Des milliers de Kurdes ont célébré le Newroz à Paris

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PARIS – Ce dimanche 20 mars, des milliers de Kurdes se sont réunis sur la place de la Stalingrad, à Paris, pour célébrer le Newroz (Nouvel-an kurde). La musique kurde a fait vibrer la place après les prises de parole par divers militants kurdes, en plus de la venue surprise de Nassrin Abdalla, commandante en chef des Unités de protection de la femme (YPJ).
 
Les célébrations du Newroz d’hier ont débuté par un défilé kurde parti de la Gare du Nord à 12 heures et qui est arrivé à Stalingrad vers 14 heures où une scène et de nombreux stands d’objet, d’information et de nourritures attendaient la foule.
 
Après des prises de parole par des responsables kurdes, notamment le co-président du Conseil Démocratique kurde en France (CDK-F), Nassrin Abdalla, commandante en chef des Unités de protection de la femme (YPJ), Sylvie Jan de l’Association France-Kurdistan, plusieurs chanteurs kurdes sont montés sur la scène.
 
Le trio féminin, Kevana Zêrîn, Ali du groupe Agîrê Jiyan, Yalda Abbasi se sont relayés sur la scène avec leurs chants envoutants tandis que l’équipe folklorique de Tev Çand Paris a présenté des danses traditionnelles kurdes (govend).
 
De nombreux enfants présents hier ont profité de la belle journée ensoleillée pour courir, jouer et manger des sucreries distribuées par des mamies kurdes. 
 
Maintenant, place aux photos de Newroz d’hier:
 
Nessrin Abdalla
 
Yalda Abbasi
Kevana Zêrîn
Tev çand govend

CULTURE. Le 3e numéro de la revue Kurd’inalco sorti pendant le Newroz

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PARIS – Les étudiants du département de kurdologie d’INALCO ont publié le troisième numéro de leur revue Kurd’Înalco en période de Newroz (nouvel-an kurde).

Les étudiants du département de kurdologie de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) ont sorti les deux précédents numéros de leur revue Kurd’Înalco en 2019 et en 2020.

Dans ce troisième numéro, on retrouve plusieurs articles – essentiellement en kurde – ayant des thèmes variés allant de la littérature kurde, la technologie de stockage et de transmission d’informations … Blockchain (Kurdopia pool) utilisée par un groupe de jeunes Kurdes et la bourse expliquée en kurde, etc. 

 

Des poèmes kurdes, des reportages avec des Kurdes exilés en France, un cours de français pour kurdophones, ainsi que des caricatures enrichissent également ce numéro de Kurd’Înalco.
 
Vous pouvez acheter le troisième numéro du magazine Kurd’Înalco dans des associations kurdes (Institut kurde de Paris, Centre culturel kurde Ahmet Kaya) en attendant qu’il soit disponible sous format PDF. 

Prix: 6 euros
Le site internet de Kurdinalco
Page Facebook de Kurdinalco
Instagram: Kurd’inalco
Pour écrire à Kurdinalco: kovarakurdinalco@gmail.com

Vœux d’Erdogan pour l’union « sacrée » des Turcs et Musulmans d’Europe

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Erdoğan veut que les Turcs et les musulmans d’Europe se mobilisent pour la cause d’Allah, se rallient derrière une nation, un drapeau, un État, écrit le journaliste Abdullah Bozkurt.
 
Pendant que l’Europe est occupée à regarder la guerre en Ukraine, le président turc, Erdogan avance ses pions en Europe, depuis l’intérieur.
 
