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SYRIE. Les Druzes de Soueïda exigent justice et autodétermination

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SYRIE – La ville druze de Soueïda a été le théâtre de manifestations à grande échelle avec la participation d’habitants de toute la province, rapporte l’agence kurde ANHA.

Les protestations ont été organisées en signe de rejet de ce que les manifestants ont décrit comme un « blocus étouffant et une attaque barbare » visant la communauté druze et la population plus large de la province. 

Voix du terrain

L’activiste Nasser Abu Halla a souligné dans un discours aux manifestants que les habitants de la province « n’accepteront rien de moins qu’un retour complet dans leurs villages détruits par le terrorisme », soulignant que les habitants autochtones – druzes, chrétiens et musulmans – « méritent une liberté totale, libres de toute répression et de toute tutelle ».

Il a appelé à une « enquête internationale indépendante » sur les meurtres, les déplacements et les pillages subis par la province, soulignant de graves violations, notamment des attaques contre des mosquées, des églises et des hôpitaux, où des tireurs d’élite étaient postés pour cibler les civils.

Pendant ce temps, Wael Abu Assali a déclaré que « l’indépendance complète » était la seule option, notant que le gouvernement de transition avait imposé un blocus strict, bloqué l’entrée de l’aide, renforcé les restrictions sur la nourriture et les médicaments, et coupé l’électricité, l’eau et les services essentiels.

Retour aux « Places de la Dignité »

La poétesse et activiste Raqiya al-Shaer a affirmé que les habitants de la province ravivaient l’esprit des « Places de la Dignité », soulignant que les foules étaient descendues dans la rue pour exiger la liberté de leur province loin de ce qu’elle a décrit comme un « État barbare », et rejetant toute tutelle imposée par Damas ou les autorités de facto.

Entre blocus et dignité

Les participants ont souligné que les habitants de la province avaient été « tués sur la base de leur identité », tandis que leurs villages avaient été pillés sous prétexte de « butin de guerre », laissant les familles à la merci des conditions de siège et de l’effondrement des services de base. (ANHA)

SYRIE. Les FDS libèrent leurs combattants kidnappés par DAECH à Deir ez-Zor

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SYRIE / ROJAVA – Les forces arabo-kurdes ont libéré hier quatre combattants kidnappés par DAECH à Deir ez-Zor la veille.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont annoncé vendredi soir que le Conseil militaire de Deir ez-Zor avait réussi à libérer quatre de ses combattants qui avaient été enlevés par une cellule soupçonnée d’appartenir à l’État islamique (DAECH / ISIS) à Deir ez-Zor, dans la campagne de l’est de la Syrie.

Selon le communiqué, les combattants ont été enlevés le 14 août alors qu’ils se rendaient dans un centre de santé de la ville de Gharanij, à l’est de Deir ez-Zor, pour recevoir des soins médicaux en dehors de leurs fonctions officielles.

Les FDS ont affirmé que les opérations de sécurité dans la zone se poursuivraient jusqu’à ce que tous les membres de la cellule liée à l’EI soient retrouvés et éliminés.

ROJAVA. Des gangs ouïghours installés dans les maisons kurdes d’Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Les combattants ouïghours et leurs familles ont été installés dans des maisons kurdes d’Afrin, dont la population a été chassé par l’invasion turque en 2018. Cette initiative fait suite à d’importants changements démographiques depuis l’offensive de l’Armée nationale syrienne (ANS / SNA) en 2018, qui a déplacé plus de 300 000 habitants.
 
Le militant des médias et directeur du réseau Afrin Now, Bushkin Muhammad Ali, a déclaré à Kurdistan24 que des combattants ouïghours ont été réinstallés avec leurs familles dans des maisons abandonnées appartenant à des résidents déplacés de force dans la région à majorité kurde d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie (Kurdistan occidental).
 
Selon Muhammad Ali, des membres de la « Division Hamza » – récemment intégrée au ministère de la Défense du gouvernement intérimaire syrien sous le nouveau nom de « 76e Division » – ont supervisé le relogement des familles ouïghoures dans trois maisons à Me’riskê (Maraseh al-Khatib), un village de la campagne d’Afrin. Il a expliqué que ces maisons avaient été précédemment occupées par des personnes déplacées de la ville de Menagh, au nord d’Alep, avant d’être évacuées et remises aux nouveaux arrivants.
 
Le chef du bureau local du Conseil national kurde (KNCS) à Afrin a confirmé la réinstallation à Kurdistan24, déclarant que trois familles ouïghoures s’étaient effectivement installées dans le village.
 
Parallèlement à ces réinstallations, selon Reuters, le ministère syrien de la Défense a annoncé la création d’une nouvelle structure militaire, la 84e division de l’armée syrienne, qui comprendra des soldats syriens et environ 3 500 combattants étrangers, en majorité des Ouïghours originaires du Turkestan oriental, en Chine et d’autres pays. Dans le cadre de ce processus, ces combattants ont également obtenu la nationalité syrienne, une mesure présentée par Damas comme une étape vers leur intégration dans la société syrienne.
 
Le plan du gouvernement stipule que les combattants nouvellement naturalisés seront traités comme des citoyens ordinaires à condition qu’ils ne représentent aucune menace en dehors des frontières de l’État syrien, ne portent pas atteinte à la société civile syrienne, adhèrent à la loi et à l’ordre nationaux et s’abstiennent de former des organisations indépendantes dans le pays.
 
