Khodanur Lajai, l’histoire d’un « Homo Sacer » baloutche au pays des mollahs sanguinaires

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Le 2 octobre 2022, un jeune Baloutche nommé Khodanur Lajai fut blessé grièvement lors des manifestations anti-régime à Zahedan, capitale du Sistan-Baloutchistan. Il est mort plus tard car l’hôpital du régime iranien lui a refusé des soins. Quelques temps avant, il avait été arrêté et torturé et attaché à un mat du drapeau iranien pendant toute une nuit par la police iranienne pour un dispute avec un fils d’un membre des paramilitaires Basiji. Son histoire mérite d’être racontée. Khodanur Lajai, un combattant à la croisée des discriminations et des inégalités de classe
L’agonie de Khodanur Lajai ataché à un mat par des membres de BASIJ
Qu’est-il arrivé à Khodanur ? Quelle est l’histoire de cette photo ? Comment a-t-il été tué ? « Il y a des non-citoyens qui n’ont ni papiers d’identité ni biens, mais qui sont prêts à travailler pour construire un monde meilleur. » Khodanur Lajaei, un beau jeune baloutche de Shirabad, Zahedan, était l’une de ces personnes qui a été tuée dans un conflit armé avec des agents militaires un jour après le vendredi sanglant [30 septembre 2022] à Zahedan. Khodanour et sa famille n’avaient pas d’acte de naissance ni de papiers d’identité. Une photo de lui a été publiée sur Internet, le montrant les mains menottées à un mât. La publication de ses photos a inspiré la production d’œuvres artistiques, et son image est gravée dans la mémoire collective des forces révolutionnaires. Khoudanoor était Baloutche. Il vivait dans le quartier de Shirabad à Zahedan, il vivait à la périphérie, il n’avait pas de papiers d’identité, il était de religion sunnite, il n’avait pas de formation universitaire. Cela faisait de lui un non-citoyen. Semblable à ce que le philosophe italien Giorgio Agamben appelle un « Homo sacer » [en droit romain, une personne qu’on peut tuer sans commettre d’homicide]. Auparavant, la police avait arrêté Khodanour, lui avait attaché la main au mât du drapeau, ils avaient pris sa photo et l’avaient donnée à sa famille. Salahuddin Ahmed, l’auteur du livre « L’espoir révolutionnaire après le néant » souligne que dans un monde sans espoir, les gens recherchent le bonheur dans des divertissements sans fin et continus. Bien que ce mode de vie recherche le bonheur, il conduit à la dépression. Il ajoute : « L’homme est un être social et ne peut atteindre le bonheur individuellement. Une personne socialement aliénée ne peut pas être satisfaite de la version heureuse du système social existant. » Il poursuit en disant que la seule issue est de s’inspirer de ceux qui espèrent résister. Ceux qui n’ont peut-être pas de certificat de naissance, de passeport, de maison ou de voiture de luxe, mais qui ont le rire et l’amitié et qui ont fait de la construction d’un autre monde leur routine quotidienne. Khodanour avait une tribune et un public au comble de la privation. Il était un « influenceur » et avait un large public sur Instagram. Il s’amusait avec ses amis dans des environnements complètement masculins, dansant et chantant et partageant des photos de sa vie quotidienne. Qu’est-il arrivé à Khodanur? (L’un des proches de Khodanur raconte) – Cette photo publiée le montrant menotté est ancienne. Khodanur s’est disputé avec le fils d’un Basiji. Cette famille a pu obtenir un mandat d’arrêt pour l’arrêter en raison de leur lien avec le régime. Ils le harcèlent par des policiers puis publient eux-mêmes sa photo menottée pour l’humilier. – Pourquoi ont-ils arrêté Khudanoor ? – Khodanur a eu une petite bagarre avec le fils d’un commandant Basij. Une personne qui est un grand informateur, c’est-à-dire quelqu’un qui a vendu sa nation et sa religion au régime, se plaignait de Khudanoor, quand il a été attrapé, il a [payé] les agents d’environ 30 millions de tomans pour le battre, prendre sa photo, puis nous avons donné près de 100 millions aux agents qui ont arrêté de le battre et l’ont envoyé devant le juge pour qu’il aille en prison. Au bout d’un mois, nous l’avons finalement libéré. (…) – Ont-ils pris une photo de lui la première nuit de son arrestation ? −Oui, mon Dieu, ils ont éteint la lumière de deux heures du soir à sept heures du matin et l’ont battu attaché au mât. Khodanour avait demandé de l’eau et l’officier avait apporté un verre d’eau et l’avait placé à distance afin qu’il puisse voir l’eau mais ne pouvait pas la prendre.  
Photo prise par les policiers iraniens au moment de l’arrestation de Khodanur Lajai qui sera ensuite frappé et attaché à un mat pendant toute une nuit
– Comment avez-vous libéré Khudanoor ? – Les agents nous ont demandé 100 millions. Nous sommes tous des travailleurs et nous avons pu obtenir cent millions avec difficulté. – Que savez-vous de la famille Khodanour ? – Khudanoor avait une vieille mère et cette mère ne connaissait personne d’autre que lui. Bien sûr, il y a aussi son frère, il est ouvrier et souffre d’asthme. Khodanour était très bon enfant et les habitants de la ville l’aimaient beaucoup. – Comment Khodanour a-t-il été tué ? Un jour après le vendredi sanglant [30 septembre 2022] où les fidèles ont été tués, Khodanour a eu une bagarre avec les agents. Khodanur avait été abattu d’une balle. Les gens l’ont emmené à l’hôpital de la sécurité sociale. La balle l’a touché près de la moelle épinière, il était vivant à l’hôpital, tout ce qu’on craignait c’était qu’il soit paralysé, car ses jambes étaient engourdies. Les médecins ont dit qu’il n’était pas nécessaire de l’opérer (…). L’hôpital de la sécurité sociale de Zahedan relève de la branche de l’IRGC. (…) [Le jeune homme a été abandonné à la mort par les responsables de l’hôpital.] Khodanur Lajai avait connu diverses oppressions au cours de sa courte vie. De l’oppression ethnique due au fait d’être baloutche, sunnite, marginalisé, de ne pas avoir d’acte de naissance, de ne pas avoir de capital matériel. Ces choses ont rendu sa vie difficile et courte. La seule lueur d’espoir est que le Khodanour marginalisé est entré dans l’imaginaire épris de liberté d’une partie de la société et son nom est mentionné à côté des noms de Jina Mahsa Amini, une Kurde, Nika Shakermi [de l’ethnie Lore ?], Sarina Esmailzadeh, Mehrshad Shahidi et Hadis Najafi [quelques-uns des jeunes tués par les sbires des mollahs iraniens depuis septembre 2022.] Version originale en persan à lire sur me site Radio Zamaneh: خدانور لجعی، مبارزی ایستاده در نقطه تقاطع تبعیض و نابرابری طبقاتی  

