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SYRIE. L’AANES examine le plan de Damas sur l’intégration militaire des FDS

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SYRIE / ROJAVA – L’administration arabo-kurde du Rojava examine le plan de Damas sur l’intégration militaire des Forces démocratiques syriennes (FDS) au sein des forces militaires de Damas. Selon l’agence ANHA, le ministère syrien de la Défense a remis un document qui stipule « que le processus d’intégration (FDS-Damas) se déroulera par la formation de trois divisions militaires géographiquement réparties à Hassaké, Deir ez-Zor et Raqqa ».

Abdulkarim Omar, représentant de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES) à Damas, a révélé vendredi que le ministère syrien de la Défense a soumis une proposition écrite aux Forces démocratiques syriennes (FDS) détaillant les aspects administratifs, logistiques et structurels d’un éventuel processus d’intégration. M. Omar a confirmé que les FDS étudient actuellement cette proposition avant de formuler une réponse officielle. 

S’adressant à North Press, Omar a indiqué que malgré plusieurs réunions tenues ces derniers mois, aucun progrès concret n’avait été réalisé dans les négociations concernant la mise en œuvre de l’accord du 10 mars. « À ce jour, aucun des points convenus n’a été appliqué dans les faits », a-t-il déclaré, ajoutant que les discussions s’étaient déroulées dans un climat positif, avec la participation de représentants américains et, occasionnellement, français.

Omar a souligné que l’autorité de transition à Damas porte la responsabilité du manque de mise en œuvre des accords, faisant remarquer que les pressions régionales, notamment l’influence turque, ont pu affecter le cours des pourparlers. Il a insisté sur la nécessité d’une session de négociations de haut niveau avant la fin de l’année afin de parvenir à un consensus sur les points en suspens. « De tels accords pourraient constituer une étape importante pour apaiser les discours destructeurs et l’hostilité qui nuisent à l’unité et à l’avenir de la Syrie », a-t-il déclaré.

Concernant la proposition du gouvernement d’intégrer les FDS à l’armée syrienne, Omar a expliqué que des divergences persistent entre les deux parties. Tandis que l’AANES envisage cette intégration comme un partenariat et une complémentarité entre les différentes composantes de l’armée syrienne, Damas l’interprète comme un processus de dissolution et de transfert de pouvoir.

Il a rappelé que lors d’une réunion, le 7 octobre, entre le commandant des FDS, le général Mazloum Abdi, et le président de transition Ahmad al-Sharia, en présence de représentants américains, un accord de principe avait été conclu pour intégrer les FDS au ministère de la Défense, au sein de trois divisions militaires et deux brigades. Une brigade serait spécialisée dans la lutte contre le terrorisme, tandis que l’autre serait composée d’unités de protection des femmes. La mise en œuvre de ce plan, cependant, a été confiée à des sous-comités spécialisés.

Omar a également souligné les difficultés d’application des autres dispositions de l’accord du 10 mars, évoquant des divergences fondamentales quant aux mécanismes de mise en œuvre. Il a affirmé que l’autorité de transition continue de se refuser à un véritable partenariat, préférant des mesures unilatérales renforçant le contrôle centralisé. « Accepter un nouveau système centralisé aux tendances radicales reviendrait à reproduire l’autoritarisme, ce qui est inacceptable », a-t-il déclaré.

En conclusion de sa déclaration, Omar a affirmé que l’AANES était disposée à laisser suffisamment de temps aux négociations, soulignant que les solutions militaires n’apporteraient pas de résultats durables. « Nous sommes convaincus que seuls le dialogue et les accords peuvent mener à des solutions », a-t-il déclaré. (North Press Agency) 

IRAN. Une famille kurde arrêtée à Ourmiyê

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IRAN / ROJHILAT – Trois membres d’une famille kurde, dont deux femmes, ont été violemment arrêtés par les forces gouvernementales iraniennes à Urmia et transférés vers un lieu tenu secret.

Selon les informations reçues par l’organisation Hengaw pour les droits humains, les forces gouvernementales ont arrêté Sofi Rostami, 60 ans, originaire de Bayangan dans le comté de Paveh, son épouse Zeinab Yousefpour, 49 ans, de Bukan, et leur fille Shilan Rostami, 23 ans, à leur domicile privé à Urmia le jeudi 18 décembre 2025. Les arrestations ont été effectuées par des agents du ministère du Renseignement.

Selon une source proche du dossier, les arrestations ont eu lieu vers 17h00 à la suite d’une perquisition au domicile familial et ont été effectuées sans mandat.

Zeinab Yousefpour est la sœur de Fattah Yousefpour, arrêté le 28 octobre 2025 lors d’une descente des forces du ministère du Renseignement à son domicile familial, une opération qui avait donné lieu à des actes d’intimidation. Il a été libéré sous caution après 20 jours de détention et demeure en liberté provisoire dans l’attente de la fin de la procédure judiciaire.

