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Militantes femmes d’Iran: « Nous sommes coupables du désir de vivre »

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Le journal « Le Monde » a publié une tribune clandestine de 5 femmes militantes d’Iran, dont 4 d’entre elles se retrouvent toujours dans la prison d’Evin à l’approche de la date anniversaire du meurtre de Jina Mahsa Amini le 16 septembre 2022 par la police des mœurs iranienne pour un voile « inapproprié ».

La tribune est signée par la militante kurde Zeinab Jalalian, chercheuse Niloufar Bayani, l’écrivaine Golrokh Ebrahimi Iraee et les journaliste Narges Mohammadi et Sepideh Gholian.

« Derrière ces murs, je vis en attendant le jour où je viendrai vers vous, les bras chargés de fleurs », Zeinab Jalalian, militante féministe kurde de 41 ans, la plus ancienne prisonnière d’Iran et l’unique détenue politique condamnée à perpétuité.

Tribune à lire sur le site Le Monde: Cinq Iraniennes écrivent depuis leur prison : « Nous sommes coupables du désir de vivre »

La Turquie veut livrer un réfugié kurde à l’Iran

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La Turquie veut expulser le réfugié politique kurde Amir Kahrizi vers l’Iran bien qu’il ait droit à la protection en tant que réfugié, conformément aux obligations internationales.

Kahrizi a été arrêté en Grèce le 7 mai pour être entré en Europe en tant que réfugié et remis aux autorités turques, où il risque d’être expulsé vers l’Iran. Il est actuellement détenu au centre de déportation d’Ağrı.

Son épouse, Shahla Chorke, qui vit actuellement en Suède, appelle les autorités turques et les organisations internationales à suspendre immédiatement l’ordre d’expulsion.

Selon Chorke, Kahrizi avait été poursuivi pour des raisons politiques il y a dix ans et avait dû quitter l’Iran et se rendre au gouvernement régional kurde pour poursuivre ses activités de journalisme.

« Amir et moi avons une fille. Ma fille et moi vivons en Suède depuis près de trois ans. L’intention d’Amir était de nous rejoindre en Suède, mais malheureusement, il risque actuellement d’être expulsé vers l’Iran », a déclaré Chorke à Sur Ajans.

En réponse à la question de savoir ce qui arriverait à son mari s’il était expulsé vers l’Iran, Chorke a déclaré qu’il n’y avait pas de justice dans le système judiciaire iranien et qu’être membre d’une organisation anti-République islamique et être actif dans les médias associés à une telle organisation une organisation suffit pour être considérée comme un criminel en Iran.

Chorke a souligné que Kahrizi est une personnalité bien connue de la République islamique en raison de ses activités organisationnelles au sein du parti Komala, de son travail journalistique et de ses activités à la chaîne de télévision suédoise ASO Sat.

Pendant ce temps, la Fédération internationale des réfugiés iraniens a écrit une lettre concernant la décision de la Turquie d’expulser Kahrizi et l’a envoyée à la présidence de la gestion des migrations, au ministère de l’Intérieur, au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et à Amnesty International, demandant l’annulation immédiate de l’expulsion et trouver un soutien international pour lui, conformément aux obligations de la Convention de Genève.

Fédération internationale des réfugiés iraniens a écrit a déclaré dans sa lettre: « La présidence chargée de la gestion des migrations et les autorités turques souhaitent-elles envoyer Amir Kahrizi en Iran pour qu’il soit torturé en prison ou qu’il partage le même sort avec d’autres personnes passibles de la peine de mort ? … Les responsables du gouvernement turc n’ont-ils pas entendu parler des exécutions consécutives de prisonniers politiques et religieux en Iran ? »

Abdullah Asadi, directeur exécutif de la fédération, a déclaré que le gouvernement turc n’avait toujours pas répondu à la lettre écrite par la fédération.

Il a également souligné que bien que le gouvernement turc ait expulsé 37 000 réfugiés cette année, il n’a observé aucune protestation de la part des médias ou des institutions concernées puisque le public est actuellement silencieux sur la question.

Les Kurdes d’Allemagne protestent contre l’utilisation d’armes chimiques par la Turquie

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ALLEMAGNE- En Allemagne, de jeunes militants kurdes ont organisé une manifestation pour attirer l’attention sur l’utilisation présumée d’armes chimiques par la Turquie contre les forces de guérilla kurde et exiger la libération du leader emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan. La manifestation a également critiqué le manque de réponse des pays occidentaux.

