SYRIE. Les Kurdes d’Alep massacrés et assiégés de toutes parts

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SYRIE / ROJAVA – Depuis le 6 janvier, les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh, à Alep, sont la cible d’attaques menées avec des armes lourdes. Les zones civiles, les hôpitaux et les lieux de culte sont touchés, faisant des dizaines de morts et de blessés. Les conseils de quartier dénoncent une tentative de massacre et de déplacement forcé de la population.
 
Voici la déclaration du Conseil populaire des quartiers Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh: 
Nous avons décidé de rester dans nos quartiers et de les défendre
 
« À partir du 6 janvier, nos quartiers sont soumis à des attaques menées avec des armes lourdes ainsi qu’à des bombardements intensifs. Lors de ces attaques, les mosquées, les écoles, les hôpitaux, les habitations civiles et les institutions de services ont été directement et systématiquement pris pour cible. Notre population et nos forces d’asayiş opposent une résistance majeure face à ces agressions.
 
Ces attaques visent à déclencher un nouveau massacre ainsi qu’une nouvelle vague de déplacement forcé contre notre population, qui vit dans ces quartiers depuis des centaines d’années et en est la véritable habitante. Autrement dit, il est clairement recherché de modifier la démographie de la ville et de nos quartiers. Par ailleurs, ces attaques constituent, à tous égards, une évacuation de fait et une violation manifeste de l’accord du 1er avril.
 
Le gouvernement intérimaire de Damas mène ces attaques sous l’appellation de “Nouvelle Armée Syrienne”, à travers des groupes armés qui lui sont affiliés et avec le soutien de l’État turc, ce qui l’encourage davantage. Nous condamnons également avec la plus grande fermeté le silence des forces internationales présentes en tant que garantes et observatrices des accords du 10 mars et du 1er avril.
 
Les attaques et le danger de massacres visant notre population dans les quartiers de Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh se poursuivent toujours. Les appels lancés par les forces du gouvernement intérimaire à notre population et à nos forces d’asayiş constituent une imposition de reddition. Cependant, la population de ces quartiers est déterminée à rester sur place et à défendre ses quartiers.
 
Dans la situation actuelle, des massacres de civils sont perpétrés dans les zones où les groupes armés progressent. Les mêmes actes et massacres infligés aux Alaouites et aux Druzes sont aujourd’hui appliqués dans nos quartiers. Chacun sait que des centaines de milliers de civils vivent dans ces quartiers et que les bombardements intensifs contre les civils ont fait des dizaines de blessés, dont la majorité sont des femmes et des enfants.
 
Notre hôpital de quartier, Khaled Fajr, dont les capacités étaient déjà extrêmement limitées, a lui aussi été la cible de violentes attaques et de bombardements. Il s’agit là d’un crime de guerre. À l’heure actuelle, l’hôpital est totalement hors service. Il ne reste plus aucune possibilité de soigner les blessés dans nos quartiers. Une grave crise humanitaire est en cours. L’opinion publique sait également que nos quartiers étaient depuis longtemps soumis à un blocus, empêchant l’entrée des besoins humanitaires essentiels. Les conditions hivernales aggravent encore davantage la situation.
 
En conclusion, les forces du gouvernement intérimaire, accompagnées de leurs groupes armés, appellent notre population à se rendre et exigent qu’elle quitte ces quartiers. Elles réclament également la reddition de nos forces d’asayish.
 
En tant qu’administration des conseils des quartiers de Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh, nous rejetons catégoriquement toutes les pressions exercées contre notre population et nos quartiers. Depuis son arrivée au pouvoir, les actes commis par le gouvernement intérimaire de Damas à l’encontre des différentes composantes et de la diversité de la Syrie, et plus particulièrement les bombardements indiscriminés et les massacres perpétrés ces derniers jours contre notre population, ne nous permettent en aucun cas de lui faire confiance pour lui confier notre sécurité et celle de nos quartiers. Pour cette raison, il nous est impossible de renoncer à la responsabilité d’assurer la sécurité de nos quartiers. Nous avons décidé de rester dans nos quartiers et de les défendre.
 
Enfin, nous lançons un appel à la population de Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh : mobilisez-vous et rendez-vous à l’hôpital Xalid Fecir afin de prendre en charge nos blessés et de protéger nos quartiers. »
 
Via Maxime Azadî
 

Silence, on célèbre le génocide des Kurdes à Alep !

