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TURQUIE. Accident mortel à Mardin

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TURQUIE / KURDISTAN – Un accident de la route survenu dans la province kurde de Mardin a couté la vie à 4 proches de la prisonnière politique Rukiye Fidan.

La mère, les frères et sœurs et l’oncle de Rukiye Fidan, qui ont perdu la vie dans un accident survenu la nuit dernière dans le district d’Ömerli (Mehsert), ont été inhumés.

Dans un carambolage survenu hier soir à Kafsenor, district de Mehsert (Ömerli), à Mardin, quatre membres de la famille Fidan, venus d’Istanbul rendre visite à des proches, ont perdu la vie et plusieurs autres ont été blessés. Il s’agit de la mère de Rukiye Fidan (otage kurde détenue à la prison pour femmes d’Istanbul/Bakırköy), Suna (42 ans), de ses frères et sœurs Gülbahar (18 ans) et Ramazan (17 ans), et de son oncle Mehmet Nur Fidan (51 ans).

Les victimes ont été inhumées aujourd’hui dans le village de Qudê. 

SYRIE. Mise en garde contre les menaces croissantes ciblant les droits des femmes

SYRIE / ROJAVA – Jian Hassan, conseillère auprès de l’administration autonome arabo-kurde du Rojava, a mise en garde contre les menaces croissantes qui pèsent sur les droits des femmes en Syrie depuis la prise du pouvoir par le HTC / HTS.

Jian Hassan, conseillère auprès de l’Administration autonome démocratique (AAD) du canton de Jazira, a souligné les souffrances croissantes des femmes syriennes et a dressé un bilan de leur rôle au sein du gouvernement de transition. Elle a déclaré que la situation actuelle ne répond ni aux aspirations des Syriens ni aux sacrifices consentis par les femmes, et a appelé à la solidarité féminine pour lutter contre les politiques d’exclusion et participer pleinement à la construction de l’avenir de la Syrie.

Dans son analyse de la situation en Syrie un an après la chute du régime baasiste, Jian Hassan a mis en lumière la réalité vécue par les femmes sous le joug baasiste. Elle a expliqué que le régime avait imposé une langue, une identité et un drapeau uniques à tous les Syriens, entraînant des destructions massives dont les femmes furent les principales victimes. Elle a ajouté que les femmes syriennes, et notamment les femmes kurdes, avaient été soumises, durant ces décennies, à toutes sortes d’exclusions et de violations.

Hassan a également évoqué les souffrances du peuple kurde, décrivant les pratiques du régime comme encore profondément ancrées dans la mémoire collective : de l’incendie du cinéma Amuda et de celui de la prison centrale de Hassaké en 1993, aux politiques de manipulation démographique, en passant par la confiscation des terres kurdes et les déplacements forcés de population, jusqu’aux événements du 12 mars, sans oublier leur exclusion des droits constitutionnels syriens pendant des décennies. Le peuple kurde, et les femmes kurdes en particulier, ont payé le prix fort de ces politiques.

Elle a affirmé que les Kurdes et les femmes kurdes n’avaient pas capitulé, mais avaient résisté avec une grande détermination pour changer le régime. Sa chute a fait naître l’espoir d’instaurer un nouvel ordre démocratique. Elle a expliqué que la révolution visait à transformer les mentalités et que les Syriens avaient consenti d’immenses sacrifices pour atteindre cet objectif, portés par le vent du Printemps arabe qui a secoué la région.

Les femmes syriennes se trouvent aujourd’hui à la croisée des chemins.

Elle a souligné qu’après la chute du régime, les femmes syriennes aspiraient à jouer un rôle important dans la reconstruction de la Syrie. Elle a déclaré : « La révolution a été qualifiée de révolution des femmes, et pourtant, aujourd’hui, elles se trouvent à la croisée des chemins, tiraillées entre leurs acquis des dernières années et les défis posés par la période de transition. »

Elle a ajouté : « Les femmes ont joué un rôle essentiel face à la guerre, dans la gestion des communautés locales et dans les initiatives civiles et politiques. » Mais elle a constaté que ce rôle n’est pas suffisamment pris en compte au sein des institutions décisionnelles, ce qui crée un fossé qu’il faut combler rapidement.

Jiyan Hassan a poursuivi : « Les femmes syriennes ont une longue histoire de résistance et de lutte, et ont contribué à rapprocher les confessions, les communautés et les religions. » Elle a également souligné les réalisations des femmes dans le nord et l’est de la Syrie et le système de coprésidence, qu’elle a décrit comme un modèle global pouvant être appliqué à l’ensemble du pays.

Par ailleurs, Jian a mis en garde contre l’aggravation des souffrances des femmes en Syrie, affirmant que le régime Baas pratiquait l’oppression de manière cachée, tandis que le gouvernement de transition actuel pratique la même oppression ouvertement et sans aucun contrôle ni obligation de rendre des comptes.