L’approbation de cet accord par les États-Unis a suscité une vive controverse parmi les Syriens. Washington avait auparavant exigé l’expulsion de ces combattants étrangers de Syrie et s’était fermement opposé à ce que certains d’entre eux obtiennent des grades militaires dans l’armée syrienne. Ce changement de position américain a donc alimenté les craintes que l’intégration de militants étrangers dans les structures officielles ne renforce l’instabilité plutôt que de la résoudre.
 
Afrin : un symbole du changement démographique forcé
 
Afrin, une région historiquement à majorité kurde où les Kurdes représentaient près de 95 % de la population avant 2018, a subi des transformations démographiques radicales depuis que les factions de l’Armée nationale syrienne (ANS) soutenues par la Turquie ont pris le contrôle en mars 2018 lors de l’« Opération Rameau d’olivier ».
 
L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a recensé des milliers de violations contre les civils locaux par des groupes armés tels que la division Hamza et la brigade Sultan Suleiman Shah, désormais officiellement intégrées aux structures de sécurité syriennes réorganisées. Ces violations comprennent des pillages, des détentions arbitraires, des actes de torture et des déplacements systématiques, souvent destinés à contraindre les habitants kurdes à abandonner leurs foyers.
 
L’OSDH estime que plus de 300 000 personnes ont été déplacées d’Afrin après 2018. Seulement 25 000 environ sont rentrées, laissant près de 275 000 personnes toujours déplacées dans des zones du nord d’Alep telles que Tal Rifaat, Nubl, Zahra, Deir Jamal et les villages de Shahba, tandis que d’autres ont fui vers la ville d’Alep, Kobani ou des zones contrôlées par l’Administration démocratique autonome du nord et de l’est de la Syrie (DAANES).
 
Les groupes de défense des droits humains soulignent que l’ampleur des déplacements et des réinstallations à Afrin constitue une violation du droit international. Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (articles 6, 7 et 8) définit les déplacements forcés et l’ingénierie démographique menés dans le cadre d’une campagne systématique comme des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
 
Colonies soutenues par des organisations étrangères
 
Selon North Press, environ 38 projets de colonisation ont été construits à Afrin depuis 2018, parrainés par des organisations turques, koweïtiennes, qataries et palestiniennes. Ces projets comprennent plus de 1 000 logements dans des districts tels que Sharran, Sheikh Hadid, Jindires, Bulbul et Rajo. Les analystes affirment que ces projets ne sont pas conçus comme une aide humanitaire, mais comme des outils d’ingénierie démographique visant à remplacer les résidents kurdes par des Arabes, des Turkmènes et, désormais, des combattants ouïghours et leurs familles.
 
Réponse internationale : sanctions et critiques
 
L’Union européenne (UE) a récemment levé certaines sanctions contre les institutions étatiques syriennes afin d’encourager la reconstruction, mais a imposé de nouvelles mesures restrictives à l’encontre des chefs de milices accusés de violations des droits humains, notamment à Afrin. L’UE a sanctionné la division Hamza, la division Sultan Murad et la brigade Suleiman Shah, ainsi que les commandants Mohammad Hussein al-Jassem (Abou Amsha) et Sayf Bulad Abu Bakr, tous deux promus simultanément au sein de la nouvelle structure de l’armée syrienne.
 
Les États-Unis ont également sanctionné ces groupes. En août 2023, Washington a placé Abu Amsha sous le coup de la loi Magnitsky pour avoir dirigé des forces accusées de déplacements forcés, d’enlèvements et de violences sexuelles à Afrin. Le Trésor américain a également sanctionné la division Hamza pour avoir dirigé des centres de détention où les personnes enlevées étaient torturées et rançonnées, et où des femmes auraient été victimes d’abus sexuels.
 
Malgré ces mesures, Abu Amsha et Abu Bakr ont tous deux été promus au sein des divisions syriennes nouvellement formées, ce qui suscite des inquiétudes quant à l’enracinement d’une culture d’impunité plutôt que la garantie de la responsabilité.
 
La double stratégie de la Turquie
 
Rami Abdulrahman, directeur de l’OSDH, a déclaré à Kurdistan24 que « la Turquie détient la clé » pour résoudre la crise d’Afrin. Il a accusé Ankara de poursuivre une « stratégie à double tranchant » : d’un côté, mobiliser les réseaux électroniques pour discréditer les Forces démocratiques syriennes (FDS), et de l’autre, dialoguer avec elles sous le couvert de la construction de la nation syrienne. « S’ils le voulaient, ils pourraient appliquer chaque accord conclu », a déclaré Abdulrahman. « Mais ils choisissent la duplicité. »
 
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a signalé en 2018 que la réinstallation forcée de groupes non kurdes dans des foyers d’Afrin pourrait représenter une tentative délibérée de modifier de manière permanente la composition ethnique de la région.
 
Les militants locaux et les résidents déplacés affirment que la dernière installation de familles ouïghoures à Me’riskê est un autre chapitre d’une longue campagne d’ingénierie démographique qui a déjà transformé le tissu social d’Afrin.
 
« Chaque nouvelle implantation réduit les chances de retour des propriétaires légitimes », a déclaré un habitant déplacé à Kurdistan24. « Il ne s’agit pas seulement d’un déplacement, mais de l’effacement de l’identité kurde d’Afrin. » (Kurdistan24)

KURDISTAN. Un responsable du Rojava reçu par Barzani

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KURDISTAN – Le coprésident du Conseil démocratique syrien (CDS), Mahmoud al-Maslat, a rencontré Massoud Barzani, président du Parti démocratique du Kurdistan, pour discuter des développements politiques dans la région et en Syrie en particulier.

