« Je ne peux pas respirer »: Le cri d’une Kurde dénonçant le racisme étatique français que sa famille a subi il y a 24 ans

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PARIS – Depuis le meurtre raciste de George Floyd par un policier américain le 25 mai 2020 à Minneapolis, aux États-Unis, [et celui du jeune Kurde Baris Cakan par trois fascistes turcs à Ankara] on assiste aux protestations dans de nombreux pays du monde appelant à mettre fin au racisme étatique dont les violences policières à caractères racistes n’en sont que les conséquences et non pas la cause.
 
En France, une des affaires emblématiques pointant du doigt le racisme institutionnalisé est le décès d’Adama Traoré, 24 ans, le 19 juillet 2016 à la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise), après son interpellation à Beaumont-sur-Oise. Depuis, sa mort a pris une ampleur médiatique suite à de nombreuses plaintes déposées concernant un possible homicide involontaire, de supposées entraves à l’enquête et non-assistance à personne en danger. La soeur d’Adama, Assa Traoré a même créé le « Comité vérité et justice pour Adama » afin d’obtenir justice pour son frère. (On se souvient également de la mort à Clichy-sous-Bois de Zyed Benna (17 ans) et Bouna Traoré (15 ans) électrocutés le 27 octobre 2005 dans l’enceinte d’un poste électrique dans lequel ils s’étaient réfugiés pour échapper à un contrôle de police. Muhittin Altun, un jeune Kurde de 17 ans, était également avec Zyed et Bouna et il a été grièvement blessé et traumatisé à vie. La justice française a acquitté les 2 policiers que les proches de Zyed et Bouna accusaient de « non-assistance à personne en danger » et « mise en danger délibérée de la vie d’autrui ».)
 
Aujourd’hui, alors que nous dénonçons le racisme étatique turc dont son victimes des millions de Kurdes de Turquie, nous sommes tombées sur le témoignage d’une Franco-Kurde qui a perdu son frère avec 2 autres jeunes dans un accident de voiture, qu’elle qualifie de « douteux », à Cherisy-les Osmaux (28), en 1996. Elle dénonce le racisme institutionnel dont sa famille d’origine étrangère aurait été victime et dit que 24 ans après la mort de son frère et un procès non abouti, sa blessure s’est ré-ouverte quand elle a vu les manifestations anti-racistes qui secouent le monde ces temps-ci et surtout quand elle a vu la soeur d’Adama Traoré se battre pour obtenir justice pour son frère. Alors, en tant que Kurdes pleurant tous les jours la persécution du peuple kurde dans tout le Kurdistan, nous avons voulu partager avec vous son témoignage qui est un cri de rage et un appel à l’aide pour obtenir « justice » dans la mort de son frère et la tentative de criminalisation de son frère mort.
 
Voici le témoignage de K. S.:
 
« Aujourd’hui, je me suis réveillée avec une atroce douleur au coeur, c’est parce qu’hier je me suis couchée avec les images de Georges Floyd et les mots de la soeur d’Adama Traoré et ce n’est pas un HASARD…mais j’avais fait semblant de l’oublier…
 
Et je me souviens de la mort de mon frère Özgür ŞENGÜL, un dimanche du 3 novembre 1996. C’était un dimanche…(On est dimanche et c’est la fête des mères) et moi j’étais à la maternité pour donner VIE à mon fils aîné. ..Mon frère est mort dans un « accident » de voiture douteux au Petit Cherisy-les Osmaux (28) avec 2 de ses copains chéris tandis que le 3ême à survécu. .. Nous venions de perdre 3 frères et le 4e était entre la vie et la mort. Ce fût la fin du monde pour notre famille et surtout pour les parents qui avait perdu d’autres enfants dans des accidents…
 
Mais malheureusement parmi ces jeunes il y avait un fils de policier. Un an après, à la veille du réveillon, nous avons reçu à la maison un huissier qui nous remis une plainte contre mon frère qui soit disant était le conducteur de la voiture volée. C’était insupportable ! on savait que ce n’était pas lui. Il était le seul mineur à bord de la voiture et de plus il s’était blessé au foot à sa jambe droite… Il était chez Jean (un copain) et il m’avait demandé d’aller le chercher car il n’arrivait pas à marcher…
 
Nous avons pris plusieurs avocats et aucun n’a pu nous défendre et un notable de Dreux à fait semblant de nous défendre. ..Nous sommes aller jusqu’à la Haute Cour de Cassation mais l’affaire à été classée. Alors qu’il est indiqué sur le premier PC. de la police que la voiture était couchée sur le flanc droit et qu’Ozgur était aussi à droite et que le corps de son ami était au-dessus de son corps… Et il n’avait pas l’impact du volant sur la poitrine. Mais alors qui avait les traces du volant sur le corps ?
 