 Elle a déclaré que ce que le peuple et les femmes syriennes attendaient était loin de la réalité sur le terrain, citant notamment la suppression par le gouvernement de transition des noms de femmes résistantes des manuels d’histoire et des programmes scolaires, comme la reine Zénobie et Khawla bint al-Azwar.

Elle a poursuivi : « Dans l’esprit de ce pouvoir, la femme n’existe pas. Elle est réduite à une simple servante, cantonnée au travail, à l’accouchement et aux tâches ménagères, vêtue d’un vêtement noir et confinée entre quatre murs. Même les lieux de culte spécifiquement féminins, comme la statue de la Vierge Marie et le sanctuaire de Dame Zainab, n’ont pas été respectés, et les femmes ont été attaquées avec une violence et une oppression extrêmes, tant pendant la révolution que dans le domaine religieux. »

Elle a expliqué que les femmes en Syrie – enseignantes, médecins, chercheuses en sciences sociales, avocates et juges – étaient victimes d’oppression, de violence et d’exclusion des postes de décision. Certaines ont été tuées ou exilées. Elle a averti que ce qui se passe est un « massacre délibéré », reflet d’une mentalité vieille de 5 000 ans.

Hassan a également évoqué les événements sanglants survenus sur la côte et à Sweida, les qualifiant d’« actes immoraux et inhumains », et soulignant la nécessité de tenir pour responsables toutes les personnes impliquées.

Elle a affirmé que la mentalité qui a tué des femmes au Rojava, à Shingal, à Afrin, sur la côte syrienne et en Soueïda est la même mentalité qui craint les femmes fortes et instruites, conscientes de leurs droits.

Elle a ajouté : « La femme syrienne, et notamment la femme kurde, était à l’avant-garde des forces qui réclamaient le changement. Pourtant, sa présence dans les institutions de la période de transition reste bien en deçà de l’ampleur de ses sacrifices et de son rôle véritable. » Elle a souligné que les défis ne sont pas seulement politiques, mais aussi sociaux, car toute une structure sociale tente de restreindre le rôle des femmes sous divers prétextes.

Elle a souligné que l’exclusion des femmes des centres de décision n’est pas seulement une question de représentation, mais aussi une question d’avenir.

Elle a déclaré que l’absence de la voix des femmes dans l’élaboration des constitutions et des politiques publiques aboutit nécessairement à un système qui ne reflète pas les besoins de la moitié de la société.

Jian Hassan, conseillère du DAA, a conclu son intervention en déclarant : « La prochaine étape exige une volonté politique claire ainsi qu’une solidarité des femmes et de la société civile pour assurer la construction d’une Syrie démocratique et juste, dont les femmes constituent l’un des piliers essentiels. » (ANHA)

Signature de l’accord de jumelage entre Rennes et Diyarbakir

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RENNES – Aujourd’hui, les co-maires de la ville kurde de Diyarbakir (Amed), Serra Bucak et Doğan Hatun étaient dans la capitale de la Bretagne pour entériner le jumelage de la ville de Rennes avec Amed, capitale du Kurdistan du Nord.

Présidente de Rennes Métropole et maire de Rennes, Nathalie Appéré et les co-maires d’Amed ont signé l’accord du jumelage entre les deux ville approuvé à l’unanimité par le conseil municipal de Rennes le premier décembre 2025.

Des liens forts entre Rennes et Amed depuis 40 ans

Cela fait 40 ans que les villes de Rennes et d’Amed ont tissé des liens d’amitié et ce jumelage officialise en quelque sorte cette relation tissée au fil des décennies.

Outre les co-maires kurdes, parmi les personnalités présentes à la cérémonie de jumelage figuraient la maire socialiste de Rennes, Nathalie Appéré, son adjointe aux relations internationales, Flavie Boukhenoufa, et des membres de l’administration municipale. André Métayer, fondateur et président d’honneur de l’Association d’amitié kurde de Bretagne (AKB), était également présent. 

Madame La Maire, Nathalie Appéré a salué le jumelage comme un « moment exceptionnel » qui officialise près de quarante ans de liens entre les deux villes. Les maires d’Amed ont qualifié ce partenariat de « démarche digne et porteuse d’espoir » et ont souligné l’importance de la coopération dans des domaines tels que la culture, l’inclusion sociale et les échanges démocratiques.

Un moment fort de l’événement a été l’hommage rendu à André Métayer pour ses décennies d’engagement en faveur de l’amitié kurdo-bretonne. Il a reçu une plaque commémorative et un maillot du club de football Amedspor floqué à son nom, en témoignage de reconnaissance de son dévouement.

La cérémonie a été animée par de la musique et des danses traditionnelles, auxquelles ont participé de nombreux Kurdes de Rennes. Les deux villes envisagent de développer des échanges étroits à l’avenir grâce à des projets culturels, des visites réciproques et des initiatives communes.

La comaires de Diyarbakir offrent un maillot du club de foot Amedspor et une plaque de leur ville à André Métayer

 

 

TURQUIE. Nouveaux rebondissements dans l’affaire du meurtre de deux policiers

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TURQUIE / KURDISTAN – Un rapport médico-légal récemment publié soulève de nouveaux doutes sur le meurtre en 2015 de deux policiers à Urfa/Ceylanpınar qui avait servi de prétexte au gouvernement turc pour mettre fin aux pourparlers de paix avec la guérilla kurde et la reprise des opérations militaires au Kurdistan du Nord.

