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TURQUIE. Villageois kurdes opposés à la construction d’une centrale solaire tabassés au poste de police

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TURQUIE / KURDISTAN – Le barreau d’Urfa a porté plainte concernant la détention et le passage à tabac des villageois qui manifestaient contre le projet d’une centrale solaire dans la campagne d’Urafa / Viranşehir le 29 mars dernier.

Dans le village de Kadıköy du district de Viranşehir, des villageois ont manifesté le 29 mars contre le projet de centrale solaire qui doit être installée sur les pâturages du village. Neuf des villageois ont été arrêtés par des soldats pour « résistance aux forces de sécurité » et ont été tabassés au poste de police, a déclaré le barreau d’Urfa qui a annoncé qu’ils déposeraient plainte pour le passage à tabac des villageois.

La branche d’Urfa de l’Association des droits de l’homme (İHD) a annoncé qu’elle aussi déposerait plainte contre les fonctionnaires impliqués dans cet incident.

L’avocat des villageois, Ali Osman Ulutaş, a déclaré que neuf villageois, pour la plupart membres du conseil des anciens, avaient été arrêtés le 29 mars. Affirmant que trois des villageois qui ont été emmenés au poste de police de Demirci ont été battus, Ulutaş a déclaré : « Les villageois ont été maltraités et torturés au poste de police. Sıddık Ayyıldız, Mehmet Emin Ayyıldız et İsmail Taşkın ont été battus. Nous avons reçu un rapport d’agression de l’hôpital. Comme indiqué dans ce rapport, Mehmet Emin Ayyıldız, l’un des villageois qui a été battu, risque de perdre un œil. Quant à İsmail Taşkın a des blessures au poignet après avoir été menotté dans le dos. »

Le projet de centrale solaire, dont les travaux ont débuté dans le village, appartient à Kalyon Energi, filiale de Kalyon Holding. La société prévoit d’installer 162 500 panneaux sur 90 hectares de pâturage dans le village de Kadıköy.

En septembre 2022, la députée d’Urfa pour le HDP, Ayşe Sürücü avait soumis au Parlement dans laquelle elle dénonçait la confiscation des pâturages appartenant à l’État au profit des sociétés d’énergie.

TURQUIE. Un homme d’affaire germano-kurde enlevé à Istanbul

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TURQUIE – L’homme d’affaires germano-kurde, Zeki Oguz a été enlevé par trois hommes devant un magasin à Istanbul le 21 mars. Son kidnapping a été filmé par une caméra de vidéosurveillance. Ses proches et le député HDP Omer Gergerlioglu soupçonnent l’implication des forces de « l’État profond » dans son enlèvement, comme dans les années 1990 durant lesquelles les paramilitaires du JITEM ont fait disparaitre des milliers de civils kurdes.

Un homme d’affaires kurde vivant en Allemagne et copropriétaire d’un restaurant dans le quartier de Taksim à Istanbul a disparu la semaine dernière après son arrivée à Istanbul, suscitant des soupçons sur « l’implication profonde de l’État » et rappelant les années 1990 lorsque des hommes d’affaires kurdes étaient enlevés et tués par des personnes liées au renseignement turc.

Ils n’ont pas pu avoir de nouvelles de Zeki Oguz depuis son arrivée en Turquie la semaine dernière, a déclaré sa famille qui a déposé plainte dans un poste de police d’Istanbul.

Des images de caméras de sécurité près de la zone commerçante montrent Oguz embarqué de force dans un véhicule par trois personnes après avoir quitté un magasin où il venait de faire ses courses.

Abdurrahman Karabulut, un avocat et un parent de l’homme d’affaires kidnappé, a affirmé qu’Oguz avait été enlevé par les « forces de l’État profond ». Karabulut a partagé sur son compte Twitter les images de caméras de sécurité du moment où Oguz a été kidnappé.

« Zeki Oguz, un homme d’affaires kurde et citoyen allemand, a été kidnappé à Istanbul il y a dix jours. C’est le mari de ma cousine, et nous n’avons toujours pas de nouvelles de lui. Nous avons reçu des informations selon lesquelles il est détenu par les forces de l’État profond », a déclaré Karabulut dans son tweet.

Pendant ce temps, le député du HDP (Parti démocratique des peuples), Omer Faruk Gergerlioglu, a tenu une conférence de presse au parlement sur l’incident. « Je commence par un incident d’enlèvement. Au milieu du quartier Eyupsultan d’Istanbul, un homme d’affaires kurde du nom de Zeki Oguz a été enlevé alors qu’il quittait un marché, par neuf personnes (…). Sa famille n’a pas eu de nouvelles de lui depuis le 21 mars. »

Gergerlioglu a mentionné que les enlèvements et les disparitions qui ont commencé avec l’état d’urgence ont rappelé les pratiques des années 1990. « Au cours des (…) dernières années, de nombreuses disparitions forcées ont été révélées. Nous avons suivi et signalé au moins 35 incidents d’enlèvement à long terme », a-t-il ajouté.