Les témoins ont été intimidés et n’avons pas pu nous défendre.
On était victime et on a voulu faire de nous des criminels…car nous étions des étrangers et un peu plus basanés…
 
Halte au racisme!
Halte à l’injustice!
Justice pour ÖZGÜR !
Sauvons sa mémoire! »

JINWAR, un des fruits de la révolution du Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Le mouvement des femmes du Rojava, Kongra Star rend hommage au travail accompli par les habitantes de JINWAR, le village des femmes libres abritant essentiellement des femmes, kurdes ou arabes, victimes de violences masculines ou des femmes pauvres avec enfants.
 
Voici le communiqué de KONGRA STAR:
 
« Parfois, nous pensons que les révolutions sont des explosions, un moment où tout change. Mais la révolution, même si elle comporte des moments d’implosion, est un processus qui se construit lentement, qui se produit tous les jours dans nos vies, dans nos foyers, dans la façon dont nous nous rapportons à notre environnement naturel et humain.
 
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La révolution du Rojava, la révolution des femmes, nous montre ce processus dynamique et sans fin. Jinwar, le village des femmes, est un grand exemple de la façon de marcher sur le chemin révolutionnaire, sans renoncement mais sans précipitation, parce que nous allons ensemble et nous allons loin.
 
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Jinwar est un projet pour l’auto-organisation des femmes, pour leur autonomie non seulement par rapport au patriarcat mais aussi par rapport au système capitaliste. Les femmes s’organisent pour les champs, leur santé, les fournitures, les enfants… Pour toutes les sphères de leur vie et de leur communauté.
 
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Jinwar est un engagement en faveur d’une société écologique. Il y a quelques mois, l’installation de panneaux solaires a pu être réalisée. Différents arbres et plantes sont également cultivés, rompant ainsi la monoculture du blé qui caractérise le Rojava.
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Jinwar signifie également autonomie en matière de santé. En mars dernier, la clinique de santé est devenue une réalité, une nouvelle étape révolutionnaire. La connexion avec la société par le biais des femmes qui visitent la clinique, la récupération des connaissances des femmes sur les plantes médicinales, l’enseignement aux jeunes
 
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JINWAR est une révolution qui se produit tous les jours. Chaque heure, on cuit du pain, on ramasse des plantes, on partage les soins aux enfants, on s’éduque mutuellement, on partage le travail et la terre, ou on assume la responsabilité de la légitime défense.
 
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Comme l’explique Öcalan, la rose a sa beauté et ses épines pour se défendre, et Jinwar et sa beauté révolutionnaire enlèveront ses épines si les djihadistes et l’État fasciste turc la menacent.
 
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Les femmes enlevées à Afrin et les femmes détenues à Bakur [Kurdistan du Nord sous occupation de la Turquie] sont un signe de l’objectif d’Erdogan et des autres puissances impérialistes. Ils veulent arrêter la révolution des femmes. Mais ils ne savent pas que nous sommes des graines et que la révolution croît à chaque instant.
 
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Jin, jiyan, azadî [Femme, Vie, Liberté] !

Le village des femmes libres, Jinwar est situé à l’ouest du district Darbasiya à Hasakê dans le nord de la Syrie, près de la colline historique de Kebaz et des villages de Karkand, Harba, Atishan et Kairouan. Le terrain sur lequel le village a été construit est un don du Comité économique des femmes.

La construction du village a débuté le 10 mars 2017 pour être ouvert aux femmes officiellement le 25 novembre 2018, La Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes

AFRIN. Meurtre d’une adolescente kurde enlevée par les gangs de la Turquie

ROJAVA – Le corps sans vie de Malak Nabih Khalil Jumah, 16 ans, a été retrouvé aujourd’hui près du village de Firiziya, à l’est de la ville d’Azaz. L’adolescente kurde avait été enlevée par les mercenaires de la Division Sultan Mourad le 23 mai 2020, dans le village de Derwish, dans le district de Shera, à Afrin.

Malak Nabih Khalil Jumah

Le canton kurde d’Afrin est devenu un enfer pour les Kurdes, surtout les filles et femmes qui sont enlevées, torturées, violées, mariées de forces ou tuées sous la torture. Malgré les appels répétés des Kurdes auprès des institutions internationales comme l’ONU ou les puissances internationales impliquées dans la guerre en Syrie pour qu’ils mettent fin aux crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par l’occupation turque, rien n’a été fait jusqu’à présent et les Kurdes qui n’ont pas fuit Afrin risquent d’être exterminés lentement mais sûrement.
 