Un rapport médico-légal récemment publié soulève de nouveaux doutes sur le meurtre en 2015 de deux policiers dans la ville de Ceylanpınar, dans le sud-est du pays, un incident cité par le gouvernement turc comme l’élément déclencheur de la fin des pourparlers de paix avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et de la reprise des opérations militaires à grande échelle, a rapporté l’agence de presse Mezopotamya.

Un événement tragique a bouleversé le pays : les policiers Feyyaz Yumuşak, de la brigade antiterroriste de Şanlıurfa, et Okan Acar, de la police antiémeute, ont été retrouvés morts par balles dans leur lit le 22 juillet 2015, dans le district de Ceylanpınar, au sud-est de la province de Şanlıurfa. Les deux hommes partageaient le même appartement.

Le gouvernement turc du Parti de la justice et du développement (AKP), qui menait des pourparlers de paix avec le PKK depuis 2013 dans le but de mettre fin au conflit qui dure depuis des décennies entre la Turquie et le PKK, a immédiatement accusé le groupe militant d’être responsable de l’attaque.

L’incident de Ceylanpınar a marqué la fin symbolique des pourparlers de paix entre le gouvernement de l’AKP et le PKK, entraînant la résurgence de violents affrontements dans le sud-est de la Turquie.

Le nouveau rapport médico-légal, ajouté au dossier de l’affaire devant la Cour suprême d’appel turque près de dix ans après l’attaque, identifie une empreinte digitale relevée sur les lieux du crime comme appartenant à un policier qui avait auparavant nié être entré dans l’appartement où les policiers ont été tués.

Le bureau du gouverneur de Şanlıurfa a déclaré à l’époque dans un communiqué qu’il n’y avait aucun signe d’effraction dans l’appartement que partageaient les policiers.

D’après des documents rapportés par Mezopotamya, une empreinte digitale étiquetée « L38 » correspond à l’auriculaire gauche de l’agent Burak Kuru, collègue des policiers tués.  Le même rapport conclut que cinq des dix empreintes digitales relevées au domicile appartenaient à Kuru.

Kuru avait affirmé lors de son précédent témoignage qu’il n’était jamais entré dans l’appartement. Les demandes des avocats de la défense visant à l’interroger lors du procès initial avaient été rejetées.

Le rapport médico-légal figurait parmi les deux nouveaux documents soumis à la Cour suprême d’appel le 2 décembre par le département des enquêtes médico-légales de la police. Ces documents comprennent des tableaux comparatifs confirmant la correspondance des empreintes digitales.

Moment clé dans l’effondrement du processus de paix

Quelques jours après les massacres, la Turquie a lancé d’importantes frappes aériennes contre les positions du PKK dans le nord de l’Irak. Les hostilités se sont intensifiées dans les villes à majorité kurde du sud-est, des couvre-feux ont été imposés et des combats urbains ont éclaté.

Deux jours avant la mort des deux policiers, un attentat à la bombe dans la ville de Suruç, dans le sud de la Turquie, avait fait 34 morts, principalement des militants et des étudiants kurdes. Le groupe extrémiste État islamique en Irak et au Levant (EIIL) avait été revendiqué.

Le PKK a décrit le meurtre des officiers comme une représailles à l’attentat à la bombe de Suruç, accusant les policiers de collaborer avec l’EI (DAECH).

Parallèlement, l’effondrement du processus de paix a coïncidé avec la perte de la majorité parlementaire par l’AKP lors des élections générales de juin 2015. Il s’agissait de la pire défaite électorale du parti depuis son arrivée au pouvoir en 2002.

Le Premier ministre de l’époque, Ahmet Davutoğlu, a déclaré que la Turquie avait besoin d’un gouvernement à parti unique pour lutter contre le « terrorisme », alors que le pays se préparait à des élections anticipées et que l’armée combattait les militants kurdes.

La reprise du conflit a conduit à des élections anticipées en novembre, au cours desquelles l’AKP a repris le contrôle du parlement.

Le Parti démocratique des peuples (HDP), principal parti d’opposition pro-kurde à l’époque, a accusé le président Recep Tayyip Erdoğan et son gouvernement d’exploiter la situation chaotique pour maintenir son emprise sur le pouvoir.

Malgré la portée politique de ces meurtres, l’enquête criminelle n’a jamais permis d’identifier un coupable. Sept suspects, accusés de liens avec le PKK et arrêtés après l’attaque, ont été libérés en 2018 puis acquittés faute de preuves.