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SYRIE / ROJAVA – Enfants, femmes, vieillards, médecins… depuis plusieurs jours, les gangs jihadistes de Damas massacrent les civils des quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d’Achrafieh, à Alep, avec le silence complice de la communauté internationale alors qu’on entend ce matin des célébrations du génocide kurde depuis les minarets d’au moins une mosquée d’Alep tandis que les jihadistes ont bombardé celle de Sheikh Maqsoud, tout comme le seul hôpital du quartier kurde… Le quartier d’Achrafiyah, dans la ville d’Alep, a été le théâtre d’horribles massacres perpétrés par des mercenaires du gouvernement intérimaire de Damas après leur infiltration dans la zone et une attaque surprise qui a fait des dizaines de morts parmi les civils. Hôpital et mosquée de Sheikh Maqsoud bombardés  Cinq personnes ont été blessées jeudi soir lors de plusieurs attaques successives contre l’hôpital Xalid Fecir, situé à Alep, dans le nord de la Syrie. L’établissement médical, situé dans le quartier majoritairement kurde de Shexmeqsud, a été bombardé à quatre reprises à l’aide d’armes lourdes. Des milices djihadistes pro-turques affiliées au ministère syrien de la Défense seraient responsables de ces attaques.  Par ailleurs, les gangs jihadistes ont détruit la mosquée de Sheikh Maqsoud, en prétendant qu’elle était utilisée par les asayishs… Des groupes de mercenaires affiliés au gouvernement intérimaire et soutenus par l’État turc occupant ont commis des massacres brutaux contre des civils à Achrafiyah, après s’être infiltrés dans le quartier. Les scènes documentées témoignent de l’ampleur des crimes commis contre les habitants, notamment des massacres et des attaques directes contre des civils non armés, plongeant la population dans la peur et le choc. 

IRAN. L’internet coupé à travers le pays, on craint le pire

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IRAN / ROJHILAT – Après douze jours de manifestations anti-gouvernementales, le mouvement contestataire ne faiblit pas, et ce, malgré la répression sanglante du régime qui a fait plus de 45 morts et des centaines de blessés, en plus de 2 000 personnes arrêtées (Chiffres avancés par l’ONG Iran Human Rights (IHR). Ce soir, on signale la coupure totale de l’Internet à travers l’Iran, y compris dans les régions kurdes où une grève générale a eu lieu aujourd’hui. Dans de nombreuses villes, les manifestants ont mis le feu à des bâtiments officiels, pourchassé les milices armés du régime islamiste ou manifesté en criant des slogans hostiles aux mollahs iraniens. Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), au moins 45 manifestants, dont huit enfants de moins de 18 ans, ont été tués et des centaines d’autres blessés au cours des douze premiers jours de la nouvelle vague de manifestations nationales en Iran. Treize des 45 manifestants ont été tués le 7 janvier (hier). Malgré les attaques sanglantes du régime iranien, l’appel à la grève générale lancé par les partis politiques kurdes d’Iran a été massivement suivi aujourd’hui dans les régions kurdes d’Iran. Les images diffusées par des militants et médias montrent une grève générale très suivie dans les régions kurdes de l’Ouest de l’Iran (Rojhelat), notamment dans les provinces de Kermanshah, du Kurdistan et d’Azerbaïdjan occidental, après un appel conjoint à la grève lancé par des groupes d’opposition kurdes et dans un contexte de manifestations antigouvernementales qui secouent l’Iran depuis fin décembre. Ce soir, on signale que le régime a coupé l’internet dans tout le pays et que les forces du régime ont ouvert le feu sur les manifestants à, Téhéran, Karaj et des localités kurdes notamment. De l’autre côté du globe, le président américain, Donald Trump a déclaré que les Etats-Unis allaient « frapper fort » l’Iran, si le régime iranien « commençait à tuer » des manifestants, alors qu’on en dénombre déjà des dizaines (de tués) en 12 jours de protestations...

Qui gouverne aujourd’hui Damas ? Qui a déclenché la guerre contre les Kurdes ? Où est Ahmed al-Charaa ?

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SYRIE / ROJAVA – Ahmed al-Charaa a disparu des radars. Est-il mort, blessé, pris en otage ? Nul ne le sait. Jusqu’à présent, aucun élément tangible n’a été présenté pour démentir ces hypothèses.
 