Depuis l’invasion d’Afrin par la Turquie et ses alliés islamistes en mars 2018, des milliers Kurdes ont été kidnappés, arrêtés, torturés, d’autres ont été tués cruellement. Les gangs ont demandé des rançon à de nombreuses familles pour la libération de leurs proches, mais souvent, même après le payement d’une rançon, les familles n’ont plus revu leurs proches kidnappés ou ont découvert leurs cadavres jetés dans des champs ou dans la campagne.
 
Le 30 mai dernier, les organisations de femmes en Syrie du Nord ont lancé un appel urgent pour Afrin afin de mettre fin aux crimes de guerre et crimes – dont des féminicides – visant les femmes et devenus monnaie courante depuis l’occupation du canton par la Turquie en mars 2018.
Des représentantes des organisations féminines syriennes ont organisé une conférence de presse appelant à une action urgente contre les actes inhumains perpétrés par l’armée turque et les mercenaires alliés dans les zones qu’elle a occupées dans le nord-est de la Syrie.
La conférence de presse de Qamishlo a réuni des représentantes de Kongra Star Rojava, du Conseil des femmes syriennes, de l’Union des femmes syriaques, du Conseil des femmes du Parti de l’Union démocratique (PYD), de la Coordination des femmes de l’administration autonome de la région de Jazeera, du Bureau des femmes du Conseil démocratique de la Syrie ( SDC), Bureau des femmes de l’Autorité nationale arabe, Bureau des femmes du parti la Syrie de l’avenir, Conseil des femmes du nord et de l’est de la Syrie, organisation SARA contre les violences faites aux femmes.

Voici leur déclaration

« Depuis le début de l’occupation turque de la ville d’Afrin avec l’aide de ses mercenaires, ses violations et pratiques – qui relèvent de la catégorie des crimes de guerre [sous le silence de la communauté internationale]- se sont poursuivies malgré la résistance des habitants d’Afrin contre les déplacements forcés et le changement démographique systématique que recherchent l’occupation turque et ses mercenaires.
 
Les habitants d’Afrin sont quotidiennement exposés aux actes inhumains les plus brutaux et aux violences systématiques dont les femmes ont particulièrement souffert en raison des bombardements aveugles continus des zones d’al-Shahba, des enlèvements, des viols, des mariages forcés de filles mineures, de torture et le meurtre de femmes dans les camps de détention [du canton d’Afrin] afin de vider complètement la région de sa population.
 
Des événements récents, à la suite d’affrontements entre des groupes de mercenaires dans la région, ont mis à jour les crimes et abus commis dans les prisons. On a découverte des dizaines de femmes enlevées, dont la plupart d’entre elles étaient des kurdes qui étaient nues, torturées et abusées sexuellement. Il s’agit d’une violation flagrante des principes humanitaires et des conventions internationales.
 
Malgré toutes les pratiques auxquelles les femmes sont soumises et qui visent à briser la volonté consciente et organisée des femmes, leur résistance et leur lutte pour construire une société libre et démocratique en ont fait un symbole qui devrait recevoir une attention internationale.
 
En tant que femmes syriennes, nous appelons la communauté internationale, toutes les organisations de défense des droits de l’Homme et les mouvements de femmes à rompre leur silence et à jouer leur rôle pour mettre fin à l’occupation turque, à mettre en place une commission d’enquête des Nations Unies et les organisations des droits de l’Homme concernées afin de: arrêter les auteurs de ces crimes, qui sont des crimes de guerre, et fournir le soutien nécessaire pour protéger les femmes et soutenir leur résistance. »

TURQUIE. Une écrivaine kurde menacées de mort sur les réseaux sociaux

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TURQUIE / BAKÛR – Les Kurdes, l’opposition et les critiques du gouvernement AKP-MHP continuent de recevoir des menaces de la part de sbires fascistes d’AKP-MHP.
 
La féministe, chercheuse et écrivaine Gülfer Akkaya a déclaré qu’elle avait reçu des menaces de mort par un compte Instagram nommé Jitem Turkiye / KodAdım : Yeşil.
 
Certains des messages disaient « Şewbaş (« bonsoir » en kurde), la mort te trouvera, Jitem* ».
 
Akkaya, qui a porté plainte a parlé à ANF des menaces qu’elle a reçus.
 
Quand avez-vous commencé à recevoir des messages de menace?
 
J’ai commencé à les recevoir le dimanche 31 mai à 14h15. Et je continue de les recevoir.
 
Aviez-vous déjà reçu de tels messages auparavant?
 
Oui. Qui n’en reçoit pas ?
 
Comment utilisez-vous généralement vos comptes de réseaux sociaux?
 