Article d’Abdullah Bozkurt
 
Au mépris flagrant des avertissements répétés de l’Europe sur les risques de saper les politiques d’intégration et de migration, le gouvernement turc est déterminé à mobiliser les Turcs et les musulmans pour ses objectifs politiques, le président Recep Tayyip Erdoğan appelant tous à s’unir sous une seule nation et un seul drapeau. Les remarques provocatrices et scandaleuses visant les ressortissants musulmans européens, en particulier d’origine turque, ont été prononcées par Erdoğan lors d’une réunion avec ses agents d’Europe et d’autres continents. La réunion a été organisée sous le nom de l’Union des démocrates internationaux (UID), un groupe mandataire du gouvernement Erdoğan à l’étranger, le 24 février 2022, le jour où la Russie a lancé son invasion de l’Ukraine. « Sachez ceci : nous deviendrons une communauté [mondiale] sur laquelle il n’y aura aucun pouvoir. … Rappelez-vous [notre devise] une nation, un drapeau, une patrie et un État », a annoncé Erdoğan, tout en assurant aux membres de l’UID qu’ils ont tout le poids de la Turquie derrière eux. Bien que l’UID ait été créée pour maintenir une présence internationale avec le soutien politique, diplomatique et financier du gouvernement Erdoğan, son objectif principal est l’Europe, où vivent quelque 5 millions de Turcs, dont beaucoup ont acquis la citoyenneté dans les pays où ils vivent. . Le discours du président Erdoğan était également centré sur l’Europe, donnant des instructions aux membres de l’UID pour qu’ils travaillent plus dur pour atteindre les objectifs. « Le prochain pilier du pont que nous avons construit du passé vers l’avenir devrait être et sera les endroits où nous vivons en Europe », a déclaré Erdoğan, rappelant l’héritage de l’Empire ottoman, qui régnait sur de nombreux pays d’Europe centrale et orientale d’aujourd’hui. des pays.   Extraits du discours du président Recep Tayyip Erdoğan aux dirigeants de l’Union des démocrates internationaux (UID) : 
« Plus vous élargissez ce parapluie en tant qu’Union des Démocrates Internationaux, plus vous élargissez votre sphère d’activité et d’influence, plus vous pouvez remplir avec succès la mission de transmettre ces messages à nos citoyens, de les organiser et de les préparer pour l’avenir,  » il ajouta. Il est clair qu’Erdoğan considère les Turcs vivant en Europe comme ses propres citoyens, plutôt que comme des ressortissants et/ou des résidents des pays où ils vivent, travaillent et prennent leur retraite. Il veut que l’UID rallie les Turcs à travers le continent derrière sa vision politique islamiste. Afin d’apaiser les inquiétudes de certains qui pourraient se sentir mal à l’aise de travailler pour le gouvernement turc tout en détenant la citoyenneté d’un autre pays ou en conservant leur résidence en Europe, le président turc a tenté de les rassurer en disant : « N’oubliez pas, vous avez les 85 millions de dollars- nation turque forte derrière vous. Vous avez un grand héritage d’histoire et de civilisation derrière vous. Il a également noté que des centaines de millions d’amis et de frères musulmans soutiennent les Turcs et qu’ils sont tous attachés à l’avancement de la cause d’Allah et de la vérité. « Lorsque nous mobilisons correctement ce pouvoir, aucune organisation, aucune structure perverse, aucun obstacle caché ou ouvert ne peut se dresser sur notre chemin. Gardez à l’esprit que la Turquie n’est plus l’ancienne Turquie », a déclaré Erdoğan.  
Le président Erdoğan s’est adressé aux membres de l’Union des démocrates internationaux le 24 février 2022.
Dans un traitement voilé aux dirigeants européens, Erdoğan a averti que la Turquie, soutenue par les Turcs et les musulmans d’Europe, ferait dérailler tout plan conçu par les gouvernements européens. « Ensemble, nous gâcherons les complots de ceux qui tentent de diviser notre peuple, et ensemble, nous ferons tomber leurs complots sur leur tête », a-t-il déclaré. « Nous prenons également les mesures nécessaires contre la montée de l’hostilité contre l’islam et les Turcs à l’étranger », a poursuivi Erdoğan. Tout en unissant ses partisans en Europe derrière sa vision, le président turc a également pris pour cible les Turcs qui ne soutiennent pas et ne partagent pas ses objectifs. « Lorsque nous regardons les personnes qui sont entrées dans les parlements locaux et nationaux lors des élections en Europe, nous voyons que bien que leurs noms soient turcs ou musulmans, malheureusement, la plupart d’entre eux sont des personnes qui ont rompu leurs liens autrefois étroits avec notre nation », a-t-il déclaré. remarqué. Les remarques d’Erdoğan ciblaient spécifiquement les politiciens turcs et musulmans de nombreux pays européens qui ne souscrivent pas à l’idéologie politique islamiste et placent apparemment les intérêts des pays qu’ils servent au-dessus de ceux de la Turquie. Les ambassades turques ainsi que les entités alignées sur le gouvernement Erdoğan ont mené une campagne de harcèlement des Turcs qui critiquent le gouvernement turc, les profilant et les espionnant. Le discours d’Erdoğan à la réunion de l’UID est de loin le plus provocateur à ce jour, équivalant clairement à l’ingérence politique manifeste de la Turquie dans les affaires européennes, utilisant les Turcs et les musulmans comme atouts contre ces nations. Dans le passé, une telle ingérence a suscité la colère des dirigeants européens, qui ont averti la Turquie de saper leurs politiques d’intégration et de migration et ont décrit les efforts d’Ankara comme ayant un impact déstabilisateur sur les Turcs et les musulmans en Europe. Une résolution du Parlement européen qui a approuvé le rapport critique de la Commission de 2016 sur la Turquie le 6 juillet 2017, qui appelait au gel des pourparlers d’adhésion, a capturé les activités clandestines d’Erdoğan dans les États membres. Il a souligné que « le gouvernement turc doit s’abstenir d’efforts systématiques pour mobiliser la diaspora turque dans les États membres à ses propres fins ; note avec inquiétude les informations faisant état de pressions présumées sur les membres de la diaspora turque vivant dans les États membres; et condamne la surveillance exercée par les autorités turques sur les citoyens ayant la double nationalité vivant à l’étranger. L’UID est souvent décrite comme le bras long du président Erdoğan en Europe pour mobiliser les diasporas turques et musulmanes pour les objectifs des islamistes politiques de retour en Turquie. Erdoğan en octobre dernier a demandé aux membres de l’UID d’être plus agressifs et actifs, leur disant : « Ne vous défendez pas. Attaquez, expliquez notre cause ! promettant que les institutions étatiques turques leur fourniraient une aide accrue. Il a exhorté ses partisans à travailler dur pour obtenir des postes importants dans les gouvernements de leurs pays d’accueil, leur promettant le soutien des agences gouvernementales turques lors d’un atelier avec des représentants de l’UID à Genève en décembre 2019. Avec la campagne systématique ciblant la mobilisation de la diaspora, Erdoğan espère atteindre plusieurs objectifs : amener des voix pour son parti aux élections nationales ; utiliser la diaspora pour faire pression et intimider les capitales européennes ; et intimidant ses adversaires chez lui en poursuivant les critiques à l’étranger. Les principales institutions gouvernementales chargées de soutenir l’UID et les groupes affiliés sont le ministère des Affaires étrangères, la présidence des Turcs de l’étranger et des communautés apparentées (YTB) et la tristement célèbre Organisation nationale du renseignement (MİT) de Turquie
 