Les raisons des arrestations et le lieu de détention des personnes restent inconnus, et les tentatives de la famille pour obtenir des éclaircissements sont restées jusqu’à présent infructueuses. (Hengaw) 

ROJAVA. « Pas de compromis, l’heure est à la résistance »

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SYRIE / ROJAVA – Au lendemain des déclarations menaçantes du ministre turc des affaires étrangères exhortant les forces arabo-kurdes du Rojava a rejoindre les forces djihadistes de Damas, le journaliste Khalil Jamal déclare que l’heure est à la résistance et non pas à des compromis.

Le ministère syrien de la Défense a élaboré unilatéralement, le 7 décembre, un document de proposition d’intégration sans en préciser le destinataire. Ce document avait été transmis une semaine auparavant, par l’intermédiaire d’intermédiaires, aux responsables de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES).

L’AANES n’a encore publié aucune réponse ou commentaire officiel concernant le contenu du document ou la manière de procéder.

Le document porte la signature du ministère syrien de la Défense, mais n’en précise pas le destinataire et n’indique pas s’il est adressé à une institution, une entité ou une personne en particulier. Il semble que le ministère ait supposé que le fait de nommer l’entité pourrait être interprété comme une reconnaissance de son statut de partie égale.

D’après les commentaires et analyses d’instituts de recherche et d’organisations s’intéressant aux affaires syriennes, ce n’est pas la première fois que de tels documents ou propositions sont présentés sans directives officielles claires.

Dans ce contexte, nous soulignons que le document n’était pas adressé directement à l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES) ni aux Forces démocratiques syriennes (FDS), ce qui rend inexacte sa caractérisation comme étant « adressé à l’AANES ».

Le document comprend six sections principales et deux sections complémentaires. Sept d’entre elles décrivent les mesures que l’AANES est censée prendre, tandis que la dernière section est consacrée aux obligations du gouvernement de transition.

Le document cite des sources sans nommer d’entités spécifiques, ce qui soulève de nombreuses questions et points à discuter.

À l’instar de certains reportages et déclarations de personnalités publiques, cet article ne comporte pas non plus de citations de sources explicites, ce qui rend impossible une évaluation détaillée, point par point, du document, compte tenu de sa description générale.

Le document porte la signature du ministère syrien de la Défense, ce qui pourrait laisser penser de prime abord qu’il concerne exclusivement les FDS. Cependant, les informations disponibles indiquent que son contenu dépasse ce cadre.

La question des FDS a été évaluée, mais la nature et les modalités de cette évaluation restent floues, d’après les informations fournies jusqu’à présent par les forces armées. Le document précise que le processus d’intégration se fera par la formation de trois divisions militaires réparties géographiquement à Hassaké, Deir ez-Zor et Raqqa.

D’après les informations disponibles, le système de nomination et de promotion des Forces démocratiques syriennes sera géré par Hayet Tahrir al-Sham, désigné dans le document comme le « ministère de la Défense ». Dans ce cadre, des chefs militaires pourront être proposés, mais leur approbation finale sera conditionnée par des entretiens. Le document ne précise pas quelle entité ou institution mènera ces entretiens, mais son contenu et sa structure organisationnelle laissent supposer que cette tâche sera confiée à Hayet Tahrir al-Sham. Le document définit également un cadre détaillé qui détermine les étapes nécessaires à la mise en œuvre du processus d’intégration.

Il comprend plusieurs sections relatives aux aspects organisationnels et administratifs, comme les dossiers et registres des commandants et combattants des FDS, l’inventaire des troupes et les documents associés, le système de déploiement et l’ensemble des infrastructures. Le transfert et la remise de l’ensemble de ces éléments à HTS ont été ordonnés.

Ce qui frappe le plus dans ce document, c’est qu’il porte la signature du ministère de la Défense et qu’il aborde des questions telles que : « Quel sera le rôle des Kurdes dans le système ? Comment les individus seront-ils intégrés à l’appareil bureaucratique de l’État ? Comment les ressources énergétiques et les points de passage frontaliers seront-ils gérés ? »

De par ces caractéristiques, le document dépasse le cadre du ministère de la Défense, son contenu exigeant la signature directe d’al-Jolani [al-Charaa]. On ignore encore si al-Julani conservera son poste ou si son mandat sera temporaire, mais il est prêt à tout pour se maintenir au pouvoir indéfiniment.

La publication de ce document à ce moment précis est extrêmement significative. Pendant un an, les autorités de Hayet Tahrir al-Sham à Damas n’ont publié aucune déclaration officielle, hormis l’accord du 10 mars, et n’ont entrepris aucune démarche concrète. Par conséquent, la publication précipitée d’un tel document, sans indication de destinataire et par l’intermédiaire d’intermédiaires, en cette fin d’année, revêt une importance considérable. L’envoi d’un tel document sans identification du destinataire constitue un mépris total pour l’Administration autonome, en particulier au moment où la faction au pouvoir en Turquie procède à de nombreuses évaluations de l’accord et de l’intégration, et exerce des pressions sur l’Administration autonome pour qu’elle capitule sous prétexte d’intégration.