Je partage des nouvelles, des chansons, des caricatures, des photos que j’ai prises, ainsi que mes propres photos et commentaires sur l’actualité. Je suis écrivaine, j’écris également sur mes livres publiés et partage des articles que j’ai publiés dans différents médias. Je partage des nouvelles sur les actions auxquelles je participe. Je partage tout ce que je veux. Mes comptes reflètent ma façon d’être.
 
Que pensez-vous des menaces de mort proférées sur les réseaux sociaux?
 
Je pense que ce ne sont pas des coïncidences ou des actes isolés. Le langage qu’ils utilisent, les noms de compte, les symboles sont communs. Comme tout le monde l’a mentionné, vous pouvez éviter les trolls. Ce sont des gens qui font tout ce que vous leur avez demandé pour [un peu d’argent]. Il y a beaucoup de gens comme ça. Mais ceux qui les utilisent les jettent quand ils ne sont plus nécessaires. La personne qui menaçait Rakel Dink a été arrêtée et emprisonnée. (…)
 
Que ressentez vous?
 
Je ne ressens pas grand-chose en fait. Personnellement, j’ai aussi beaucoup de travail. (…) Nous luttons contre le mariage des enfants à l’âge de 12 ans, nous luttons pour la loi contre les violences masculines, nous avons dû y faire face tout en poursuivant nos travaux sur les problèmes des femmes alévies. Nous avons traité ces types de menaces récemment, car il est clair qu’elles proviennent du même endroit. Et le gouvernement les ignore. Encore une fois, je voudrais demander au ministère de l’Intérieur et au gouvernement pourquoi ils se taisent. Ne nous entendent-ils pas? Est-ce possible?
 
Comment interprétez-vous le fait qu’un compte proférant des menaces s’appelle «JİTEM»?
 
Il n’y a pas un mais plusieurs comptes. Ils visent à faire taire et intimider les gens en faisant peur et en menaçant. Il y a tellement de comptes à ce sujet et ils ciblent tant de personnes en même temps.
 
Un mail de menace a été envoyé à la fondation Hrant Dink. JITEM, qui a tué des gens dans les années 90, envoie maintenant des messages de menaces aux personnes portant ce même nom.
 
Pensez-vous qu’ils peuvent être sûrs d’agir parce que rien ne se passera? D’où tirent-ils ce courage?
 
Je viens de mentionner que ce ne sont pas des attaques individuelles, ces comptes ne sont pas des comptes individuels. Le gouvernement encourage les discours de division et de polarisation, sinon ils auraient déjà été trouvés et punis. (ANF)
 
* Qu’est-ce que JİTEM ?
JİTEM est le nom du service de renseignements de la gendarmerie turque. JİTEM est l’abréviation de Jandarma İstihbarat ve Terörle Mücadele (service de renseignements et anti terrorisme de la gendarmerie).
 
Le JİTEM a été actif dans le conflit kurde en Turquie. Après le scandale de Susurluk, les anciens premiers ministres Bülent Ecevit et Mesut Yılmaz ont confirmé l’existence de JİTEM. (Wikipedia)
 
Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcées et meurtres – commis par les escadrons de la mort de JITEM – ont été signalés dans les régions kurdes de la Turquie.

Leyla Güven: Je serai avec mon peuple jusqu’à ce que la liberté soit atteinte

TURQUIE / BAKÛR – « Le moment le plus sombre de la nuit est le moment le plus proche du nouveau jour. Nous sommes très proches du succès. Nous ne sommes pas ceux qui sont dans une situation difficile »
 
La députée kurde et coprésidente de l’association de la société civile DTK (Congrès de la société démocratique), Leyla Guven a envoyé un message depuis la prison où elle est de nouveau tenue otage depuis jeudi soir.
 
La députée du HDP Hakkari, Leyla Güven, qui a été privée d’immunité parlementaire jeudi, a envoyé un message à l’agence Jinnews.
 
« Nous sommes les représentants d’un peuple dont l’identité, la culture et l’existence sont niées », a-t-elle déclaré, ajoutant : « Il n’est pas facile de représenter un peuple qui sacrifie tout pour revendiquer son existence.
 
Mais en tant que femmes kurdes, nous étions Sara à Paris, Arin Mirkan au Rojava, Avesta Xabur à Basur et avons résisté et survécu. Après tout, nous sommes les successeurs d’une tradition de lutte. Il n’est pas nécessaire d’être député pour représenter le peuple kurde. Nous continuerons notre lutte dans tous les domaines de la vie, tout comme nos camarades avant nous.
 