Version anglaise de l’article sur Nordic Monitor

TURQUIE. Le Newroz kurde balaye la terreur colonialiste au Kurdistan

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Depuis plusieurs jours, les Kurdes du Bakûr (Kurdistan de « Turquie ») et ceux vivant dans les métropoles turques célèbrent en masse le Newroz, nouvel-an kurde devenu synonyme de la résistance pour les Kurdes colonisés. Van, Amed, Batman, Siirt, Dersim, Hakkari, Şırnak, Iğdır, Gebze, Patnos, Bismil, Suruç… toutes les villes du Kurdistan du Nord se sont transformées en arène où le peuple kurde danse, chante et crie sa soif de liberté – et ce – malgré la violence étatique exercée par la police turque.
 
Les Kurdes renaissent de leurs cendres chaque fois qu’on les croit à terre à jamais. Comme ces prédécesseurs avant lui, le président turc Recep Tayyip Erdogan voit depuis deux jours les Kurdes le défier sur la place du Newroz, à l’ombre des flames du feu purificateur du renouveau et des drapeaux du parti HDP qu’Erdogan est sur le point d’interdire. Hier, à Istanbul aussi, des centaines de milliers de Kurdes chassés de leurs terres se sont rassemblés à Kadiköy et ont exigé la libération d’Abdullah Ocalan, chef historique du PKK tenu en isolement depuis février 1999. 
 
Depuis, hier, les Kurdes renouvellent leur message destiné à Erdogan: On ne peut régler la question kurde avec des armes, même quand on est une des armées les plus puissantes de l’OTAN. Les Kurdes ont droit à leur autodétermination et ils l’obtiendront tôt ou tard. Fermer ses partis politiques les uns après les autres ne fait que retarder la paix et fait perdurer la guerre sanglante au Kurdistan.  
 
Quelques photos des Newroz 2022 au Bakûr
 

LYON. Les Kurdes marchent aux flambeaux pour le Newroz

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LYON – Ce soir, lundi 21 mars, les Kurdes de Lyon marcheront aux flambeaux pour célébrer le Newroz.
 
RDV à 19 heures, au départ de Bellecour. Ce sera aussi l’occasion de vous retrouver à la fin de la marche pour un moment festif et convivial place Mazagran.
 
