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AFRIN. Une femme kurde enceinte meurt suite aux agressions commises par des gangs de la Turquie

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SYRIE / ROJAVA – Une jeune femme d’Afrin est morte en donnant naissance à des jumeaux prématurés à cause d’agressions qu’elle a subies de la part des gangs de la Turquie.
 
Sherin Rasul Mahmoud, une jeune femme kurde de 20 ans, enceinte, est tombé gravement malade suite à l’agression qu’elle a subie entre les mains des mercenaires de la Turquie et du fait que son mari a été sauvagement battu et torturé par des gangs du Front du Levant.
 
Le 14 février 2021, son état s’est aggravé pour être ensuite transféré en Turquie par des passeurs pour y subir une césarienne.
Après que les fœtus prématurés aient été chirurgicalement retirés vivants de son utérus et placés dans les incubateurs, Sherin est décédée et son corps a été ramené dans son village pour être enterré le lundi 15 février 2021.
 
Le mari de Sherin, Abdo Izzat Kenj, 25 ans, avait été kidnappé avec des dizaines de villageois kurdes de son village de Mirkan (Gûndê Hûsse), dans le sous-district de Mabatli, à Afrin.
 
Alors que certaines des personnes enlevées ont été libérées après que leurs proches ont payé des rançons, Abdo, le mari de la femme décédée, est toujours porté disparu et on ne sait ni son sort ni où il se trouve.
 

TURQUIE. 68 femmes tuées malgré les plaintes officielles

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TURQUIE / BAKUR – Même si les femmes menacées s’adressent aux institutions publiques, elles n’obtiennent aucun résultat et continuent d’être tuées. Gülistan Şaylemez qui a été tuée par son frère dans la ville kurde d’Amed il y a deux jours, était l’une d’entre elles.
 
Selon les données de la plateforme « Nous mettrons fin aux féminicides » (Kadın Cinayetlerini Durduracağız Platformu – KCDP) pour l’année 2020, 300 femmes ont été tuées et 171 sont mortes de manière suspecte. 23 femmes qui ont perdu la vie ont fait l’objet d’une suspension ou d’une ordonnance de protection. 45 femmes ont porté plaintes auprès de la police pour violences. Gülistan Şaylemez, qui a demandé une protection parce qu’elle était menacée, n’est que l’une de celles qui ont perdu la vie sans être protégées, comme des dizaines et des centaines de femmes qui ont demandé à l’État. 

Şaylemez, qui s’est installée en Allemagne pour se marier, a rompu avec son mari en raison d’un conflit conjugal. Elle a eu quatre enfants, l’aîné a 17 ans et le plus jeune 3. Şaylemez est venue en Turquie il y a quelques moise. Elle voulait commencer une nouvelle vie ici mais a plutôt été exposée à la violence psychologique de sa famille après son divorce et a commencé à recevoir de fréquentes menaces.

Şaylemez, qui s’est plainte à deux reprises de son père et de son frère, a porté plainte contre son père Abdülvehap Şaylemez et son parent Adil S. au poste de police où elle s’est rendue 10 jours avant son meurtre. Şaylemez a accepté la demande de rencontre de son frère venu d’Allemagne en Turquie il y a deux jours. Elle pensait que son frère Abdullah Şaylemez ne lui ferait pas de mal. Şaylemez a reçu une balle dans le dos alors qu’elle marchait sur le trottoir le 15 février, après avoir dit à son frère où elle se trouvait.

 

CFWIJ: La Turquie mène une politique d’intimidation contre les journalistes

La Coalition pour les femmes dans le journalisme (CFWIJ) a appellé à la libération immédiate des journalistes kurdes Şehriban Abi, Nazan Sala et Zeynep Durgut emprisonnées en Turquie. CFWIJ a déclaré que la Turquie mène une politique d’intimidation contre les journalistes.