Dès lors, qui coordonne ces attaques ? Il est évident qu’il s’agit de l’État turc et des groupes djihadistes qu’il dirige. L’État turc a mobilisé des combattants djihadistes venus des quatre coins du monde et les a lancés contre les Kurdes, sous les yeux de la communauté internationale. Tous les États savent parfaitement qui sont les agresseurs.
 
Derrière les attaques menées contre les Kurdes à Alep, la force motrice est clairement la Turquie. Le 31 décembre, le ministère turc de la Défense a publiquement encouragé Damas à attaquer les Kurdes et a annoncé être prêt à apporter son soutien. Le 8 janvier, cette déclaration a été répétée. Des responsables turcs sont même allés jusqu’à inciter des tribus syriennes à une guerre civile contre les Kurdes par des discours ouvertement provocateurs.
 
Alors, quelle issue possible ? Depuis le début de la crise syrienne, la Turquie se trouve au cœur du problème. Depuis 2015-2016, de vastes régions sont sous occupation de l’État turc, où s’est installé un véritable régime de terreur. Dès lors, une solution durable en Syrie ne pourra être envisagée qu’à partir du moment où la Turquie et les groupes djihadistes qu’elle soutient et dirige auront été neutralisés. (Maxime Azadî)

SYRIE. La Turquie offre une aide militaire à Damas contre les Kurdes d’Alep

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SYRIE / ROJAVA – L’État turc, qui occupe plusieurs régions de la Syrie, offre renseignements et matériels militaires, drones, jihadistes à al-Charaa (Jolani), déclare qu’il est prêt à épauler les gangs jihadistes qui attaquent les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud, Al-Ashrafiyah et Bani Zaid, à Alep. La Turquie pourrait apporter un soutien militaire au gouvernement intérimaire syrien si celui-ci en fait la demande, alors que des affrontements se poursuivent entre les forces du régime syrien et les groupes kurdes dans le nord d’Alep, a déclaré un porte-parole du ministère de la Défense nationale. « La sécurité de la Syrie est notre sécurité. La Turquie suit de près l’évolution de la situation en Syrie », a déclaré le contre-amiral Zeki Aktürk lors de son point de presse hebdomadaire. « Notre pays soutient la lutte contre les organisations terroristes, dans le respect de l’unité et de l’intégrité territoriale de la Syrie, conformément au principe “un État, une armée”. Dans ce contexte, la Turquie apportera l’aide nécessaire si la Syrie en fait la demande. » Aktürk a qualifié les forces kurdes d’« organisations terroristes » et a affirmé que les récents combats avaient commencé après ce qu’il a décrit comme des attaques contre les forces de sécurité syriennes menées par ces groupes. Les combats actuels ont éclaté le 6 janvier, alors que les pourparlers d’intégration entre l’administration de Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS), à majorité kurde et qui contrôlent l’est du pays, étaient dans l’impasse. Les quartiers concernés, restés sous contrôle kurde après la chute du régime baasiste l’année précédente, sont assiégés par les forces du gouvernement intérimaire syrien depuis le 27 décembre.

Déplacements de civils

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), basé à Londres, au moins dix civils ont été tués et des dizaines d’autres blessés depuis l’escalade de la violence le 6 janvier. Les forces gouvernementales ont pris pour cible le cheikh Maqsoud à l’artillerie lourde après une escarmouche qui a coûté la vie à un soldat. L’OSDH a ​​également noté qu’un hôpital Osman à Achrafieh avait été visé par un drone kamikaze, provoquant une panique générale. La Direction des affaires sociales d’Alep a signalé que plus de 45 000 personnes ont été déplacées, dont beaucoup fuient vers la région d’Afrin, plus au nord. Le bureau du gouverneur d’Alep a annoncé la réouverture des couloirs humanitaires pour les civils souhaitant quitter les quartiers touchés. Les autorités locales ont également instauré un couvre-feu à partir de 13h30, heure locale (GMT+3), en prévision d’« opérations intensives » contre les FDS. Cependant, les FDS ont nié leur présence à Alep dans un communiqué publié hier. « Nous tenons à préciser que les FDS n’ont aucune présence militaire à Alep. Nous nous sommes retirés de la région conformément à un accord clair, et les responsabilités en matière de sécurité ont été transférées aux Forces de sécurité intérieure (Asayish) », indique le communiqué. Les FDS ont averti que la poursuite des agressions contre les civils entraînerait de « graves conséquences » et pourrait replonger le pays tout entier dans une guerre ouverte. L’administration de Damas a réagi en déclarant que l’aveu des FDS quant à l’absence de présence militaire confirme que la responsabilité de la sécurité de la ville incombe exclusivement à l’État syrien. Le gouvernement a maintenu que ses actions visent à garantir la « souveraineté et l’intégrité territoriale » et à prévenir les activités armées dans les zones résidentielles.