Marche organisée par la Maison de la Mésopotamie

Le Newroz du Phenix kurde

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Tous les Kurdes connaissent la légende du Forgeron Kawa qui a terrassé le maléfique roi Dehak et qui a libéré le soleil des ténèbres. Mais d’aucun se souvient du Newroz du phénix. (écrit en mars 2020, pendant le confinement du COVID19) Il y a des milliers d’années de cela, un peuple vaillant d’une terre nommée Mésopotamie célébrait le nouvel-an Newroz qui marquait l’arrivée du printemps et la fin des ténèbres. Enfants, femmes, jeunes et vieillards, ils s’étaient rassemblés par milliers sur le flan Est d’une montagne au sommet enneigé mais d’où on voyait les pleines brûlant d’un feu de couleurs parsemées de champs de blé et d’orge. Les femmes et les fillettes portaient leurs robes colorées et scintillantes comme si elles jalousaient les pleines fleuries. Les hommes étaient fiers. Ils étaient au milieu de cette fête de couleurs et sous les regards timides de leurs femmes, fiancées ou promises. Quand aux enfants, une joie indéfinissable débordaient de leur poitrine. Ils avaient tous des noix, des figues séchées, du raisin sec et des graines de grenade qu’on leur avait préparés pour la fête. Tout le monde s’était mis en cercle autour d’un immense tas de branches et de bois mort. Bientôt, la plus âgée des femmes s’est approchée lentement du tas et l’alluma de sa torche qu’elle tenait à la main. Dès que le feu a pris, un cri de joie s’éleva de la foule et on entendit le son des defs, des temburs et des billurs que les musiciens s’étaient mis à jouer. Aussitôt, les jeunes filles et les jeunes hommes se sont mis debout et ont formé une ronde dansante autour du feu. Les chants louant les cieux s’élevaient de l’assemblée des vieillards. Au fur à mesure qu’on avançait dans la nuit, la danse se faisait plus enivrante, les danseurs ne touchaient plus le sol, endiablés par les flammes du feu qui purifiait leurs âmes. De loin, on voyait l’horizon rougir, le jour n’allait pas tarder à se lever. Les enfants s’étaient endormis dans les bras de leurs parents, des bébés rêvaient en tétant le sein de leurs mères. L’ensemble offrait un tableau idyllique qu’on aurait pu confondre avec une scène sortie du paradis. Mais, soudain, un grondement terrible fit sursauté la foule. Le ciel s’assombri, on vit apparaître un sorcier aux doigts tordus qui ressemblaient aux branches d’arbres calcinés par le feu. Il portait une cape noire et une sorte de bonnet en lambeau. Il s’appuyait sur un bâton qui devait lui servir de canne. Ce sorcier au visage sombre s’est mis devant le feu et s’adressa à l’assemblée terrifiée d’une voix roque qui faisait trembler même les branches des arbres. Il dit que ces hommes et femmes avaient une joie de vie démesurée, qu’ils faisaient pâlir de jalousie les bonnes âmes du paradis. Que le Dieu l’avait chargé de venir sur terre pour punir ces hommes et femmes effrontés. Qu’ils allaient être maudits pendant des millénaires pour avoir commis un tel crime, en étant plus heureux que ce que le Dieu pouvait accepter. Qu’ils avaient péché par la démesure, par excès de joie. Alors, il se retourna vers le feu et souffla de toutes ses forces. Le feu gronda, des flammes rouge-sangs s’élevèrent vers le ciel. La foule terrifiée se leva et dévala la pente à perte d’haleine. Bientôt, ils étaient dans la pleine d’où ils voyaient la montagne embrasée par le feu. Toute la forêt brûlait, les cèdres, les sapins, les chênes… On entendait le gémissement tragique des animaux sauvages pris au piège par le feu tandis que les oiseaux volaient dans les airs en poussant des cris d’effroi avant de tomber, asphyxiés par la fumée… C’était l’heure d’apocalypse. Le feu a mis trois jours à dévorer la montagne et pendant des mois, le vent du nord souffla sur les pleines les cendres de la forêt disparue. Il a fallu sept ans, avant que des graines enfouies sous la terre sortent enfin et redonnent ses couleurs d’antan à la montagne, attirant les animaux d’autres montagnes. Mais la pleine était toujours endeuillée. Le blé poussait dans une tristesse jaune pâle. Personne n’avait faim, mais les âmes étaient tristes comme un matin gris d’hiver et tandis que les enfants aux regards éteints continuaient à manger des noix, du raisin sec et des grenades sans saveur… Ces hommes et ces femmes croyaient vivre dans la tristesse et la malédiction pour toujours à cause de leur crime jusqu’à ce qu’un jeune garçon au cœur vaillant retourne en haut de la montagne là où il y avait eu la dernière fête 7 ans auparavant. De jeunes arbres poussaient partout. Quelque chose de scintillant attira son regard. C’était la place du feu du Newroz. Ils se fraya un chemin au milieu des jeunes arbres et arriva à la place. Il cru rêver en voyant un phénix tenant dans ces pattes les cordes d’une tembur. Des larmes salées ont coulé de ses joues. Il prit le phénix et les cordes et descendit la pente en courant. Il apportait la bonne nouvelle à ses frères et sœurs, à son peuple. Le Dieu les avait pardonnés. Ils étaient désormais libres de célébrer de nouveau la joie et le jour nouveau. Je ne me souviens pas du reste de ce conte que j’ai vu en rêve un jour d’hiver. J’ai beau forcer ma mémoire, je me souviens juste que je m’étais réveillée avec de la fièvre et des courbatures dans tout le corps. Comme si j’avais passé la nuit à danser et à jouer de la tembur et du def. J’étais allée voir mon médecin qui m’avait dit que j’avais juste contracté le coronavirus. Alors, j’étais revenue à la maison, fatiguée mais heureuse, on me disant que j’étais immortelle, comme le phénix kurde. Par Keça Bênav (en kurde, Keç signifie « fille » et Bênav « sans nom » ) Photo: Newroz au mont Akrê, Kurdistan du Sud, via Rudaw    