La présence de l’agent contredit les anciens témoignages 

Mezopotamya a également fait état de parcours professionnels inhabituels chez les fonctionnaires impliqués dans l’enquête initiale. Le premier procureur en charge de l’affaire a été promu pendant la rédaction de l’acte d’accusation et muté au département informatique du ministère de la Justice, avant d’être nommé juge de première instance. Le juge qui avait initialement ordonné les arrestations, le procureur qui avait supervisé les autopsies et 22 policiers en service à Ceylanpınar à l’époque ont par la suite été arrêtés et révoqués de la fonction publique pour des liens présumés avec le mouvement religieux Gülen.

L’affaire reste non résolue dix ans plus tard

Ces nouvelles empreintes digitales soulèvent de nouvelles questions quant à la manière dont l’enquête a été menée et aux raisons pour lesquelles plusieurs pistes importantes n’ont pas été explorées. Près de dix ans après les faits, les meurtres de Yumuşak et Acar restent non élucidés, et aucun coupable n’a été identifié.

La Cour suprême d’appel devrait examiner les nouveaux éléments de preuve médico-légale dans le cadre de cette affaire, pendante devant la Haute Cour depuis près de six ans. On ignore pour l’instant si ce développement entraînera une réouverture plus large de l’enquête.

Cette nouvelle découverte intervient au moment où un processus de paix a été relancé avec le PKK, dans le cadre duquel le groupe a annoncé en mai qu’il déposerait les armes et se dissoudrait. (…)

Image d’archive

 

TURQUIE. Un otage kurde libéré après 31 ans de captivité

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TURQUIE / KURDISTAN – L’otage kurde dont la libération prévue en juin dernier avait été reportée arbitrairement, Bahattin Öncü a été libéré après 31 ans passés dans les geôles turques.

Bahattin Öncü, détenu à la prison fermée de type S de Bodrum, a été libéré aujourd’hui après 31 ans d’incarcération. Sa libération, initialement prévue en juin mais reportée par la Commission administrative de surveillance, a eu lieu ce matin. Ses proches l’ont accueilli à la sortie de la prison et ils se sont rendus ensemble dans sa ville natale de Kızıltepe (Qoser), dans la province de Mardin.

À Qoser, une cérémonie d’accueil a été organisée à l’entrée de la ville par l’Association d’entraide et de solidarité avec les familles des prisonniers et des condamnés (TUHAYDER). Au cours de la cérémonie, la population a dansé la ronde (govend) et scandé des slogans en soutien aux prisonniers politiques kurdes.

Lors de sa prise de parole à la réception, Öncü a déclaré être heureux de sa libération, mais éprouver une joie teintée d’amertume car ses amis sont toujours emprisonnés. Affirmant que tous les prisonniers politiques devraient être libérés, il a ajouté : « Tant que nos amis et notre leader seront en prison, nous poursuivrons notre combat. Je suis convaincu que lorsque nos amis et notre leader seront libres, nous célébrerons tous ensemble la liberté. »

Après la cérémonie d’accueil, Öncü s’est rendu au domicile familial, accompagné d’un convoi.

QUI EST BHATTIN ONCU ?

Mehmet Bahattin Öncü, arrêté à Mardin en juin 1995, a été condamné à la prison à vie par le tribunal de sûreté de l’État de Diyarbakır. Détenu successivement dans les prisons de Diyarbakır, Amasya, Sincan et Tekirdağ, il avait récemment été transféré à une prison de Bodrum. Sa libération, initialement prévue en juin, a été reportée pour « mauvaise conduite ». (ANF) 

PARIS. Le Prix Danielle Mitterrand 2025 décerné aux militant·es kurdes du mouvement politico-social

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PARIS – Hier soir, cinq militant·es kurdes représentant le mouvement social et politique du Kurdistan de « Turquie » ont reçu le Prix Danielle Mitterrand 2025 lors d’une cérémonie organisée à l’Académie du Climat, dans le 4e arrondissement de Paris.

Journaliste et femme politique kurde ayant connu la torture et la prison en Turquie, Gultan Kisanak, co-maires actuels de la ville kurde de Diyarbakir (Amed), Serra Bucak et Doğan Hatun, militante du Mouvement des femmes libres (Tevgera Jinên Azad, TJA) luttant pour l’autonomie et l’émancipation des femmes, Ruken Ay Adin ainsi que Bisar Içli du Mouvement Mésopotamien pour l’eau ont reçu le Prix Danielle Mitterrand 2025 au nom du mouvement social et des résistances démocratiques du Kurdistan de « Turquie ».

Gultan Kisanak

Après les mots de bienvenue d’Agnès Golfier, co-directrice de la Fondation, Corinne Morel-Darleux, administratrice de la Fondation, Gultan Kisanak a été invitée à prendre la parole en premier, puisqu’elle était de la première génération des résistant.es kurdes ayant connu la prison dans les années 1980 alors que la plupart de ses autres camarades de la soirée n’étaient même par nés, comme l’a rappelé le co-maire d’Amed. Kisanak a tout d’abord salué la mémoire de Sakine Cansiz (alias Sara), co-fondatrice du PKK assassinée à Paris avec deux autres militantes kurdes le 9 janvier 2013. Elle a expliqué la source de leur force pour continuer à résister alors même qu’en face, ils ont un État colonialiste qui a tout essayé pour exterminer les Kurdes, dont il a également interdit la langue et la culture. Kisanak a déclaré que cette force était le peuple, soudé derrière ses représentant.es, quelque soit le prix à payer (déportations, massacres, emprisonnement…).

