Hommage à Kemal Kurkut, un jeune Kurde abattu au Newroz d’Amed il y a 5 ans

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Le 21 mars 2017, Kemal Kurkut, un étudiant kurde de 22 ans, a été abattu par un policier turc, devant des dizaines de journalistes et une foule rassemblée pour célébrer le Nouvel-An kurde, à Amed (Diyarbakir). Depuis, son assassin a été acquitté par la « justice » turque mais sa famille n’a pas baissé les bras.
 

Kemal Kurkut a été commémoré sur sa tombe

Kemal Kurkut, qui a été tué par une balle de la police dans le Newroz de Diyarbakır en 2017, a été commémoré sur sa tombe à l’occasion du 5e anniversaire de sa mort. Lors de la commémoration tenue au cimetière de Toptaş dans le quartier central de Batalgazi à Malatya, le violon préféré de Kurkut a été placé sur sa tombe. La famille de Kurkut, l’adjoint du HDP Batman Mehmet Rüştü Tiryaki et les dirigeants de l’organisation provinciale et de nombreuses personnes ont assisté à la commémoration.
Serrant dans ses bras la pierre tombale de son fils, Secan Kurkut s’est lamentée en kurde.
S’exprimant lors de la commémoration, Tiryaki a déclaré: « Kemal Kurkut est commémoré non seulement à Malatya mais aussi à Amed et dans toutes les autres villes. Il ne sera jamais oublié et Kemal Kurkut sera commémoré à chaque célébration de Newroz. » (Agence Mezopotamya)

La mère de Kemal Kurkut, Secan Kurkut, a déclaré qu’elle n’accepterait jamais l’acquittement du policier qui a causé la mort de son fils.

 
S’adressant à Arjin Dilek Öncel et Mehmet Erol de l’Agence Mezopotamya (MA), Sican Kurkut a déclaré : « Je n’ai pas élevé mon fils pour que ce rat le tue un jour. »
 
Indiquant que son fils a été abattu alors qu’il était à moitié nu et en étant spécifiquement pris pour cible, Sican Kurkut a réitéré qu’elle n’acceptera jamais le verdict d’acquittement du tribunal. « Ils ont tiré sur mon fils, il n’a pas commis de crime ou de péché. S’il y a un crime, alors détenez-le, arrêtez-le. Pourquoi avez-vous tiré sur lui? »
 
« Mon fils était orphelin. Je l’ai élevé lui et ses autres frères et sœurs dans la pauvreté » , a déclaré Sican Kurkut. « Comment se fait-il qu’aucune peine ne soit prononcée lorsqu’un jeune innocent de 22 ans est tué » , a-t-elle demandé.
 
« Rendre de tels jugements signifie que la police continuera à prendre la vie des jeunes, ils penseront : ‘On va s’en tirer’. Pourquoi n’y a-t-il pas de justice ? Quel genre de justice a-t-elle libéré la personne qui a tué un jeune? »
 
Le policier acquitté
 
Jugé pour avoir tué Kemal Kurkut « avec une éventuelle intention », le policier Y.Ş. a été acquitté par le tribunal. Lors de l’audience du procès qui s’est tenue le 17 novembre au 7e tribunal pénal de Diyarbakır, le tribunal a jugé que le policier Y.Ş. doit être acquitté et des plaintes pénales doivent être déposées contre 72 policiers pour identifier les éventuels suspects.
 
Quant au motif de l’acquittement, le jugement évoque « l’absence de preuves concluantes et convaincantes au-delà de tout soupçon démontrant que l’accusé a commis ce crime et suffisent à sa sanction » . (Bianet)
 
Meurtre de Kemal Kurkut, énième crime raciste visant les Kurdes en Turquie 

Après le meurtre de Kemal Kurkut, les policiers ont immédiatement confisqué les appareils des journalistes pour effacer les images afin de cacher leur crime. Mais le journaliste Abdurrahman Gök a réussi à cacher la carte de son appareil dans la poche arrière de son pantalon. Ainsi, quand les policiers ont fouillé son matériel, ils n’ont rien trouvé tandis que le journaliste leur a menti en disant qu’il n’avait pas eu le temps de prendre des images…
 
Tentative de camouflage du meurtre
 
Les autorités turques, croyant avoir détruit les preuves du meurtre de Kemal Kurkut, ont fait une première déclaration affirmant que Kemal Kurkut était un kamikaze neutralisé par la police avant qu’il commette un attentat visant la fête de Newroz. Mais, le journaliste Abdurrahman Gök présente aussitôt les images du meurtre de Kurkut à la presse et à la justice turque, balayant les déclarations mensongères des autorités turques. Depuis, il est poursuivi par la justice turque qui l’accuse d’être « membre d’une organisation terroriste [PKK] ». 
 
Des images au secours de la famille Kurkut
 
Grâce aux images prises par le journaliste Abdurrahman Gök, la famille de Kemal Kurkut a pu porté plainte contre le policier qui a abattu le jeune homme il y a 3 ans et demie. Mais, malgré les images prises par les journalistes et des véhicules de police sur place, ainsi que des vidéos de surveillance des commerces voisins, montrant le moment où Kurkut a été abattu de sang froid par un policier turc, la justice turque refuse de condamner le policier et cherche d’autres subterfuges, comme la balle du policier qui aurait rebondit et touché Kurkut, sans que le policier ait eu l’attention de le viser, etc.

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