TURQUIE. La police attaque les manifestants dénonçant les massacres d’Alep

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TURQUIE / KURDISTAN – La police turque a ciblé les manifestations organisées dans de nombreuses villes kurdes en soutien aux populations des quartiers kurdes d’Alep attaqués par les gangs turco-jihadistes qui y commettent des crimes de guerre. De son côté, l’État turc a déclaré être prêt à apporter son soutien militaire aux gangs jihadistes, s’ils n’arrivent pas à mettre à genou la résistance kurde à Alep. A Cizre, manifestants attaqués, journalistes menacés de mort  Dans le district de Cizrê à Sirnak, la police turque a attaqué une marche organisée contre les attaques cibalnt les quartiers de Şêxmeqsûd et Eşrefiyê, à Alep. Les policiers ont tabassé et arrêté au moins 3 personnes. Des journalistes couvrant la marche ont été agressés et menacés de mort par la police turque. Manifestation à la frontière de Kobanê A Diyarbakir (Amed) et dans de nombreuses villes kurdes la population est dans la rue en solidarité avec les Kurdes d’Alep, tandis que dans la ville frontalière d’Urfa (Riha), les manifestants ont atteint la frontière de la ville de Kobanê à Suruç (Pirsûs). Des milliers de personnes marchant à Pîrsûs, à la frontière de Kobanê, malgré les obstacles policières, contre les attaques sur Alep, ont déclaré : « Nous sommes déterminés à protéger les acquis du Rojava et les droits du peuple syrien. »  Sous l’égide de la Plateforme des institutions démocratiques, des manifestations ont eu lieu dans le district de Pîrsûs (Suruç), à Riha, pour protester contre les attaques du gouvernement intérimaire syrien à Alep. Une foule s’est rassemblée devant le siège du Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (Parti DEM) et a tenté de manifester. La police turque, qui bloquait les rues, a déclaré qu’elle ne l’autoriserait pas. En réponse, la foule a forcé le barrage policier en scandant des slogans tels que « Vive la résistance du Rojava ! », « Vive les YPG/YPJ ! ». Après une brève période de tension, la foule s’est dispersée dans les rues adjacentes et s’est regroupée rue Aligör. Des milliers de personnes ont défilé en scandant « Le Rojava est notre patrie ! ».  

IRAN. Grève générale dans les régions kurdes

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IRAN / ROJHILAT – L’appel à la grève générale lancé par les partis politiques kurdes d’Iran a été massivement suivi aujourd’hui dans les régions kurdes d’Iran où la vie s’est arrêtée. Les images diffusées par des militants et médias montrent une grève générale très suivie dans les régions kurdes de l’Ouest de l’Iran (Rojhelat), notamment dans les provinces de Kermanshah, du Kurdistan et d’Azerbaïdjan occidental, après un appel conjoint à la grève lancé par des groupes d’opposition kurdes et dans un contexte de manifestations antigouvernementales qui secouent l’Iran depuis fin décembre.

Les affrontements les plus meurtriers ont éclaté dimanche à Malekshahi, dans la province d’Ilam, où les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les manifestants avec des armes lourdes, faisant au moins six morts, selon l’organisation de défense des droits humains Hengaw, basée à Oslo.

 

Suite à la répression meurtrière à Malekshahi et dans ses hôpitaux, qui a suscité une vive condamnation internationale, les habitants de Rojhelat sont descendus dans la rue en solidarité avec les victimes des violences de dimanche, au cours desquelles les forces de sécurité ont ouvert le feu lors d’une répression massive. 

 

Les forces gouvernementales ont ouvert le feu mercredi sur des civils kurdes avec des armes lourdes à Kermanshah, ainsi que dans la province de Chaharmahal et de Bakhtiari, dans le sud-ouest du pays, une région majoritairement peuplée de Lurs, faisant plusieurs victimes, a rapporté Hengaw.