Co-maires actuels d’Amed Dogan Hatun et Serra Bucak

Serra Bucak et Dogan Hatun, actuels co-maires d’Amed ont ensuite pris la parole pour expliquer la lutte menée au niveau local, malgré la confiscation casi systématique des municipalités kurdes par le régime turque qui les met sous-tutelle des administrateurs d’État (Kayyim). Dogan Hatun, qui a déclaré « la terre est notre terre, le peuple est notre peuple, mais sa gouvernance nous a été enlevée  », a également souligné les efforts pour sauver la langue kurde menacée d’extinction (linguicide) à cause de sa criminalisation depuis des plusieurs décennies.

Ruken Adin

Après les maires d’Amed, ce fut le tour de Ruken Ay Adin, membre du Mouvement des femmes libres (Tevgera Jinên Azad, TJA), de prendre la parole pour partager avec le public tous la lutte des femmes kurdes pour défendre leurs droits, leur autonomie ou de participer à la construction d’un avenir de paix juste au Kurdistan.

Bisar Içli, membre du Mouvement Mésopotamien pour l’eau

Enfin, Bisar Içli du Mouvement Mésopotamien pour l’eau a déclaré que l’eau signifiait la vie, car sans l’eau, il n’y a plus de vie, rappelant que la Turquie utilisait l’eau des fleuves mythiques Tigre et l’Euphrate, tous deux prenant leur source au Kurdistan du Nord, comme une arme de guerre avec de nombreux barrages construits sur leurs berges qui inondent les villages et les terres agricoles au Nord et assoiffent les populations d’Irak et de Syrie au Sud.

Somayeh Rostampour

 

Avant la remise des prix, Jacqueline Madrelle et Gilbert Mitterrand (vice-présidente et président de la Fondation France Libertés – Fondation Danielle-Mitterrand) ont remercié les lauréat.es pour leurs engagements en faveur de la démocratie locale.

Kendal Nezan (président de l’Institut kurde de Paris qui a travaillé étroitement avec Danielle Mitterrand pour la cause kurde) a rendu hommage à Madame Mitterrand, surnommée « La mère des Kurdes », d’avoir porté la question kurde au devant de la seine internationale et d’avoir été aux côtés des Kurdes chaque fois qu’un drame les frappait.

Une fois les Prix remis aux lauréat.es sous les applaudissements et le cri de « Jin, jiyan azadî » (femme, vie, liberté), Somayeh Rostampour, autrice du livre « Femmes en armes, savoirs en révolte », chercheuse et militante originaire du Rojhilat (Kurdistan d’Iran) et membre de l’initiative « ROJA PARIS », a salué la lutte des femmes kurdes ainsi que la résistance des peuples opprimés.

Invitée à prendre la parole, Berivan Firat, porte-parole du Conseil démocratique kurde de France (CDK-F), a rappelé les actions du CDK-F, tout en demandant à l’État français de soutenir activement le processus de paix engagé entre la Turquie et la guérilla kurde.

Sylvain Griffault (en partant de gauche), Kendal Nezan, Gilbert Mitterrand et Jacqueline Madrelle (complètement à droite)

Dans la deuxième partie de la soirée réservée aux résistances locales (en France), Sylvain Griffault, l’actuel maire de Melles (Deux-Sèvres) élu grâce à la liste « citoyenne et solidaire », a parlé de leur soutien au mouvement antibassines. Ombeline Dagycour, première adjointe à la mairie de Poitiers, Almamy Kanouté, acteur et militant engagé contre les inégalités dans les quartiers ainsi qu’une militante du réseau Hydre (espace de partage des savoirs des défenseur·ices de l’eau pour relier et renforcer les luttes et les initiatives pour l’eau) se sont relayé.es au micro pour parler de la démocratie locale, de leurs luttes et ont salué unanimement les militant.es kurdes pour leur luttes.

Piya Ozçelik et Yigit Menguverdi

La soirée des remises des prix s’est achevée par un mini concert offert par les artistes kurdes Piya Coline Ozçelik et Yigit Menguverdi.

 

Nazand Begikhani avec deux militantes du TJA

 

Serra Bucak avec Kendal Nezan (Président de l’Institut kurde de Paris) et Gulten Kaya

 

ROJAVA. Tentative d’évasion dans le camp al-Hol

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SYRIE / ROJAVA – Hier soir, les forces de sécurité intérieure (en kurde : asayiş) du camp d’al-Hol ont déjoué une tentative d’évasion des femmes de l’État islamique de nationalités étrangères.

Les forces de sécurité intérieure du camp d’al-Hol, au sud de la ville de Hassaké, ont déjoué une tentative d’évasion dans la section djihadiste du camp des femmes de nationalités étrangères affiliées à l’EI.

