SYRIE / ROJAVA – L’Initiative pour la reconnaissance constitutionnelle et le statut officiel de la langue kurde en Syrie, annoncée le 17 octobre 2026 à Qamishlo, a lancé un appel clair aux organisations internationales. Cette démarche civile, indépendante et pacifique, sans affiliation politique, invite notamment l’UNESCO, l’UNICEF et d’autres institutions compétentes à s’engager activement en faveur de la diversité linguistique et culturelle en Syrie.
Le contenu de l’appel
Dans son communiqué, l’initiative demande aux organisations internationales de :
-
Soutenir la recherche sur l’éducation multilingue en Syrie ;
-
Soutenir la protection du patrimoine culturel et linguistique de la Syrie ;
-
Encourager la discussion sur les modèles et approches internationaux en matière de protection de la diversité linguistique.
Ces demandes s’inscrivent dans une vision plus large : celle d’une Syrie fondée sur la citoyenneté et l’égalité, où la reconnaissance des droits linguistiques — notamment le droit d’utiliser le kurde et de recevoir un enseignement dans cette langue — renforce l’unité nationale plutôt qu’elle ne la menace.
Pourquoi cet appel ?
Les initiateurs rappellent que la protection des droits linguistiques s’appuie sur des instruments internationaux reconnus : la Déclaration universelle des droits de l’homme, les Pactes internationaux, la Convention relative aux droits de l’enfant, les normes de l’UNESCO sur l’éducation multilingue et dans la langue maternelle, ainsi que la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.
Selon eux, préserver une langue et assurer sa transmission de génération en génération constitue un élément essentiel de la diversité culturelle. L’appel aux organisations internationales vise donc à mobiliser une expertise et un soutien technique pour faire avancer ces droits dans le cadre d’une future Constitution permanente et de la législation nationale syrienne.
Une approche pacifique et inclusive
L’initiative insiste sur le caractère pacifique et légal de sa démarche. Elle ne revendique pas une exclusivité linguistique, mais plaide pour un cadre constitutionnel qui reconnaisse la diversité culturelle et linguistique de la société syrienne tout en préservant l’unité territoriale et la souveraineté de l’État.
« L’égalité linguistique ne diminue personne, et la diversité culturelle ne menace pas l’unité de l’État », souligne le communiqué. Au contraire, une reconnaissance juridique adéquate peut jeter les bases d’un État de droit fondé sur la citoyenneté.
Perspectives
En s’adressant directement à l’UNESCO, à l’UNICEF et à d’autres acteurs internationaux, l’initiative cherche à inscrire la question de la langue kurde dans un débat plus large sur les droits culturels et éducatifs en Syrie. Elle appelle à des échanges d’expériences et à un soutien concret pour documenter la situation, développer des recherches et sensibiliser à l’importance de la diversité linguistique.
Cet appel constitue l’un des axes majeurs de l’action de l’initiative, aux côtés des études juridiques, des propositions constitutionnelles et des activités de sensibilisation qu’elle entend mener sur le terrain.