Autrement dit, comme l’ont souligné les analystes des médias et les déclarations connexes, ce document ne désigne aucun destinataire, ce qui revient à imposer un ordre du type : « Vous appliquerez tout ce que je vous dis. »

En revanche, ce document semble être une copie de rapports préparés spécifiquement par la faction au pouvoir, révélant un déni des droits des Kurdes. Il tente également de présenter la capitulation comme une solution, imposant le chaos et une absence de mécanismes de défense et de protection sous couvert d’une résolution. Le message adressé à l’Administration autonome est clair : « Si vous ne capitulez pas d’ici la fin de l’année, l’option militaire, c’est-à-dire l’occupation, sera envisagée. »

Comme le montre la langue de ce document, il a été traduit du turc en arabe et semble être signé par Yaşar Güler.

Compte tenu de tout cela, toutes les composantes de l’Administration autonome et ses alliés, notamment les Kurdes, doivent se préparer à une nouvelle vague de génocide. Par conséquent, toute déclaration susceptible d’affaiblir nos peuples doit être évitée. C’est l’un de nos devoirs fondamentaux aujourd’hui. Nous ne devons pas oublier que la liberté ne s’acquiert que par des peuples organisés, dotés de leurs propres mécanismes de défense. Ainsi, ce n’est pas le moment de la faiblesse ni de la complaisance, mais celui de préparer une résistance globale. (ANHA) 

TURQUIE. Encore un journaliste kurde arrêté pour « terrorisme »

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TURQUIE / KURDISTAN – Le journaliste de l’agence de presse alévie PIRHA, Cihan Berk a été arrêté dans la province kurde de Dersim (Tunceli) et placé en détention pour « terrorisme ».

Le journaliste Cihan Berk a été arrêté vendredi dans la province kurde de Dersim (Tunceli en turc) et placé en détention provisoire peu après. Berk travaille comme reporter pour l’agence de presse alévie PIRHA. Selon l’agence, une unité de la police antiterroriste turque a perquisitionné son appartement, situé dans le district d’Alibaba, tôt le matin. Son ordinateur et plusieurs livres ont notamment été saisis.

Berk a d’abord été conduit au poste de police, où il a refusé de faire une déclaration. Il a ensuite été présenté au parquet. Après environ une heure d’interrogatoire, le parquet a requis son placement en détention provisoire, requête acceptée par le tribunal. Le journaliste a par la suite été transféré à la prison centrale de haute sécurité de la province voisine de Xarpêt (Elazığ). Il est accusé d’appartenance à une organisation terroriste. Berk nie ces accusations. Les autorités n’ont pas précisé à quelle organisation le Kurde est soupçonné d’appartenir.

Restriction de la liberté d’opinion et de la presse

L’Association des droits de l’homme (IHD) dénonce depuis des années l’instrumentalisation par le système judiciaire turc des lois antiterroristes et l’interprétation excessivement large du terme « terrorisme » pour réprimer les voix dissidentes. Selon l’IHD, des accusations de terrorisme sans fondement sont systématiquement utilisées, notamment contre les Kurdes et les militants de gauche, pour punir des actions jugées indésirables. Même les discours politiques, les écrits critiques et la participation à des manifestations sont fréquemment poursuivis comme des actes de « terrorisme ». C’est le cas, par exemple, du traitement réservé au PKK. (ANF)

Fête de la Lumière : les Ezidis célèbrent Îda Êzî

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KURDISTAN / SHENGAL – À la fin des trois semaines de jeûne, les Yézidis célèbrent la fête d’Êzî (en kurde : Cejna Êzî) le troisième vendredi de décembre. C’est la fête religieuse la plus importante du yézidisme, marquée par la lumière, le partage et l’espoir d’une proximité divine.

Avec Îda Êzî ou Cejna Êzî, les Yézidis du monde entier célèbrent leur fête religieuse la plus importante. Elle est célébrée le troisième vendredi de décembre et marque également la fin d’une période de trois semaines de jeûne et de festivités, qui s’appuie sur le solstice d’hiver.

Le soleil occupe une place centrale dans cette tradition, symbole visible de la présence divine. Durant les jours sombres qui entourent le solstice, les croyants espèrent le retour prochain de la lumière et, par conséquent, le retour de la vie, de la chaleur et de la bénédiction divine.

Les célébrations concluent un jeûne de trois jours en l’honneur de Dieu, obligatoire pour tous les Yézidis, à l’exception des enfants et des malades. Durant le jeûne « Rojiyên Êzî », on s’abstient de manger et de boire du lever au coucher du soleil. Deux autres semaines de festivités ont déjà eu lieu : l’une en l’honneur de l’ange solaire Şêşim, et l’autre en l’honneur des saints patrons de la famille (Îda Xwedan).

L’Ida Azî se distingue des fêtes précédentes par son caractère communautaire. Alors que les célébrations antérieures se déroulaient principalement en famille, des communautés entières se rassemblent pour la fête de clôture, par exemple à la maison des Yézidis (« Mala Azdîyan »). Après les cérémonies religieuses, les bénédictions et les lectures, tous mangent, dansent et font la fête ensemble.