De jeunes militants kurdes sont récemment descendus dans les rues d’Allemagne, enfilant des combinaisons blanches contre les matières dangereuses pour une manifestation. Le groupe s’est allongé sur le sol devant la cathédrale de Cologne, libérant de la fumée jaune pour symboliser l’utilisation présumée d’armes chimiques par le gouvernement turc contre la guérilla kurde. La manifestation visait également à briser le silence dans les villes occidentales autour de l’isolement absolu de 30 mois du leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, emprisonné dans une prison turque.

Les militants ont publié une déclaration soulignant leur engagement continu envers la cause. « Nous protestons activement pour exiger la liberté physique du leader Abdullah Öcalan. Bien que la communauté internationale soit au courant de son isolement de 30 mois dans des conditions de secret absolu, aucune mesure n’a été prise », ont-ils déclaré. Le groupe s’est engagé à poursuivre ses protestations, soulignant que son action actuelle pourrait aboutir, mais que son combat pour la justice reste inébranlable.

Les jeunes militants ont également abordé le contexte plus large de la lutte pour la liberté kurde, notant sa dynamique évolutive. « Nous sommes à un moment charnière et nous pensons que cette année culminera avec la liberté physique du leader Öcalan », ont-ils déclaré. Le groupe a insisté sur le fait qu’il persisterait dans sa lutte, quel que soit le lieu – que ce soit dans les montagnes, les villes ou les métropoles européennes.

Les militantes ont conclu en appelant leurs pairs à s’aligner sur les principes de libération des femmes d’Öcalan. « Nous exhortons tous les jeunes à nous rejoindre dans cette lutte jusqu’à ce que la liberté physique d’Öcalan soit assurée », ont-ils affirmé.

Medya News

GRECE. Appel à la solidarité pour un vieux réfugié kurde de Lavrio

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GRECE – Un vieux réfugié kurde de Lavrio, en Grèce, souffrant de surdité a besoin d’appareils auditifs mais n’a pas d’argent pour les acheter. Jaques Leleu, un des internationalistes qui ont organisé des convois solidaires pour les camps de réfugiés kurdes de Lavrio* pendant des années, appelle aux dons (déductibles d’impôts) afin que ce vieux monsieur puisse être appareillé rapidement.

Voici l’appel de Jaques Leleu:

« (…) Nos amis de Berlin ont apporté les fonds nécessaire pour assurer une importante livraison de nourriture (photo ci-dessous). Cela nous a permis de réaliser la 85ème livraison de nourriture en 8 ans de présence dans le camp.

Produits de première nécessité achetés pour les réfugiés kurdes de Lavrio

Un vieux camarade kurde (père d’un martyr) du camp de Lavrio est frappé par une surdité importante (90 % à une oreille et 60 % à l’autre). Il doit être appareillé rapidement car la surdité progresse. La pose de deux appareils permettra de freiner la perte d’audition.

Pour le moment nous sommes en mesure de lui assurer l’achat d’un appareil (coût est de 1450 euros par appareil). Notre association donne 1000 euros. L’État grec donne 400 euros.

Nous cherchons l’argent pour le deuxième appareil. L’association kurde va mettre la main à la poche. Il manque 750 euros pour acheter le deuxième appareil.

Vos dons peuvent être défiscalisés à hauteur de 66%.
La solidarité est l’arme des peuples. »

*Le plus ancien camp kurde de Lavrio a été vidé par l’Etat grec à la demande de la Turquie mais il reste le deuxième camp kurde qui est en périphérie de Lavrio et qui est autogéré grâce à la solidarité internationale.

PARIS. Inauguration du Jardin Mahsa Jîna Amini

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PARIS – Après la citoyenneté d’honneur de Paris accordée à Jina Mahsa Amini, une jeune Kurde tuée à Téhéran par la police des mœurs à cause d’un « voile inapproprié » en septembre 2022, un square parisien portera également son nom comme l’avait promis la Maire de Paris, Anne Hidalgo.

Le samedi 16 septembre 2023, la maire de Paris, Anne Hidalgo dirigera la cérémonie d’inauguration du « Jardin Villemin -Mahsa Jina Amini », à l’occasion du premier anniversaire du meurtre de Jina Amini par la police des mœurs iranienne à Téhéran pour un voile « mal porté ».

Lors de l’inauguration, Anne Hidalgo sera accompagnée par la maire du 10e arrondissement, Alexandra CORDEBARD, ainsi que par ses adjoints Arnaud NGATCHA, Laurence PATRICE, Jean-Luc ROMERO-MICHEL.

Jina Amini est une jeune femme kurde tuée le 16 septembre 2022 à Téhéran à par la police des mœurs pour un voile « mal porté », devenant l’étincelle qui a mis le feu au poudrier islamo-fasciste iranien… Jina Mahsa Amini a également été citoyenne d’honneur de Paris à titre posthume.