Hommage à Kemal Kurkut, un jeune Kurde abattu au Newroz d’Amed il y a 5 ans

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Le 21 mars 2017, Kemal Kurkut, un étudiant kurde de 22 ans, a été abattu par un policier turc, devant des dizaines de journalistes et une foule rassemblée pour célébrer le Nouvel-An kurde, à Amed (Diyarbakir). Depuis, son assassin a été acquitté par la « justice » turque mais sa famille n’a pas baissé les bras.
 
Kemal Kurkut a été commémoré sur sa tombe
Kemal Kurkut, qui a été tué par une balle de la police dans le Newroz de Diyarbakır en 2017, a été commémoré sur sa tombe à l’occasion du 5e anniversaire de sa mort. Lors de la commémoration tenue au cimetière de Toptaş dans le quartier central de Batalgazi à Malatya, le violon préféré de Kurkut a été placé sur sa tombe. La famille de Kurkut, l’adjoint du HDP Batman Mehmet Rüştü Tiryaki et les dirigeants de l’organisation provinciale et de nombreuses personnes ont assisté à la commémoration.
Serrant dans ses bras la pierre tombale de son fils, Secan Kurkut s’est lamentée en kurde.
S’exprimant lors de la commémoration, Tiryaki a déclaré: « Kemal Kurkut est commémoré non seulement à Malatya mais aussi à Amed et dans toutes les autres villes. Il ne sera jamais oublié et Kemal Kurkut sera commémoré à chaque célébration de Newroz. » (Agence Mezopotamya)
La mère de Kemal Kurkut, Secan Kurkut, a déclaré qu’elle n’accepterait jamais l’acquittement du policier qui a causé la mort de son fils.
 
S’adressant à Arjin Dilek Öncel et Mehmet Erol de l’Agence Mezopotamya (MA), Sican Kurkut a déclaré : « Je n’ai pas élevé mon fils pour que ce rat le tue un jour. »
 
Indiquant que son fils a été abattu alors qu’il était à moitié nu et en étant spécifiquement pris pour cible, Sican Kurkut a réitéré qu’elle n’acceptera jamais le verdict d’acquittement du tribunal. « Ils ont tiré sur mon fils, il n’a pas commis de crime ou de péché. S’il y a un crime, alors détenez-le, arrêtez-le. Pourquoi avez-vous tiré sur lui? »
 
« Mon fils était orphelin. Je l’ai élevé lui et ses autres frères et sœurs dans la pauvreté » , a déclaré Sican Kurkut. « Comment se fait-il qu’aucune peine ne soit prononcée lorsqu’un jeune innocent de 22 ans est tué » , a-t-elle demandé.
 