« Jin, Jiyan, Azadî » est une philosophie et créera le confédéralisme mondial des femmes

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« C’est juste avant l’aube que la nuit est le plus sombre », déclare une responsable du groupe armé féminin kurde PAJK, appelant à intensifier la lutte pour jeter le fascisme « à la poubelle de l’histoire ». Dans un communiqué publié par le Parti des Femmes Libres du Kurdistan (Partiya Azadiya Jin a Kurdistan – PAJK*) sur la situation actuelle socio-politique en Iran et dans tout le Moyen-Orient, Ayten Dersim de la coordination du PAJK, appelle à l’intensification de la lutte pour la liberté, déclarant : « Compte tenu de la phase actuelle et du fait que la l’aube est plus proche que jamais, plus de lutte et de sacrifice sont également nécessaires. »

Voici le communiqué du PAJK: « Une histoire millénaire est derrière nous L’histoire des peuples est aussi réécrite et appropriée dans l’intérêt des dirigeants. (…) Mais il y a une histoire millénaire qui l’a précédé. « L’histoire n’est pas seulement écrite, elle est vivante » Rêber Apo [Abdullah Öcalan] a dit : « J’écris l’histoire non écrite, c’est l’histoire des peuples et des femmes ». Maintenant, nous luttons pour retourner dans notre passé et déterrer ce qui devrait rester caché, écrire ce qui n’a pas été écrit, afin de gagner la liberté que nous méritons et de réécrire l’histoire. Comme je l’ai mentionné au début, cette lutte n’a jamais cessé; il y a toujours eu une marche ininterrompue pour la liberté des femmes et des peuples. Mais la faiblesse de l’organisation, la faiblesse du leadership et, surtout, la faiblesse de ne pas considérer suffisamment notre propre histoire non écrite dans une perspective holistique basée sur le nouveau paradigme apoiste [confédéralisme démocratique, également connu sous le nom de communalisme kurde ou apoïsme du surnom de son fondateur Abdullah Ocalan] peuvent jouer un rôle retardateur et distrayant pour nous conduire au résultat. Bien sûr, de nombreuses autres raisons peuvent être invoquées. Mais en tant que mouvement de liberté et de femmes, nous sommes les défenseurs de la grande histoire de la liberté, l’histoire de la résistance ; nous revendiquons l’héritage de toutes les résistances et luttes pour la liberté. Nous portons cet héritage non écrit dans le présent et dans le futur. L’histoire n’est pas seulement écrite, elle est vivante, elle se vit, elle est aujourd’hui. « Il s’agit de résistance et de victoire » En tant que mouvement de liberté, nous avons fait d’énormes progrès et traversé des carrefours très difficiles dans notre voyage révolutionnaire qui dure depuis 50 ans, mais aujourd’hui, comme par le passé, il s’agit de résistance et de victoire. (…) Cette lutte est la lutte pour l’existence des peuples niés et ignorés, c’est la lutte des femmes. Au cours de notre demi-siècle de lutte, l’histoire a été témoin de milliers de résistances épiques et de grands sacrifices. Les pionniers de cette lutte pour la liberté étaient clairs sur leurs idéaux et leurs objectifs. Ils étaient conscients qu’ils paieraient un lourd tribut s’ils entreprenaient de sensibiliser et de répandre la confiance en soi. Au début, ils disaient : « Ce peuple existe et existera. Marcher sur le chemin de cette vérité signifie déjà dignité et liberté. Ils savaient qu’être des combattants de la liberté signifie affronter toutes les difficultés, surmonter les obstacles et aiguiser sa conviction comme un couteau aiguisé à chaque occasion. Cette maxime est la philosophie de vie enseignée par Rêber Apo de ce mouvement. C’est un mouvement qui est l’espoir des femmes et des peuples depuis