RDV le samedi 16 septembre 2023, à 10 heures

ADRESSE
105 Quai de Valmy
75010 PARIS
Métro: Gare de l’Est

 

Invitation au Festival international de la culture kurde

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BERLIN – Le 31e Festival international de la culture kurde sera organisé le samedi 9 septembre au Rebstockpark à Francfort, en Allemagne. La 31e édition du festival kurde est dédié à Evîn Goyî, Mir Perwer et Abdurrahman Kızıl, trois militants kurdes assassinés à Paris le 23 décembre 2022.

Le 31e Festival international de la culture kurde sera organisé le samedi 9 septembre au Rebstockpark à Francfort, en Allemagne. Le festival, qui coïncide avec le 100ème anniversaire de Lausanne avec pour devise « Solution au problème kurde, liberté pour Öcalan, statut pour le Kurdistan ».

Bermal Çem, Şeyda, Nuarîn, Beser Şahin et Deniz Deman, les femmes musiciennes qui participeront au festival ont également invité les Kurdes et leurs amis à venir les rencontrer à Francfort.

Şeyda, Bermal Çem, Beser Şahin, Nuarîn et Deniz Deman

Les associations kurdes d’Europe ont affrété des cars partant de plusieurs villes européennes afin de permettre à la diaspora kurde d’assister au 31e festival international de la culture kurde.

Le festival kurde (Festîvala Çand û Huner a Navnetewî ya Kurd), auquel participeront des intervenants de Turquie, du Kurdistan et d’Europe, propose également un riche programme culturel. Si Silbûs û Tarî, Hossein Safamanesh, Kevana Zêrîn, Jale, Göksel & son ensemble, Sherif Omeri font partie des artistes qui se produiront au festival, en plus de la danse folklorique kurde (govend). Il y aura également des ateliers pour les enfants et des stands de livres, de nourriture et de vêtements traditionnels kurdes, etc.

 

 

TURQUIE. Les vêtements d’une Kurde tuée par l’armée en 2015 remis à sa famille dans des enveloppes

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TURQUIE / KURDISTAN – Les vêtements brûlés et déchirés d’Hezni Inan (fille de Taybet Inan, dont le cadavre est resté dans rue pendant 7 jours) tuée par l’armée turque lors du couvre-feu dans la ville kurde de Cizre, ont été remis à sa famille dans des enveloppes 8 ans sa mort.

Hezni İnan, la fille de Taybet İnan (mère Taybet), qui a été assassinée pendant le couvre-feu décrété le 14 décembre 2015 dans le district de Silopiya (Silopi) à Şirnak et dont le corps sans vie a été laissé dans la rue pendant 7 jours, a été tuée pendant le couvre-feu décrété à Cizre à la même date. Les vêtements brûlés et déchirés d’Hezni Inan, assassinée dans le sous-sol de l’immeuble du quartier Cudî où elle vivait, ont été remis à sa famille 8 ans plus tard. Le service de police du district de Silopi a appelé le père d’Hezni İnan, Halit İnan, le 6 septembre et lui a dit de venir récupérer ses affaires. Le lendemain, un sac en plastique a été donné à la famille qui s’est rendue au commissariat de police du district. Dans le sac, la famille a trouvé trois enveloppes contenant le pull, le pantalon et le cardigan brûlés et déchirés d’İnan.

Le frère aîné d’İnan, Ömer İnan, a réagi aux pratiques de l’État concernant les corps des Kurdes tués par les forces armées turques et a déclaré : « Il y avait trois enveloppes dans le sac donné. Notre paquet était constitué de ces morceaux (vêtements déchiquetés et brûlés) que vous voyez. (…) Ils veulent créer la peur. Savez-vous de quelle époque datent ces vêtements? Ceux-ci appartiennent aux couvre-feux de Cizrê. Ces pièces appartiennent à ce massacre. C’est le respect de l’État. Je ne sais pas quoi dire. Ils le mettent dans une enveloppe et le donnent au bout de 8 ans. Ils auraient pu le donner à l’époque aussi. Ils veulent que nous reculions. Mais nous ne reculerons pas devant notre cause. « Nous sommes également fiers de ces vêtements brûlés et déchirés que vous voyez. »

« C’est la honte de la Turquie »