Les autorités n’ont pas encore fait de déclarations officielles sur la disparition d’Oguz.

Arti Gerçek

TURQUIE. 23 opposants kurdes arrêtés à Suruç pour « terrorisme »

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TURQUIE / KURDISTAN – Après les raids menés le 27 mars à Pirsûs, dans la province d’Urfa (Riha), 23 politiciens et activistes kurdes ont été arrêtés sur de fausses accusations de terrorisme.

Le régime AKP/MHP tente d’éliminer toute opposition à l’approche des élections. Pour cela, le régime recourt à tous les moyens. Le 27 mars, des policiers turcs ont pris d’assaut plusieurs domiciles des opposants de Pirsûs (tr. Suruç) et arrêté 23 personnes. Les détenus, parmi lesquels figurent les coprésidents des organisations locales du Parti démocratique des peuples (HDP) et du Parti des régions démocratiques (DBP), sont accusés d’« appartenance à une organisation terroriste » et de « financement d’une organisation terroriste [PKK] ».

Les détenus sont l’ancienne co-maire de Pirsûs, Hülya Demir (51), le co-président de l’association de district HDP, Yaşar Gündüzalp (39), la co-présidente du DBP de Suruç, Rojda Binici (53) , Avni Gökhan (55), Ayşe Aksu (54), Bülent Koçyiğit (45), Ferdi Karakelle (28), Ferit Bali (37), Feryal Çelikbaş (49), İbrahim Bülbül (46), İsmet Bali (46), Mahide Kurttekin ( 49), Mahmut Bali (39), Mehmet Akif Yıldız (39), Mustafa Bali (23), Nermin Şakır (60), Mustafa Bali (59), Osman Akgün (55), Sabri Kaya (56), Salih Kaplan (44 ), Savaş İlhan (36), Veysel Bali (34) et Zeki Bali (40).

ANF

TURQUIE. Arrêté à 18 ans, un prisonnier kurde libéré à 48 ans

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TURQUIE / KURDISTAN – Le prisonnier politique Remzi Topdemir a été libéré de la prison de haute sécurité de Diyarbakir (Amed) après trente ans de prison. L’homme de 48 ans a été accueilli par une foule aux cris de joie, des applaudissements et des fleurs.

Le prisonnier politique Remzi Topdemir a été libéré de la prison de haute sécurité de Diyarbakır après 30 ans passés en captivité. L’homme de 48 ans a été arrêté en 1993 à l’âge de 18 ans dans le village de Mezirkê (tr. Pınaroğlu) à Amed et condamné à la réclusion à perpétuité par une cour de sûreté de l’État pour « avoir détruit l’unité et l’intégralité de l’État ». Pour avoir crié des slogans lors de l’annonce du verdict, il a en outre été condamné à trois mois de prison. Topdemir a pu sortir de prison vendredi.

Les membres de sa famille l’attendaient devant le centre de détention depuis tôt ce matin. Étaient également présents les membres de l’association de solidarité TUHAY-DER et l’avocate Aslı Bulut, ainsi que de nombreuses personnes de Mezirkê. Topdemir a été accueilli avec des cris de joie, des applaudissements et des fleurs. Comme acte symbolique de paix et de liberté, les gens ont laissé voler des colombes blanches. Topdemir a salué le comité d’accueil puis s’est rendu, accompagné d’un cortège, dans son village natal de Mezirkê.

Au cours des trente dernières années, Remzi Topdemir a été transféré contre son gré dans d’autres prisons, notamment Istanbul, Erzîrom et Mûş.

En Turquie, au début des années 1990, d’innombrables Kurdes ont été condamnés à la réclusion à perpétuité par les cours de sûreté de l’État, qui ont depuis été abolies. Beaucoup d’entre eux ont été libérés ces derniers mois.

ANF

 

La Turquie demande aux autorités françaises d’auditionner la sociologue Pinar Selek qu’elle persécute depuis 25 ans

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Pinar Selek, académicienne et sociologue turque acquittée quatre fois dans une affaire d’attentat fictif d’il y a 25 ans, est jugée pour la cinquième fois pour les mêmes accusations. La première audience de son procès a lieu aujourd’hui à Istanbul alors qu’elle se trouve en France où elle est réfugiée depuis de nombreuses années.