Les visites aux cimetières pour honorer les défunts sont également une tradition dans de nombreux endroits, parfois accompagnées d’autorités religieuses. Avec le souhait « Îda Êzî li we pîroz be ! » (Joyeuse fête Êzî), les Yézidis se souhaitent mutuellement de joyeuses fêtes, paisibles et saines. (ANF)

ROJAVA. Hommage à Nazım Daşdan et Cihan Bilgin

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SYRIE / ROJAVA – Il y a un an jour pour jour, un drone turc ciblait délibérément les journalistes kurdes Nazım Daşdan et Cihan Bilgin près du barrage de Tishreen, dans le Nord du Rojava, alors qu’ils couvraient les combats entre les gangs sous commandement turc et les forces arabo-kurdes. Leurs collèges Surkol Shikho et Osman Bulut rendent hommages à Dasdan et Bilgin à l’occasion du 1er anniversaire de leur meurtre brutal.

La correspondante de l’agence féminine NûJinha, Surkol Shikho, et le photographe de Ronahi TV, Osman Bulut, ont accordé un entretien à l’agence ANHA au sujet des martyrs Jihan Belkin et Nazem Dashtan, tombés au champ d’honneur le 19 décembre dernier lors d’une attaque de drone armé turc au barrage de Tichrine. Ils ont évoqué leur travail et les moments passés à leurs côtés.

Surkol Shikho a souligné qu’un an s’était écoulé depuis le martyre de Jihan Belkin et Nazem Dashtan et a exprimé combien le temps avait filé. Elle a insisté sur le fait que leur mort avait profondément affecté non seulement le peuple kurde, mais aussi des personnes de toutes les communautés, déclarant : « Des mères de tous horizons, au Kurdistan, au Moyen-Orient et dans le monde entier, ont été touchées par le martyre de Jihan Belkin. Nous voulons dire à sa mère qu’elle ne sera jamais oubliée. »

Elle a expliqué que les caméras de Jihan Belkin et Nazem Dashtan continuent de diffuser la vérité, et que nombre de leurs camarades suivent leur exemple. Elle a ajouté : « Nous poursuivrons notre combat dans les médias, en suivant leur voie. »

Surkol Shikho a également évoqué les mois passés à travailler avec la martyre Jihan Belkin, partageant des moments aussi bien heureux que difficiles, sans jamais imaginer qu’elle ne la reverrait plus à ses côtés. Elle a déclaré : « Nous nous sommes promis de parcourir ce chemin côte à côte jusqu’au bout, et même si la fin est le martyre, nous deviendrons martyres ensemble. »

Elle a attribué le ciblage de Jihan Belkin et Nazem Dashtan par l’occupation turque à leurs efforts pour dissimuler la vérité sur les crimes et les massacres qu’elle avait commis.

Shikho a souligné que Jihan Belkin et Nazem Dashtan représentent la mémoire des médias libres, concluant : « Nous honorerons toujours leur mémoire. »

Osman Bulut, qui a rencontré Jihan Belkin en 2018 alors qu’il couvrait les attaques de Serekaniye puis de Tal Tamr, la décrit comme une journaliste expérimentée, qui insufflait force et confiance à son entourage. Il ajoute qu’elle riait et plaisantait constamment, aidant ainsi les gens à oublier la fatigue du travail tout en révélant la vérité sur les mercenaires en première ligne.

« Certaines personnes ont des personnalités et des qualités uniques, et Jihan en faisait partie. Nous l’appelions aussi « Jiyan ». Ce nom lui allait bien. Elle était humble dans ses relations avec les autres », a ajouté Bulut.

Il a également souligné son travail au Kurdistan du Nord, malgré les pressions et les obstacles de l’État turc, notamment un mandat d’arrêt à son encontre. En se rendant au Kurdistan du Rojava, elle souhaitait étendre son travail de documentation de la vérité sur l’occupation et devenir un soutien pour ses camarades des médias. Bulut a ajouté : « Elle a insisté pour couvrir largement les campagnes. Dans son travail, elle n’a jamais accepté l’injustice et n’a jamais renoncé lorsqu’elle savait qu’elle avait raison. »

Bulut a évoqué des souvenirs à la fois heureux et douloureux avec Jihan Belkin. Il a ajouté : « Récemment, lorsque les habitants d’Afrin ont été déplacés de Shahba vers d’autres régions, Jiyan m’a dit : “Viens avec moi, tu es déplacé et tu comprends la situation des déplacés.” Nous avons également communiqué pendant que nous couvrions les attaques sur Manbij, et à ce moment-là, elle et Nazem étaient ensemble, forts et déterminés. »

Concernant le martyr Nazem Dashtan, Bulut a indiqué l’avoir mieux connu à Kobani, où ils avaient collaboré sur un documentaire. « Il a longtemps œuvré au Kurdistan du Nord, filmant et diffusant les scènes de coopération entre l’État turc et Daech. Son impact a été considérable. C’était un camarade joyeux, toujours prêt à partager ses connaissances et son expérience, et à aider les gens à s’épanouir. Avec lui, personne ne se sentait seul ni étranger. Il est devenu la mémoire du Kurdistan du Rojava », a déclaré Bulut.