Rappelant que sa mère avait également été assassinée de la même manière, İnan a déclaré qu’ils ne céderaient jamais devant l’oppression. İnan a ajouté : « Ils ont également assassiné ma mère pendant le couvre-feu. Ils ont également assassiné ma soeur dans les sous-sols de Cizir. Je ne les oublierai jamais. Je vais encadrer ces vêtements brûlés et déchirés et les accrocher au mur de la maison. Nous ne l’oublierons pas tant que nous existerons. Que chacun voie le visage de cet État. C’est la honte de la Turquie. Cela fait 8 ans depuis le couvre-feu, mais ils nous les donnent aujourd’hui, comme s’ils s’en moquaient. »

 

Appel aux dons pour l’École internationale de théâtre kurde Diwan

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La troupe de théâtre kurde Şermola Performans, sous la houlette des metteurs en scène Mirza Metin, Berfin Zenderlioğlu et le directeur Hazni Demir, a démarré les travaux de l’académie internationale de théâtre kurde Diwan dans la province de Batman afin de former les artistes de la scène kurde de demain. Pour mener à bien leur projet, ils ont besoin encore d’environs 5000 euros. Si vous voulez participer à ce projet, allez sur le site gofundme faire un don, même de quelques euros. Ainsi, vous « donnerez aux arts kurdes les moyens de briller sur la scène mondiale. En soutenant Dîwan, vous contribuez à la lutte contre les politiques d’assimilation et donnez une voix aux histoires méconnues de l’héritage kurde », comme le précise la troupe kurde sur le site de la cagnotte.

Qu’est-ce que l’académie internationale de théâtre Diwan ?

L’académie internationale de théâtre Diwan (en kurde: Akademîya Navneteweyî ya Şanoyê) est un laboratoire où les rituels kurdes, danses, musique traditionnelle, théâtre et formes de contes se transforment en exercices de jeu, développés par Mirza Metin (auteur notamment de la pièce de théâtre « Gravité »).

L’académie Diwan a été imaginée par la troupe de théâtre kurde Şermola Performance, fondée il y a 15 ans et qui concrétise son rêve d’ouvrir l’école de théâtre international kurde Akademîya Navneteweyî ya Şanoyê (L’académie internationale de théâtre Diwan ou Dîwan International Theatre Academy, en anglais) à Batman. Pour cela, l’équipe a loué un espace de 420 m2 avec le soutien de CultureCivic et a entamé la rénovation avec ses propres moyens. Ils ont besoin de votre soutien pour achever la construction de l’espace Académie et démarrer leurs cours le 17 octobre 2023, date du 15e anniversaire de la troupe.

L’objectif de la troupe Şermola Performans est de proposer une formation pratique et théorique de théâtre et de théâtre contemporain en kurde, de proposer des programmes d’échange internationaux, d’établir des relations avec d’autres écoles et disciplines à travers le monde, et ainsi de contribuer à la dynamique du théâtre kurde à Batman et dans les provinces environnantes. Ce projet sera une première en proposant un enseignement théâtral professionnel en langue kurde en Turquie.

Buts et objectifs de Diwan Academy

Les responsables du projet Diwan expliquent ainsi leurs buts et objectifs :

« Notre objectif est de libérer le théâtre et les arts performatifs kurdes du joug colonial et de rechercher, systématiser, développer et diffuser son propre langage scénique et ses méthodes de travail. Notre objectif est d’être un centre au Kurdistan pour l’éducation artistique pour les enfants, les femmes, les jeunes et les travailleurs. Notre objectif est de communiquer avec les instituts de formation théâtrale des villes culturelles et artistiques importantes du monde et de réunir régulièrement des professeurs de différentes écoles de théâtre avec nos étudiants de Batman. Nous visons à envoyer nos étudiants dans des instituts d’enseignement théâtral dans d’importantes villes culturelles et artistiques du monde à travers divers programmes d’échange. Notre objectif est d’accueillir des jeunes de différents pays du monde à Batman et de leur faire découvrir la méthode de jeu Dîwan. Notre objectif est de créer un pont entre le théâtre kurde et le théâtre, les festivals et les institutions mondiaux. »

 

 

New world embassy : Kurdistan

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SUISSE – Du 23 au 24 septembre 2023, le théâtre Vidy Lausanne accueille l’« ambassade éphémère d’un monde nouveau » centré sur le Kurdistan, dans le cadre des commémorations du Traité de Lausanne qui a dépecé le Kurdistan et ouvert la voie aux génocides physique, linguistique et culturel des Kurdes.

Le théâtre Vidy Lausanne* accueille l’ambassade éphémère d’un monde nouveau, qui héberge cercles diplomatiques (tables rondes et ateliers participatifs), films et concert réunissant politiques, expert·e·s et artistes kurdes, suisses et internationaux·ales autour des questions de démocratie sans État, des cultures solidaires, d’une décolonialité apatride ou de la possibilité d’un confédéralisme démocratique mondial. Aujourd’hui, l’actualité place les Kurdes entre résistance à Daech, persécutions et mise en place d’une démocratie expérimentale, extra-nationale, locale et féministe au Rojava (Kurdistan de l’Ouest, Syrie). Tournée vers un futur nourri de la situation kurde, l’Ambassade du monde nouveau est conçue par l’artiste Jonas Staal et Nilüfer Koç, membre du Congrès national du Kurdistan.