Masoud Barzani, président du Parti démocratique du Kurdistan, a reçu samedi Mahmoud al-Maslat, coprésident du Conseil démocratique syrien, (en kurde : Meclîsa Sûriya Demokratîk), à la station balnéaire de Salahaddin à Erbil (Hewler).

 

Les deux parties ont discuté des derniers développements politiques dans la région, en particulier dans le nord et l’est de la Syrie, soulignant l’importance de l’unité entre les partis politiques et le gouvernement de transition en Syrie pour résoudre les problèmes par le dialogue et la compréhension mutuelle, tout en surmontant les crises et les défis.

TURQUIE. Les mères du samedi demandent justice pour Salim Acar

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TURQUIE – Aujourd’hui, lors de leur 1064e veillée, les Mères du Samedi ont demandé justice pour Mehmet Salim Acar, un paysan kurde porté disparu de force après être kidnappé par des paramilitaires turcs à Diyarbakir il y a 31 ans.

Les Mères du samedi, qui se rassemblent chaque semaine place Galatasaray pour réclamer le sort de leurs proches disparus et assassinés en détention et pour poursuivre les auteurs, ont organisé leur 1 064e manifestation. Arrivées place Galatasaray avec des œillets et des photos de leurs proches disparus en détention, les Mères du samedi ont réclamé justice pour Mehmet Salim Acar, disparu à Amed il y a 31 ans cette semaine.

 

Lors de la manifestation, la mère de famille İkbal Eren a déclaré qu’Acar, un agriculteur du village d’Ambar, dans le district de Bismil à Amed, avait été emmené de force par des personnes venues à bord d’une « Beyaz Toros » (voitures blanches de modèle Renault 12 utilisées par des paramilitaires turcs dans les années 1990 pour le kidnappings des civils) alors qu’il travaillait dans un champ de coton avec son fils de 13 ans et un agriculteur, le 20 août 1994. İkbal Eren a déclaré : « La fille d’Acar, Abide, et ses voisins, qui lavaient du linge au bord de la rivière à ce moment-là, ont vu Acar à l’intérieur d’une Beyaz Toros, les mains, les yeux et la bouche baillonés. Ils ont également vu le véhicule accompagné d’une autre voiture avec cinq personnes attendant au bord de la rivière, et les véhicules s’éloignant en direction de Bismil. Apprenant que les véhicules en question appartenaient au bataillon de gendarmerie de Bismil, la famille a contacté les autorités militaires, judiciaires et administratives locales pour connaître le lieu où se trouvait Mehmet Salim et les raisons de son arrestation. Ils ont ensuite déposé des requêtes auprès de toutes les autorités nationales compétentes, y compris la présidence. le ministère de l’Intérieur, le ministère de la Justice et le ministère des Droits de l’Homme, exigeant que la sécurité d’Acar soit assurée de toute urgence. »

İkbal Eren, déclarant qu’une plainte pénale avait été déposée auprès du parquet de Silvan contre İzzet Cural, alors commandant du bataillon commando du district de Bismil, et l’officier de gendarmerie Ahmet Babayiğit, pour leur prétendue responsabilité dans l’enlèvement d’Acar, a poursuivi : « Cependant, le conseil administratif provincial de Diyarbakır a décidé de ne pas tenir de procès le 23 janvier 1997, invoquant des « preuves insuffisantes ». Malgré toutes les pressions et les menaces, la famille a continué à faire appel pendant des années, mais en vain par les voies juridiques nationales. Aucune enquête n’a été menée pour éclairer tous les aspects de l’incident et identifier les responsables ; la procédure engagée a clairement violé l’obligation de mener une enquête effective. Par conséquent, la famille a saisi la CEDH. La Turquie, dans sa défense soumise à la CEDH, a déclaré : « Notre gouvernement regrette les souffrances causées à la famille par la disparition de M. Salim Acar. L’absence d’enquête effective sur les allégations de disparition constitue une violation des articles 2, 5 et 13 de la Convention. » L’État a proposé une indemnisation au requérant et un règlement à l’amiable. Cependant, la famille Acar a rejeté cette offre et a demandé que la violation subie soit déterminée par une décision de justice. Le 8 avril 2004, la CEDH a statué que le droit à la vie avait été violé en raison d’un manque d’enquête effective. Les décisions de la CEDH sont contraignantes pour l’État. Par conséquent, l’État doit remplir ses obligations légales, enquêter efficacement sur la disparition de Mehmet Salim Acar pendant sa détention et veiller à ce que justice soit rendue. Peu importe le nombre d’années qui passent, nous ne cesserons jamais d’exiger justice pour Mehmet Salim Acar et toutes nos pertes, et de rappeler à tous que l’État doit agir dans le respect des normes juridiques universelles.