En tant que femme kurde, je donne ma parole à notre peuple. Je serai à chaque étape de la lutte du peuple kurde vers la liberté. J’envoie mon amour et mon respect à tout notre peuple, en particulier au peuple d’Hakkari. Que le cœur de notre peuple soit large. Le moment le plus sombre de la nuit est le moment le plus proche du nouveau jour. Nous sommes très proches du succès. Ce n’est pas nous qui sommes dans une situation difficile. »
 

Horreurs d’Afrin. Des femmes kurdes retrouvées dans des conditions inhumaines dans une prison secrète

SYRIE / ROJAVA – Nues, sales, effrayées. Ainsi ont été retrouvées les onze femmes faites prisonnières par les milices djihadistes d’Al Hamza, affiliées à l’armée turque avec laquelle elles contrôlent la région d’Afrin, en Syrie. C’est dans une prison secrète que s’est tenu le théâtre des horreurs. Onze femmes kurdes ont été enlevées et détenues dans un état inhumain, en violation du droit international, des conventions de Genève, contre tous les scénarios imaginables. La prison a été découverte après un affrontement entre les mercenaires d’Al Hamza et les mercenaires armés de Ghouta installés à Afrin.
 
Les mercenaires syriens de Ghouta ont pris le contrôle du siège d’Al Hamza, qui a mis au jour la terrible découverte et a demandé des explications explicites à Recep Tayyip Erdogan, qui occupe le canton kurde d’Afrin depuis 2018, après l’opération du « Rameau d’olivier ».
 
Ce n’est pas le seul fléau tenu dans le sombre silence des terres occupées par la Turquie. Les enlèvements de femmes et de filles kurdes ne cessent d’augmenter, comme le note l’Observatoire des droits de l’Homme d’Afrin: «L’esclavage sexuel est l’arme privilégiée contre les Kurdes par l’armée turque et les milices loyalistes. Une jeune fille de 16 ans, Malak Nabih Khalil Jumah, a été kidnappée le 23 mai. Pour la protéger d’un mariage forcé avec les milices djihadistes et d’un enlèvement, les parents avaient choisi d’arranger un mariage avec un proche. La fille a été kidnappée avant que tout cela ne puisse arriver. Quelques jours plus tôt, d’autres enlèvements et viols avaient eu lieu. »
 
Une matriochka faite de drames. Les mariages précoces qui ont lieu pour échapper au viol et à l’enlèvement. Une succession de violences physiques et psychologiques que les filles et les femmes kurdes encore présentes à Afrin et dans les villages voisins sont contraintes de subir. (…) Droits humains violés à plusieurs reprises. Crimes contre l’humanité et génocide, telles sont les accusations qui peuvent être portées contre la Turquie et les milices djihadistes alliées car des violences répétées contre des individus et des groupes ont été commises sans distinction entre une situation de guerre et de paix.
 
Ils ont été persécutés car Kurdes, privés de la liberté de parler leur langue, victimes de meurtres barbares, en violation de tous les droits qui devraient protéger les vies humaines. La Cour internationale des droits de l’Homme ne peut plus, même maintenant devant onze femmes violées, nues et enfermées dans des prisons secrètes, rester dans un silence assourdissant. Un silence qui crée des lacunes et des espaces libres pour la violence inhumaine d’un État comme la Turquie, membre de l’OTAN.
 