Selon les informations fournies au correspondant d’ANHA par l’administration du camp d’al-Hol, l’opération de contrebande a eu lieu tard mercredi soir, au moment où le brouillard était à son comble.

L’administration a expliqué que les forces de sécurité intérieure ont déjoué la tentative d’évasion de 18 personnes, dont des enfants et des femmes liés à l’EI. (ANHA) 

SYRIE. Campagne pour les écoliers du Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Les écoles du Rojava fonctionnent dans des conditions extrêmement difficiles en raison d’années de guerre, de crise économique et d’infrastructures insuffisantes. L’initiatif artistique Hunergeha Welat a lancé la campagne « Notre école » (en kurde : Dibistana Me), pour répondre aux besoins fondamentaux des écoliers du Rojava.

Grâce à votre aide, on peut :

• Réparer l’électricité et la plomberie des écoles,
• Repeindre et rénover les salles de classe,
• Acheter des tables, tableaux, poêles, livres et autres matériels pédagogiques,
• Créer des espaces verts et planter des arbres dans les cours des écoles,
• Assurer la sécurité et la propreté des écoles.

Ce soutien constitue l’une des mesures les plus importantes prises pour l’éducation au Rojava, où plus de 750 000 enfants reçoivent un enseignement dans leur langue maternelle.

Si vous aussi, vous voulez aider les enfants du Rojava à avoir une école sûre avec du matériel éducatif et des classes dignes d’eux contactez le numéro de WhatsApp suivant :

📞 +46 73 574 48 65

Merci d’avance / Zor spas !

SYRIE. Grève générale dans les zones alaouites persécutées par Damas

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SYRIE – Les commerces et les écoles des zones alaouites ayant été le théâtre de massacres commis par des gangs islamistes sont fermés depuis trois jours rapporte l’agence kurde ANHA.

Les Alaouites des régions côtières et intérieures de Syrie poursuivent le troisième jour de la grève appelée par le cheikh Ghazal Ghazal, dans un contexte de fermeture complète des commerces et des écoles dans plusieurs zones.

Les membres de la communauté alaouite des régions côtières et intérieures de Syrie observent le troisième jour de la grève, initiée par le cheikh Ghazal Ghazal, chef du Conseil islamique suprême alaouite, dans les villes et les zones rurales de Lattaquié, Tartous, Jableh, Safita et Dakshina, ainsi que dans la campagne de Hama.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a rapporté que le village de Damskhro, près de Lattaquié, était totalement paralysé : tous les commerces étaient fermés, les employés absents et les élèves et les enseignants ne se rendaient pas à l’école. À Tartous, des vols d’hélicoptères ont été observés ce matin, dans un calme complet qui régnait dans les villes et les zones rurales alaouites.

Dans la ville d’Ain al-Kroum, dans la campagne ouest de Hama, la grève s’est poursuivie pour le deuxième jour consécutif, les habitants fermant leurs magasins et maintenant un calme total dans les rues.

La grève intervient dans un contexte d’inquiétudes parmi les habitants quant aux mesures que pourrait prendre le gouvernement de transition. La direction de l’école Fidaa Al-Khatib de Homs a adressé un avis aux élèves précisant que toute absence durant la grève entraînerait un manque de cours comptant pour les examens de mi-trimestre, exigeant la présence d’un parent et les avertissant de possibles sanctions supplémentaires.

L’OSDH a ​​confirmé que l’appel à la grève lancé par le cheikh Ghazal Ghazal est une réponse morale à une série d’événements qualifiés d’« humiliants » par les habitants, reflétant la colère et le rejet, et représentant un mouvement social en expansion au sein de la communauté.

La grève devrait se poursuivre pendant cinq jours, servant de moyen d’expression des positions sociales et politiques au sein des communautés alaouites et reflétant une mobilisation collective pour faire valoir des revendications et des droits. (ANHA) 

IRAN. Deux kolbars kurde tués par une avalanche de neige

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IRAN / ROJHILAT – Deux kolbars kurdes ont perdu la vie dans une avalanche de neige survenue hier dans la région frontalière d’Ourmiyê. 

Deux kolbars (colporteurs de la marchandise transportée à dos à travers le Kurdistan) kurdes d’Urmia, Masoum Ahmadi et son cousin Jandar Ahmadi, ont perdu la vie dans une avalanche le long de la frontière entre l’Iran et la Turquie.

Selon les informations reçues par l’ONG de défense des roits humains Hengaw, Ahmadi et Ahmadi, tous deux kolbars du village de Kuran dans la région de Soma et Bradost d’Urmia, sont décédés le mardi 9 décembre 2025, lorsqu’une avalanche a frappé la région.

Des sources proches de l’incident ont rapporté qu’un troisième kolbar, dont l’identité reste inconnue, a également été pris dans l’avalanche, mais a finalement été secouru.

Chaque année, des dizaines de kolbars, qui dépendent des routes frontalières montagneuses pour leurs moyens de subsistance, sont blessés par des avalanches, et plusieurs y perdent la vie.