A cette occasion, le Théâtre Vidy Lausanne accueillera une ambassade symbolique et éphémère du Kurdistan, dans laquelle se dérouleront des tables rondes mêlant expert-e-s, politiques, artistes kurdes, suisses et internationaux-ales, autour de thèmes tels que la démocratie sans État, les cultures solidaires, les mouvements féministes et écologiques ou encore le confédéralisme international. Les intervenant-e-s partageront aussi leur expérience pendant des workshops et des repas avec le public. Parallèlement aura lieu une exposition à l’espace Le Signal L à PLATEFORME10 ainsi que d’un cycle de cinéma kurde à Vidy.

Programme compet de « New world embassy : Kurdistan »

Expo “Stateless States”

En écho à New World Embassy : Kurdistan, l’exposition “Stateless States” imagine une politique mondiale apatride. Au travers de maquettes architecturales d’ambassades et de parlements alternatifs, de cartes illustrant les revendications d’autodétermination de différents mouvements apatrides et de vidéos, Stateless States cherche à nous libérer de la notion traditionnelle d’État en faveur d’une nouvelle culture mondiale sans État.

Exposition à voir du 8 septembre au 22 octobre 2023 à Signal L de Plateforme 10.
Adresse:
Plateforme 10
Avenue Louis-Ruchonnet 1
CH-1003 Lausanne

 

*Adresse du Théâtre Vidy-Lausanne:
Avenue E. Jaques-Dalcroze 5
1007 Lausanne
SUISSE

 

TURQUIE. Le pogrome d’Istanbul de 1955 ciblant les minorités est une plaie ouverte

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TURQUIE – Le pogrom d’Istanbul, surnommé également de pogrom de Constantinople, a ciblé essentiellement la minorité grecque d’Istanbul les 6 et 7 septembre 1955. Outre les Grecs, les Juifs, les Arméniens et des Assyriens des régions kurdes ont également été ciblés lors du pogrome de septembre 1955 qui a eu des répercutions dans d’autres régions de la Turquie.

Aujourd’hui marque le 68e anniversaire de l’une des attaques les plus importantes contre les minorités en Turquie, connue sous le nom de pogrom des 6 et 7 septembre. « Les événements des 6 et 7 septembre 1955 constituent les pratiques génocidaires organisées et mises en œuvre par la Turquie. Il s’agit de massacre des Grecs à Istanbul, etc., de leur exil et la confiscation de leurs biens », écrit l’écrivain et chercheur kurde, Dursun Ali Küçük à l’occasion du 68e anniversaire du pogrome de septembre 1955.

Il y a soixante-huit ans aujourd’hui, le mardi 6 septembre 1955, à 13 heures, une annonce était faite à la radio d’État, suivie de gros titres dans le journal Istanbul Ekspres, qui soutenait le Parti démocrate (DP) alors au pouvoir, déclarant « La maison de notre leader a été endommagée par une bombe » (en référence à la maison de Mustafa Kemal Atatürk durant son enfance à Thessalonique). Peu de temps après, des attaques contre des citoyens grecs, arméniens et juifs ont commencé.

Les images de destructions et d’attaques dans des endroits comme les quartiers de Beyoğlu et Kurtuluş à Istanbul fournissent une preuve cruciale de l’ampleur des attaques. L’ampleur de la violence est devenue évidente. Mais que s’est-il passé dans les villes en dehors d’Istanbul où vivaient des minorités ?

L’historien Emre Can Dağlıoğlu a répondu à nos questions et nous a donné un aperçu de ce sujet.

Tout d’abord, est-il correct de se concentrer uniquement sur Istanbul sur le pogrom des 6 et 7 septembre ?

L’une des raisons de notre approche centrée sur Istanbul est l’intensité de la violence à Istanbul. Toutefois, cela ne veut pas dire que rien ne s’est passé en dehors d’Istanbul. À Izmir en particulier, où vivait un nombre important de Grecs, nous assistons à de graves incidents de violence.

Quand je dis « pas sérieux », je ne compare pas cela à Istanbul. Néanmoins, nous constatons des incidents de violence contre les minorités dans d’autres endroits, même s’ils ne sont pas aussi intenses qu’à Istanbul.

Pouvez-vous le décrire province par province?