 

Les manifestations se poursuivent à travers tout l’Iran, et même les villes les plus conservatrices du pays, Mashhad et Qom, ainsi que le Grand Bazar de Téhéran, participent à des grèves et des manifestations. 

 

Ces régions étaient restées largement à l’écart des plus grandes manifestations du pays.

 

Selon les données obtenues par The New Region auprès de Hengaw, le bilan à ce jour est d’au moins 37 morts et plus de 1 000 arrestations. 

L’Iran a intensifié sa répression contre les manifestants alors que les manifestations continuent de s’étendre, malgré les affirmations du gouvernement selon lesquelles il adopterait une approche plus souple.

 

Mercredi, la police et le pouvoir judiciaire iraniens ont lancé un nouvel avertissement aux manifestants, menaçant de poursuites judiciaires et qualifiant la majorité d’entre eux d’« émeutiers et de réseaux affiliés aux services d’espionnage », tout en décrivant les troubles récents comme plus importants que les manifestations Jin Jiyan Azadi (Femmes, Vie, Liberté) de 2022 et les manifestations nationales de novembre sanglant de 2019.

 

Le pouvoir judiciaire iranien avait déjà mis en garde les manifestants et ordonné des poursuites judiciaires contre les personnes accusées de perturber la sécurité publique, les avertissant qu’elles pourraient être poursuivies pour des faits souvent passibles de la peine de mort en vertu du système judiciaire de la République islamique. 

Les accusations comprennent « corruption sur Terre » (efsad-e fel-arz), « inimitié contre Dieu » (moharebeh) et « rébellion armée contre l’État » (baghi).

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a qualifié samedi la majorité des manifestants d’« émeutiers », affirmant qu’ils « devaient être remis à leur place », tout en prétendant justifier les difficultés économiques, alors que les affrontements s’intensifiaient et que les slogans visaient de plus en plus l’État et le guide suprême.

 

La déclaration commune du groupe d’opposition kurde émanait du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (KDPI), de Komala et de ses organisations faîtières, le Parti de la vie libre du Kurdistan (PJAK), le Parti de la liberté du Kurdistan (PAK) et l’Organisation Khabat du Kurdistan iranien, qui sont pour la plupart basées dans la région du Kurdistan.

 

Les manifestations nationales en Iran entrent dans leur deuxième semaine. Débutées le 27 décembre au Grand Bazar de Téhéran, elles ont été lancées par des commerçants et des promoteurs qui ont entamé des grèves et des manifestations pour protester contre la chute du rial iranien face au dollar américain. Le mouvement de contestation s’est ensuite étendu à d’autres provinces, les slogans visant de plus en plus l’État. 

IRAN. Douze manifestants kurdes tués en onze jours

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IRAN / ROJHILAT – Durant les onze premiers jours de manifestations au Kurdistan oriental et en Iran, douze manifestants kurdes ont été tués par les forces du régime iranien et plus de 200 ont été arrêtés, signale l’ONG kurde KHRN. Le Réseau kurde des droits de l’homme (Kurdistan Human Rights Network, KHRN) a publié un rapport détaillé sur l’identité des manifestants tués et arrêtés par les forces de l’État iranien lors des récents soulèvements au Kurdistan oriental et en Iran. Selon ce rapport, plus de douze manifestants kurdes ont été tués par les forces du régime iranien à Ilam, Kirmaşan (Kermanshah) et au Lorestan pendant les manifestations. Le même rapport indique que plus de 200 manifestants kurdes ont été arrêtés à Ilam, Kirmaşan, Lorestan, Sine (Sanandaj), Téhéran et dans le nord du Khorasan (Horasan). Par ailleurs, l’organisation de défense des droits humains basée à Paris signale qu’au moins 20 mineurs ont été arrêtés et victimes d’abus sexuels à Ilam, Kirmaşan et au Kurdistan depuis le début des manifestations. Depuis le 28 décembre 2025, des soulèvements contre l’État iranien se poursuivent au Kurdistan oriental et en Iran, alimentés par des crises économiques, politiques et sociales. Malgré le recours disproportionné à la force et aux armes par l’État iranien contre les manifestants, qui a entraîné des morts, des blessés, des arrestations et des enlèvements, la colère populaire envers le régime iranien semble croître. Ceci explique probablement pourquoi les protestations s’étendent chaque jour à de nouvelles villes et régions. (ANF)

« Les affrontements d’Alep sont orchestrés par la Turquie »