un demi-siècle. « Nous sommes les enfants du feu et du soleil » Nous sommes les enfants du feu et du soleil. Tous nos saints viennent du feu et du soleil, et ce sont eux qui nous relient à l’amour sacré de la liberté. Nous avons imposé notre survie au Moyen-Orient et au Kurdistan avec nos saints du passé, et notre lutte ne s’arrêtera pas tant que nous ne reprendrons pas notre existence volée par les dieux masqués d’aujourd’hui. (…) Ce que nous avons réalisé sera un miroir de ce que nous réaliserons, et ceux qui sont conscients savent qu’en tant que guérilleros de la liberté, nous sommes parmi ceux qui tuent la mort par leur abnégation, qui créent une perspective sur la façon de vivre et de se battre et comment suivre les traces des camarades (…) » « Sara et Rûken ont montré la réalité des femmes libres » Dans la dialectique du mouvement de libération, nos camarades nous montrent notre volonté et notre perspective de résistance à chaque phase de leurs actions. Avec cette volonté, nos compagnes Sara [Sakine Cansiz, cofondatrice du PKK tuée à Paris le 9 janvier 2013 par un agent turc] et Rûken [Emel Feremez Hisên, alias Rûken ZELAL qui a participé à l’attaque armée d’un foyer de policier turc dans la province de Mersin le 26 septembre 2022], pleines d’amour pour l’humanité, sont devenues des pionnières qui ont écrit l’histoire de la liberté. A Mersin, où l’ennemi ne les aurait jamais attendues, elles ont montré par leur action la réalité des femmes éduquées par la philosophie de la liberté. Il est nécessaire de comprendre l’action et le parcours de nos camarades Sara et Rûken et l’héritage qu’elles ont laissé derrière elles. Ces camarades ont montré une fois de plus la réalité du mouvement des femmes libres, la plénitude de l’action des femmes qui se sont donné un sens, et ont porté un coup à la politique guerrière particulière de l’ennemi. À travers Sara et Rûken, nous avons vu une fois de plus que notre histoire de liberté, nos racines et notre histoire de lutte nous ont soutenus pendant des millénaires et nous mèneront au succès avec la bonne mentalité et l’action. Nos camarades Rûken et Sara sont issues des valeurs créées par le mouvement des femmes libres. Une armée de femmes a été fondée et un parti de femmes a été développé il y a 30 ans. Leur paradigme et leur perspective sur la vie ont fait de grands pas en avant et ont créé la liberté et la socialité. « Construire le confédéralisme mondial des femmes » Aujourd’hui, le slogan « Jin Jiyan Azadî » [Femme, Vie, Liberté], crié au Rojhilat (Kurdistan oriental) et répandu dans tout l’Iran, est une philosophie qui est une seconde nature pour libérer les femmes prêtes à sacrifier leur vie dans afin de ne pas reculer devant leur rôle de leader. Vague après vague, cette philosophie deviendra l’utopie de la liberté des femmes à travers le monde et créera le confédéralisme mondial des femmes. Il y a un dicton : « Quand la nuit est la plus profonde, le jour est le plus proche. » Compte tenu du processus que nous traversons, l’aube est maintenant plus proche de nous et plus d’efforts et de sacrifices sont nécessaires. Notre objectif intellectuel et opérationnel le plus important doit être de lutter pour la liberté physique de Rêber Apo et de s’unir autour de la guérilla. Nous appelons à renforcer les rangs de la lutte et à jeter le fascisme ensemble à la poubelle de l’histoire. » ANF *Bien que le PAJK se présente comme un parti autonome, il est souvent désigné comme la branche féminine du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Les crimes de l’« armée expansionniste turque agissant tantôt au nom d’Allah, tantôt au nom de l’OTAN »