L’Etat turc dit aux Kurdes qu’ils n’ont pas leur place en Turquie

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TURQUIE / BAKUR – Le pouvoir turc vient d’arrêter deux députés kurdes du parti HDP. Le 22 mai dernier, de nombreux politiciens et militants kurdes, dont l’ex-députée du HDP, Ayla Akat Ata, et des membres d’organisations de femmes, ont été arrêtés dans plusieurs villes kurdes. Ces arrestations sont accompagnées de regains de violences et attaques racistes anti-kurde. Ces derniers jours, les Kurdes de Turquie ont eu droit à la destruction de la bibliothèque municipale portant le nom de l’écrivain kurde Celadet Elî Bedîrxan à Siirt, au meurtre raciste du jeune kurde Baris Cakan, tué par trois fascistes turcs à Ankara pour avoir écouté de la musique kurde, à la torture d’un jeune kurde par des policiers turcs à Amed (Diyarbakir) dont les photos ont été publiées par ses bourreaux, enfouissement, sous un trottoir d’Istanbul, des ossements appartenant à 267 combattants kurdes volés d’un cimetière de Garzan, à la découverte d’une fosse commune renfermant les restes des dizaines de personnes dans une grotte dans la campagne de Mardin / Dargeçit, à l’arrestation des députés kurdes du HDP (Parti démocratique des peuples) Leyla Güven, Musa Farisoğulları qui ont rejoint des milliers d’autres élus, politiciens, militants, journalistes, avocats, musiciens… kurdes tenus en otages dans les geôles turques depuis des années. En intensifiant ses attaques contre les politiciens kurdes, le pouvoir turc envoie un message fort aux Kurdes du pays : Ils n’ont pas de place sur la scène politique du pays. Soit ils accepteront le colonialisme turc au Kurdistan « turc » et l’assimilation forcée qui va avec, soit l’Etat turc, avec ses forces armées, les attaquera sans retenu, comme il l’a fait pendant l’hiver 2015/2016 quand il a rasé plusieurs localités kurdes après que ces dernières ont déclaré l’autonomie locale. Un autre message que le pouvoir turc envoie aux Kurdes est qu’il est impossible de démocratiser la Turquie kémaliste fondé sur le fascisme et le massacre de nombreux peuples de la région qui n’étaient pas « turcs » et « sunnites ». Les Kurdes sont le seule peuple qui a continué à résister, malgré les innombrables massacres qu’il a connus depuis la fondation de l’Etat turc en 1923. Le dernier mouvement de résistance kurde se plaisait à dire qu’on allait réussir à « démocratiser » la Turquie pour qu’elle devienne un pays pour tous les peuples et les minorités ethniques et confessionnelles qui y habitent, sans qu’on sacralise la « race supérieure » turque et sans que les autres soient vus comme inférieurs aux « Turcs » sunnites. Cette énième attaque est une déclaration de guerre faite au peuple kurde et les jours, les mois et les années à venir risquent d’être particulièrement sanglants pour les Kurdes qui sont fatigués de mourir mais qui sont déterminés à lutter pour avoir le droit d’exister en tant que Kurdes et à qui sa langue, sa culture et le droit à l’auto-détermination ne seraient plus interdites. Refusant le droit à la co-existence aux Kurdes à l’intérieur des frontières de la Turquie, cette dernière dit clairement aux Kurdes qu’ils ne sont pas chez-eux sous le drapeau turc. Ce qui est interprété par de nombreux Kurdes comme une « invitation » à la séparation du Bakûr (Kurdistan du Nord) de la Turquie.

Députés kurdes arrêtés, la Turquie déclare la guerre à sa population kurde

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TURQUIE / BAKUR – La nuit dernière, le pouvoir turc a arrêté deux députés kurdes élus démocratiquement, envoyant un message de guerre à des millions de Kurdes du pays en violant leur droit d’élire leurs représentants politiques.
 
« Nous sommes confrontés à un fascisme qui vise les tombes, les cadavres et l’existence des Kurdes. Face à ces actes, la levée de notre immunité parlementaire n’a pas beaucoup d’importance. Nous partageons toutes les souffrances de notre peuple. Nous avons vécu toutes sortes de souffrances avec notre peuple. C’est pourquoi il s’agit d’une crise de volonté, d’un fascisme et d’un coup d’État ». Leyla Guven
 
En Turquie, la lutte pacifique du peuple kurde a toujours été réprimée violemment par le pouvoir. Ceci, depuis la création de l’Etat fasciste turc qui ne reconnait que la « race » turque, la langue turque, l’islam sunnite… et qui détruit tous les peuples et minorités ethniques, confessionnelles, linguistiques du pays.
 
L’arrestation des députés kurdes d’HDP, Leyla Guven et de Musa Farisoğulları la nuit dernière n’est qu’une énième arrestation d’élus kurdes pour fermer la scène démocratique aux Kurdes de Turquie. Après les massacres de masses visant les Kurdes dans les régions de Dersim et de Zilan dans les années 1930, les Kurdes avaient réussi à entrer sur la scène politique « turque » à partir des années 1980, en élisant des députés et des élus locaux, malgré d’innombrables assassinats et arrestations de ses élus et la fermeture de ses partis politiques les uns après les autres.
 
De Leyla Zana à Leyla Guven, 30 ans de répression de la volonté démocratique du peuple kurde

La première députée kurde, Leyla Zana est devenue une personnalité emblématique kurde qui a passé 10 ans en prison pour avoir prononcé un message de paix en kurde (« Vive la paix entre les peuples kurde et turc ») lors de la cérémonie de prestation de serment de député en 1991.
 
30 ans après les persécutions vécues par Leyla Zana, une autre députée kurde qui porte le même prénom, Leyla Guven retourne en prison alors qu’elle a été emprisonnée de décembre 2009 à juin 2014, à la suite d’une opération visant les personnalités politiques, puis en janvier 20184, pour avoir critiqué l’invasion du canton d’Afrin. Elle a été libérée le 25 janvier 2019 après avoir été élue députée en juin 2018, et alors qu’elle menait une grève de la faim depuis novembre 2018, pour protester contre l’isolement imposé à Abdullah Öcalan. Une grève qu’elle a arrêtée en mai 2019.
 
