQUIE. « Les mères du samedi sont sous surveillance »

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ISTANBUL – L’Association d’études sur la vérité, la justice et la mémoire (Centre de mémoire), l’Association d’études sur les médias et le droit (MLSA), la Fondation turque des droits de l’homme (TİHV) et Amnesty International ont rendu public leur rapport d’observation sur la 984ème rassemblement hebdomadaire des Mères du samedi, qui a eu lieu lieu le 3 février 2024. Elles dénoncent toutes la surveillance policière des membres du collectif des Mères du Samedi. Des mères/personnes du Samedi ont été empêchées et arrêtées par la police alors qu’elles tentaient de se rendre sur la place Galatasaray pour la 941e semaine de réunion du 8 avril 2023, pour la première fois après l’arrêt « Maside Ocak » de la Cour constitutionnelle. Depuis cette semaine, les Mères/Peuples du samedi, qui tentaient de se rendre sur la place Galatasaray pour manifester pacifiquement tous les samedis sauf le samedi 13 mai, n’ont pas été arrêtées pour la première fois, bien qu’elles aient été bloquées en étant encerclées par la sécurité au la 971e réunion de la semaine le 4 novembre 2023. À partir de la 972e semaine de la veillée du 11 novembre 2023, les mères du samedi sont autorisées à lire les communiqués de presse sur la place Galatasaray à condition que le nombre de personnes soit limité à 10 personnes. Les mères du samedi ont déclaré lors de la 984e veillée tenue sur la place Galatasaray: « Tout d’abord, malgré les décisions de la Cour constitutionnelle concernant Maside Ocak Kışlakçı et Gülseren Yoleri, les barrières autour de la place Galatasaray n’ont pas été ouvertes et les mères/personnes du samedi ont donc été empêchées de faire une déclaration à la presse devant le monument où elles faisaient leurs déclarations. déclarations depuis 1995. Il a été observé que les mères/personnes du samedi étaient gardées sous surveillance lors du communiqué de presse. Présence policière dans la rue où se trouve la branche de l’IHD à Istanbul, limitant à 10 le nombre de personnes pouvant assister au communiqué de presse sur la place Galatasaray, vérifiant si la limite de nombre est respectée tout au long de la réunion et enregistrant et photographiant la déclaration par plus d’une personne est l’un des indicateurs les plus importants que la veillée [des Mères du Samedi] est restreinte par les forces de l’ordre. » Depuis plus de 28 ans, les mères du samedi s’arment d’œillets contre la police turque Le samedi 27 mai 1995, les Mères du Samedi (en kurde: Dayikên Şemiyê, en turc: Cumartesi Anneleri) descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus. Les « mères du samedi » reproche l’État turc de ne pas avoir enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques. Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres (de journalistes, syndicalistes, médecins, enseignants, enfants ou simples paysans) par l’État ont été signalés dans les régions kurdes de Turquie. Le 25 août 2018, les autorités turques ont annoncé que le gouvernement avait interdit la réunion. Suite à cette annonce, lors de leur 700ème manifestation pacifique, les mères de samedi ont subi des violences policières et plusieurs des participants ont été arrêtés, dont Emine Ocak, une mère de plus de 80 ans. Par la suite, la cour constitutionnelle turque a déclaré que la police avait violé le droit de manifester des Mères du Samedi, en les arrêtant, mais la police d’Erdogan avait refusé de se conformer aux lois de son propre pays. Le 5 mai 2023, la commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe dénonçait les violations des droits en Turquie, en attirant l’attention sur les violences subies par les Mères du Samedi : « Les autorités ne respectent toujours pas le droit à la liberté de réunion pacifique des « Mères du samedi » et des autres personnes qui manifestent ce jour-là pour demander que la lumière soit faite sur la disparition de leurs proches, alors que la Cour constitutionnelle turque a déjà conclu deux fois à la violation de leur droit de manifester. Les membres de ce groupe font même l’objet d’une procédure pénale, engagée tout récemment, pour avoir exercé ce droit. La manière dont sont traitées les « Mères du samedi » est une illustration supplémentaire des risques inhérents à un contexte dans lequel les droits humains ne sont pas protégés de manière effective. »