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PARIS – Après la diffusion par un site d’info kurde d’images de soldats turcs brûlant des cadavres d’autres soldats tués lors de combats contre le PKK au Kurdistan irakien, le militant kurde, Agit Polat, prédit une défaite cuisante pour l’armée d’occupation turque au Kurdistan irakien et la fin du règne du PDK qui collabore avec la Turquie. Agit Polat, un responsable du Conseil Démocratique kurde en France (CDK-F), vient d’écrire sur Twitter: « Depuis la mi-avril, avec l’implication directe du PDK, l’État turc a lancé une opération d’invasion au Kurdistan irakien, sous prétexte de sécuriser ses frontières. Contrairement aux précédentes opérations d’invasion, l’État turc a cette fois-ci préféré ne pas annoncer en grande pompe le lancement de son opération. La presse internationale n’en a quasiment pas parlé. Certainement que plusieurs raisons existent dans cette stratégie turque du « silence », mais l’une des principales, pour la deuxième plus grande armée de l’OTAN, était la crainte de ne pas réussir face au PKK. Et ils ont bien eu raison… Depuis plusieurs mois, l’armée turque a utilisé toutes formes d’armes pour réprimer la résistance du PKK, en vain, elle a recouru à des armes chimiques sous le silence honteux de la communauté internationale, et au final, toujours pas de succès pour la Turquie. Cette « glorieuse » armée expansionniste turque, agissant parfois au nom d’Allah et parfois aux nom de l’OTAN, celle qui pille, viole, torture, décapite, massacre… continue ses actes de barbarie. Non seulement contre les Kurdes, mais aussi contre ses propres soldats. Aujourd’hui le PKK a diffusé des images datant du 11 septembre dernier, dans lesquelles les soldats turcs immolent un autre soldat turc tué par les combattants du PKK au Kurdistan irakien. Les images provenant du terrain nous montre l’envergure féroce des affrontements qui durent sans cesse depuis plusieurs mois. Certes le PKK est en difficulté, mais l’État turc l’est cent fois plus, car avec cette opération, le régime turc a mis en jeu la survie de son État. Nous arrivons vers la fin. Cette fameuse dernière ligne droite. La résistance des combattants kurdes, les conditions climatiques et les enjeux géopolitiques ne permettront pas aux soldats turcs de tenir plus que la fin de cette année dans la région. Le résultat de cette guerre redessinera le paysage politique de la Turquie. Les cartes seront redistribués et éventuellement la résolution de la question kurde sera remis au coeur de la politique. Il est extrêmement important de comprendre ce parallèle. (…) pour conclure, que deviendra le (…) PDK, impliqué dans cette guerre aux côtés de la Turquie contre les intérêts du peuple kurde? L’Histoire ne les oubliera pas et les effacera du présent pour les placer dans le passé. Une nouvelle ère commencera au KRG. »

