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IRAN. Cinq membres de deux familles kurdes abattus par les forces iraniennes en deux mois

IRAN / ROJHILAT – Cinq personnes issues de deux familles kurdes ont été tuées lors de deux opérations distinctes menées par les Gardiens de la révolution (IRGC) et les forces de sécurité iraniennes dans les provinces de Kermanshah (Kirmaşan) et du Kurdistan (Sînê), entre fin mai et fin juillet 2026.

Fusillade à Dalahoo (28 mai 2026)

Dans les premières heures du jeudi 28 mai 2026, les frères Meysam (Maytham) Veisi et Mojtaba Veisi, militants culturels et adeptes de la foi yarsane, ont été tués dans le village de Qaleh Kahoush (ou Ghaleh-Kouhesh), comté de Dalahoo, province de Kermanshah.

Selon de multiples sources kurdes de défense des droits humains (KHRN, Hengaw, HRANA), les forces de l’IRGC ont encerclé la maison où les deux frères se cachaient et ont ouvert le feu sans sommation depuis plusieurs directions, les tuant sur place. Les frères participaient aux manifestations nationales de décembre 2025-janvier 2026 et vivaient dans la clandestinité depuis plusieurs mois par crainte d’arrestation. Leurs corps ont été emportés par les forces de sécurité et n’ont pas été immédiatement restitués à la famille.

Les Veisi étaient des figures culturelles reconnues à Kermanshah : ils avaient cofondé une bibliothèque kurde dans le quartier de Darreh Deraz (Dareh Drezh) et participé à l’organisation de célébrations du Newroz. Mojtaba était également lutteur, musicien et peintre.

Fusillade sur la route Merîwan–Baneh (26 juillet 2026)

Près de deux mois plus tard, le dimanche 26 juillet 2026, Mehdi Tavakkoli, sa mère Maryam Aslani et sa sœur Somayeh Tavakkoli ont été tués lorsque les forces de renseignement des Gardiens de la révolution ont ouvert le feu sur leur véhicule (une Samand) sur la route reliant Merîwan à Baneh, dans la province du Kurdistan.

Mehdi Tavakkoli était un photographe et militant culturel bien connu : directeur de la Maison des photographes du Kurdistan, fondateur de la Maison des arts Çaw (Chaw) et ancien prisonnier politique. Sa sœur Somayeh était psychologue.

Les autorités iraniennes ont affirmé que le véhicule transportait des membres armés du PJAK (Parti pour une vie libre au Kurdistan) et que les décès étaient survenus lors d’une confrontation armée. Des organisations de droits humains rejettent cette version, affirmant qu’il s’agissait d’une famille civile et que les forces de sécurité ont tiré directement sur la voiture sans sommation. Les corps ont été rendus à la famille sous pression pour qu’elle évoque un « accident de la route ». Les funérailles se sont déroulées le 27 juillet à Sanandaj (Sînê) sous forte présence sécuritaire.

Contexte et réactions

Ces deux incidents ont ravivé les craintes d’une utilisation excessive de la force létale par les autorités iraniennes contre les civils kurdes, particulièrement les militants culturels et les participants aux protestations. Les organisations de défense des droits humains dénoncent l’absence d’enquêtes indépendantes et transparentes, ainsi que la récurrence des exécutions extrajudiciaires en Rojhelat (Kurdistan oriental).

Les autorités iraniennes n’ont pas publié de communiqué détaillé et officiel sur ces deux affaires au-delà des déclarations initiales qualifiant les victimes de « terroristes armés » dans le second cas.