La Coalition pour les femmes dans le journalisme (Coalition For Women In Journalism-CFWIJ), basée à New York, a publié une déclaration concernant l’acte d’accusation déposé contre la journaliste de Jin News Şehriban Abi, la journaliste Nazan Sala et la journaliste de l’Agence de la Mésopotamie (MA) Zeynep Durgut sur des accusations liées au terrorisme.

Dans la déclaration, le CFWIJ déclare que « Tant Şehriban que Nazan ont été appréhendées par les autorités, où elles sont toujours derrière les barreaux. Zeynep, cependant, figurait dans l’acte d’accusation mais n’a pas encore été arrêté. La Cour pénale supérieure de Van a accepté l’affaire et une procédure judiciaire est en cours. Les journalistes, si elles sont reconnues coupables, encourent une peine pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison. La Coalition pour les femmes dans le journalisme condamne les accusations infondées contre les journalistes et nous exigeons leur libération immédiate. »

L’acte d’accusation contre les journalistes Sehriban et Nazan a été achevé et officiellement accepté mardi par la 5e Haute Cour pénale de Van. Les journalistes sont derrière les barreaux depuis 130 jours en attendant leur procès. Leur première audience du procès aura lieu le 2 avril 2021.

Le procureur a demandé une peine allant jusqu’à 15 ans de prison pour appartenance à une organisation terroriste armée. La journaliste Nazan Sala risque également jusqu’à 13 ans de prison pour des accusations de diffusion de propagande terroriste par la presse.

Les notes des journalistes, ainsi que certains numéros des journaux Özgür Gündem et Azadiya Welat, ont été saisis lors de la descente de police et cités comme preuves. Les appels téléphoniques des journalistes et les documents numériques du bureau Van de MA ont également été examinés dans le cadre de la préparation de l’acte d’accusation.

La Coalition pour les femmes dans le journalisme exige que « les autorités reconnaissent et réprimandent les crimes contre l’humanité, plutôt que d’exercer une pression politiquement polarisée sur la liberté de la presse dans le pays. Nous réitérons une fois de plus que le journalisme n’est pas un crime. Les arrestations et les méthodes d’intimidation légale contre les journalistes sont des attaques flagrantes contre la liberté de la presse en Turquie. Nous affirmons que nos collègues Şehriban Abi et Nazan Sala remplissent leurs devoirs journalistiques et ne commettent pas de crimes dans le cadre de leur couverture. Nous appelons à leur libération immédiate. »

ANF

La Suisse va expulser un réfugié kurde vers la Turquie

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SUISSE – La Suisse va expulser Hünkar Arslan, un activiste kurde réfugié en Suisse, vers la Turquie où il risque la prison. L’auto-organisation de défense des migrants, ROTA veut empêcher son expulsion et appelle à des manifestations devant la prison de Bässlergut à Bâle.

Le militant du HDP, Hünkar Arslan pourrait être expulsé de Suisse vers la Turquie, bien qu’il y soit menacé de répression et d’emprisonnement. Le jeune Kurde alévi, dont la demande d’asile a été rejetée, est détenu à Bâle dans la prison de Bässlergut depuis deux semaines. Son expulsion est prévue ce vendredi. L’auto-organisation de migrants ROTA veut empêcher cela et appelle à la protestation. Selon l’initiative, la décision de rejet dans la procédure d’asile d’Arslan a été prise par le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) avant que ses documents de défense ne soient reçus de la Turquie. «Cela illustre la politique d’expulsion suisse», critique le ROTA et demande que l’affaire soit réexaminée.

Toute la famille active dans le HDP

Hünkar Arslan a demandé l’asile en Suisse il y a environ un an. Sa famille politiquement active a dû quitter Dersim en raison de la politique répressive de l’État et a émigré à Izmit, dans l’ouest de la Turquie. Là, la famille Arslan s’est impliqué dans le Parti Démocratique des Peuples (HDP). L’un des parents des militants s’est même porté candidat à la mairie lors des dernières élections locales. Les membres de la famille sont donc régulièrement visés par les autorités de sécurité turques. C’est pourquoi Hünkar Arslan a décidé de quitter la Turquie en 2020. Même après cela, la police turque s’est présentée chez les parents pour lui demander où il se trouvait.