Le régime iranien menace les membres d’une ONG kurde en Irak

KURDISTAN DU SUD – L’ONG Hengaw documentant les crimes de guerre et les meurtres de civils dans les région kurdes d’Iran dénonce les menaces visant ses membres basés au Kurdistan irakien. En effet, Arsalan Yarahmadi et Zhila Mostajer, deux cadres de Hengaw basés au Kurdistan irakien sont menacés par le régime iranien qui a commis de nombreux assassinats d’activistes kurdes au Kurdistan irakien depuis plusieurs années. Hengaw vient de mettre en garde contre les tentatives de meurtres ou enlèvement d’Arsalan Yarahmadi et Zhila Mostajer par les agents iraniens et déclare: « Tout en condamnant les menaces du CGRI contre les membres de Hengaw dans la région du Kurdistan-Irak, Hengaw demande au gouvernement du KRI [Kurdistan irakien] de protéger la vie d’Arsalan Yarahmadi et de Zhila Mostajer. »

Prisonniers du DAECH en Syrie: Un article à charge du journal Le Monde s’en prend aux Kurdes syriens

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PARIS – Le journal Le Monde s’en prend aux Kurdes syriens auxquels la communauté internationale a laissé le soin de gérer des dizaines de milliers de femmes, enfants… ressortissants étrangers du groupe terroristes État Islamique. Dans son article signé par Hélène Sallon et daté d’aujourd’hui, le Monde accuse les responsables du camp al-Hol abritant les familles de DAECH / ISIS de se livrer à des actes de violences envers les captifs de DAECH. Des accusations qui seraient rapportées par des résidents du camp. Le Monde signale également le rapport de l’ONG française Médecins sans frontières intitulé « Entre deux feux : le camp syrien d’Al-Hol entre danger et désespoir » qui attire l’attention sur la situation sanitaire et sécuritaire du camp al-Hol. Une situation que les Kurdes syriens ont signalée à maintes reprises et pour laquelle ils ont demandé l’aide de la communauté internationale, en plus d’implorer les pays d’origine des femmes et enfants de DAECH de les rapatrier. L’article* du journal Le Monde est complément à charge. Il omet de rappeler que le plus grand danger qui guète les résidents d’Al-Hol est la menace djihadiste, avec des femmes de DAECH qui embrigadent les enfants dès leurs plus jeune âge pour en faire des « soldats du Dieu » et que s’il y a des enfants de plus de onze ans qui sont séparés de leurs mères, c’est pour les mettre à l’abri de la doctrine djihadiste meurtrière. *Article du Monde est publié sous le titre « Syrie : la spirale de la violence et de la peur dans le camp de détention d’Al-Hol »  

