SYRIE / ROJAVA – L’ancien otage kurde, Najm Al-Din Ahmad a été libéré le 11 avril après environ trois mois de détention arbitraire. Il a détaillé les conditions de son arrestation, les mauvais traitements infligés et les violations subies par plusieurs détenus en raison de leur identité ethnique ou confessionnelle.
Dans un témoignage recueilli par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH / SOHR), Najm Al-Din Ahmad, un civil kurde originaire de la campagne orientale de Deir Ezzor, a dénoncé les violations graves dont il a été victime dans un centre de détention géré par la « police militaire » du gouvernement de transition.
Il a souligné avoir été totalement coupé du monde extérieur pendant près de trois mois, sans aucun contact avec sa famille ni information sur son statut juridique. Il a également subi des pressions psychologiques constantes de la part des gardiens, notamment des remarques provocatrices et humiliantes répétées : « Les FDS sont finies. Pour qui vas-tu travailler maintenant ? »
Najm Al-Din Ahmad a été libéré le 11 avril après environ trois mois de détention arbitraire. Il a détaillé les conditions de son arrestation, les mauvais traitements infligés et les violations subies par plusieurs détenus en raison de leur identité ethnique ou confessionnelle.
Son récit :
Arrêté le 17 janvier dans la campagne orientale de Deir Ezzor, il a été transféré dans un centre de la « police militaire » où il est resté détenu sans qu’aucune accusation claire ne soit portée contre lui. Selon son témoignage, les détenus qui demandaient des informations sur leur situation ou leur éventuelle date de libération étaient accueillis par des moqueries, ce qui accentuait leur angoisse.
Il a souligné les répercussions dramatiques de sa détention injuste et illégitime sur sa famille. Il a déclaré :
« Mon seul crime est d’être Kurde. L’identité ne devrait pas être un motif de persécution ou de punition. »
Najm Al-Din Ahmad a insisté sur le caractère légitime des revendications kurdes et rappelé que toute responsabilité doit s’exercer dans un strict cadre légal, et non sur la base de l’appartenance ethnique. Il a également mentionné la présence, dans la même cellule, de détenus arabes et alaouites qui subissaient des injures et des remarques sectaires.
Il a conclu en déclarant :
« Nous avons été arrêtés injustement et à tort. Quel est notre crime si nous sommes nés Kurdes ? »
Il a exigé que les responsables des violations commises à son encontre et à l’encontre des autres détenus soient tenus responsables.
Position de l’Observatoire syrien des droits de l’homme
L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH ou SOHR) souligne que la détention arbitraire fondée sur l’appartenance ethnique ou sectaire, les traitements humiliants et les pressions psychologiques constituent une violation flagrante du droit international humanitaire et des droits de l’homme.
L’OSDH demande :
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La mise en place d’une enquête indépendante sur ces violations ;
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La libération immédiate de toutes les personnes détenues arbitrairement ;
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La garantie de procès équitables pour les accusés ;
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La fin de la politique d’impunité qui permet de tels agissements.