« Rendre de tels jugements signifie que la police continuera à prendre la vie des jeunes, ils penseront : ‘On va s’en tirer’. Pourquoi n’y a-t-il pas de justice ? Quel genre de justice a-t-elle libéré la personne qui a tué un jeune? »
 
Le policier acquitté
 
Jugé pour avoir tué Kemal Kurkut « avec une éventuelle intention », le policier Y.Ş. a été acquitté par le tribunal. Lors de l’audience du procès qui s’est tenue le 17 novembre au 7e tribunal pénal de Diyarbakır, le tribunal a jugé que le policier Y.Ş. doit être acquitté et des plaintes pénales doivent être déposées contre 72 policiers pour identifier les éventuels suspects.
 
Quant au motif de l’acquittement, le jugement évoque « l’absence de preuves concluantes et convaincantes au-delà de tout soupçon démontrant que l’accusé a commis ce crime et suffisent à sa sanction » . (Bianet)
 
Meurtre de Kemal Kurkut, énième crime raciste visant les Kurdes en Turquie 

Après le meurtre de Kemal Kurkut, les policiers ont immédiatement confisqué les appareils des journalistes pour effacer les images afin de cacher leur crime. Mais le journaliste Abdurrahman Gök a réussi à cacher la carte de son appareil dans la poche arrière de son pantalon. Ainsi, quand les policiers ont fouillé son matériel, ils n’ont rien trouvé tandis que le journaliste leur a menti en disant qu’il n’avait pas eu le temps de prendre des images…
 
Tentative de camouflage du meurtre
 
Les autorités turques, croyant avoir détruit les preuves du meurtre de Kemal Kurkut, ont fait une première déclaration affirmant que Kemal Kurkut était un kamikaze neutralisé par la police avant qu’il commette un attentat visant la fête de Newroz. Mais, le journaliste Abdurrahman Gök présente aussitôt les images du meurtre de Kurkut à la presse et à la justice turque, balayant les déclarations mensongères des autorités turques. Depuis, il est poursuivi par la justice turque qui l’accuse d’être « membre d’une organisation terroriste [PKK] ». 
 
Des images au secours de la famille Kurkut
 
Grâce aux images prises par le journaliste Abdurrahman Gök, la famille de Kemal Kurkut a pu porté plainte contre le policier qui a abattu le jeune homme il y a 3 ans et demie. Mais, malgré les images prises par les journalistes et des véhicules de police sur place, ainsi que des vidéos de surveillance des commerces voisins, montrant le moment où Kurkut a été abattu de sang froid par un policier turc, la justice turque refuse de condamner le policier et cherche d’autres subterfuges, comme la balle du policier qui aurait rebondit et touché Kurkut, sans que le policier ait eu l’attention de le viser, etc.

La cinéaste kurde Lisa Çalan reçoit le Prix « esprit du cinéma »

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La cinéaste kurde Lisa Çalan a reçu le Prix « esprit du cinéma » décerné par le Festival international du film du Kerala pour son court métrage « Zimanê Çîya » (« La langue des montagnes »).
 
La cinéaste kurde Lisa Çalan a reçu le Prix « esprit du cinéma » décerné par lors du 26e Festival international du film du Kerala (IFFK) en Inde pour son court métrage Zimanê Çîya. L’artiste a reçu le prix des mains de Pinarayi Vijayan, chef du gouvernement de l’État du Kerala, dans le sud-ouest de l’Inde. Lors de la cérémonie, Vijayan a rendu hommage à Çalan pour avoir utilisé le cinéma comme moyen de « changement social » pour lutter contre l’oppression et l’autoritarisme. Ce prix, décerné pour la première fois, vise également à récompenser l’engagement du festival en faveur de l’égalité et de l’avancement des femmes et de la lutte contre la misogynie dans le cinéma indien, selon Vijayan.
 
« Nous, les femmes kurdes, sommes contre le patriarcat et toute forme de violence sexiste. Le cinéma est un moyen d’expression révolutionnaire. Cela devrait être provocateur » , a déclaré Lisa Çalan, comme d’habitude combative, après un remerciement dans lequel elle a nommé Rosa Luxemburg, Simone de Beauvoir et Karl Marx comme ses sources d’inspiration. « Je n’ai jamais cessé de défier le système. J’ai parcouru un long chemin pour accepter ce prix. Mon histoire est longue aussi. »
 
Lisa Çalan
 
Lisa Çalan est née à Amed (Diyarbakır) en 1987 dans une famille de dix enfants. Son enfance a été façonnée par la répression étatique de la société kurde en Turquie. Après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires, elle a refusé de fréquenter une université turque parce qu’elle exigeait un enseignement dans sa langue maternelle, le kurde. Au lieu de cela, elle a étudié le cinéma au Conservatoire Aram Tigran, qui a été fondé en 2010 par le gouvernement de la ville d’Amed. Le Conservatoire n’a vécu que six ans. Avec le premier « coup porté à la politique locale kurde » , le conservatoire a été fermé sur ordre de l’État en 2016.
 