PARIS. Soirée de soutien à la révolte féminine en Iran: Projection & table ronde

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PARIS – Ce samedi 12 novembre, des activistes iranien.nes en exile organisent une soirée d’information sur la révolte féminine en Iran suivie d’une projection d’un film du cinéaste Jafar Panahi. « La violence insensée et l’absurdité de la mort d’une jeune femme kurde de 22 ans, Jina Mahsa Amini, dans le coma après avoir été arrêtée en septembre dernier pour avoir prétendument porté son foulard de manière inappropriée à Téhéran, étaient le déclencheur d’un mouvement sans précédent en Iran. À travers des témoignages d’artistes iraniennes et l’éclairage de spécialistes, cette table ronde a pour objectif d’offrir une compréhension approfondie de cette extraordinaire révolte féministe iranienne. Elle mettra en lumière l’ancrage historique de ce soulèvement, la répression constante des minorités ainsi que le destin et le rôle des artistes iraniens depuis l’avènement de la République islamique et de leurs œuvres censurées. Aucun ours de Jafar Panahi sera le point culminant de cette table ronde, un film qui met en parallèle les difficultés d’être opposant·e au régime iranien, qu’on soit cinéaste au pays ou femme kurde en exil. » Programme: Table ronde «Solidarité avec le peuple iranien». Samedi 12 novembre 18h. Animée par Asal Bagheri (universitaire, spécialiste du cinéma iranien) Avec Mahdis Sadeghipouya (chercheuse), Sepideh Farsi (cinéaste) et Mina Kavani (actrice – sous réserve). Entrée gratuite dans la limite de places disponibles. Aucun ours (Khers nist) de Jafar Panahi. Samedi 12 novembre 20h30. Avant-première en présence de Mina Kavani (actrice – sous réserve). ADRESSE: Forum des Image Forum des Halles 2 rue du cinéma 75001 PARIS Métro/RER Châtelet-Les Halles  

« Le mouvement kurde est l’un des mouvements démocratiques les plus puissants d’Europe »