Au sujet des derniers jours passés avec Nazem Dashtan, Bulut a déclaré qu’il leur avait toujours conseillé de prendre soin d’eux-mêmes plutôt que de se préoccuper des autres. Il a conclu : « Nous préserverons l’héritage que nous ont légué Jihan Belkin et Nazem Dashtan, avec détermination et résolution. » (ANHA)

La Turquie va-t-elle répondre des massacres des Kurdes ?

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TURQUIE / KURDISTAN – Dans une déclaration marquant l’anniversaire des massacres des Kurdes de Maraş (décembre 1978) et de Roboski (décembre 2011), le Congrès des Sociétés démocratiques du Kurdistan en Europe (KCDK-E) a appelé l’État turc à faire face à son « histoire de massacres ».

Soulignant que la démocratisation ne sera pas possible tant que les massacres perpétrés en Turquie resteront impunis, le communiqué du KCDK-E publié jeudi se lit comme suit :

« Selon les chiffres officiels, 120 personnes ont été tuées lors du massacre de Maraş, perpétré par l’État contre les Kurdes alévis entre le 19 et le 24 décembre 1978. Le massacre de Maraş est entré dans l’histoire comme un acte de barbarie contre les Alévis kurdes. 

Le massacre de Maraş visait à étendre le génocide kurde au cœur du Kurdistan en nettoyant la région à l’ouest du Kurdistan, connue sous le nom d’ouest de l’Euphrate, de sa population kurde-alévi.

Les auteurs connus du massacre de Maraş n’ont pas été traduits en justice, mais ont au contraire été récompensés, comme à Madımak [Sivas]. Les assassins des Alévis ont été, de fait, récompensés en étant admis au Parlement par l’État.

La mentalité qui a perpétré le massacre de Maraş est perpétuée par les politiques monistes, racistes et statu quo de l’État turc, héritées de la tradition ottomane et dirigées contre tous ceux qui ne sont pas turco-islamiques, y compris les Kurdes, la communauté alévie et toutes les autres confessions et identités.

Le 28 décembre 2011, date désormais gravée dans l’histoire, des avions de combat turcs ont perpétré une nouvelle fois le massacre délibéré et planifié de 34 civils kurdes, pour la plupart des enfants. Ce massacre était si flagrant que le commandant qui l’a exécuté a été promu et récompensé par la suite.

Le massacre de Roboski est entré dans l’histoire comme un massacre planifié de Kurdes par l’État turc.

Onze ans se sont écoulés depuis que 34 Kurdes, dont 19 enfants, ont été tués par des avions de guerre turcs. Les responsables n’ont toujours pas été traduits en justice. Malgré l’évidence des faits, ceux qui ont donné les ordres n’ont pas non plus été jugés, et des tentatives sont en cours pour étouffer le massacre.

Nous approchons de l’anniversaire du massacre perpétré contre des prisonniers dans les prisons le 19 décembre 2000*. Les prisonniers politiques continuent de mourir les uns après les autres dans les prisons turques.

Aucun massacre ne saurait être soumis à la prescription. Tant que les massacres de Maraș, Roboski, des prisons et de dizaines d’autres lieux resteront impunis, la démocratisation sera impossible.

L’appel lancé par le leader Apo [Abdullah Öcalan] le 27 février a donné lieu à une initiative historique de confrontation sociale, de révélation des massacres commis dans l’histoire turque et de rétablissement de l’unité sociale, de la paix et de la vie démocratique, principalement en Turquie mais aussi au Moyen-Orient.

La réalisation du paradigme de la paix et de la société démocratique permettra de faire la lumière sur tous ces massacres, d’apaiser les consciences sociales et de permettre aux peuples, aux femmes, aux cultures et aux religions de conquérir le XXIe siècle sur la base de l’égalité et de la liberté. 

Nous, membres du KCDK-E, condamnons les massacres de Maraş, Roboski et [ceux commis dans les prisons], et nous rendons un hommage respectueux aux martyrs. Nous appelons toute personne qui se considère comme humaine à agir pour mettre un terme définitif à toutes les pratiques inhumaines dans les prisons, en particulier le système d’isolement à İmralı. » (ANF)

*Le 19 décembre 2000, les autorités turques ont lancé l’opération armée malnommée « retour à la vie » pour faire cesser les grèves de la faim des prisonniers politiques de gauche. Lors de l’attaque militaire contre 20 prisons, 30 prisonniers ont été tués, plusieurs autres blessés.