Durant les deux années passées au conservatoire, Lisa Çalan s’est rapprochée des histoires du Kurdistan et son regard s’est déplacé vers la lutte des femmes kurdes. Elle s’est inspirée des villages et des villes qu’elle a visités et a commencé à collaborer à des documentaires politiques sur les événements de guerre et le déplacement forcé de la population kurde. Elle a ensuite travaillé à l’académie du film d’Amed et a participé à divers festivals avec les projets qui y ont été créés.
 
Victime de l’attentat de l’État islamique
 
Le 5 juin 2015, deux jours seulement avant les élections législatives en Turquie, une bombe d’un mercenaire appartenant à l’État islamique connu de la police a explosé à Amed sur la place de la gare d’Istasyon au milieu d’un grand rassemblement du HDP. Tout comme la campagne électorale du HDP. Cinq personnes – Ramazan Yıldız, Necati Kurul, Şehmuz Kaçan, Civan Arslan et Ali Türkmen sont morts dans l’attentat à la bombe, des centaines d’autres ont été blessées, seize d’entre eux sérieusement. Lisa Çalan était l’un d’entre eux. Elle a perdu les deux jambes dans l’attaque.
 
Son film Zimanê Çîya traite des thèmes de l’assimilation, de l’interdiction de la langue kurde en Turquie et des diverses représailles de l’État turc contre les Kurdes. Lisa Çalan a exprimé ses remerciements particuliers « aux femmes kurdes qui combattent l’EI. »
 
Lisa Çalan a présenté Zimanê Çîya lors d’un événement organisé dans le cadre de la Mostra de Venise en septembre 2021 et est l’une des réalisatrices participant au projet parrainé par Eurimages (le fonds de soutien culturel du Conseil de l’Europe) Purple Meridians, qui rassemble 18 femmes réalisatrices du Kurdistan-Turquie, de Catalogne-Espagne et d’Italie.
 

TURQUIE. Un autre prisonnier kurde mort de manière suspecte

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TURQUIE / BAKUR – Le prisonnier politique kurde Sinan Kaya, 28 ans, est décédé de manière suspecte dans la prison d’Iğdır. L’administration pénitentiaire a affirmé qu’il s’était suicidé.
 
Kaya purgeait une peine de trois ans de prison dans la prison d’Iğdır pour avoir prétendument « diffusé de la propagande en faveur d’une organisation terroriste ». Il a été incarcéré il y a 8 mois après que sa peine de prison ait été confirmée par la cour d’appel.
 
L’administration pénitentiaire a appelé la famille Kaya hier soir et leur a dit que leur fils s’était suicidé.
 
La famille Kaya a déclaré qu’elle ne croyait pas que leur fils s’était suicidé et a demandé que la lumière soit faite sur les circonstances de sa mort.
 

TURQUIE. Istanbul secouée par le Newroz kurde

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ISTANBUL – Des centaines de milliers de Kurdes chassés de leurs terres par l’armée turque dans les années 1990 se sont réunis sur la place de Yenikapı, à Istanbul, pour célébrer le Newroz (Nouvel-an kurde). Des slogans criés en faveur du HDP, Abdullah Ocalan et le PKK ont fait rougir les oreilles du président Erdogan qui est en guerre contre les Kurdes depuis 2015.
 
Lors d’une célébration impressionnante du Newroz à Istanbul dimanche, des centaines de milliers de personnes ont une fois de plus montré que la lutte des Kurdes pour la paix, la liberté et la démocratie ne peut être réprimée par la répression et la violence. « Le moment est venu de réussir » était également le slogan du Newroz de cette année dans la métropole du Bosphore. La principale demande – la libération d’Abdullah Öcalan – a résonné sur la place du quartier portuaire de Yenikapı sous la forme du slogan « Bijî Serok Apo » . Bien qu’on parlait de fête, il était plus juste de parler d’une journée de lutte.
 