Depuis la nouvelle vague d’arrestations qui frappent les députés et élus locaux du peuple kurde sous les étiquettes des partis HDP et son équivalant régional kurde DBP, des milliers d’élus municipaux, de responsables politiques ainsi que des députés d’HDP et des membres DBP ont été emprisonnés illégalement. Ils sont tous accusés de faire de la propagande terroriste ou de soutenir ou diriger des « organisations terroristes » car ils défendent les droits élémentaires du peuple kurdes, dont le droit de parler sa langue maternelle.
 
Ce nouvel offensif visant la volonté du peuple kurde ouvre la voie de nouveau à de nombreuses années de lutte armée, de conflit et de souffrance, car le pouvoir turc ne laisse aucun moyen d’expression démocratique aux demandes du peuple kurde en Turquie.
 
Ce jeudi 4 juin, le Parlement turc a approuvé la levée d’immunité parlementaire des députés du HDP (Parti démocratique des peuples) Leyla Güven, Musa Farisoğulları et le député du CHP (Parti républicain du peuple) Enis Berberoğlu. (Les trois députés ont été arrêtés hier soir.)
Leyla Guven avait déjà été emprisonnée par le passé et d’ailleurs, elle avait été élue députée d’HDP alors qu’elle était encore en prison où elle a mené une grève de la faim de près de 6 mois.
 
Avant son arrestation, Leyla Güven a qualifié la levée d’immunité parlementaire qui visait les 3 députés de « coup d’État » qui n’est qu’une énième tentative de chasser les Kurdes de la scène politique.
 
Güven a déclaré que cette décision s’inscrivait dans le prolongement du « plan d’effondrement » du mouvement politique kurde adopté lors de la réunion du Conseil national de sécurité (MGK) le 30 octobre 2014.
 
« La haine anti-kurde »
 
Rappelant le coup d’État du 2 mars 1994 contre les députés, dont Leyla Zana, du parti kurde DEP (Parti de la démocratie), Güven a déclaré : « La levée de l’immunité parlementaire est une continuation du coup d’État politique qui a commencé le 2 mars 1994, s’est poursuivi le 4 novembre 2016 (lorsque les coprésidents et les députés du HDP ont été arrêtés) et a récemment repris avec la saisie des municipalités du HDP. Il s’agit d’une politique de liquidation, d’inimitié envers les Kurdes et d’une tentative de couper la politique kurde des bases démocratiques. Elle vise à briser l’insistance des Kurdes pour la politique démocratique. C’est la limite imposée aux Kurdes : « vous n’êtes pas vous-même, vous existerez tant que vous vous déplacerez dans les limites que j’ai établies, sinon je ne reconnaîtrai pas votre volonté ». C’est une étape pour briser la volonté des citoyens d’Hakkari et d’Amed (Diyarbakır) ».
 
« L’alliance AKP-MHP encouragée par le CHP »
 
Güven a critiqué le CHP qui a voté « oui » pour la levée de l’immunité parlementaire lors de la session tenue à l’Assemblée générale le 20 mai 2016. Elle a déclaré : « Si le CHP avait évité une telle position avant le 4 novembre, s’il avait manifesté une attitude plus ferme, l’AKP et le MHP ne seraient pas en mesure d’oser cela aujourd’hui. Ils sont en effet encouragés par cet acte du CHP. Lorsque le Parlement a approuvé la révocation de l’immunité parlementaire avec le CHP comme partenaire, il était évident que ce que nous vivons aujourd’hui se produirait effectivement ».
 
« C’est un coup d’Etat »
 
Güven poursuivit : « Nous sommes confrontés à un fascisme qui vise les tombes, les cadavres et l’existence des Kurdes. Face à ces actes, la levée de notre immunité parlementaire n’a pas beaucoup d’importance. Nous partageons toutes les souffrances de notre peuple. Nous avons vécu toutes sortes de souffrances avec notre peuple. C’est pourquoi il s’agit d’une crise de volonté, d’un fascisme et d’un coup d’État (…) ».
 

TURQUIE. Deux députés kurdes mis en détention

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TURQUIE / BAKUR – Nouveau coup d’Etat en Turquie contre la volonté du peuple. Trois députés ont été déchus de leur immunité parlementaire aujourd’hui. Les deux députés kurdes du HDP déchus de leur immunité, ont été mis en détention.
 
En Turquie, le pouvoir ne reconnait pas la volonté du peuple kurde et emprisonne ses députés et ses élus locaux à tour de bras. Jusqu’à présent, des milliers d’élus municipaux, de responsables politiques ainsi que des députés du HDP et des membres du parti kurde DBP ont été emprisonnés illégalement. Ils sont tous accusés de faire de la propagande terroriste ou de soutenir ou diriger des « organisations terroristes » car ils défendent les droits élémentaires du peuple kurdes, dont le droit de parler sa langue maternelle.
 