Par exemple, à Izmir, 15 maisons et près de 10 commerces ont été pillés et attaqués. Nous pouvons voir des traces de pillages et d’attaques. A Alsancak, une église et le consulat grec ont été incendiés.

Au même moment, on constate que le pavillon grec du parc des expositions a également été incendié. Nous constatons des blessures et des dommages matériels. Après l’attaque du consulat, la question est devenue une question diplomatique entre la Grèce et la Turquie.

La Turquie a versé une compensation pour la réparation du bâtiment du consulat et a proposé une cérémonie avec une participation ministérielle en signe de bonne volonté. Mais il y a un autre aspect à cela. Les événements des 6 et 7 septembre ne sont pas isolés. Une semaine plus tard, une église d’Izmir était de nouveau attaquée et incendiée.

Alors, en regardant d’autres villes, quelle a été l’ampleur des incidents violents ?

Dans ces villes, nous constatons que même si des incidents violents étaient possibles et qu’il y avait des marches et des rassemblements, ils ont été empêchés grâce à l’intervention de la police et par les voies bureaucratiques.

Par exemple, à Bursa, dans la nuit du 6 septembre, une centaine de Grecs vivant dans la ville ont été placés dans un hôtel et cet hôtel a été placé sous protection.

De même, à Samsun, un petit nombre de familles grecques restantes étaient protégées par la police.

En outre, d’importantes manifestations ont eu lieu à Ankara et Adana. Ici, on voit qu’il y a eu des manifestations dans des quartiers où il ne restait qu’un petit nombre de minorités, et même des affrontements avec la police, mais ces incidents n’ont pas fait de victimes ni de dégâts matériels sous contrôle militaire.

Cependant, après les 6 et 7 septembre, une explosion s’est produite à l’église Aziz Nikola d’Iskenderun, qui a subi de graves dommages suite aux tremblements de terre du 6 février de cette année. Il a été révélé que deux individus non identifiés avaient placé de la dynamite devant la porte de l’église.

En dehors d’Istanbul et d’Izmir, il n’y a eu aucune évolution concernant les auteurs de ces événements. Les procès liés à ces incidents ont été très problématiques.

Il y a eu des incidents de violence contre les Assyriens à Urfa, Mardin et Midyat, ainsi que des actes de harcèlement contre les Juifs à Çanakkale.

 

Qu’en est-il des auteurs ?

Le processus lié aux auteurs est problématique. Nous constatons que le Parti démocrate a arrêté un grand nombre de personnes en peu de temps. Cependant, ces détenus ont été progressivement libérés sans procédure judiciaire appropriée, et très peu de suspects ont été arrêtés. La plupart d’entre eux ont été libérés et sont restés impunis.

Plus tard, le Parti démocrate a affirmé que les communistes avaient orchestré cela, et la faute a été rejetée sur les écrivains et intellectuels de gauche.

Dans le procès des membres du Parti démocrate après le coup d’État du 27 mai 1960, nous voyons que le pogrom des 6 et 7 septembre a été décrit comme quelque chose d’organisé uniquement par la direction du Parti démocrate, ce qui excluait la nature massive de ce crime.

Mais outre le nombre élevé de participants au lynchage à Istanbul, nous savons également que des habitants d’Eskişehir, d’Ankara, de Kocaeli et de Sakarya ont entendu parler des événements et sont montés dans des bus pour se rendre à Istanbul pour participer au crime.

Pouvons-nous résumer les lieux où les incidents se sont concentrés en dehors d’Istanbul ? S’agit-il d’Iskenderun, Adana, Izmir et Bursa ?

Nous pouvons également ajouter Mardin et Urfa à la liste. Même si l’on ne peut pas parler d’actes de violence significatifs dans ces villes, on peut au moins dire qu’il y a eu une participation massive. Ankara, Izmir et Adana ont certainement connu de tels incidents.

Ainsi, lorsque nous en parlons, par exemple, lorsque nous nous promenons à Istanbul, à Beyoğlu ou lorsque nous allons à Kurtuluş, nous disons : « Les Grecs vivaient ici ». Nous racontons cette histoire. On en voit presque des traces dans chaque bâtiment. Mais quelle est la situation lorsque nous allons dans d’autres villes ?

On retrouve également cette réminiscence nostalgique, les traces de Grecs, de Juifs ou d’Arméniens dans des villes comme Izmir, Ankara et Çanakkale, où il en reste très peu aujourd’hui.