Comment cette décision s’inscrit-elle dans la conception suisse de la démocratie?

ROTA est scandalisé par la décision du SEM. « Comment la Turquie, qui a détenu et arrêté de force près de 1 000 étudiants qui ont réagi aux pratiques antidémocratiques au cours du mois dernier, peut-elle être en sécurité pour une personne politique? Comment le retour d’une personne en quête de protection dans un pays où tous ces événements se sont déroulés pourrait-il s’inscrire dans la conception suisse de la démocratie», veut savoir l’organisation. ROTA appelle à un rassemblement jeudi devant la prison de Bässlergut (Freiburgerstrasse 48, 4057 Bâle). La manifestation commence à 14 heures. Le groupe de Bâle sans nazi et anarchiste Berne appelle également à la participation.

Des centaines de membres du HDP arrêtés en un jour

Pas plus tard que le lundi 15 février, au moins 718 personnes ont été arrêtées dans quarante provinces de Turquie sur des accusations de «terrorisme». La majorité des personnes arrêtées sont des membres ou responsables du HDP.

ANF 

KURDISTAN DU SUD. Incendie mortel dans un camp de réfugiés yézidis à Zaxo

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Un incendie s’est déclaré dans un camp de réfugiés yézidis à Zakho, dans la région autonome kurde d’Irak. Un père et deux enfants d’une même famille ont perdu la vie et 5 personnes ont été blessées.
 

L’incendie s’est déclaré tôt le matin dans le camp de Bêrsiva où sont hébergés des réfugiés yézidis à Zakho, dans la province de Dohuk. La raison de l »incendie serait dû à problème électrique.

Selon des sources locales, un père et deux enfants de la même famille sont morts tandis que 5 autres personnes ont été blessées. On a appris que le défunt était Xalid Eliyas, 31 ans, de Shengal et ses enfants de 10 et 11 ans.

Xalid Eliyas s’est réfugié à Dihok lors des attaques génocidaires de mercenaires de l’Etat islamique contre Shengal le 3 août 2014 et a été placé dans le camp de Bêrsiva.

Aucune information supplémentaire n’a pu être obtenue sur l’état des blessés.

 

PRESSE. La région autonome kurde d’Irak est un enfer pour les journalistes indépendants

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KURDISTAN DU SUD – Autrefois considéré comme une havre de liberté de la presse et la liberté d’expression dans un Moyen-Orient à feu et à sang, la région autonome kurde d’Irak a sombré dans la terreur étatique ces dernières années. Plus aucune critique des clans Barzanî (PDK) et Talabanî (UPK) dirigeant le Kurdistan du Sud n’est tolérée. Les journalistes qui ne respectent pas cette règle et qui dénoncent la corruption ou d’autres délits impliquant ces clans sont menacés de prison, torture, ou la mort.    
 
C’est dans ce climat de terreur qu’hier, les journalistes* kurdes Sherwan Sherwani, Guhdar Zebari et Ayaz Karam ont été condamnés à 6 ans de prison par le tribunal d’Erbil pour «atteinte à la sécurité nationale». Sherwani était notamment accusé d’ « avoir travaillé pour l’Iran et avoir surveillé secrètement les mouvements de Masoud Barzani ».
 
Les photographes qui étaient présents au procès des journalistes ont déclaré qu’ils ont été menacés par les autorités pour qu’ils ne publient pas les photos prises lors du procès. Le photographe qui a pris cette photo n’ose pas révéler son identité pour ne pas finir comme Sherwan Sherwani, Guhdar Zebari et Ayaz Karam.
 
Le journaliste Rebaz Majeed dit avoir du mal à trouver des photos pour illustrer son article au sujet de la condamnation des journalistes à publier sur le journal VOA car les photographes ont vraiment peur des clans Barzanî et Talabanî accusés de se comporter comme des parrains mafieux sans foi ni loi.
 