TURQUIE. Commémorations du massacre des Kurdes-alévis de Maras

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TURQUIE / KURDISTAN – Entre le 19 et le 26 décembre 1978, une vague d’attaques sanglantes orchestrée par l’extrême-droite turque a ciblé les Kurdes alévis de Maraş, coutant la vie à au moins 120 personnes, dont une majorité de femmes et d’enfants. Les paramilitaires ont également incendie de 559 maisons et détruits près de 290 entreprises appartenant à la population kurde-alévie. 47 ans après ce pogrom ciblant les Kurdes alévis de Maras, les survivants exigent que l’État turc affronte son passé sanglant pour éviter de nouveaux pogroms dans le pays.

Les traumatismes du pogrom de Maras restent vifs 47 ans après le massacre 

En décembre 2023, Müslüm İbili, président de l’Association Culture et Solidarité Erenler, s’exprimait à l’occasion du 45e anniversaire du massacre des Kurdes alévis de Maraş, rejetant la faute sur « l’État profond » et soulignant le traumatisme qui persiste encore. İbili a appelé à ce que les adeptes de la religion alévie soient enfin traités comme des citoyens égaux afin d’éviter de futurs incidents.

Entre le 19 et le 26 décembre 1978, une vague de violence d’une semaine contre les Kurdes alévis de Maraş a coûté la vie à 120 personnes, dont une majorité de femmes et d’enfants, l’incendie de 559 maisons et la destruction de près de 290 entreprises.

Certaines parties de Maraş ont été complètement détruites et un couvre-feu a été imposé à la ville. Ni l’armée ni la police n’ont tenté d’arrêter les attaques. Après le massacre, de nombreux Kurdes alévis de la ville ont commencé à partir, de sorte que la démographie de Maraş a considérablement changé. La population alévie, qui représentait plus de 35% avant 1978, n’en représente plus que 10%.

Malgré des années de procédures judiciaires contre les auteurs du massacre, la justice reste insaisissable. Les décisions du tribunal de la loi martiale, qui a condamné 22 personnes à mort, sept à la réclusion à perpétuité et 321 autres à diverses peines, ont ensuite été annulées par la Cour de cassation. Les condamnations à mort n’ont pas été exécutées et les personnes reconnues coupables ont été libérées en vertu de la loi antiterroriste de 1991, ce qui suscite des inquiétudes quant à leur responsabilité.

Pire encore, Ökkeş Kenger, identifié comme l’un des meneurs, a été acquitté au cours du procès et a ensuite changé son nom de famille en Şendiler. En 1991, Şendiler a été élu député du Parti du bien-être (Refah Partisi – RP). Cette récompense politique pour un personnage clé du massacre a alimenté la frustration et la colère des survivants.

Müslüm İbili, président de l’Association Erenler Culture et Solidarité, une organisation confessionnelle alévie, s’est adressé à l’agence Mezopotamya à l’occasion du 45e anniversaire du massacre de Maras, déclarant que le massacre avait été orchestrée par « l’État profond » et soulignant le traumatisme persistant. İbili, qui avait alors 19 ans, a été contraint de déménager à Istanbul. Après avoir perdu une jambe dans un accident de train, il retourne dans sa ville natale et fonde l’association en 2007 pour faire face à ce traumatisme.

Décrivant le massacre comme un acte délibéré visant à réprimer le mouvement socialiste des années 1970, İbili a déclaré : « Malgré le passage de 45 ans, le traumatisme demeure. » Il a déclaré que le massacre servait de « préparation à un coup d’État » et de provocation majeure mise en scène pour créer des troubles sociaux.

Appelant à ce que les Alévis soient traités comme des citoyens égaux afin d’éviter de futurs incidents, İbili a exhorté tout le monde à assister à l’événement de commémoration annuel le 23 décembre, malgré l’interdiction émise par le gouvernement, qu’İbili a imputée à une provocation, déclarant qu’« on ne peut pas dissimuler la douleur sous des interdictions ».

TURQUIE. Un militant kurde torturé et menacé par des hommes masqués

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TURQUIE / KURDISTAN – Enes Sezgin, un militant kurde membre de l’Assemblée des jeunes du parti DEM, a été enlevé par sept hommes masqués à Van dans la nuit du 16 décembre. Il a été torturé et menacé.

Enes Sezgin, membre de l’assemblée des jeunes du parti DEM, a été enlevé par sept hommes masqués dans le centre-ville de Van dans la nuit du 16 décembre.

Sezgin aurait été emmené hors de la ville dans un véhicule de transport. Il aurait été torturé, menacé de quitter la ville, puis relâché dans une zone désertée.

Suite à cet incident, des membres de l’Assemblée des jeunes du Parti DEM et des représentants du Parti des régions démocratiques (DBP) ont organisé une manifestation dans la rue des arts, en plein centre-ville.

Le communiqué de presse publié jeudi a fait remarquer que les incidents d’enlèvement et de torture rappelaient les méthodes « contre-guérilla » utilisées dans les années 1990, et a appelé à ce que les auteurs de ces actes soient dénoncés.