Avant le tremblement de terre, Antakya et, dans une certaine mesure, Mardin différaient en ce sens. Ils sont plus proches d’Istanbul à cet égard. Parce que les non-musulmans de ces régions ne sont pas comme des objets de musée ; ils font partie de la vie quotidienne et existent comme eux-mêmes dans la vie quotidienne de ces villes. Cependant, même dans ces villes, nous ne voyons aucune trace de crimes qui ont gravement endommagé le patrimoine culturel de ces communautés. Ils ne sont pas commémorés comme des crimes.

Y a-t-il eu des migrations vers d’autres villes qu’Istanbul ?

Il y avait une photo partagée sur Twitter par Bora Selim Gül. Il s’agit d’une plaque devant l’une des célèbres maisons à cour historique d’Antakya. Il s’agit d’une maison construite par une famille syrienne, et il y a une phrase sur la plaque qui dit que les héritiers de cette maison ont quitté Antakya après les événements du pogrom des 6 et 7 septembre 1955. Nous ne savons donc ni pourquoi ni pour quelles raisons. les gens sont partis, mais on peut dire que le pogrom des 6 et 7 septembre a joué un rôle important dans la création d’un climat de peur et a contribué à la migration de certaines personnes, notamment en Anatolie.

Je voudrais également souligner un autre détail : nous avons parlé de l’église d’Iskenderun. En fin de compte, on peut expliquer que ce qui s’est passé dans la nuit du 6 septembre et qui a été entendu à Hatay et dans ses environs le 7 septembre a créé un climat de peur. À Altınözü, où se trouvent deux villages chrétiens, nous savons que les gens se sont rassemblés dans de grandes maisons et ont utilisé toutes les armes de fortune qu’ils ont pu trouver pour se protéger et ont vécu ensemble pendant quelques jours. Par conséquent, même si cela n’a pas conduit à une destruction intense, cela a créé une certaine peur, qui pourrait affecter les émotions et les positions socio-économiques, voire les modifier.

Lorsqu’il s’agit de la question des minorités, dans le contexte de l’histoire de la Turquie, l’un des principaux problèmes est la domination des perspectives centrées sur Istanbul.

En étudiant les problèmes des minorités, il est clair que cela est le résultat d’une perspective de classe. Il est plus facile de voir les plus prospères, ceux qui ont laissé derrière eux des choses belles et tangibles. Bien sûr, il est facile de se souvenir de leurs belles maisons, de leurs églises, de leurs grandes propriétés et de leur richesse. Cependant, il est essentiel de ne pas oublier qu’une partie importante des chrétiens et des juifs restants de la période ottomane étaient des paysans et des ouvriers des classes inférieures. Par conséquent, nous devons réorienter notre attention et la maintenir plus large, à mon avis.

Bianet

IRAN. Les partis politiques kurdes appellent à la grève générale le 16 septembre

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IRAN / ROJHILAT – Six formations politiques kurdes du Rojhilat (Kurdistan d’Iran) appellent à une grève générale le 16 septembre, date anniversaire de l’assassinat de Jîna Amînî et début de la révolution « Jin, Jiyan, Azadi » (femme, vie, liberté).

Les partis et mouvements politiques du Rojhilat appellent à une grève générale au Kurdistan à l’occasion du premier anniversaire de la résistance « Jin Jiyan Azadî » (Femme, Vie, Liberté), le 16 septembre.

L’appel commun publié mercredi est signé par le HDKÎ (Mouvement démocratique du Kurdistan-Iran), le Komele (Parti communiste d’Iran), le PJAK (Parti pour une vie libre au Kurdistan), Sazimanî Xebat (Organisation de lutte au Kurdistan iranien), le PAK (Parti de la Liberté du Kurdistan) et Komeleya Zehmetkêşên Kurdistanê (Communauté des travailleurs du Kurdistan).

L’appel rappelle que la rébellion qui a éclaté il y a un an comme le soulèvement le plus important et le plus durable de l’histoire de la République islamique. La révolution « Jin, Jiyan, Azadî » a été déclenchée par le féminicide d’État de Jina Mahsa Amini, originaire de kurde de Saqqez décédée dans un hôpital de Téhéran le 16 septembre 2022. Elle avait auparavant été arrêtée par la police des mœurs et tabassée dans un commissariat de police. Les soulèvements menés par les femmes qui se sont étendus du Rojhilat à l’ensemble de l’Iran ont créé une révolution irréversible dans les esprits.