Ce jeudi 4 juin, le Parlement turc a approuvé la levée de l’immunité de 3 députés d’opposition, dont 2 députés kurdes du HDP.
 
Les députés concernés sont les députés du HDP (Parti démocratique des peuples) Leyla Güven, Musa Farisoğulları et le député du CHP (Parti républicain du peuple) Enis Berberoğlu.
 
La coprésidente du DTK et députée du HDP Hakkari, Leyla Güven, a été arrêté à son domicile à Amed. (Musa Farisoğulları a été arrêté quelques heures plus tôt.)
 
Leyla Guven avait déjà été emprisonnée par le passé et d’ailleurs, elle avait été élue députée du HDP alors qu’elle était encore en prison où elle a mené une grève de la faim de près de 6 mois.
 
 
 
 

Sociologue Sustam: le racisme n’est pas considéré comme un crime en Turquie

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Le Président turc Erdogan, à gauche, et le leader du parti fasciste MHP, Bahçeli font le signe des « Loups gris », mouvement ultranationaliste néo-fasciste, anti-communiste, anti-kurdes…

Le sociologue Engin Sustam rappelle que les attaques racistes et les actes de torture qui sont en constante augmentation ne sont pas des incidents isolés et déclare que le racisme est une tradition profondément enracinée en Turquie.
 
Dans un entretien au sujet du racisme, les violences racistes et la prolifération parallèle des violences des milices armées, le sociologue Engin Sustam souligne la nécessité de lire le meurtre de George Floyd aux USA et le meurtre de Barış Çakan en Turquie dans le même contexte.
 
« Mais il est important de ne pas oublier la tradition profondément enracinée en Turquie. Ainsi, le racisme, pas seulement au sens classique, n’est pas une détermination biologique autour de l’existence scientifique ou non de la race au sein de l’espèce humaine. C’est la forme vivante d’une situation sociale, un programme systématique. C’est une expression idéologique qui se transforme en une situation que certaines catégories de personnes considèrent comme supérieure à elles (comme les Blancs anti-Noirs et l’anti-kurdicité de la turcité) », a déclaré Sustam au journaliste Cahit Özbek de l’agence Mezopotamya.
 
Comme en Turquie, dans de nombreux pays, le racisme n’est pas considéré comme un crime
 
Attirant l’attention sur le fait que les insultes racistes, la diffamation ou la discrimination raciale ne sont toujours pas considérés comme un crime dans de nombreux pays comme la Turquie, le sociologue a également rappelé qu’il a vécu une situation similaire. Sustam : « La raison en est que, dans des pays comme la Turquie, le racisme persistant s’impose à nous, en dirigeant nos vies, nos relations professionnelles, notre langue, la littérature, l’art, l’université, sous une domination banalisée. »
 
«L’accord de turcité et le racisme turc, le ciment de la Turquie»
 
En Turquie, la convention de la turcité, établie surtout après le génocide arménien de 1915, Sustam déclare que la structure unitaire et le domaine social nourrissent le racisme turc. Ajoutant que le racisme est d’une part une situation où le gouvernement s’y est systématiquement engagé et que d’autre part il se transforme en une politique systématique ayant un programme qui trouve un écho dans la société. Sustam déclare que le racisme turc est un ciment profondément enraciné en Turquie:
 
« Aujourd’hui, hormis les massacres de nombreux Kurdes, Arméniens ou Alevis survenus auparavant, nous pouvons dire que la torture dans le commissariat de Diyarbakır, le meurtre de Barış Çakan à Ankara pour avoir écouté de la musique kurde ne sont pas des incidents isolés. Ce n’est pas la colère ordinaire d’un citoyen lambda. Tout comme dans le meurtre d’Hrant Dink, le racisme a transformé en une machine de la violence les jeunes générations venant de la base en les organisant autour de l’idéologie de la haine, nous ne pouvons pas lire ces questions séparément de la forte tradition du fascisme et du colonialisme dans ce pays. C’est a dire, que cette situation est la continuation de la convention de la turcité et du sunnisme. qui a toujours été une lecture idéologique depuis 1915. C’est pourquoi, en Turquie, presque personne n’a encore ouvertement critiqué le racisme. »
 
Le sociologue Engin Sustam a souligné que les Kurdes, les Arméniens, les migrants syriens, les Grecs, les Assyriens, les Juifs et d’autres communautés chrétiennes, soit parce qu’ils n’étaient pas musulmans ou parce qu’ils ne pouvaient pas être inclus dans la « Convention de la turcité », tandis que les Alévis qu’on n’arrive pas à convertir au sunnisme, étaient exposés à une forte discrimination ethnique et religieuse.
 
La version en turc de l’article peut être lu ici