SYRIE – Dans un contexte de violences sectaires croissantes en Syrie depuis l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Sharaa (Jolani), un nouvel incident sanglant a visé la communauté alaouite dans le quartier arménien de Homs.
Un homme armé a fait irruption dans une boucherie appartenant à un commerçant alaouite et a ouvert le feu sur le propriétaire, le blessant mortellement. La victime a succombé à ses blessures à l’hôpital. L’assaillant, poursuivi par le frère de la victime, a été désarmé puis abattu sur place.
Cet événement survient moins de 24 heures après deux attaques distinctes dans la région de Hama :
À Tal Skeen (al-Sarout), dans la campagne ouest, des hommes armés circulant à moto ont ouvert le feu sur des civils alaouites, tuant deux personnes et en blessant trois autres, dont un enfant.
Dans la campagne est, à al-Shuhaib, une attaque similaire a coûté la vie à deux civils alaouites, dont un jeune garçon, et en a grièvement blessé deux autres. Après les fusillades, les assaillants ont incendié des terres agricoles et des récoltes, provoquant d’importants dégâts matériels.
Une vague de violences ciblées
Ces incidents s’inscrivent dans une recrudescence préoccupante d’attaques sectaires visant principalement les Alaouites, mais aussi les Druzes et les Kurdes, depuis la chute du régime Assad et la prise de pouvoir par Ahmed al-Sharaa fin 2024. Des discours de haine et des incitations à la violence contre ces minorités se multiplient sur les réseaux sociaux et dans certains médias, alimentant les tensions et le risque de représailles.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui documente ces violences, fait état d’une multiplication des crimes motivés par l’appartenance confessionnelle ou ethnique. Ces attaques menacent la fragile paix civile et font craindre une escalade généralisée.
L’Observatoire appelle à une enquête indépendante, transparente et impartiale, afin que les responsables soient traduits en justice dans le cadre de procès équitables. Il insiste sur la nécessité de traiter ces violations dans un cadre juridique clair, à l’abri de toute instrumentalisation politique, et demande une désescalade urgente du discours de haine pour préserver la coexistence pacifique entre les communautés.