Suite à cette déclaration, la lettre envoyée à la manifestation par le fils d’Acar, İhsan Acar, a été lue par Kudret Ünal de Saturday People. La lettre contenait les déclarations suivantes : « J’adorais aller aux champs avec mon père. Nous étions six frères et sœurs, mais j’étais toujours celui qui ne le laissait jamais seul aux champs. Il s’en vantait. C’était en 1994. J’avais onze ans. J’étais un enfant sec et sombre, brûlé par le soleil d’août. Mais depuis ce jour, je suis passé de l’enfance à la position de « chef de famille ». Mon père était parti, disparu. Alors que la Beyaz Toros s’éloignait, j’ai avalé la poussière qu’elle soulevait, en la dévorant. Ce jour-là, pour la première fois, je ne me suis pas vanté. Moi qui me vantais toujours d’être avec mon père aux champs, j’ai eu honte ce jour-là. Parce que je ne pouvais rien faire. Cela fait 31 ans. Je n’ai pas perdu un instant l’espoir de le retrouver. Je sais qu’un jour, on me donnera les os de cette montagne d’homme dans un sac. Je vis avec cet espoir. Aujourd’hui, je vous adresse mes respects et mon amour depuis le parc de Koşuyolu. À Diyarbakır, à nos mères et à nos amis du samedi, place Galatasaray à Istanbul. Nous sommes devenus une grande famille. Ceux d’entre nous qui rêvent d’une tombe réaliseront sans aucun doute ce rêve. « Nous la laisserons simplement dans la tombe. Les disparus seront retrouvés, les coupables seront poursuivis. »

Depuis 30 ans, les mères du samedi s’arment d’œillets contre la police turque
 
Le samedi 27 mai 1995, les Mères du Samedi (en kurde: Dayikên Şemiyê, en turc: Cumartesi Anneleri) descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus.
 
Les « mères du samedi » reproche l’État turc de ne pas avoir enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques.
 
Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres (de journalistes, syndicalistes, médecins, enseignants, enfants ou simples paysans) par l’État ont été signalés dans les régions kurdes de Turquie.

IRAN. La cour suprême confirme la condamnation à mort d’une syndicaliste

IRAN. La condamnation à mort de la syndicaliste Sharifeh Mohammadi a été confirmée par la Cour suprême iranienne. Elle pourrait être exécutée à tout moment.

Amir Raisian, un avocat de la défense, a déclaré que la branche 39 de la Cour suprême iranienne, qui avait précédemment annulé la condamnation à mort de la militante syndicaliste Sharifeh Mohammadi, l’a maintenant confirmée, malgré le fait que tous les défauts et ambiguïtés initiaux de l’affaire restent non résolus.

Mohammadi avait initialement été condamnée à mort par la première chambre du tribunal révolutionnaire de Rasht. La Cour suprême a ensuite annulé le jugement, invoquant de nombreux points, notamment l’absence de preuves la liant à des opérations armées, l’incapacité à prouver son appartenance à des groupes armés et de graves lacunes dans le rapport des services de renseignement. L’affaire a ensuite été renvoyée devant une chambre parallèle pour un nouveau procès.

Néanmoins, la deuxième chambre du tribunal révolutionnaire de Rasht a une nouvelle fois prononcé une condamnation à mort, se fondant uniquement sur le même rapport de renseignement contesté et sans répondre aux objections précédentes. Après ce jugement, les avocats de Mohammadi ont déposé une nouvelle demande de nouveau procès, qui a été renvoyée à la 39e chambre de la Cour suprême. Selon Raisian, la dernière décision du tribunal n’a fait que confirmer le précédent verdict erroné : « Nous nous attendions à ce que la Cour suprême annule à nouveau le jugement, mais malheureusement, elle ne l’a pas fait. »

Raisian a souligné que les démarches juridiques se poursuivraient : « Nous espérons toujours un nouveau procès et nous poursuivrons toutes les voies légales possibles pour empêcher l’exécution. » Il s’est dit optimiste quant au fait que, compte tenu des graves problèmes liés à cette affaire, la condamnation à mort de Mohammadi sera finalement annulée.

La condamnation de Mohammadi repose sur son appartenance au « Komiteye-Hamahangi » il y a plus de dix ans, une organisation légalement reconnue en Iran qui soutient la création de groupes d’intérêt et de syndicats. Néanmoins, la justice du régime l’accuse d’activités mettant en danger l’État, car elle aurait travaillé pour cette organisation en tant que membre du parti kurde Komala. Mohammadi et Komala nient ses accusations.

Le Rojava envoie des pompiers contre les feux qui ravagent les côtes syriennes

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SYRIE / ROJAVA – Les autorités arabo-kurdes du Rojava / Syrie du Nord et d’Est vont envoyer des équipes de pompiers vers les zones côtières syriennes et la province de Hama dévorées par des feux de forêts. Des équipes de plusieurs régions, dont de Kobanê et de Raqqa, font partie du convoi de soldats du feu.

 

Selon un communiqué publié sur le site officiel de l’Administration autonome démocratique du Nord et de l’Est de la Syrie (DAANES), l’Union des municipalités a entamé aujourd’hui les préparatifs pour l’envoi d’équipes de lutte contre les incendies sur les côtes syriennes. Ces équipes participeront aux efforts d’extinction des incendies dans la région côtière du pays.

Face aux incendies de forêt dévastateurs dans les régions côtières, DAANES a apporté son aide pour contenir les flammes avec ses propres services d’urgence début juillet.

 

Des milliers de personnes ont été touchées et plusieurs villages ont dû être évacués en raison des incendies de forêt dans la région.

Cette initiative témoigne de l’engagement continu de l’Administration autonome du Nord-Est syrien à fournir une aide humanitaire et des services aux zones touchées à travers le pays. Le mois derniers, des équipes de lutte contre les incendies de la région avaient participé à des opérations similaires pour lutter contre les incendies qui ont ravagé les régions côtières.