Adem Yılmaz, membre de l’Assemblée des jeunes du parti DEM, qui a lu la déclaration, a affirmé : « Nous déclarons que nous intensifierons notre lutte contre les gangs et les structures parallèles, et que nous mettrons en œuvre le processus de paix et de société démocratique auprès de tous. Nous sommes déterminés à contrecarrer cette politique de pression et de violence avec notre peuple en nous organisant fermement et en intensifiant la lutte contre la mentalité d’enlèvement et de menaces de mort qui a prévalu à Van ces derniers temps. »

Enes Sezgin a déclaré avoir été torturé dans le véhicule lors de son enlèvement et dans des zones désertes aux abords de la ville, et avoir reçu des menaces de mort et des insultes sexistes. Il a insisté sur le fait qu’il ne quitterait pas la ville et a appelé les jeunes à s’organiser.

Sezgin a déclaré : « Ces groupes font obstacle à la liberté du peuple kurde, imposant le déni et l’anéantissement. Peu importe qui se dresse sur notre chemin, nous maintiendrons notre organisation. S’ils sont sincères dans le processus de paix, ils doivent mettre fin à l’existence de ce groupe. L’intégration démocratique ne peut être atteinte par le fascisme. »

La manifestation s’est terminée par des slogans. (ANF)

TURQUIE. Des policiers tuent la chienne d’une famille kurde

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TURQUIE / KURDISTAN – Lors d’un raid policier contre le domicile d’une famille kurde à Agri / Gîyadin, les policiers turcs ont abattu une chienne qui étaient entourée de ses cinq chiots. 

La Direction de la lutte contre la contrebande et le crime organisé (KOM) d’Ağrı a perquisitionné le domicile de Bayram Sarı, situé dans le quartier d’İsaağa, district de Gîyadin (Diyadin). Lors de cette perquisition, la police a abattu sa chienne, qui avait eu cinq chiots. Bayram Sarı a déclaré que la perquisition avait eu lieu à 6 h du matin : « Avant d’entrer dans la maison, nous avons entendu des coups de feu dans le jardin. Puis ils ont frappé à la porte, nous avons ouvert. Ils nous ont fait nous allonger par terre. Pendant que nous étions au sol, les policiers plaisantaient et riaient entre eux. »

Lors d’une descente de police dans une maison du district de Gîyadin à Agirî, la police a abattu une chienne et ses cinq chiots. 

Sarı a déclaré que la police avait mis la maison sens dessus dessous : « Avant d’entrer, ils ont abattu la chienne de berger de cinq balles. Nous avions aussi une cinquantaine de brebis qui avaient mis bas, et ils les ont toutes emmenées dehors. (…) »

TURQUIE. Création de la plateforme des journalistes de Dersim

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TURQUIE / KURDISTAN – Des journalistes de la province kurde-alévie de Dersim, manifestant leur volonté commune face à la pression croissante, à la censure et à la précarité de leurs conditions de travail, ont publié un communiqué annonçant la création de la Plateforme des journalistes de Dersim.

Le communiqué soulignait que les médias locaux luttent pour survivre dans un espace restreint en raison de pressions économiques et politiques, insistant sur le fait que le journalisme n’est pas seulement une profession mais aussi une responsabilité de rechercher la vérité, de préserver la mémoire collective et de défendre le droit du public à l’information.

Il a été affirmé que cette responsabilité ne peut être renforcée que par la solidarité, la conscience collective et un socle éthique commun, et que la Plateforme des journalistes de Dersim a été créée dans cet esprit.

Le communiqué souligne que la plateforme est un réseau de solidarité regroupant journalistes, reporters, rédacteurs, cameramen et tous les professionnels des médias travaillant à Dersim et dans ses environs, et qu’elle rassemble des professionnels des médias issus de différentes institutions et ayant des lignes éditoriales différentes, mais partageant les mêmes valeurs éthiques professionnelles.

Les objectifs fondateurs de la plateforme étaient les suivants :
défendre la liberté de la presse et d’expression ainsi que le droit du public à l’information ;
développer une position commune contre les pressions, les menaces, la censure et le harcèlement des journalistes ;
apporter des solutions solidaires aux problèmes économiques, structurels et éthiques rencontrés par les médias locaux ; et
protéger l’éthique professionnelle et l’honneur journalistique.

Le communiqué souligne que la Plateforme des journalistes de Dersim est un effort collectif créé pour renforcer le concept de journalisme libre et collaboratif au niveau local.

Le communiqué, qui affirmait : « Le journalisme n’est pas un crime. On ne peut faire taire la voix de la vérité », se concluait par ces mots : « Tant que nous resterons unis, nous amplifierons cette voix. » (Pirha)

KURDISTAN. Commémorations d’Ayse San

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TURQUIE / KURDISTAN – Depuis hier, Ayşe Şan, une des figures importantes de la musique kurde, est commémorée à l’occasion du 29e anniversaire de sa mort.