Sa défense sera prise par les autorités françaises

A l’ouverture de l’audience, le président de la Cour a expliqué qu’étant donné que Pınar Selek se trouve en France, les démarches nécessaires avaient été entreprises pour que la défense de l’accusée soit prise par les autorités judiciaires françaises. Après trois heures d’audience, son procès a été renvoyé au 29 septembre.

Réfugiée en France depuis de nombreuses années, la sociologue, écrivaine et féministe Pinar Selek n’a pas pour autant finit avec l’injustice de son pays où elle fut tour à tour condamnée et acquittée 4 fois pour une explosion qui a eu lieu dans un marché couvert (Mısır Çarşısı) d’Istanbul en 1998 et pour laquelle Selek est poursuivie par la « justice » turque bien qu’elle soit innocente. Les autorités de son pays lui font payer son soutien aux Arméniens et Kurdes persécutés / exterminés par la Turquie. Elle fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités turques.

Plusieurs comités de soutien de Pinar Selek créés à travers l’Europe exigent la fin de l’acharnement judiciaire dont elle est victime et demandent que sa protection soit assurée. Ces comités ont envoyé une délégation internationale composée d’avocats, politiciens et autres défenseurs de droits humains pour assister au nouveau « procès » de Pinar Selek qui se tient à Istanbul ce 31 mars 2023.

 

« Être universitaire ne doit pas devenir un crime »

Par ailleurs, le Syndicat national de l’Enseignement supérieur (SNESUP-FSU) a publié un communiqué le 29 mars appelant à la fin des persécutions visant Pinar Selek et dénoncer la criminalisation « des libertés scientifiques ou académiques – liberté d’enseignement, de recherche et d’expression » menacées partout dans le monde.

Extraits du communiqué du SNESUP-FSU:

« Sociologue, écrivaine, militante féministe, antimilitariste et pacifiste, Pinar SELEK subit depuis 25 ans une persécution judiciaire constante de la part du pouvoir turc, parce qu’elle n’a pas voulu révéler l’identité des personnes kurdes qu’elle avait interrogées lors d’une enquête sociologique menée à la fin des années 1990. Malgré les tortures et malgré son emprisonnement pendant deux ans.

Après sa libération fin décembre 2000, puis son exil en France fin 2011, elle a été jugée en 2006, 2008, 2011 et 2014. À chaque fois, elle a été acquittée. À chaque fois le pouvoir turc a déposé un recours. Accusée d’avoir déposé une bombe ayant explosé sur le marché aux épices à Istanbul, faisant 7 morts et 121 blessés, toutes les expertises ont montré que le drame était dû à l’explosion accidentelle d’une bouteille de gaz.

Sous différentes formes, les libertés scientifiques ou académiques – liberté d’enseignement, de recherche et d’expression – sont aujourd’hui partout menacées. Mais elles sont l’essence même de l’université. Tout comme la liberté de la presse, elles sont une condition essentielle de toute société démocratique. Elles sont d’ailleurs le plus souvent simultanément attaquées. »

TURQUIE. La sœur d’une femme kurde morte en prison veut être députée « pour être la voix des prisonniers »

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TURQUIE / KURDISTAN – La prisonnière politique kurde, Garibe Gezer était morte dans une cellule d’isolement le 9 décembre 2021. Auparavant, elle avait déclaré à ses proches qu’elle subissait torture et violences sexuelles. Les autorités pénitentiaires avaient évoqué un « suicide ». Sa soeur Asya Gezer, qui refuse qu’on banalise les morts/meurtres de prisonniers en les qualifiant de « suicides », veut devenir députée pour défendre les droits des prisonniers, en particulier ceux des femmes détenues.

« J’ai perdu une partie de moi en prison, pas seulement à Garibe, mais aussi de nombreux prisonniers ont perdu la vie dans les prisons depuis. Je veux être la voix de tous les prisonniers, en particulier des femmes prisonnières », a déclaré Asya Gezer, candidate pour le Parti de la gauche verte ((Yesil Sol Parti remplaçant le HDP aux élections législatives et présidentielles du 14 mai 2023).

Asya Gezer, qui a perdu son frère et sa sœur lors de deux événements hautement politiques, est devenue candidate parlementaire potentielle pour le Parti de la gauche verte (Yeşil Sol Partisi) avant les élections du 14 mai.

Elle a déclaré que sa priorité absolue serait les prisons, la mort suspecte de sa sœur en prison étant le principal motif de se présenter aux élections.