TURQUIE. Des prisonniers politiques kurdes en grève de la faim depuis 75 jours

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TURQUIE / KURDISTAN – Des milliers de prisonniers politiques kurdes sont en grève de la faim depuis 75 jours et ne sont pas prêts de l’arrêter tant que leurs revendications ne sont pas satisfaites par les autorités turques: fin de l’isolement carcéral sur l’île d’Imrali et une solution politique à la question kurde. La grève de la faim lancée par les prisonniers politiques exigeant la liberté physique du leader kurde Abdullah Öcalan est entrée dans son 75ème jour. Öcalan est maintenu en isolement absolu dans la prison fermée de haute sécurité de type F d’Imralı depuis 1999. Les prisonniers en grève de la faim exigent également une solution politique à la question kurde. Abdullah Öcalan, Ömer Hayri Konar, Veysi Aktaş et Hamili Yıldırım, détenus à İmralı, n’ont pas été autorisés à rencontrer leurs familles et leurs avocats depuis 35 mois. Afin de mettre fin à l’isolement à İmralı et garantir la liberté physique d’Abdullah Öcalan, la campagne « Liberté pour Abdullah Öcalan, solution pour le Kurdistan » a été lancée le 10 octobre 2023 avec des conférences de presse simultanées réalisées dans 74 villes du monde. Le 27 novembre 2023, des militants des prisons turques de Turquie et du nord du Kurdistan ont entamé une grève de la faim. La grève prendra fin le 15 février prochain. Alors que 75 jours se sont écoulés depuis la grève, les autorités turques continuent d’ignorer les revendications des grévistes. Différentes régions du Kurdistan et du monde sont témoins quotidiennement de nombreuses activités, soutenant les grévistes de la faim et dénonçant la politique de l’État d’occupation turc envers les grévistes et Abdullah Ocalan, tout en critiquant le silence de la communauté internationale et des ONG internationales de défense des droits humains.

Un sénateur américain propose une résolution pour bloquer la vente d’avions de guerre à la Turquie

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Le sénateur américain Rand Paul a dirigé les efforts visant à arrêter la vente de F-16 à la Turquie dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes, en présentant une résolution commune au Sénat pour bloquer la vente proposée. Une résolution commune désapprouvant un projet de vente militaire étrangère au gouvernement turc a été présentée au Sénat par le sénateur américain Rand Paul. La résolution, présentée lundi, vise à arrêter la vente d’avions de combat F-16 à la Turquie.
La vente, longtemps retardée, de 40 nouveaux avions de combat F-16 à la Turquie, ainsi que d’une gamme d’autres équipements de défense, pour 23 milliards de dollars, a été avancée par le gouvernement américain le 26 janvier. Cette décision fait suite à la ratification par Ankara de l’adhésion de la Suède à l’OTAN. Cependant, dans un contexte d’inquiétudes persistantes concernant les opérations militaires turques, en particulier dans les zones à population kurde d’Irak et de Syrie, la vente est soumise à l’approbation du Congrès américain. La résolution commune a été renvoyée à la commission des affaires étrangères pour un examen plus approfondi. Son introduction, particulièrement à la lumière des tensions géopolitiques et des préoccupations en matière de droits de l’homme, souligne le débat en cours sur les ventes d’armes et les décisions de politique étrangère des États-Unis. Dans l’attente d’un examen et d’une éventuelle action du Sénat et de la Chambre des représentants, l’issue de la résolution reste incertaine.

TURQUIE. Arrestation d’une journaliste kurde à Kocaeli

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TURQUIE  – Kibriye Evren, journaliste à l’agence féminin kurde JINNEWS, a été arrêtée ce matin à son domicile de Kocaeli pour des accusations de « terrorisme ». Elle avait déjà été emprisonnée en 2018. Suite à la perquisition à son domicile, Kibriye Evren a été emmenée à l’unité antiterroriste de la police de Kocaeli. Evren est soumise à une restriction de 24 heures pour rencontrer un avocat. Dans le cadre de l’enquête ordonnée par le parquet général de Diyarbakır, Kibriye Evren, journaliste à JinNews, qui faisait partie des 142 personnes, dont des journalistes et des hommes politiques, arrêtées le 9 octobre 2018, a été libérée le 12 novembre 2019, lors de la huitième audience du procès. Evren faisait face à des accusations « d’appartenance à une organisation terroriste [PKK] » et de « propagande », citant ses activités professionnelles et ses publications sur les réseaux sociaux. Elle risquait une peine de prison de près de 20 ans.