« Les YPJ ne peuvent pas rendre les armes »

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KURDISTAN – Çiğdem Doğu, membre de la Coordination de la Communauté des Femmes du Kurdistan (KJK), a déclaré que les Unités de Protection des Femmes (YPJ) ne pouvaient pas livrer leurs armes à ceux qu’elle qualifie de « gangs armés » alors que les attaques contre la Syrie se poursuivent. La responsable kurde a souligné que la solution réside dans la construction d’un système démocratique permettant aux citoyens de s’auto-gouverner.

Çiğdem Doğu, membre de la Coordination de la Communauté des Femmes du Kurdistan (en kurde: Komalên Jinên Kurdistanê, KJK), a participé à une émission spéciale sur Medya Haber TV dans laquelle elle a présenté des analyses importantes sur la situation en Syrie et au Rojava. Elle a souligné que la solution à la crise syrienne réside dans la décentralisation et le développement de systèmes permettant aux communautés de s’autogérer démocratiquement.

Elle a souligné que la « Conférence sur l’unité des composantes du nord et de l’est de la Syrie », tenue à Hassaké le 8 août avec la participation de représentants de différents peuples, était significative, la considérant comme un reflet de l’idée d’une « République syrienne démocratique ».

Elle a déclaré : « En Syrie, il est nécessaire de développer des systèmes décentralisés permettant aux peuples de se gouverner démocratiquement. Les problèmes apparus il y a 100 ans restent irrésolus à ce jour, et il en va de même en Turquie. Le dirigeant Abdullah Öcalan définit cela comme une « société démocratique », qui comprend des mécanismes permettant à la communauté de s’autogouverner dans une certaine mesure. Même en présence d’une administration publique, la communauté doit disposer de ses propres domaines d’administration autonomes. C’est également le cas en Syrie. »

Çiğdem Doğu a souligné que la Syrie se caractérise par une grande diversité en termes de sectes, d’identités ethniques et de religions, ainsi que par le rôle des femmes. Elle a poursuivi : « Dans le nord et l’est de la Syrie, nous assistons à une révolution et à une organisation féminines, tandis que dans les régions alaouites et druzes, de nombreux massacres ont eu lieu, et les violences contre les femmes et les massacres contre les populations se poursuivent. »

Elle a souligné : « Dans de telles circonstances, imposer la reddition des armes aux Forces démocratiques syriennes (FDS) revient à dire : « Venez, on vous égorge. » Cela ne veut rien dire d’autre. L’idée d’« intégration » est également illogique ; il n’existe pas de véritable armée syrienne en Syrie aujourd’hui. Il n’existe plus que des gangs divers et variés. Ces groupes sanguinaires mènent des attaques aléatoires contre différentes identités : nationales, ethniques et confessionnelles. Forcer les FDS à rendre les armes ou à s’intégrer est illogique ; il n’y a pas de véritable armée à intégrer, et aucune garantie de survie. 

Les gens d’ici ont lutté et se sont battus pendant des années, obtenant de grandes valeurs, et ils comptent des dizaines de milliers de martyrs et de blessés. Quant à la révolution des femmes, elle a apporté de grandes avancées, permettant aux femmes de vivre en liberté et de poursuivre leur vie.

Par exemple, les Unités de protection des femmes (YPJ) sont une force armée et elles ne peuvent pas lui remettre leurs armes. Dans cette région, Arabes, Arméniens, Kurdes et Syriaques vivent ensemble, et personne n’a le droit de parler en leur nom. »

Çiğdem Doğu a conclu en affirmant que la Conférence sur l’unité de position des composantes du nord et de l’est de la Syrie, tenue à Hassaké, était d’une grande importance, avec la participation de représentants alaouites, druzes et sunnites. Elle a expliqué que cette conférence est importante pour définir une position commune et reflète l’idée d’une République syrienne démocratique, où chacun participera démocratiquement, combattra et défendra si nécessaire.

Elle a souligné : « Ce processus est essentiel pour préserver la révolution des femmes et la révolution démocratique des peuples. Puisqu’il deviendra un exemple pour le Moyen-Orient et la Turquie, il est essentiel de poursuivre la lutte et la résistance. » (ANHA)

41e anniversaire de la résurrection kurde

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KURDISTAN – Les Kurdes célèbrent le 41e anniversaire de la Résurrection kurde du 15 août.

Le 15 août 1984 est une date importante pour le conflit turco-kurde puisqu’il marque la première attaque du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), dirigé par Mahsum Korkmaz, (commandant Egîd).

Le 15 août est célébré au Kurdistan et en Europe par des milliers de Kurdes. Chaque année, sur les réseaux sociaux, les hashtags #Vejîn ou #CejnaVejînêPîrozBe fleurissent sous les publications célébrant la date anniversaire de la résurrection armée du PKK.

Lors du deuxième congrès du parti du PKK, qui s’est tenu du 20 au 25 août 1982 à Daraa, en Syrie, il a été décidé que le PKK commencerait à préparer une insurrection à l’intérieur de la Turquie. Des camps d’entraînement ont été ouverts en Syrie et dans la vallée de la Bekaa au Liban et des équipes de propagande ont été envoyées de l’autre côté de la frontière pour prendre contact avec la population locale.

Après des années de préparation, le PKK a lancé sa première grande attaque le 15 août 1984. L’attaque était dirigée par Mahsum Korkmaz.

Les forces du PKK ont attaqué le poste de gendarmerie d’Eruh à Siirt, tuant un soldat de la gendarmerie et blessant six soldats. Simultanément, les forces du PKK ont attaqué une installation de plein air de la gendarmerie, des logements d’officiers et un poste de gendarmerie à Şemdinli, Hakkari et ont tué deux policiers et blessé un policier et un soldat.