« Ma sœur a été tuée en prison et les images ont été montrées au public, mais à part un segment spécifique, personne n’a parlé de ce qui se passe dans les prisons. Les prisons ne sont pas visibles dans ce pays, les violations des droits sont normalisées et les prisons sont acceptées. comme d’habitude. Nous devons tous savoir que ce n’est pas normal », a-t-elle déclaré.

« Vous ne pouvez pas priver les gens de leurs droits, les torturer ou leur retirer le droit à la vie simplement parce qu’ils sont en prison. Nous, les proches des prisonniers, sommes témoins de toutes les violations et vivons avec eux. Mais pas seulement nous, mais les toute la société devrait ressentir ce problème. C’est pourquoi j’ai déposé ma candidature. »

Agressions sexuelles et torture en prison

Asya Gezer, 36 ans, née dans le quartier Dargeçit de Mardin, est diplômée du département d’histoire de l’art de l’université d’Ege. Après avoir obtenu son diplôme, elle a occupé divers emplois avant de commencer à travailler à la municipalité métropolitaine de Mardin.

En 2014, son frère Bilal a succombé aux tirs de la police lors des manifestations du 6 au 7 octobre pour Kobanê qui ont éclaté lorsque l’Etat islamique a assiégé Kobanê, une ville kurde du nord de la Syrie.

Des milliers de personnes sont sorties pour protester à travers le pays contre un éventuel massacre. Lorsque les manifestations sont devenues violentes dans les régions à majorité kurde, 46 personnes ont été tuées, 682 ont été blessées et 323 ont été arrêtées, selon l’Association des droits de l’homme (İHD).

En 2016, sa sœur Garibe, qui a été cadre du Parti des régions démocratiques (DBP) à Dargeçit, a été arrêtée pour son travail politique et condamnée à une peine de 28 ans de prison ferme.

Lorsqu’Aysa a également été arrêtée en 2016 dans une affaire distincte, elle a dû quitter son emploi et sa vie a commencé à tourner autour de la visite de son soeur en prison.

Cependant, lorsque le 9 décembre 2021, Garibe a été agressée sexuellement et torturée par des gardiens de la prison de type F de Kocaeli Kandıra et est morte de manière suspecte, Asya a décidé de se présenter aux élections législatives du 14 mai dans le cadre du Parti de gauche verte, sous lequel le Parti démocratique des peuples (HDP) présente ses candidats pour contourner une affaire de fermeture en cours.

« J’ai perdu une partie de moi-même en prison »

Aysa s’engage à lutter contre les violations des droits humains dans les prisons.

« Si suis élue, ma priorité absolue sera les prisons. Je travaillerai pour empêcher que les décès dans les prisons ne soient normalisés en suicides et pour que les violations des droits ne soient pas considérées comme acquises.

J’ai perdu une partie de moi-même en prison, pas seulement Garibe, mais de nombreux autres prisonniers ont également perdu la vie en prison depuis lors. Les femmes, en particulier, sont soumises à de nombreuses autres violations des droits humains. Je veux être la voix de tous prisonniers, en particulier des femmes détenues.

On ne peut pas dire qu’il n’y a pas de problèmes dans les prisons parce qu’on ne les voit pas, qu’on ne les entend pas ou parce qu’ils ne sont pas rapportés dans les informations. Les prisons sont la plaie saignante de ce pays. Chaque jour, des centaines de prisonniers sont exilés dans d’autres prisons loin de leurs familles. Ils sont confrontés à de nombreuses violations de leurs droits, telles que des interdictions de communication et l’isolement cellulaire, même pour des incidents mineurs. Je veux être la voix de ceux qui sont en prison. »

Bianet

TURQUIE. Des ossements humains découverts dans la cour d’une école à Van

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TURQUIE / KURDISTAN – Ces dernières années, dans les régions kurdes de Turquie de nombreux charniers humains ont été découverts, dont le dernier en date se trouve dans la cour d’une école primaire de Van. Certains de ces ossements sont ceux des civils kurdes tués par les paramilitaires turcs (JITEM*) dans les années 1990, d’autres sont des charniers d’Arméniens tués lors du génocide de 1915 ou encore les Kurdes tués dans la première moitié du XXe siècle lors des massacres de Dersim, Zilan, etc.

Des ossements humains ont été découverts lors des travaux dans la cour de l’école primaire Hüsrev Paşa, construite il y a une cinquantaine d’années à Van. Avant la construction de l’école, il n’y avait pas de cimetière dans la zone.