Les autorités kurdes d’Irak sont régulièrement critiquées par les ONG de défense des droits humains et celles de protection des travailleurs de la presse.

Reporters sans frontière (RSF) rappelait hier que:

« Deux autres journalistes sont actuellement détenus au Kurdistan irakien. Omed Baroshki a été arrêté le 18 août et Qahraman Shukri a été arrêté à domicile le 27 janvier pour des motifs inconnus, après avoir critiqué en ligne la répression politique menée par le KRG. Qahraman Shukri est le fils de Shukri Zaynadin, un journaliste décédé dans des circonstances encore inexpliquées à la fin de 2016. Son fils insiste sur le fait qu’il a été victime d’un «meurtre politique», ajoutant que: « L’Irak [dont le Kurdistan irakien] est classé 162e sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2020 de RSF. »
 
*Sherwan Sherwani a été arrêté le 7 octobre tandis que Guhdar Zebari et Ayaz Karam ont été arrêtés le 22 octobre après des publications sur les réseaux sociaux faisant écho aux revendications et plaintes des manifestants, y compris des plaintes concernant des retards dans le paiement des salaires des employés de l’État et des allégations de corruption du gouvernement.

La France et l’Europe doivent stopper la guerre d’invasion turque au Kurdistan

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PARIS – « La France et l’Union européenne doivent condamner et entraver cette nouvelle agression du pouvoir turc mais aussi apporter leur soutien aux forces kurdes », Parti Communiste Français.
 
Le Parti Communiste Français (PCF) condamne la nouvelle guerre d’invasion turque visant le Kurdistan d’Irak, dont la région yézidie de Sincar et les bases militaires du PKK à Garê. Le PCF exhorte l’Union européenne et la France à stopper cette énième guerre turque menée sur le front kurde et reconnaitre officiellement l’autonomie du Rojava, dans le respect de l’intégrité territoriale de la Syrie.
 
Voici l’appel du PCF:
 

La Turquie embrase le Moyen-Orient (PCF)

Depuis plusieurs semaines maintenant, la Turquie se livre à des bombardements criminels sur le Sinjar en Irak. De nombreux civils et des soldats, dont treize militaires turcs, y ont trouvé la mort.

Cette région est tragiquement connue, car ses habitants, les Yézidis, y ont fait l’objet d’une monstrueuse tentative de génocide lors d’une offensive de l’Etat islamique, en août 2014, soutenue par Ankara.

Il aura fallu le courage des combattants kurdes, notamment ceux du Parti des travailleurs du Kurdistan, pour les sauver de la mort et de l’esclavage. Depuis, les Yézidis, afin de prévenir toutes nouvelles agressions, se sont constitués en province autonome et leurs forces ont intégré l’armée irakienne.

R.T. Erdogan veut briser cette expérience. Il a pour cela installé sur le territoire irakien des bases militaires et déploie des troupes à la frontière. Il cherche à déclencher une invasion avec le soutien de djihadistes revenus de Syrie, de Libye et du Haut Karabakh. Les frappes aériennes et les menaces d’intervention suscitent la colère et l’inquiétude de la population.

R.T. Erdogan ne parvient pas pour le moment à obtenir le feu vert de Washington et fulmine contre le président Biden.

Cette nouvelle guerre de R.T. Erdogan vise à briser les Kurdes du Rojava (Syrie) et du Sinjar qui ont établi des institutions démocratiques et poursuivent le combat contre Daesh dont l’organisation reprend de la vigueur dans les deux pays. Bagdad craint également que cette guerre se traduise par une annexion pure et simple d’une partie de son territoire.

Dans la perspective de retrouver la gloire perdue de l’empire ottoman, cet expansionnisme de la Turquie s’est déjà traduit par la prise de contrôle illégale du nord de Chypre et du canton d’Afrin en Syrie.