La première attaque a été suivie d’un raid contre un poste de police à Siirt le 17 août, qui a été rapidement suivi d’une attaque qui a tué trois des gardes présidentiels du général Kenan Evren à Yüksekova et d’une embuscade qui a tué 8 soldats turcs à Çukurca, dans la province de Hakkari.

Le 28 mars 1986, le légendaire commandant de la guérilla Mahsum Korkmaz est tombé martyr avec un groupe de combattants lors d’affrontements avec les troupes turques à Gabar le 28 mars 1986. Depuis ce jour, le commandant Egîd a pris place dans le cœur du peuple du Kurdistan et sa position légendaire est rappelée à chaque occasion.

C’est sous son commandement que la guérilla kurde a mené la première attaque contre les forces d’occupation turques le 15 août 1984 à Eruh, déclenchant ainsi la lutte armée pour la libération du Kurdistan colonisé.

Pour commémorer le commandant Egîd, un forgeron de Kobanê a réalisé une sculpture spéciale. La statue est en fer et représente le commandant Egîd dans son uniforme. Il tient une Kalachnikov et son visage regarde vers le haut.

Mahsum Korkmaz aurait été enterré dans la fosse commune de Newala Kesaba, près de Siirt. Chaque année, des milliers de personnes se déplacent sur place pour rendre hommage au grand commandant. (ANF)

 

Pourquoi Damas évite-t-il la réunion de Paris ?

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SYRIE / ROJAVA – La réunion de Paris, à laquelle participeraient les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, imposerait des décisions contraignantes que Damas ne pourrait ignorer, écrit le journaliste kurde Zeki Bedran.

Comme on le sait, une réunion sur la Syrie devait se tenir à Paris à la mi-août. La précédente avait été reportée en raison de l’absence du gouvernement de Hayat Tahrir al-Sham (HTS). La raison invoquée pour justifier cette absence était les événements qui se seraient déroulés à Soueïda (Siweida). Cette fois, l’agence de presse officielle syrienne (SANA) a annoncé publiquement que le gouvernement de Damas ne participerait pas non plus à la réunion à venir. La raison invoquée était la réunion tenue à Hassaké !

Des représentants de tous les secteurs de la société syrienne ont assisté à cette réunion. Les responsables à Damas ont décrit ce rassemblement comme une tentative de diviser la Syrie et une action des Forces démocratiques syriennes (FDS) visant à rompre l’accord conclu avec Damas le 10 mars.

Parmi les participants à la réunion de Hesekê figuraient Hikmet Hicri, représentant la communauté druze, et un représentant de la communauté alaouite. Apparemment, le gouvernement de Damas a été profondément perturbé par la participation de ces individus. Il semble que, plutôt que de les considérer comme faisant partie intégrante de la réalité syrienne, il les considère comme des ennemis. L’administration de Damas est incapable de rassembler ces segments de la société. Elle a abandonné l’approche consistant à garantir l’unité nationale et à inclure tous les citoyens. Au lieu de cela, elle crée tout elle-même, prend toutes les décisions elle-même et gouverne seule, excluant ceux qui ne font pas partie de son groupe.

Comment l’unité de la Syrie sera-t-elle réalisée dans ce cas ?

La réunion d’Hesekê a rassemblé tous les segments de la société, où les participants ont exprimé leur position en faveur de l’unité. Autrement dit, ils ont envoyé un message non pas séparatiste, mais axé sur l’unité. La déclaration finale de la réunion l’a également souligné. Aucun appel à la séparation, à la division ou à la création d’un gouvernement séparé n’a été lancé. Cette position peut être interprétée comme un soutien à la réunion prévue à Paris. Hors de Damas, personne ne l’a perçue ou interprétée négativement.

L’agence SANA a fondé son rapport sur le retrait de la réunion de Paris sur des sources gouvernementales. Cependant, aucune déclaration officielle n’a encore été faite par le gouvernement. L’agence ne peut publier de telles informations sans que le gouvernement en soit informé. Il est notoire que ce dernier a l’intention de ne pas assister à la réunion. Cependant, officialiser cette décision pourrait la placer dans une position délicate. En diffusant de tels rapports, elle cherche peut-être à évaluer les réactions. Si des réactions fortes se font jour, elle laisserait la porte ouverte à une participation.

Il est connu que les États-Unis, la France et le Royaume-Uni participeront à la réunion de Paris. C’est pourquoi Damas cherche à l’éviter. Il n’aurait pas le pouvoir d’ignorer les décisions qui y seront prises, celles-ci étant plus contraignantes. Le gouvernement de Damas n’a aucune culture du compromis ni de la coopération avec d’autres forces et perspectives. Sa mentalité est fondée sur l’exclusivité et l’obéissance absolue. Son approche des questions et revendications internes s’est déjà illustrée par ses actions envers les communautés alaouite et druze.

Leur approche à l’égard de l’administration autonome vise également à la soumettre. Ceux qui refusent de se soumettre sont considérés comme des ennemis. De fait, leur contre-propagande et leurs menaces contre la région autonome se multiplient.

Il a déjà été noté que l’administration de Damas ne souhaite pas participer à la réunion de Paris. Cependant, une autre partie s’y oppose encore plus : le gouvernement turc. C’est lui qui a encouragé et guidé Damas dans cette démarche. En effet, dès l’annonce de la réunion de Paris, les ministres turcs ont commencé à arriver à Damas.

C’est le gouvernement turc qui exerce la plus forte pression pour désarmer les FDS et démanteler l’administration autonome. Ses menaces contre l’administration autonome se sont également multipliées. Les actions et attaques visant la région autonome se sont intensifiées.