Selon l’information publiée par l’agence Mezopotamya, un grand nombre d’ossements humains ont été découverts lors des fouilles dans le jardin de l’école primaire Hüsrev Pasha, rue Cumhuriyet, dans le quartier Rêya Armûşê (İpekyolu) de Wan. L’incident a été révélé lorsqu’un riverain s’est adressé à la branche Wan de l’Association des droits de l’homme (İHD) hier à midi. Les responsables de l’İHD qui se sont rendus sur les lieux ont rédigé un rapport sur les ossements retrouvés. L’Association du Barreau de Van a également mené des enquêtes dans la zone d’excavation. Les avocats du Barreau de Van et l’İHD ont alors saisi le bureau du procureur.

Le président de l’association du barreau de Van, Sinan Özaraz, a déclaré que : « Le procureur est venu sur les lieux et a pris une mesure de sécurité en procédant à une inspection visuelle. Le bureau du procureur a arrêté les travaux et ouvrira une enquête aujourd’hui. »

*Au cours des tristement célèbres années 1990, des milliers de civils kurdes ont été enlevés et tués par des paramilitaires turcs (JITEM) qui les ont enterrés en cachette.

 

SUISSE. Commémorations du centenaire du Traité de Lausanne qui a dépecé le Kurdistan

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Le Traité de Paix signé en 1923 à Lausanne entre les Puissances alliées et la Turquie a joué un rôle tragique sur le destin du peuple kurde en le privant d’un État indépendant pourtant prévu dans le Traité de Paix signé à Sèvres 3 ans plutôt… Depuis, les Kurdes ont subi de multiples massacres, politiques d’assimilation forcée ou ont été chassés en masse de leurs terres.

Pour commémorer le centenaire de ce Traité, des dizaines de partis politiques et associations kurdes ont lancé plusieurs événements dans la ville de Lausanne qui seront clôturés par une manifestation massive le 22 juillet 2022 pour laquelle les organisateurs attendent pas moins de 100 000 manifestants.

La ville de Lausanne commémorera également le centenaire du Traité de Paix de Lausanne sous le titre de « De 1923 à 2023 – Commémorations du centenaire du Traité de Paix signé entre les Puissances alliées et la Turquie à Lausanne le 24 juillet 1923 ».

La ville de Lausanne propose, entre autre, 3 conférences autour du Traité de Lausanne*:

Cycle I: Le temps des guerres, du 24 avril au 14 mai 2023
Cycle II: Le temps des négociations, du 12 juin au 2 juillet 2023  
Cycle III: Les lendemains du Traité, du 18 septembre au 8 octobre 2023

Les détails des conférences à venir…

*Le traité de Lausanne de 1923 est un traité de paix signé le 24 juillet 1923 au Palais de Rumine à Lausanne (Suisse). Il remplace le traité de Sèvres signé le 10 août 1920 à Sèvres, qui mettait fin à la Grande Guerre en ce qui concerne l’Empire ottoman. (Wikipedia)

Le Conseil National autrichien appelle à la protection de la population kurde

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VIENNE – Le Conseil national autrichien a voté en faveur d’une résolution sur la position du pays concernant les actions de la Turquie dans les régions kurdes de Syrie et d’Irak.

A une large majorité, le Conseil national a voté en faveur d’une résolution sur la position de l’Autriche concernant les actions de la Turquie en Syrie et en Irak. À la suite d’une demande des trois partis d’opposition pour une condamnation ferme des attaques turques dans le nord-est de la Syrie et le nord de l’Irak, l’ÖVP, le SPÖ, les Verts et le NEOS ont adopté une résolution en commission des affaires étrangères appelant le gouvernement fédéral à travailler à tous niveaux pour s’assurer que la Turquie remplit ses obligations en vertu du droit international. En particulier, le ministre des Affaires étrangères devrait s’adresser à la Turquie pour une protection complète de la population civile, des biens civils et des infrastructures critiques dans le nord de la Syrie et le nord de l’Irak et pour le plein respect des droits humains et des droits fondamentaux dans la région, y compris ceux de la population kurde, et continuer à identifier clairement les violations du droit international et des droits humains. La motion d’opposition elle-même n’a pas trouvé de majorité au plénum.

