
« Langue », un court texte du martyr Xelil Dağ

TURQUIE. Rafles anti-kurdes à Sirnak
PARIS. Manifestation « contre la répression ciblant les Kurdes en France »
« Kurdes taxés de terroristes une fois arrivés en Europe pour faire plaisir à l’islamo-fasciste Erdogan »
« Pour faire plaisir au dictateur islamo-fasciste Erdogan, la France se sert du prétexte suivant : le PKK est sur la liste des organisations terroristes, à la demande de la Turquie via ses alliés américains. Or, suite à un long conflit judiciaire et politique, le PKK est reconnu par la justice belge comme une organisation qui prend part dans un conflit armé, et pas comme une organisation terroriste. La Turquie veut à tout prix empêcher que le PKK soit retiré de la liste des organisations terroristes. Ainsi, dans le cadre des coopérations bilatérales avec la France, les militants kurdes qui se sont réfugiés en France font l’objet d’extraditions vers la Turquie alors qu’ils y sont condamnés à des peines de prison seulement pour avoir défendu leurs droits culturels et leur identité kurde. Il est désolant de voir une telle attitude du pays des Droits de l’Homme. Il s’agit des mêmes Kurdes que l’on a acclamés comme des héros et avec qui l’État français coopère en Syrie et Irak, mais qui sont taxés de terroristes une fois arrivés en Europe pour faire plaisir à l’islamo-fasciste Erdogan », déclarait le porte-parole de CDK-F, Agit Polat, dans un entretien accordé au site l’Avant-Garde le 5 mai dernier.Collaboration spéciale #JO Turquie-France sur le dos des Kurdes?
IRAN. Trois prisonniers kurdes exécutés
Un prisonnier politique exécuté après 15 ans de prison
La condamnation à mort de Khsraw Besharat, un prisonnier religieux kurde de Mahabad, a été exécutée après avoir passé 15 ans dans la prison Ghezel Hesar à Karaj. Il a été transféré à l’isolement deux semaines avant son exécution.
Deux prisonniers kurdes exécutés à Ilam
Les deux prisonniers kurdes d’Ilam ont été exécutés dans la prison centrale d’Ilam. Les identités de ces deux prisonniers, Reza Gholamhosseini et Farrokh Khan Mohammadi, ont été vérifiées par Hengaw.
TURQUIE. Libération de l’ancienne maire de Dersim
RSF : Le nouveau « projet de loi sur l’espionnage » turc menace les médias soutenus par des fonds internationaux
« Vague et formulé de manière large »
Erol Önderoğlu, représentant de RSF en Turquie, a déclaré dans un communiqué que : « Compte tenu des pratiques judiciaires répressives bien connues en Turquie, nous craignons que cet amendement au Code pénal turc ne menace d’emprisonnement les journalistes travaillant pour des médias soutenus par des fonds internationaux. Malheureusement, cette disposition offre aucune garantie pour empêcher les abus judiciaires. Si cette loi vague et rédigée en termes généraux est adoptée par le parlement, tout journaliste qui déplaît aux autorités pourrait facilement être pris pour cible en tant qu’agent d’influence soutenant prétendument les intérêts d’un pays étranger ». Le paysage médiatique turc est largement dominé par des conglomérats médiatiques étroitement liés au gouvernement. Dans cet environnement, les fonds internationaux jouent un rôle en soutenant les médias qui ne sont pas alignés sur le bloc au pouvoir ou sur le principal parti d’opposition, même si ces médias ne disposent pas des ressources financières et du capital humain des grandes entités médiatiques. RSF a également fait référence à la « loi sur la désinformation » entrée en vigueur en octobre 2022 dans son communiqué. Notant que cette loi a été utilisée contre plus de 30 journalistes en 18 mois, RSF s’inquiète : « Accuser les journalistes d’être des agents d’influence risque d’affaiblir encore davantage la pratique d’un journalisme libre, pluraliste et indépendant en Turquie. » La Turquie se classe 158e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2024 établi par RSF. Ce classement, en amélioration de sept places par rapport au 165e rang de 2023, ne signifie pas une évolution positive en matière de liberté des médias mais indique que la Turquie reste dans la catégorie « très grave » pour les questions de liberté de la presse. (Bianet)IRAN. Les forces iraniennes tuent un autre civil kurde
TURQUIE. Arrestations politiques à Istanbul et à Izmir
« Un pain en turc » ou linguicide kurde
A l’occasion de la Journée de la langue kurde célébré ce 15 mai, nous voulons vous raconter un exemple tragi-comique de l’interdiction de la langue kurde imposée dans les années 1980 dans le Nord du Kurdistan par l’État colonialiste turc.
« Un pain en turc » ou comment interdire aux Kurdes de parler leur langue maternelle
Nous sommes dans les années 1980, dans une région kurde sous occupation turque. Un paysan court à la boulangerie de son village au retour de son champ et voudrait acheter un pain avant le coucher du soleil qui est proche, car dans cette région kurde, l’Etat turc a décrété un état d’urgence avec couvre-feu au couché du soleil. Le paysan lance à la hâte « ka nanakî, bi tirkî.* » en kurde, qu’on pourrait traduire en « un pain, en turc. » Ce pauvre paysan ne sait pas parler le turc mais il fallait bien qu’il achète son pain d’une façon ou d’une autre.
Maintenant, imaginons un instant que cette scène ait lieu en France, pendant l’occupation nazi : Un paysan corrézien de retour de son champ, court à la boulangerie de son village. Le soleil va bientôt se coucher, or, il y a le couvre-feu à la tombée de nuit. Les Nazis ont interdit de parler le français et ont imposé la langue allemande dans tout le pays mais notre paysans corrézien ne parle pas un mot d’allemand. Alors, il dirait, vraisemblablement : « Un pain, en allemand. »
En effet, l’État turc avait interdit le kurde dans tout le pays, y compris dans les régions kurdes et ce, depuis la création de la Turquie en 1923. Même au sein de leurs foyers, les Kurdes ne pouvaient parler leur langue sous peine d’être arrêtés et/ou torturés, en plus de payer une amende. (L’État turc avait dépêché des fonctionnaires à cet effet dans tout le Kurdistan.)
Encore aujourd’hui, en Turquie, la langue kurde reste interdite dans la pratique, même si dans le cadre de la vie privée on peut la parler…
* « Ka nanakî bi tirkî / Bana türkçe bir ekmek ver » est le nom d’une nouvelle de Cezmi Ersöz, écrivain et journaliste kurde.