Le gouvernement turc ne participe pas à ces réunions, pas plus qu’au processus d’Astana. De plus, il refuse que la question kurde soit portée sur la scène internationale. Même si des négociations ont lieu au nom de l’Administration autonome et des FDS, les Kurdes y participent. Le gouvernement turc bloque toute initiative impliquant les Kurdes. Le processus d’Astana est devenu un processus dirigé contre les Kurdes.

La Russie avait invité l’Administration autonome à la grande réunion qui devait se tenir à Sotchi. Cependant, le gouvernement turc est intervenu, a conclu un accord avec elle et a exclu l’Administration autonome. De même, il a bloqué la participation des Kurdes et de l’Administration autonome au Comité constitutionnel de Genève.

L’influence que les États-Unis et la France exerceront reste incertaine, mais eux aussi commencent à comprendre que c’est le gouvernement de Damas qui refuse tout compromis ou toute solution. Damas ne prend aucune mesure et n’associe pas l’Administration autonome à ses décisions, tout en les blâmant. Leur propagande reposait sur l’affirmation selon laquelle c’était l’Administration autonome qui n’agissait pas.

Les États-Unis et d’autres pays entretiennent un dialogue constant avec les deux parties et sont en mesure de comprendre l’approche de chacune. L’enjeu réside dans l’efficacité et l’équité de ces États. Ils sont bien conscients que le gouvernement turc est à l’origine du problème.

En conclusion, le gouvernement turc poursuit son hostilité envers les Kurdes. Il entraîne la Syrie dans une nouvelle guerre civile et pousse les Kurdes au massacre. Tout en affirmant en Turquie que « nous devons être frères avec les Kurdes », il leur tend des pièges mortels en Syrie. (ANF)

KURDISTAN. La diaspora de Dersim construit une maison communale à Dersim

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TURQUIE / KURDISTAN – La diaspora de Dersim en Europe a construit avec ses propres moyens une maison communale dans la province kurde-alévie de Dersim.
 
Ayfer Timurlenk, qui a participé à la construction de la Maison communale Dem-Sır Aş et de la Culture dans la province kurde-alévie de Dêrsim, a déclaré : « J’espère que ce sera un début et que nous pourrons retrouver l’esprit de la vie communale. »
À Dersim, où la croyance Rea Haq (Le chemin de la vérité) est toujours vivante, les villageois de Xêç et Çılga se sont réunis pour construire un centre culturel communautaire afin de raviver et de préserver leurs traditions contre le capitalisme. Ayfer Timurlenk a déclaré que le centre servira à préserver la croyance Rea Haq, à proposer des activités en langue maternelle et à partager le patrimoine culturel avec les enfants. Ayfer Timurlenk a déclaré en dialecte zaza : « Nous n’avons jamais prêté serment d’allégeance ; cette voie nous a été transmise par nos ancêtres. »
 
 
Ayfer Timurlenk a déclaré que les cemevis (lieux de culte alévis), dans de nombreux endroits, restaient très éloignés de leurs croyances, a expliqué la raison d’être de la fondation de Dem-Sır Aş ve Kültürevi (en kurde : Dem-Sir Aş û Mala Çandê ou Dem-Sir Aş û Mala Çandê ya komunal ya li Dersîmê), soulignant que : « Nous n’avions pas de lieu pour présenter nos condoléances et célébrer nos mariages. Lors des funérailles, ces rituels se déroulaient à la maison. Les invités étaient hébergés chez eux, et les voisins cuisinaient et apportaient de la nourriture aux personnes hébergées, les soutenant ainsi. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Certains membres de notre peuple ont été exilés. Par conséquent, la continuité de ces traditions a disparu. Avec la migration et l’exil, nos enfants, nés et élevés là-bas, ont oublié cette culture. Aujourd’hui, nous avons construit ce lieu ensemble. Nous ne voulions plus organiser nos funérailles sous le nom de cemevi, dans des lieux où se déroulaient des rituels inexistants. Nous avons donc construit ce lieu grâce à un effort collectif. Nous l’avons construit avec l’aide non seulement des Alévis, mais aussi des Alévis. à Dersim, mais aussi des gens de bien d’autres régions. Ils ont partagé leur lokma et ont bâti ce lieu.
 
Ce sera un lieu où se dérouleront des activités linguistiques et culturelles. Grâce à nos activités culturelles, nous œuvrerons à la préservation de notre langue et de notre culture perdues. Nos enfants étant nés dans des pays différents, au sein de la diaspora, ils ne parlent pas leur propre langue. Grâce aux activités en langue maternelle organisées ici et à nos efforts pour comprendre l’essence de la foi Rea Haq, nous souhaitons aider les enfants étrangers, qui ont grandi loin de leur langue et de leur foi maternelles, à apprendre ces choses. Nous avons construit ce lieu avec l’esprit d’unité qui nous est cher. J’espère que ce n’est qu’un début et que nous pourrons raviver l’esprit de vie communautaire. Nous voulons rétablir cette vie communautaire ancestrale et soutenir ce processus où chacun vit en paix. Nous souhaitons que chacun vive ainsi. »
Ayfer Timurlenk a rappelé l’importance de la réunification et ajouté que : « L’unité, être uni, est un bel acte de spiritualité. Nous devons enseigner à nos enfants la foi du Real Haq, leur langue et leur culture, et les laisser les vivre. Nous avons tant souffert et subi tant de pertes sur ces terres, et pourtant nous n’avons jamais prêté serment d’allégeance. Les douceurs offertes par nos ancêtres que nous avons perdus sur ces terres nous sont légitimes. Il est donc de notre devoir envers eux de poursuivre ce chemin. Nous leur devons cela, car ils nous ont laissé un beau chemin. » (Agence Mezopotamya)

TURQUIE. Une mère kurde de 92 ans veut voir son fils libéré avant de mourir

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TURQUIE / KURDISTAN – La mère de 92 ans du prisonnier politique kurde Ahmet Tüneli, dont la libération a été reportée pour la troisième fois, espoir voir la libération de son fils avant de mourir.