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SYRIE / ROJAVA – Alors que les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud, Al-Ashrafiyah et Bani Zaid, à Alep, continuent d’être attaqués et bombardés par les mercenaires du gouvernement de Damas et les gangs sous contrôle de la Turquie pour la deuxième journée consécutive, des responsables politiques du nord-est de la Syrie ont souligné que ce qui se passe à Alep est orchestré pour servir les intérêts étrangers. Dans ce contexte, Saleh Al-Zoubi, coprésident du Bureau des relations du parti Future Syria, a déclaré : « Les événements de Sheikh Maqsoud et d’Al-Ashrafiyah sont orchestrés. Chaque fois que des réunions ont lieu et que des accords sont conclus entre le nord et l’est de la Syrie et le gouvernement de Damas, des combats sont fabriqués à Alep selon les agendas de parties cherchant à saper les négociations et les accords. » Il a ajouté : « L’accord du 1er avril s’inscrit dans le cadre de l’accord du 10 mars visant à instaurer un consensus entre l’Administration autonome et Damas. En tant que parti de l’avenir de la Syrie, nous espérons que le dialogue inter-syrien est la meilleure solution pour parvenir à un accord entre les deux parties et que les négociations permettront d’apporter la stabilité à Alep et à la Syrie dans son ensemble. » Al-Zoubi a fait remarquer que « les victimes d’Alep sont innocentes et que les assaillants sont recrutés par la Turquie. Ils ne se soucient pas de la stabilité de la Syrie ; ils défendent les intérêts de la Turquie et œuvrent à semer la discorde entre le nord-est de la Syrie et Damas. » Il a affirmé que « parvenir à des accords définitifs entre Syriens est le moyen de garantir la stabilité en Syrie et d’éviter de se soumettre à des parties étrangères qui incitent au conflit dans la région, notamment la Turquie. » Al-Zoubi a conclu en appelant les Syriens à « adhérer au dialogue syro-syrien, à garder leur calme et à éviter d’être entraînés dans les combats ». (ANHA)

SYRIE. Des gangs jihadistes kidnappent les jeunes Kurdes d’Alep

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SYRIE / ROJAVA – Des hordes de djihadistes massacrent les civils des quartiers kurdes d’Alep et kidnappent des jeunes des quartiers pour les utiliser comme boucliers humains. Lors d’attaques contre les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d’Achrafieh, à Alep, des forces alliées au gouvernement de transition enlèvent des civils pour les utiliser comme boucliers humains. C’est ce qu’a annoncé le centre de presse de la Sécurité intérieure du Nord et de l’Est syriens (Asayish) dans un communiqué publié mercredi après-midi. Le bilan s’est alourdi, avec sept morts et au moins 55 blessés à ce jour. De nouvelles tentatives d’infiltration ont été repoussées. Selon un communiqué d’Asayish, les milices « menaient des tirs d’artillerie intenses, encerclaient les zones résidentielles avec des chars et menaçaient de les occuper totalement ». Cette approche systématique, ont-ils affirmé, visait à « harceler et à déplacer de force » les habitants. Elle constituait une « violation flagrante de toutes les lois et normes internationales » et révélait « une mentalité qui utilise la force militaire et la pression psychologique comme moyen de contrôler la population civile ». Le communiqué poursuit en indiquant que « ces groupes ont encore aggravé leurs crimes en enlevant des jeunes gens arrachés de force à Sheikh Maqsoud et en les forçant à servir de boucliers humains sur les lignes de front ». Les Asayish considèrent ces actions comme « une escalade dangereuse et sans précédent des violations humanitaires » et comme faisant partie d’une pratique systématique de déplacement de la population civile. Des « bus d’évacuation » utilisés pour des enlèvements Des familles qui fuyaient leurs quartiers en bus à cause des attaques ont été enlevées par des mercenaires aux abords de la ville. Aux points de contrôle sur la route entre Alep et Afrin, notamment près de Kefircenê et Basûtê, des milices les ont forcées à descendre des bus et les ont kidnappées. Des témoins oculaires ont également rapporté plus tard dans l’après-midi que les bus envoyés par le gouvernement de transition, censés transporter des familles des deux quartiers, étaient en réalité utilisés pour enlever des jeunes et enregistrer les noms des habitants des deux quartiers afin de les poursuivre en justice à Afrin, ville occupée par les Turcs, en cas de fuite réussie. (ANF)