IRAN. Un militant kurde tué à Ochnaviyeh

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IRAN / ROJHILAT – Qader Younispour, un ancien prisonnier politique kurde qui avait combattu DAECH à Shengal et au Rojava, aurait été assassiné à Ochnaviyeh (en kurde : Şno ou شینۆ).

Qader Younispour, un ancien prisonnier politique qui avait auparavant combattu l’État islamique d’Irak et du Levant (EIIL) à Şengal et au Rojava, aurait été poignardé à mort par trois assaillants armés dans la ville d’Ashnawiya.

Qadir Younespour avait été blessé auparavant lors de la défense de la ville de Kobani et de la guerre contre l’EI, puis était retourné à Ashnavieh.

Bien que les circonstances exactes de son assassinat restent encore floues, les spéculations laissent penser qu’il a été tué par des tireurs inconnus.

Le Parti pour une vie libre au Kurdistan (en kurde : Partiya Jiyana Azad a Kurdistanê, PJAK)a déclaré dans un communiqué que Ghader Younespour était une figure emblématique et patriotique et a exigé une enquête approfondie et transparente sur les circonstances de son assassinat. (Via Behnam Zarei)

SYRIE. Recul des droits des femmes sous HTC

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SYRIE / ROJAVA – A l’occasion du premier anniversaire de la prise du pouvoir en Syrie par l’islamiste al-Sharaa (Jolani), l’agence kurde ANHA rappelle que les femmes syriennes vivent dans l’insécurité totale tandis que leurs droits sont bafoués et qu’elles sont mises au ban de la société. Mais la résistance féminine s’organise, comme on l’a vue dans la région druze de Soueïda récemment.

Après la prise du pouvoir par al-Shara (leader du groupe Hayat Tahrir al-Cham, HTC ou HTS) il y a un an, la Syrie est entrée dans une phase de transition tumultueuse, rapidement marquée par le chaos et une escalade de la violence. Dans ce contexte, les femmes se sont retrouvées au cœur du conflit, leurs corps étant parfois instrumentalisés comme moyens de pression et de négociation dans les nouveaux rapports de force.

Depuis le changement de pouvoir du 8 décembre, la Syrie a connu une augmentation significative des meurtres, des enlèvements, des violences domestiques et sociales, ainsi que des attaques contre les femmes dans les zones de conflits sectaires et politiques.

Des centaines de femmes, dont des mineures, ont déjà été tuées, et des dizaines d’autres sont toujours portées disparues dans des circonstances mystérieuses. Parallèlement, la participation des femmes à la vie publique et politique a nettement diminué, sous l’effet de politiques officielles qui restreignent leurs libertés et les cantonnent à une sphère symbolique, loin de tout pouvoir de décision.

Ce rapport vise à mettre en lumière les conditions difficiles auxquelles sont confrontées les femmes dans les zones sous le contrôle du gouvernement de transition, en recensant le nombre de meurtres et d’enlèvements, les lieux de criminalité et les dimensions de la violence sociale et politique, en plus d’analyser le statut des femmes dans les institutions officielles et leur participation à la prise de décision, dans un environnement de transition dangereux qui n’offre pas une protection adéquate de leurs droits.

 

Femmes syriennes entre meurtre et disparition… Chiffres et images tragiques

Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement de transition en Syrie, 650 femmes ont été tuées, dont 29 filles, dans des crimes aux causes variées, allant des explosions dues aux restes de la guerre et aux tirs aléatoires, aux assassinats ciblés à caractère vengeur ou sectaire, en plus des meurtres résultant de violences domestiques et sociales.

Et les crimes contre les femmes étaient concentrés dans les villes sous le contrôle du gouvernement de transition, telles qu’Alep, Damas, Homs, Hama, la campagne de Damas, Daraa, Tartous, Quneitra, Lattaquié, Soueïda et une partie de Deir ez-Zor sous son contrôle.

Meurtre

Alep : 31 femmes, dont 2 filles. Damas : 14 femmes, dont une fille. Homs : 34 femmes, dont 8 filles. Hama : 36 femmes, dont 3 filles. Daraa : 23 femmes, dont 5 filles. Tartous : 48 femmes, dont 5 jeunes filles, ont été exécutées sur place. Lattaquié : 16 femmes. Deir ez-Zor : 28 femmes, dont deux enfants. En Soueïda, 34 femmes ont été tuées, dont deux enfants. Dans la campagne de Damas, 29 femmes ont été tuées, dont un enfant.

Outre les 127 femmes exécutées sur le terrain par des groupes armés affiliés au ministère de l’Intérieur du gouvernement de transition, selon des documents de l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

Lors des événements survenus sur la côte, le Réseau syrien pour les droits de l’homme a recensé le meurtre de 100 femmes, dont des enfants et des jeunes filles, et lors des événements de Sweida, de 130 femmes, dont des jeunes filles.