Tout à son esprit de conquête, le tyran d’Ankara vient de procéder à l’arrestation de 718 membres du Parti démocratique des peuples (HDP), cette force démocratique progressiste. Des milliers de ses membres, parlementaires, maires, militants croupissent en prison, dont son co-président, S. Demirtas. Il est urgent de stopper cet engrenage mortifère et liberticide.

L’autoritarisme de R.T. Erdogan, conforté par l’alliance avec l’extrême droite fasciste du MHP,  est de plus en plus contesté par une large frange de la population de Turquie, qui aspire à la liberté et qui souffre du désastre économique.

En ces circonstances, la France et l’Union européenne doivent condamner et entraver cette nouvelle agression du pouvoir turc mais aussi apporter leur soutien aux forces kurdes.

Tout en respectant l’intégrité territoriale de la Syrie, elles doivent reconnaitre officiellement l’autonomie du Rojava à l’image de ce qui s’est fait pour la province autonome kurde en Irak. Elles doivent cesser les interpellations de militants kurdes pacifistes sur leur territoire et mettre un terme aux procédures d’extradition.

Les communistes appellent à la libération immédiate des prisonniers politiques de Turquie et à la mobilisation indispensable de toutes les forces progressistes et pacifistes afin de briser le bras assassin de R.T. Erdogan.

Parti communiste français

La révolte de Sheikh Said: des succès-éclairs à la répression brutale

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TURQUIE / BAKÛR – « La révolte de Sheik Said, impressionnante par son intensité et les succès-éclairs qu’elle rencontrera, interpelle avant par son caractère religieux éminent – du moins initialement – et, surtout, inédit. Si la révolte ne durera guère plus de deux mois et demi, son intensité et ses conséquences marquent, aujourd’hui encore, les mouvements kurdes, qu’ils soient insurgés ou légaux. Exécutée prématurément, la rébellion n’atteindra pas les objectifs qu’elle s’était fixée mais nourrira, deux ans plus tard, la plus importante insurrection kurde que la jeune république turque connaîtra dans l’entre-deux-guerres : la révolte du mont Ararat. »

Kurdes, Arméniens, Grecs, Assyro-chaldéens… au début du XXe siècle, de nombreux peuples d’Anatolie furent massacrés pour rendre possible la naissance de l’État nationaliste turc. Ataturk, le père de la Turquie, s’est fait passé pour un avant-gardiste qui faisait entrer la Turquie dans le cercle des pays « civilisés » de l’Occident tandis qu’il présentait les Kurdes comme des arriérés refusant de rejoindre la nation civilisée qu’est la Turquie. Alors, à coup de massacres, il allait les mettre dans le droit chemin de la civilisation. Ainsi, il écrasera dans le sang les révoltes indépendantistes kurdes qui ont balayé le Kurdistan « turc » entre 1920 et 1938. (Les révoltes de Dersim, Zilan, Ararat… sont les principales révoltes kurdes des années 1920-1938 qui ont toutes été écrasées dans le sang par l’Etat turc.)
 
Une de ces nombreuses révoltes kurdes du début de XXe siècle fut la révolte de Cheikh Said (Şêx Seîd), un digitaire kurde-zaza de Palu, dans la province de Diyarbakir (Amed). Şêx Seîd a été capturé en avril 1925 par les troupes turques. Il a été condamné à mort le 28 juin 1925 et pendu le lendemain à Diyarbakır (Amed) avec 47 de ses partisans.
 
L’État turc a essayé de faire croire que la rébellion dirigée par Cheikh Said était à motivation islamique pour faire passer les Kurdes pour les raisons évoquées plus haut. Mais, la révolte de Cheikh Said englobait les revendications nationalistes kurdes, en plus de celle demandant l’instauration d’un califat islamique. Cette dernière demande ne doit toutefois pas faire oublier la diversité religieuse qu’on observe chez les Kurdes. Même si la majorité des Kurdes se sont convertis à l’Islam sunnite, une bonne partie d’entre eux ont d’autres confessions: alévisme, yézidisme, zoroastrisme, christianisme et le judaïsme.
Le journaliste Emile Bouvier a publié un article à deux volet traitant de la révolte de Cheikh Said dans lequel il démontre les dimensions multiples de cette révolte que certains veulent faire passer pour une révolte islamiste. Voici le deuxième volet: 
 