Le Conseil d’observation administrative d’Amed (Diyarbakır) continue de reporter la libération des prisonniers au motif qu’ils n’ont pas exprimé de remords. Plus récemment, la libération d’Ahmet Tüneli, emprisonné depuis 30 ans à la prison fermée de type T de Siverek n° 2, a été reportée pour la troisième fois. Bien qu’il ait purgé sa peine, sa libération, une première fois reportée en octobre dernier, a été de nouveau reportée en janvier et en août.

Le 6 août, Azize Tüneli, 92 ans, a attendu des heures devant sa porte dans l’espoir que son fils soit libéré, avant d’apprendre son report. Qualifiant la situation d’« inhumaine », elle continue d’attendre devant sa porte le jour où son fils reviendra.

S’accrochant à la vie avec l’espoir de revoir son fils, Azize Tüneli n’a pas pu rendre visite à Ahmet depuis six ans en raison de problèmes de santé.

Ahmet Tüneli a été arrêté à son domicile, dans le quartier de Rezan (Bağlar), à Amed, le 1er novembre 1994. En 1996, le tribunal spécial n° 2 de Diyarbakır l’a condamné à la réclusion à perpétuité pour « atteinte à l’unité et à l’intégrité de l’État ». Alors qu’il devait être libéré l’année dernière, sa libération conditionnelle a été bloquée au motif qu’il n’avait « manifesté aucun remords ». La même décision a été rendue en janvier, puis ce mois-ci, lorsque la commission a reporté sa libération de trois mois supplémentaires, invoquant « l’absence de remords ».

Elle s’est effondrée après avoir entendu que son fils ne serait pas libéré

Depuis près de 30 ans, Azize Tüneli, mère de famille, se rend aux portes de la prison dans l’espoir de revoir son fils. Le 6 août, après trois décennies, elle a déposé un coussin devant sa porte et a attendu, espérant qu’il serait enfin libéré. Après des heures d’attente, lorsque le véhicule n’a pas amené son fils et qu’elle a appris la décision de report, elle s’est effondrée.

En raison de son âge avancé et de ses maladies chroniques, Azize Tüneli n’a pas pu voyager et n’a pas vu son fils depuis environ six ans.

Elle a dit : « Si je pouvais juste le serrer dans mes bras et l’embrasser une fois, je me sentirais en paix. Je veux le voir avant de mourir. » Azize Tüneli garde les yeux rivés sur la porte, attendant toujours le retour de son fils. Elle passe ses journées assise dehors, sans jamais quitter sa maison, s’accrochant à l’espoir qu’il revienne. Protestant contre cette injustice, elle a ajouté : « Ce n’est pas ce qu’ils appellent la paix. S’ils veulent vraiment la paix, qu’ils me laissent d’abord voir mon fils. »

Je n’ai pas vu mon fils depuis six ans

Azize Tüneli a décrit son expérience en ces termes : « J’ai été dans de nombreuses prisons ; la dernière fois, il a été transféré à Siverek. J’ai passé ma vie à attendre mon fils aux portes de la prison. Maintenant, je l’attends devant ma porte. Je suis malade ; je ne peux ni voyager ni passer les contrôles de sécurité. Mon fils me disait toujours : « Ne viens pas, tu es malade. » Mais je ne pouvais jamais supporter de ne pas le voir. »

Mon fils a fait une grève de la faim pendant des jours, ce qui lui a causé de nombreux problèmes de santé. Il souffre d’une hernie discale au dos et d’autres maladies. Il ne peut pas marcher debout. La dernière fois que je l’ai vu, il était malade. Je ne l’ai pas vu depuis six ans. Tant que je suis encore en vie, je veux le voir, le serrer contre moi. Je ne veux pas mourir sans l’avoir vu. J’attends devant cette porte, espérant le voir. Sa peine est terminée, mais ils ne veulent pas le libérer. De cette façon, ils le punissent, lui et nous. »

Je suis assis à la porte, les yeux sur la route, je l’attends

Azize Tüneli a déclaré que l’injustice à laquelle elle est confrontée n’est ni morale ni humaine : « J’ai les yeux rivés sur la route pendant des jours. Quand j’ai vu que le véhicule arrivait vide ce jour-là, j’ai pleuré pendant des heures. Ils n’ont pas le droit de nous faire ça. Je veux le voir avec ces yeux. Ils devraient le libérer pour qu’il puisse venir ici, chez lui. Je ne peux pas aller en prison ni ailleurs. Tout ce que je veux, c’est le voir, ne serait-ce qu’une fois. Je ne veux pas mourir sans l’avoir vu. Ils parlent de paix, mais ils séparent une mère de son fils. Ce n’est pas de l’humanité, ce n’est pas de la conscience. Si vous voulez la paix, commencez par libérer ces gens de prison. Qu’ils voient mon combat. Mon fils me manque terriblement. » (ANF)