 

Enlèvement et disparition

Depuis février 2025, des informations font état d’une vague d’enlèvements de femmes alaouites dans des zones sensibles de conflit sectaire, comme Homs et sa campagne, puis la campagne de Hama et la côte syrienne. Ces actes sont motivés par des considérations sectaires et des intérêts politiques, les femmes étant instrumentalisées à des fins d’extorsion et de domination. Ces opérations se sont intensifiées après les massacres sanglants qui ont touché les Alaouites sur la côte syrienne début mars de l’année dernière et se poursuivent encore aujourd’hui.

En juillet de l’année dernière, une nouvelle vague d’enlèvements a débuté avec le kidnapping de femmes druzes suite à une attaque menée par les forces de l’autorité de transition et leurs groupes affiliés à Swedia. Depuis, le sort de ces femmes, dont le nombre s’élève à une centaine, demeure inconnu.
Selon Amnesty International et la plateforme « Halte aux enlèvements de femmes syriennes », au moins 36 femmes et jeunes filles alaouites, âgées de 3 à 40 ans, ont été enlevées par des inconnus à Lattaquié, Tartous, Homs et Hama depuis février 2025.

Parmi ces cas, huit enlèvements ont été documentés en plein jour, impliquant cinq femmes et trois filles de moins de dix-huit ans, alors que les forces de sécurité n’ont pas mené de véritables enquêtes ni déterminé les lieux de détention.

Dans le sud de la Syrie, des sources locales à Soueïda font état de la disparition de 65 femmes depuis le début de l’année. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a également recensé la disparition ou l’enlèvement de 97 personnes, dont des femmes, depuis janvier, tout en soulignant la difficulté à confirmer ces chiffres avec précision faute d’informations.

 

Exclusion des femmes des véritables espaces de prise de décision

Depuis l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités en Syrie et l’entrée dans une phase de transition tumultueuse, le pays a connu un climat de chaos et d’escalade de la violence.

Dans ce contexte, les espoirs des Syriens de construire un État fondé sur le droit et la justice étaient grands, mais les femmes se sont retrouvées au cœur du conflit, où leurs corps étaient parfois utilisés comme outils de pression et de négociation dans les nouveaux rapports de force.

Cette phase a été marquée par une nette marginalisation du mouvement féministe, avec le rejet des revendications les plus élémentaires des femmes et le refus d’adopter des concepts tels que la démocratie ou les accords internationaux sur les droits des femmes. Des restrictions sociales strictes ont été imposées, comme le port du hijab ou du niqab, et la ségrégation des sexes dans les universités et les transports publics.

Alors que les femmes syriennes ont perdu d’importantes fonctions de direction, notamment le poste de vice-présidente, plusieurs sièges ministériels et des postes à responsabilité au sein de l’Assemblée populaire et des administrations publiques, il est devenu rare qu’une femme occupe le poste de directrice générale ou de vice-ministre, en l’absence d’un soutien institutionnel et législatif suffisant pour garantir leur participation effective à la vie publique.

Les données du Bureau central des statistiques indiquent que le nombre de femmes en Syrie est estimé à environ 11,88 millions pour l’année 2024. Cependant, la représentation féminine reste limitée et timide, certaines femmes ayant obtenu des sièges par le biais de ce que l’on appelle le « Bureau des affaires féminines », tandis que d’autres militantes continuent de réclamer discrètement une protection contre la violence et les enlèvements.

Malgré les appels à la mise en place de quotas de femmes pour garantir une représentation équitable, la réalité des stéréotypes sociaux et politiques liés au rôle des femmes persiste, même après des réformes systémiques. Actuellement, la seule femme ministre, Hind Qabwat, occupe le poste de ministre des Affaires sociales et du Travail, ce qui représente un taux de représentation de seulement 5 %, contre 22 ministres hommes. Or, les normes internationales préconisent une représentation d’au moins 30 % pour les femmes, ce qui souligne la faible participation des Syriennes à la vie politique et aux instances décisionnelles.

 Activité des femmes

Les activités des femmes se sont limitées à des initiatives individuelles et à des dénonciations personnelles de violations, en dehors de toute coalition ou organisation générale. À Soueïda, la création du « Mouvement des femmes libres de Bashan » a été annoncée le 22 novembre dernier. Ce mouvement vise à renforcer la participation des femmes à la société, à défendre leurs droits et à les autonomiser, en accordant une attention particulière à la question des femmes enlevées et au travail communautaire.

Le « Mouvement des femmes libres de Bashan » est la première organisation de femmes à avoir été créée à Soueïda, suite aux souffrances, aux violations et aux injustices subies par les femmes au cours de la période précédente, notamment lors des événements sanglants de juillet.

Dans un geste sans précédent dans le sud de la Syrie, Soueïda a vu la création d’une armée féminine de plus de 500 femmes, destinée à renforcer les capacités d’autodéfense de la ville face à l’instabilité sécuritaire. Originaires de différentes villes et villages de Soueïda, elles ont été entraînées dans quatre zones principales : Shaqqa, Shahba, Qrayya et Malh.

La formation comprenait les bases militaires, l’autodéfense, les premiers secours et l’utilisation d’armes légères, en plus du développement de la condition physique et de la discipline personnelle. (ANHA)