Action systématique contre la population kurde du nord de la Syrie

« L’Autriche doit dénoncer clairement les violations des droits humains et les attaques de la Turquie qui violent le droit international (…), Monsieur le ministre fédéral », a lancé Katharina Kucharowits (SPÖ) au ministre des Affaires étrangères Alexander Schallenberg. « La Turquie sous le président Erdogan prend systématiquement des mesures contre la population kurde du nord de la Syrie dans le but de les chasser de la région. Il faut prendre position contre cela. » Harald Troch (SPÖ) a parlé d’un « compromis mou », la demande initiale de l’ÖVP et des Verts s’étant « cassé les dents ». « Cependant, le SPÖ serait toujours d’accord, car il faut se féliciter que la situation des Kurdes soit une question au Conseil national. »

Kassegger : la guerre d’agression de la Turquie dans le nord de la Syrie en violation du droit international

Axel Kassegger (FPÖ) a souscrit à la déclaration de Kucharowit et a parlé d’une guerre d’agression de la Turquie dans le nord de la Syrie qui viole le droit international. En ce qui concerne la guerre en Ukraine, cependant, le mandataire du FPÖ a identifié l’application de deux poids deux mesures par le gouvernement fédéral. Son groupe ne votera pas pour la motion de compromis car, contrairement à la motion originale des partis d’opposition, elle est affaiblie et « n’entre pas dans le vif du sujet avec audace ». Pour Susanne Fürst (FPÖ), également, la politique étrangère et européenne du gouvernement fédéral se caractérise par des doubles standards et deux poids deux mesures. « D’une part, l’accent est mis sur le « point chaud de la crise, la Russie et l’Ukraine », mais d’autre part, vous fermez les yeux sur un autre point chaud, où, par exemple, les États membres de l’UE, la Grèce ou Chypre, sont directement menacés par la Turquie. »

« Il est juste et important que nous défendions les droits de l’homme et les obligations en vertu du droit international. C’est exactement ce que nous faisons avec l’application », a déclaré Reinhold Lopatka au nom de l’ÖVP. « Des centaines de milliers de Kurdes vivent sous une répression massive depuis des décennies, et c’est le travail de l’Autriche d’attirer l’attention sur ce sort. »

« La menace permanente contre les Kurdes signifie que nous devons adopter une position claire », a souligné Ewa Ernst-Dziedzic (Verts). Du côté du FPÖ, Ernst-Dziedzic a affirmé être du côté de la population kurde sans aucun double standard.

« Erdogan est en guerre contre les Kurdes, nous devons nous dresser contre cela ensemble », a souligné Helmut Brandstätter (NEOS) dans son discours. L’eurodéputé s’est prononcé en faveur d’une Europe de valeurs qui ne peut être déstabilisée. « Si nous semblons unis en tant qu’Europe forte et unie, nous serons pris au sérieux », a déclaré Brandstätter.

ANF

TURQUIE. Le HDP entre dans la course électorale sous la bannière du Parti de la gauche verte

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ANKARA – Lors d’un événement organisé hier à Ankara, le parti « pro-kurde » HDP a lancé sa campagne électorale sous la bannière du Parti de la gauche verte (Yesil Sol Parti) créé en remplacement du HDP en cas de fermeture de ce dernier par le régime turc.

Le HDP a partagé son manifeste pour les élections présidentielles et législatives du 14 mai 2023.

Le coprésident du HDP, Mithat Sancar a déclaré: « Ensemble, nous apporterons le changement. (…) Nous avons parcouru cette route sans nous incliner et nous y sommes. Oui, nous avons appris à éviter leurs conspirations et leurs ruses. Nous avons hérité de l’accumulation de la tradition de la lutte. (…) Nous, les Kurdes, sommes ici pour une solution démocratique au problème de la guerre, pour la paix contre la haine et l’inimitié. Nous sommes ici pour défendre la vie contre la mort. (…) Nous sommes ici pour établir la démocratie locale, contre la domination centralisée, pour l’égalité et la citoyenneté libre. Nous sommes ici pour ouvrir la voie à une république basée sur la démocratie. Ensemble, nous changerons les choses. (…) »

Le Parti démocratique des peuples (HDP) est la deuxième force d’opposition au Parlement turque mais des milliers de ses sympathisants, ses députés et maires ont été jetés en prison pour « terrorisme ». Si les droits élémentaires des Kurdes ne sont pas reconnus en Turquie, ces élections ne changeront rien et (s’il défend les droits des Kurdes), le Yeşil Sol Parti aussi reconnaitra le même sort que celui de tous les partis kurdes qui ont tous été interdits en Turquie jusqu’à présent.

 

 

KURDISTAN. Prix de l’égalité décerné à Choman Hardi, militante des droits des femmes ciblée par des milieux intégristes kurdes d’Irak

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« Attiser la peur existentielle des Kurdes de l’anéantissement, de la présence d’un complot majeur pour nous détruire, est un jeu éhonté avec notre subconscient car depuis des décennies la peur de l’assimilation et de l’extinction entre les mains des États nationalistes et théocratiques qui nous entourent a été l’expérience kurde », Choman Hardi.