La révolte de Sheikh Said (13 février-27 avril 1925) : entre nationalisme, islamisme et identitarisme ethnique : une rébellion kurde atypique (2/2). Récit de la rébellion : des succès-éclairs à la répression brutale
 
A lire sur le site Les Clés du Moyen-Orient
 

Jour noir pour les journalistes du Kurdistan d’Irak

IRAK / KURDISATN DU SUD – Aujourd’hui, le tribunal pénal d’Erbil a condamné à 6 ans de prison les journalistes Sherwan Sherwani, Guhdar Zebari et Ayaz Karam reconnus coupables d’ « atteinte à la sécurité nationale ». Sherwan Sherwani est notamment accusé d’ « avoir travaillé pour l’Iran et avoir surveillé secrètement les mouvements de Masoud Barzani ».

Plusieurs des activistes de la société civils qui ont été arrêtés lors des récentes manifestations populaires du Kurdistan ont également été condamnés par la justice pour « atteinte à la sécurité nationale ».

Reporters sans frontières (RSF) demande aux autorités kurdes de cesser la répression des travailleurs de la presse:

« Déférés devant un tribunal de la capitale régionale, Erbil, les trois journalistes sont victimes d’une vague d’arrestations menée par le Gouvernement régional du Kurdistan (KRG) en réponse à une série de protestations majeures ces derniers mois contre sa gestion de la crise économique résultant de la pandémie de Covid-19.
 
Sherwan Sherwani a été arrêté le 7 octobre tandis que Guhdar Zebari et Ayaz Karam ont été arrêtés le 22 octobre après des publications sur les réseaux sociaux faisant écho aux revendications et plaintes des manifestants, y compris des plaintes concernant des retards dans le paiement des salaires des employés de l’État et des allégations de corruption du gouvernement.
 
Lors d’une conférence de presse le 10 février, le KRG a évoqué la situation des journalistes et des militants emprisonnés ces derniers mois. Sans nommer personne, le Premier ministre du GRK, Masrour Barzani, a déclaré que «certains individus étaient des agents des services de renseignement étrangers» et d’autres «étaient armés et complotaient pour faire sauter des bâtiments et attaquer des citoyens étrangers» – des crimes passibles de la réclusion à perpétuité.
 
Lors de la même conférence de presse, Barzani a déclaré que le KRG «soutenait le journalisme et les droits des journalistes sous toutes ses formes», mais a averti que les autorités devaient empêcher «les activités illicites menées sous la bannière du journalisme».
 
«Nous appelons le gouvernement régional du Kurdistan à libérer les journalistes et à abandonner les charges retenues contre eux», a déclaré Sabrina Bennoui, responsable du bureau Moyen-Orient pour RSF. « Si le KRG prétend soutenir les journalistes et respecter leurs droits, il doit consentir à les laisser couvrir les questions d’intérêt public, y compris les journalistes qui sont les plus critiques de sa politique actuelle, et en particulier à l’heure actuelle, ce qui est crucial en raison de la Pandémie de covid19. »
 
En novembre, RSF et le MENA Rights Group (MRG), basé à Genève, ont demandé aux experts des droits de l’homme de l’ONU de tout mettre en œuvre pour obtenir la libération de Sherwan Sherwani et d’enquêter sur sa disparition forcée pendant les 19 premiers jours après son arrestation le 7 octobre et les auquel il aurait été soumis.
 
Deux autres journalistes sont actuellement détenus au Kurdistan irakien. Omed Baroshki a été arrêté le 18 août et Qahraman Shukri a été arrêté à domicile le 27 janvier pour des motifs inconnus , après avoir critiqué en ligne la répression politique menée par le KRG. Qahraman Shukri est le fils de Shukri Zaynadin , un journaliste décédé dans des circonstances encore inexpliquées à la fin de 2016. Son fils insiste sur le fait qu’il a été victime d’un «meurtre politique».
 