 
Hier soir, la municipalité métropolitaine de Diyarbakir (Amed), en collaboration avec Ma Music, l’Association pour la culture, l’art et la littérature féminines (KASED), le Conservatoire Aram Tigran et l’Association culturelle et artistique Dicle, a commémoré Ayşe Şan (disparue le 18 décembre 1996) à l’occasion du 29e anniversaire de sa disparition. De nombreuses personnes ont assisté à la cérémonie qui s’est tenue à la salle culturelle Ali Emiri. 
 
Lors de la commémoration, qui a rassemblé une foule nombreuse, une pièce de théâtre mise en scène par Berfin Zenderlioğlu, retraçant la vie artistique d’Ayşe Şan, ses années d’exil et son héritage pour la musique kurde, a été jouée. La pièce a été longuement applaudie par le public. La commémoration s’est conclue par la remise de fleurs à l’actrice par Serra Burcak, co-maire de la municipalité métropolitaine d’Amed.
Commémorée sur sa tombe
 

Aujourd’hui, la dengbêj kurde légendaire, Eyşe Şan a été également commémorée sur sa tombe à Amed en présence de nombreuses femmes, militantes féministes et des proches d’Ayse San.

La municipalité métropolitaine d’Amed, l’association Ma Music, L’association féminine des arts et de la littérature (KASED), le conservatoire Aram Tîgran et l’association culturelle et artistique Dicle ont commémoré l’artiste kurde Ayşe Şan sur sa tombe.
Lors de la cérémonie commémorative au bord de sa tombe, Zeynep Yaş, cheffe du département de la Culture et des Affaires sociales de la municipalité métropolitaine d’Amed, a déclaré : « On souhaitait depuis des années qu’Ayşe Şan soit commémorée ici ; c’était son souhait et celui de tous. » 
Murat Kersen, le fils d’Ayşe Şan, prit ensuite la parole : « Après 29 ans, nous avons ramené ma mère dans son pays natal. C’était un peu tard, mais les circonstances l’exigeaient. Je confie ma mère à son peuple ; c’est ce qu’elle aurait souhaité. Je suis très heureux ; que ma mère repose en paix. »
 
La femme politique Yüksel Avşar, qui a déclaré que le dernier souhait d’Ayşe Şan avait été exaucé en ramenant sa dépouille à Amed, a dit : « J’en suis très heureuse. Pendant quatre ans et demi, j’ai œuvré pour que le corps d’Ayşe Şan soit rapatrié dans sa ville natale. Puisse ce retour ici être un symbole de paix, de liberté et de fraternité dans les quatre régions du Kurdistan. »

Evin Dulek, membre du groupe Ma Music, a déclaré : « Ayşe Şan est l’une des figures emblématiques qui ont marqué l’histoire. Elle est entrée dans la légende comme une artiste immortelle. Nous nous efforçons de perpétuer son héritage. »

Ayse San

Ayşe Şan (Eyşe Şan), reine de la musique kurde ayant subi la double oppression (le patriarcat et le colonialisme) en tant que femme et kurde, nous a quitté le 18 décembre 1996 à l’âge de 58 ans.
 
Née à Diyarbakır (Amed), Eyşe  est considérée comme l’une des plus grands chanteurs de la musique kurde contemporaine.
 
Le père d’Eyşe était un dengbêj (conteur kurde traditionnel). Eyşe commence à chanter à soirées de chant traditionnels, puis, à partir de 1958, malgré l’opposition de sa famille, a se produire en public.
 
Après une tentative infructueuse de mariage, qui lui avait été imposé, elle s’est installée à Antep (Dilok), où elle a commencé à enregistrer des chansons turques pour la radio locale, chanter en kurde étant alors interdit. Puis, elle est partie à Istanbul, où elle enregistre son premier album en langue kurde en 1963. La première chanson qui contribue à sa notoriété est Ez Xezalım [Je suis une gazelle]. En 1972, suite à des tracas administratifs, elle s’est installée en Allemagne. Une de ses chansons les plus connues, Qederê [Oh le destin], est écrite après la mort de sa fille de 18 mois.
 
En 1979, elle s’est rendue au Kurdistan irakien, où elle a rencontré de nombreux musiciens et chanteurs kurdes telles que Mihemed Arif Cizîrî, Îsa Berwarî, et Tahsin Taha. Le morceau d’Arif Cizîrî, Eysana Elî, lui est dédiée. À partir de années 1980, elle s’est installée à Izmir. Dans les années 1990, elle écrit en réaction à l’oppression des Kurdes des chansons telles que Werin pêsmerge [Venez les combattants kurdes]. Elle a écrit également des chansons sur la condition des femmes telles que Derdê hewîyê [Chagrin de polygamie] ou encore Hey wax dayê [Ô mère]. tout sa vie, elle a dû faire face à la double oppression (le patriarcat et le colonialisme).
 

Ayse San est décédée d’un cancer à Izmir le 18 décembre 1996, laissant derrière elle un précieux et magnifique héritage artistique pour les générations futures. Elle avait exprimé comme dernière volonté d’être enterrée à Amed. Ce souhait a été exaucé cet été, 29 ans après sa mort.