Cela fait un certain temps que l’universitaire kurde Choman Hardi qui défend les droits des femmes et dispense des cours au Centre d’études sur le genre et le développement au sein de l’Université américaine d’Irak, au Kurdistan irakien, subit des menaces venant des milieux conservatistes, sexistes et intégristes qui l’accusent de « corrompre la société kurde avec l’argent qu’elle reçoit de l’Occident ». Ces menaces se sont intensifiées en 2022 à tel point que trente-quatre organisations, groupes et institutions de la société civile kurdes se sont réunis pour créer le Prix de l’Égalité et ont désigné Choman Hardi leur première lauréate pour son travail en faveur de l’égalité dans la communauté kurde et sa persévérance face à ces attaques sexistes et misogynes qui veulent réduire à néant la lutte des femmes kurdes pour l’égalité. Ce prix deviendra une tradition annuelle pour les défenseurs de la justice et de l’égalité dans la région du Kurdistan d’Irak.

Lors de la remise du le Prix de l’égalité qui a eu lieu le 14 mars dernier, Choman Hardi a prononcé un discours dans lequel elle a insisté sur l’importance de la lutte pour l’égalité homme/femme et a mise en garde contre la menace que représente la culture d’insultes et de calomnies pour la coexistence et la sécurité de la société kurde.

Voici l’intégralité du discours de Choman Hardi:

« Chers amis, merci d’être venus ! Merci pour la reconnaissance et la confiance que vous m’avez accordées à cette occasion. Se battre pour la justice sociale ou politique n’a jamais été facile et en tout lieu, mais c’est la persévérance et la détermination de personnes comme vous face aux difficultés qui sont toujours encourageantes.

Chacun d’entre nous qui travaille dans ce domaine a, sans aucun doute, fait face à des accusations, des attaques et des menaces qui visent à nous diffamer, nous décourager et nous réduire au silence. Depuis des années, les défenseurs des droits des femmes vivent sous la menace de la déshumanisation et de la diabolisation. Les forces conservatrices et intégristes attaquent les militantes à chaque fois sous un prétexte différent de haine des hommes, de sape des valeurs religieuses, de destruction de la structure familiale et, plus récemment, de trahison nationale.

Et nous savons tous que la diabolisation et la création d’un ennemi imaginaire est la première étape pour les détruire symboliquement ou littéralement. Mais le monstre effrayant qu’ils ont créé, qui reçoit apparemment de l’argent de l’ouest pour travailler secrètement à la désintégration de la famille et à la destruction de sa propre communauté, n’a absolument aucun rapport avec qui nous sommes et ce que nous faisons.

Attiser la peur existentielle des Kurdes de l’anéantissement, de la présence d’un complot majeur pour nous détruire, est un jeu éhonté avec notre subconscient car depuis des décennies la peur de l’assimilation et de l’extinction entre les mains des États nationalistes et théocratiques qui nous entourent a été l’expérience kurde.

La phobie et la peur qui sont fabriquées autour des efforts des organisations travaillant pour les droits des femmes, les droits civils et l’égalité des sexes, n’ont aucun rapport avec la réalité. Le véritable objectif de ces vagues de mensonges, de fausses informations et de mutilation de la vérité est de saper la réussite et l’impact des personnes et des organisations qui luttent pour l’égalité et de les calomnier en public.

D’autre part, la crainte d’un complot occidental contre notre communauté et nos valeurs sociales et religieuses n’est pas fondée. Nous n’avons pas un État puissant, ni une armée puissante, nous ne sommes pas suffisamment développés technologiquement ou économiquement pour constituer une menace pour le système économique ou politique international pour qu’ils veuillent conspirer contre nous. En fait, au cours des dernières décennies, nous avons été des alliés des puissances occidentales et avons reçu un soutien technique et financier pour renverser le gouvernement de Saddam Hussein et vaincre l’EI.

Notre objectif en tant qu’activistes et universitaires dans le domaine de l’égalité des sexes est de sensibiliser et de créer une nouvelle compréhension de l’inégalité et de l’injustice. Nous essayons de changer le discours coincé et dépassé qui attribue l’inégalité des sexes à la nature et aux différences biologiques entre les hommes et les femmes, un discours qui ne veut pas accepter que c’est un contrat social qui a créé cette inégalité et nous pouvons avoir une meilleure contrat dans lequel les femmes ne sont pas marginalisées, réduites au silence et opprimées.

Je suis sûre que certains des jeunes qui tombent dans le piège de ce malentendu [découvriront] bientôt la vérité. Ce n’est pas le combat des femmes pour l’égalité des sexes, pour le pluralisme religieux, culturel et ethnique, pour la protection des droits et des dignités, pour l’amélioration des relations collégiales, amicales, fraternelles et amoureuses entre hommes et femmes qui menace nos valeurs. Ce qui constitue une menace pour nos valeurs, ce sont ces forces qui veulent remplacer la conversation et l’argumentation par la diffamation, les mensonges et les grossièretés et en faire la culture dominante de notre communauté.