L’Irak est classé 162e sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2020 de RSF. »

FÉMINICIDE. Un homme tue sa soeur pour nettoyer l’ « honneur » de sa famille

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TURQUIE / BAKUR – Gülistan Şaylemez, une jeune Kurde de 20 ans, a été tuée par son frère à Amed.

Gülistan Şaylemez a été abattue dans la rue à Diyarbakir (Amed) lundi soir. Le tueur est son frère Abdullah Şaylemez. Le tueur a été découvert grâce aux images d’une caméra de sécurité près de la scène du crime dans l’arrondissement de Yenişehir. Le tueur s’est d’abord enfui mais a ensuite été arrêté par la police. Au cours de l’interrogatoire, il a déclaré avoir tué sa sœur pour nettoyer l’ « honneur » de la famille.

Gülistan Şaylemez avait déposé une plainte pour contre son père et un autre proche auprès du département de police pour violence domestique il y a dix jours. Le 14 février, elle a fait une autre déclaration à la police. Elle a été abattue un jour plus tard par son frère venu exprès d’Allemagne à la demande du père auquel on aurait dit que leur fille menait une « mauvaise vie ».

 

SEXISME. Les femmes kurdes victimes des clichés sexistes

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SEXISME – Depuis le début de la révolution féministe du Rojava, les femmes kurdes sont devenues des « amazones » des temps modernes et les clichés sexistes les représentant publiés à foison sur les réseaux sociaux.
 
On peut « pardonner » aux Occidentaux leur fantasme orientaliste concernant les Kurdes en général et les femmes kurdes en particulier. Mais que dire des hommes (et parfois des femmes) kurdes qui passent leurs temps à partager des photos de jeunes femmes maquillées en les faisant passer pour des courageuses combattantes ou des femmes soi-disant en « tenue traditionnelle kurde »
 
A trop vouloir glorifier le courage et la « beauté » des femmes kurdes, ces personnes ridiculisent l’image des femmes kurdes ou créent des complexes chez les femmes et filles qui ne répondent pas aux dictats des magazines peoples qui diffusent les images de femmes anorexiques, épilées de la tête aux pieds, maquillée à outrance et qui recourent à la chirurgie esthétique et qui ont en générale une mauvaise estime de soi.
 
Pour respect pour ce que les femmes kurdes endurent en tant que femmes et kurdes, il faut cesser de vouloir créer le mythe des amazones kurdes à la beauté redoutable. Elles espèrent avant tout obtenir leur libération en tant que peuple et s’émanciper pour échapper à la patriarcat bien ancré dans la société conservatrice kurde. Ne jetez pas de l’huile sur le feu avec vos publications de pacotille. Zor spas / Merci beaucoup !
 

Mazloum Abdi: l’attaque d’Hewler vise à déstabiliser le Kurdistan du Sud

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SYRIE / ROJAVA – Le commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi a condamné l’attaque d’hier visant la ville de kurde d’Erbil et son aéroport. Il a déclaré que cette attaque visait à frapper la stabilité du Kurdistan du Sud.
 
Lundi soir, la ville d’Erbil (Hewler) et son aéroport ont été victimes d’une attaque de missiles, qui a entraîné la mort d’une personne de nationalité étrangère, en plus de blesser 6 autres, dont un soldat américain.
 
Le commandant des FDS, Mazloum Abdi a publié un tweet sur Twitter concernant l’attaque d’Hewler:
 
« Hier, Hewler et son aéroport ont été victimes d’une attaque de missiles. Nous condamnons fermement ces actions qui visaient à frapper la stabilité de la région du Kurdistan du Başûr (Sud).
 
Hommage aux martyrs, et nous souhaitons un prompt rétablissement aux civils blessés et aux blessés parmi nos partenaires de la Coalition internationale. »