En Turquie, il y a entre 34 et 35 millions d’armes à feu en circulation

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TURQUIE – En Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays, il y a entre 34 et 35 millions d’armes à feu en circulation, dont 30 millions ne sont pas enregistrées. Cette folie d’armement individuel à l’américaine inquiète les associations et les défenseurs des droits humains, car, qui dit arme à feu, dit menaces d’attaques armées, comme on l’a vu deux fois de suite à Istanbul récemment. Le six février dernier, deux individus ont attaqué un commissariat d’Istanbul/Caglayan. L’attaque revendiquée par l’organisation marxiste-léniniste DHKP-C a fait 3 morts. Le 28 janvier dernier, une autre attaque terroriste a été mené contre l’église Santa Maria d’Istanbul/Sariyer pendant la messe dominicale. Une personne a été tuée lors de l’attaque revendiquée par l’Etat islamique. Ayşe Düzkan, militante féministe et écrivaine, dénonce cette folie de l’armement individuel et ses conséquences dramatiques tandis que le pourvoir en place semble fermer les yeux sur ces armes à feu entre les mains des civils. Selon la fondation Umut (Espoir), qui lutte contre l’armement individuel, les personnes résidant en Turquie possèdent entre 34 et 35 millions d’armes, dont 30 millions ne sont pas enregistrées et arriveraient dans le pays illégalement. Aux États-Unis, il existe un cercle vicieux établi selon lequel les armes à feu sont présentes dans tous les ménages à partir d’un certain niveau de revenu, en fonction de « problèmes de sécurité », et toutes ces armes à feu constituent une menace pour les autres ménages. Des signes suggèrent que la Turquie suit une trajectoire similaire, à la suite des événements de la semaine dernière. La généralisation de l’armement individuel et son encouragement sont une réalité depuis longtemps, et nous avons eu de longues discussions sur la manière dont cela pourrait conduire à des résultats critiques en période de chaos politique.   La tolérance à l’égard de la violence masculine a fini par conduire les hommes à être également violents envers d’autres hommes, et des facteurs aggravants tels que le désespoir né de la crise économique signifient désormais que les armes individuelles sont devenues une grande menace pour la société.   Un autre aspect de la généralisation de la possession d’armes est qu’elle facilite les opérations des ennemis d’organisations hostiles au peuple telles que l’État islamique (DAECH/ISIS). Dans un environnement de nouvelles constantes de violence, leurs actions peuvent être facilement ignorées. Exemple concret : l’attaque contre l’église Santa Maria, dans le quartier de Sarıyer à Istanbul, n’a pas retenu l’attention méritée.   Nous vivons dans un pays où l’animosité contre les chrétiens et les juifs est profondément enracinée. Cette animosité peut facilement être modelée et instrumentalisée. Souvenez-vous des événements de 2006 et 2007, lorsque le journaliste arménien Hrant Dink a été assassiné à Istanbul, le prêtre catholique Andrea Santoro à Trabzon et trois missionnaires de la maison d’édition Zirve à Malatya.   Parmi ces personnes dont la seule caractéristique commune était leur foi chrétienne, seul Dink a reçu l’attention qu’il méritait, aidé par le fait qu’il était un journaliste renommé impliqué dans la lutte pour la démocratie en Turquie. Après l’attaque de la semaine dernière contre Santa Maria, une autre église italienne, les autorités ont déduit que la prochaine cible était Sant Antuan, avenue Istiklal, une paroisse levantine désormais dirigée par des prêtres catholiques italiens et qui attire de nombreux visiteurs non-chrétiens.   Une réactivation de l’EI, notamment par des attaques contre les chrétiens et leurs lieux de culte en guise de démonstration de puissance, pourrait même être un motif de célébration parmi la population turque empoisonnée par le racisme et contrainte à l’ignorance au point de confondre juifs et chrétiens et d’associer alors les ce dernier avec Israël. Ceux qui transportent des navires d’aide vers Israël sont en sécurité dans cette société, tandis que quiconque n’est pas musulman sunnite vit en danger.   Nous l’avons déjà vu : alors que toutes les personnes ayant la moindre intention d’organiser une manifestation démocratique sont, dans le meilleur des cas, arrêtées et libérées sur parole (mais envoyées en prison le plus souvent), les membres de l’Etat islamique devraient effectivement agir pour entrer dans le pays. domaine d’intérêt des forces de sécurité. En témoigne la facilité avec laquelle les membres de l’EI ont été appréhendés par la suite. Deux choses m’ont surpris : que certains des 51 suspects ont été expulsés et que 29 autres suspects qui préparaient des attaques contre des églises et des synagogues avaient été arrêtés lors d’une opération le 29 décembre, mais pas les assaillants de Santa Maria.   Il y a de nombreux détails intéressants dans cette attaque contre une église, avant laquelle des membres de l’Etat islamique ont tenu une réunion dans la province orientale de Kayseri et ont utilisé le véhicule utilisé lors de l’attaque comme taxi non enregistré.   Ils n’ont pas pu commettre un massacre aussi important qu’ils le souhaitaient parce que l’arme s’est enrayée. La seule personne qui a perdu la vie dans l’attaque était un alévi handicapé mental, qui était là car il aimait l’église. Beaucoup ont condamné l’attaque de Santa Maria, dont certains étaient sans aucun doute en position de pouvoir [des membres du gouvernement] ayant la capacité de l’empêcher. En outre, s’il ne fait aucun doute que les condamnations et les déclarations d’intention constituent des mesures importantes, elles ne constituent clairement pas des mesures préventives. Il ne suffit pas non plus qu’il y ait des chrétiens au Parlement comme représentants.   L’attaque de Santa Maria est politique, à la fois en raison de l’identité des auteurs et des lacunes des poursuites, ainsi que du racisme qu’elle implique au sein de la société. C’est pourquoi suivre l’affaire de Santa Maria, insister sur sa clarification, se tenir réellement aux côtés de la communauté chrétienne en déclin et lui faire sentir qu’elle n’est pas seule devrait faire partie de notre agenda politique. Article (écrit le 6 février, avant l’attaque ciblant le commissariat de Caylayan) d’Ayşe Düzkan, militante féministe de gauche, écrivaine, traductrice et journaliste qui a été impliquée dans les principaux partis socialistes et organisations féministes de Turquie. Elle utilise uniquement des lettres minuscules dans ses écrits, un choix qu’elle explique comme étant « inspiré des écrivaines féministes, du langage de la poésie et des textes du raf ».