Pendant des années, notre communauté a été confrontée à des menaces majeures telles que la corruption et la destruction de l’environnement, mais maintenant la culture des insultes et des calomnies est une menace majeure pour notre sécurité et notre coexistence.

Pour finir, je veux dire qu’affronter les vagues généralisées et organisées d’irrespect, de calomnies, de manipulations et de menaces est difficile ; il est difficile d’être victime d’une diffamation et d’être calomnié dans son travail ; mais l’importance de notre objectif commun et le soutien inconditionnel que j’ai reçu de la famille, des amis, des collègues et des gens comme vous sont devenus une source de force et de persévérance. Je tiens à vous remercier une fois de plus de m’avoir accordé votre confiance. Ce prix me donnera de l’énergie pour continuer. Continuons tous ensemble. Merci. »

Discours publié en anglais sur le site Gender, Justice and Security Hub: Surviving abuse, defamation and backlash (Survivre aux abus, à la diffamation et aux contrecoups)

Choman Hardi est autrice du recueil de poèmes « Considérer les femmes » publié en français en 2020 par la maison d’édition Kontr.

Après les « Turcs des montagnes » voici les « Iraniens des montagnes » ou des bigoteries antikurdes!

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Pendant des décennies, l’État turc colonialiste a tenté de nier l’existence même des Kurdes et a essayé de les faire passer pour des « Turcs des montagnes » dont les pas auraient fait « kart-kurt » dans dans la neige [pendant les hivers rigoureux du Kurdistan] et qui auraient donné naissance au mot « Kurde » [en turc: Kürt]. Aujourd’hui, alors que cette théorie fumeuse a volé en éclat et que plus aucun fasciste turc parle de « Turcs des montagnes », la droite iranienne d’Europe attaque les militants kurdes sur les réseaux sociaux, mettant en doute leurs origines ethniques et parle des « Kurdes iraniens très proches des Iraniens ethniquement et culturellement » qui seraient différends des « autres Kurdes » qui vivent sous la colonisation turque ou arabe.

Cette droite-iranienne qui milite pour le retour de la monarchie en Iran attaque systématiquement les activistes kurdes qui dénoncent la persécution dont sont victimes les Kurdes et d’autres minorité en Iran depuis l’époque de la monarchie. Au lieu de répondre aux arguments avancés par ces activistes, chercheurs ou journalistes kurdes, ces royalistes préfèrent mettre en doute la kurdicité même de ces personnes sous prétexte qu’il y a des différences d’us et coutumes chez les Kurdes selon les régions ! De plus, ils passent sous silence le rôle des politiques assimilationnistes turques, persanes et arabes mises en place au Kurdistan et qui ont pu altérer ces us et coutumes kurdes.

Une des activistes kurdes qui font les frais de ces attaques hideuses est la chercheuse germano-kurde Dastan Jasim, dont les parents sont originaires du Kurdistan irakien, tout près de la frontière iranienne qui défigure le Sud-Est du Kurdistan. Ces royalistes (germanophones) lui ordonnent de se taire, déclarant qu’elle n’a pas de légitimité à parler des Kurdes d’Iran, car « elle est originaire du Kurdistan irakien et différente de ceux d’Iran qui seraient plus proches ethniquement des Iraniens ». A travers cette théorie fumeuse, la droite iranienne espère décrédibiliser les activistes kurdes en s’arrogeant le droit de décider qui est Kurde et qui ne l’est pas mais aussi que les Kurdes sont différents entre eux, plutôt que de leur répondre pourquoi les Kurdes (mais aussi les autres minorités éthiques et religieuses) d’Iran sont persécutées, leurs régions sont sous-développées, n’ont pas le droit à l’éducation dans leurs langues, ne peuvent pratiquer leurs us et coutumes… doivent persaniser leurs noms et prénoms (comme on l’a vu dans l’exemple du prénom kurde de Mahsa Amini – Jina – qui est ignoré par cette même droite iranienne) et subissent l’assimilation forcée pour devenir des Perses (ou Persans) chiites.

 

Mais ces royalistes ne sont pas que des inventeurs de théories infondées. Ils sont aussi voleurs de slogans, comme le slogan féministe kurde « Jin, jiyan, azadî (femme, vie, liberté) » qu’ils ont persanisé et dont ils s’arroge la paternité d’une manière impudente…