Depuis le matin, de grandes foules de personnes affluaient sur la place de la célébration en marche. Outre des centaines de bus, les associations HDP d’Istanbul avaient également loué plusieurs ferries pour transporter gratuitement les participants. La chanson de résistance Çerxa Şoreşê (La roue de la révolution) a résonné particulièrement fort dans les blocs du mouvement de jeunesse. La police, qui avait mis en place plusieurs points de contrôle autour du port de Yenikapı, a été désespérément dépassée dans ses tentatives pour réduire le rythme des marches de manifestation à certains endroits. Cela a été compensé dans la suite par la participation empêchée de quelques personnes à la célébration en raison d’un symbolisme prétendument interdit. Il s’agissait principalement de foulards avec le logo du HDP et à l’effigie de son ancien coprésident emprisonné Selahattin Demirtaş.
 
Le programme scénique a commencé avec de la musique live du chanteur Huriye, accompagné d’un orchestre de rue. Avec les basses températures qui régnaient, les invités ont accompagné le concert de danses particulièrement intenses qui ont fait trembler le sol à certains endroits. Lorsqu’une équipe du comité organisateur s’est approchée des micros pour saluer la foule, les acclamations ont failli déclencher un tremblement de terre. Après une minute de silence pour Mazlum Doğan, Zekiye Alkan et tous les autres « martyrs du Newroz » , les slogans « Şehîd Namirin » et « Bijî Serok Apo » ont été scandés.
 
Le discours d’ouverture du Newroz d’Istanbul est venu d’Atilla Özdoğan. Il a été lu d’une déclaration conjointe de l’Alliance Newroz, qui, outre le HDP et le HDK, comprend également divers petits partis et organisations de gauche et du spectre socialiste, dont la Coalition de la Démocratie. Sous les slogans « Non à la guerre et à l’occupation, non à la politique dominée par les hommes, non au racisme et à la discrimination – oui à la liberté, à la libération des femmes, à l’écologie, à la démocratie et à la paix » , la ligne de la lutte commune a été fixée. Suite à cela, des militantes de l’initiative Mères de la Paix sont entrées sur la place et ont allumé le feu du Newroz.
 
Demir : Nous sommes les forces qui veulent une autre Turquie
 
Le programme scénique s’est poursuivi avec des discours politiques et de la musique live. Esengül Demir, la co-porte-parole du HDK – le « Congrès démocratique des peuples » dont est issu le HDP en 2012 – a qualifié Newroz 2022 de « jour de résurrection » contre la répression du régime. « Après les manifestations de la Journée de lutte féministe du 8 mars, Newroz a montré une fois de plus que ceux qui veulent une Turquie différente et surtout démocratisée ne disparaîtront pas malgré toute la répression » , a-t-elle déclaré.
 
« Nous sommes des centaines de milliers et notre message est : Nous sommes ici et nous continuerons à résister. Nous sommes la force qui libérera ce pays du régime du palais. Nous tirons la source de notre force de l’unification des personnes qui sont dans les rues lors de la Journée de la lutte des femmes, du Newroz et du 1er mai, élevant haut et fort leurs voix pour leurs droits et contre la politique des dirigeants » , a déclaré Demir.
 
La porte-parole du HDK a ensuite appelé à la libération d’Abdullah Öcalan. Elle a dit que le cerveau du mouvement de libération kurde était le représentant politique le plus important des Kurdes et une figure clé dans la solution de la question kurde. « La fin du système d’isolement sur Imrali et la liberté d’Öcalan sont donc indispensables pour la paix au Kurdistan, en Turquie et dans toute la région. »
 
Sancar : s’en tenir à la troisième voie
 
Le coprésident du HDP, Mithat Sancar, a également prononcé un discours. Le politicien a commencé par féliciter toutes les personnes présentes à l’occasion du Nouvel An, qualifiant Newroz de « symbole d’espoir pour une nouvelle vie qui représente la résistance à l’injustice et la soif de justice ». Sancar a ensuite abordé « l’adhésion à la troisième voie » comme une initiative pour un avenir démocratique pour les peuples de Turquie, rappelant le contenu de la déclaration de Newroz publiée par Abdullah Öcalan en 2013. « Cette prise de position historique, avait déjà montré aux sociétés turques la voie d’une paix juste il y a neuf ans. C’est ce à quoi nous nous accrochons en tant que parti. Parce que c’est l’essence de notre position stratégique sur la Turquie », a déclaré Sancar. L’État, a-t-il dit, doit retrouver le chemin de la table des négociations, qu’il a renversé unilatéralement en 2015 pour revenir à la « guerre totale ». Il a ajouté que le HDP veut également continuer à travailler pour mettre fin à l’escalade et à la confrontation afin qu’une paix durable et juste puisse être rendue possible à la table des négociations. »