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TURQUIE. Les médias kurdes, cibles prioritaires de la répression

TURQUIE / KURDISTAN – Les attaques contre la presse se multiplient en Turquie, avec une pression particulièrement forte sur les médias kurdes.

Selman Çiçek, coprésident de l’Association des journalistes de Dicle Fırat (DFG), a dénoncé une nouvelle vague de répression contre la liberté de la presse en Turquie, particulièrement ciblée contre les médias kurdes.

« Cibler les médias qui publient en kurde constitue également une attaque contre la langue kurde et contre le journalisme dans cette langue », a-t-il déclaré à l’agence ANF.

Ces derniers mois, les arrestations de journalistes se sont multipliées, notamment sous prétexte de la réunion de l’OTAN. Parmi les dernières victimes : Kayhan Ayhan et Hazar Dost, qui couvraient les affaires judiciaires de la municipalité d’Istanbul, ainsi que Berfin Ay, rédactrice en chef du journal Azadiya Welat. Parallèlement, de nombreux sites et comptes de réseaux sociaux ont été bloqués, dont Ajansa Welat, Azadiya Welat (deux médias kurdes), ainsi que des journalistes comme Diren Yurtsever.

Une répression structurelle

Selman Çiçek souligne que cette intensification n’est pas nouvelle : « L’affirmation selon laquelle les pressions se sont récemment accrues ne reflète pas pleinement la réalité. Les journalistes subissent une répression intense depuis de nombreuses années. Ce qui est frappant, c’est que, alors même que l’on évoque la démocratisation et la paix, les atteintes à la liberté de la presse ne diminuent pas, elles s’aggravent. »

Il relie cette répression à la montée d’une opposition sociale ces derniers mois, marquée par le mécontentement populaire face aux politiques du gouvernement AKP, aux débats sur la dissolution du CHP et à l’arrestation du satiriste Deniz Göktaş. Selon lui, le pouvoir cherche à étouffer cette contestation en s’en prenant aux journalistes, « porte-parole du peuple », afin de restreindre le droit du public à une information libre et indépendante.

Les médias kurdes en première ligne

Çiçek insiste particulièrement sur le sort des médias kurdes : « À chaque vague d’attaques contre la presse, les médias kurdes sont parmi les premières cibles. » Il cite les récents blocages d’Ajansa Welat et Azadiya Welat, ainsi que les restrictions imposées à Numedya24 et la fermeture de Rûpel. Pour lui, ces mesures ne relèvent pas de simples restrictions techniques : « Cibler les médias publiant en kurde constitue une attaque contre la langue kurde elle-même et contre le droit des millions de Kurdes à s’informer et à s’exprimer dans leur langue maternelle. »