Le mouvement de liberté des peuples d’Iran en général et du peuple kurde en particulier a connu une nouvelle phase populaire contre le régime au pouvoir en Iran et a pris des mesures décisives, imparables et irréversibles. Le rôle important des femmes dans cette révolution a fait faire un grand pas en avant à notre société et a éclairé l’horizon de la victoire. Au sommet de leur vie, les jeunes font un sacrifice rare pour accéder à une vie libre et désirable. A l’occasion de l’anniversaire de la révolution de Jina, il convient de se souvenir des martyrs de cette nouvelle révolution, de montrer notre soutien aux prisonniers politiques et de maintenir en vie le mouvement politique. Le rôle important des femmes dans cette révolution a fait faire un grand pas en avant à notre société et a éclairé l’horizon de la victoire. Au sommet de leur vie, les jeunes font un sacrifice rare pour accéder à une vie libre et désirable. A l’occasion de l’anniversaire de la révolution de Jina, il convient de se souvenir des martyrs de cette nouvelle révolution, de montrer notre soutien aux prisonniers politiques et de maintenir en vie le mouvement politique. Le rôle important des femmes dans cette révolution a fait faire un grand pas en avant à notre société et a éclairé l’horizon de la victoire. Au sommet de leur vie, les jeunes font un sacrifice rare pour accéder à une vie libre et désirable. A l’occasion de l’anniversaire de la révolution de Jina, il convient de se souvenir des martyrs de cette nouvelle révolution, de montrer notre soutien aux prisonniers politiques et de maintenir en vie le mouvement politique.

Les organisations citées plus haut ont pris les décisions suivantes :

1- Les militants de la société civile et les organisations indépendantes doivent soutenir et participer activement aux commémorations et activités à l’occasion de l’anniversaire de la révolution « Jin, Jiyan, Azadî ».

2- Déclaration du 16 septembre 2023 comme jour de grève générale dans tout le Kurdistan, où tous les magasins, marchés, commerces et centres administratifs doivent rester fermés. Le peuple du Kurdistan visitera les tombes des courageux martyrs de la révolution et organisera des cérémonies de commémoration.

3- Tous les peuples libertaires d’Iran devraient soutenir la grève du peuple du Kurdistan à travers le pays et montrer leur soutien à la révolution « Jin, Jiyan, Azadî ».

4- Tous les cercles, militants et partis à l’étranger devraient soutenir la grève à l’occasion de l’anniversaire de la révolution, organiser des manifestations et des marches de masse et attirer l’attention du monde sur la « révolution Jina ».

5- Chaque parti des formations politiques présentes à cette réunion exprime sa participation et son soutien aux cérémonies de commémoration qui se tiendront sur les tombes des courageux martyrs le 16 septembre 2023.

ANF

TURQUIE. L’affaire du massacre d’une famille kurde menacée par le délai de prescription

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TURQUIE / KURDISTAN – Trente ans après que des soldats turcs ont brûlé vifs neuf membres d’une famille kurde dans la province de Mus, l’unique accusé est toujours en fuite et l’affaire controversée pourrait bientôt être abandonnée pour délai de prescription.

Un officier turc a perdu la vie dans un affrontement qui a eu lieu le 2 octobre 1993 dans la zone rurale de la ville de Vartinis (Altınova) dans le district de Têlî (Korkut) de Mûş. Après le conflit, les militaires venus récupérer le corps de l’officier ont ouvert tiré en l’air et déclaré aux villageois « Nous viendrons brûler votre village ce soir ». Le lendemain, c’est-à-dire le 3 octobre 1993, les militaires sont revenus dans le village et y ont mis le feu, prétendant que les villageois aidaient la guérilla kurde (PKK).

À la suite de l’incendie de leur maison, le couple Nasır et Eşref Öğüt ont perdu la vie avec leurs 7 enfants, dont l’aîné avait 12 ans et le plus jeune n’avait que 3 ans. Aysel Öğüt, la seule survivante de la maison, a ensuite déposé une plainte pénale concernant le massacre.

Mais l’acte d’accusation initial accusait le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), malgré les preuves d’une implication militaire. Après avoir traîné pendant une décennie, l’affaire a été rouverte en 2003, mais bloquée en raison de querelles juridiques sur la compétence.

Finalement, en 2011, les procureurs ont inculpé quatre soldats, dont le capitaine de gendarmerie Bulent Karaoglu, alors commandant du district. Cependant, l’affaire a été rapidement transférée de Mus à Kirikkale, prétendument pour des raisons de sécurité.

Trois accusés ayant été acquittés, Karaoglu reste le seul accusé. Malgré un mandat d’arrêt, il n’a toujours pas été arrêté. Sans son arrestation, l’affaire ne pourra pas avancer et risque d’expirer en octobre 2023.

Les avocats de la famille Ogut dénoncent l’absence de progrès et déclarent que le fait de ne pas demander des comptes à quiconque aggrave l’injustice. Ils accusent les autorités d’indifférence et d’inaction alors qu’un tueur est en liberté.