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A l’occasion de la deuxième conférence Conférence internationale des femmes qui s’est tenue à Berlin les 5 et 6 novembre, plus de 700 femmes venues de plus de 41 pays ont discuté de leurs luttes locales et internationales grâce aux efforts du réseau « Women weaving the future » (les femmes tissent l’avenir) qui a organisé l’événement. Lors de la deuxième journée de la conférence, la sociologue et autrice kurde, Dilar Dirik a déclaré que le mouvement kurde était l’un des mouvements démocratiques les plus puissants d’Europe et c’est pourquoi il était criminalisé en Europe. Concernant la situation socio-politique dans le monde, Dilar Dirik déclaré qu’on assistait à une fragmentation au niveau mondial. « Lors de la dernière conférence, on parlait de l’augmentation de l’organisation des femmes, mais en même temps, il y avait aussi une augmentation des mouvements racistes et fascistes. Les Trump, Erdoğan, Bolsonaro sont le résultat de mouvements fascistes, ils représentent la face nue du patriarcat capitaliste. (…) Le libéralisme est imposé aux luttes émergentes des femmes et le « pinkwashing » [procédé mercatique utilisé par un État, organisation, parti politique ou entreprise dans le but de se donner une image progressiste et engagée pour les droits LGBT] a lieu face à la violence de l’OTAN. Même leurs propres mouvements sont appropriés par le néolibéralisme et transformés en un produit du capitalisme. Le système capitaliste lui-même utilise l’image des femmes en lutte et tente de s’emparer des mouvements féministes. Quel type de résistance est autorisé et lequel est criminalisé ? Le mouvement kurde en est un bon exemple. (…) »   En ce qui concerne la Coupe du monde au Qatar, Dirik a demandé « pourquoi personne ne parlait du fait que le Front islamiste Al-Nosra était cofinancé par le Qatar. Le Qatar est également à l’avant-garde du soutien aux talibans. » Dilar Dirik a poursuivi en disant qu’il est nécessaire de sortir du discours selon lequel la Turquie est un État voyou et devrait être exclue de l’OTAN. « Au contraire, la Turquie fait partie intégrante de l’OTAN. La production de connaissances ne doit pas être laissée aux États. La ministre allemande des Affaires étrangères, qui se pare du slogan « Jin Jiyan Azadî » [slogan kurde signifiant « femme, vie, liberté »], soutient activement ces forces qui s’en prennent aux femmes. La propagande des États occidentaux est si puissante que beaucoup de gens ne savent même pas combien de crimes l’OTAN commet, quelles guerres elle finance et lesquelles sont menées en son nom. Bien sûr, il est toujours plus facile de critiquer des pays qui ne font pas partie de l’OTAN et de les déclarer ennemis. » Dirik a expliqué que le mouvement kurde est également l’un des mouvements démocratiques les plus puissants d’Europe. Malgré une criminalisation massive, il est capable d’organiser des manifestations à travers l’Europe en très peu de temps. Elle a déclaré que: « La criminalisation est directement connectée au fait que le mouvement kurde est un des mouvements révolutionnaires les mieux organisés en Europe, capable de mettre dans la rue des milliers de personnes de manière simultanée à travers le continent. » Concernant la réappropriant des mouvements révolutionnaires par le libéralisme, Dirik a déclaré que : « Le libéralisme fonctionne de manière très subtile, c’est un système d’incitation, plein de récompenses et de confort. En promettant un chemin moins difficile, vers le progrès et l’égalité, le libéralisme nous transmet le message suivant : dans la mesure où vous abandonnez votre caractère révolutionnaire, votre langage systémique, vous serez récompensée, reconnue, vue. Les théories libérales du changement compartimentent, bureaucratisent et fragmentent la théorie et l’action, nous empêchent de voir comment s’enchevêtrent les systèmes de domination. Critiquer ces tendances revient à reconnaître des formes d’assimilation idéologique qui pacifient les mouvements plutôt que de transformer le système. Ce n’est pas le rôle des luttes révolutionnaires des femmes d’aider le système à se réformer. » Concernant le soutien étatique aux organisations fascistes, Dirik a affirmé qu’ « Il n’est pas possible de comprendre la fragmentation des protestations si les mouvements fascistes ne sont analysés que localement. Les mouvements de femmes du monde entier ne doivent pas seulement s’occuper des problèmes culturels de leurs propres nations. Il faut plutôt se demander comment le gouvernement de son propre pays est impliqué dans la création, le financement et la construction d’organisations islamistes et fascistes dans le monde. La conférence est un bon exemple que les femmes peuvent s’organiser sans l’État – librement et de manière autonome. » En conclusion, Dirik a exigé que le mouvement se radicalise et dépasse le féminisme libéral: « Le féminisme libéral est une grande menace. Lorsque nous voyons une femme issue de mouvements populaires écoutée dans les médias, nous devons nous demander quel est l’intérêt politique. Nous pouvons penser que tout le monde est pour le féminisme et la liberté, mais ce n’est pas le cas. Nous devons voir comment nous pouvons nous radicaliser. »

Chomsky: On ne peut s’attendre à ce qu’un État criminel comme la Turquie accepte une enquête sur ses crimes

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Noam Chomsky déclare que la Turquie n’acceptera pas d’enquête pour son utilisation d’armes chimiques visant la guérilla kurde au Kurdistan du Sud, pas plus qu’elle n’acceptera qu’il y ait des enquêtes sur ses crimes récents et passés commis au Kurdistan. L’éminent intellectuel et universitaire américain Noam Chomsky a déclaré dimanche que l’État turc n’accepterait pas d’enquêtes sur les allégations d’utilisation d’armes chimiques dans le nord de l’Irak, ni d’enquêtes sur des crimes antérieurs et plus récents. Les protestations individuelles ne sont pas suffisantes pour exhorter les organismes internationaux à ouvrir des enquêtes sur l’utilisation présumée d’armes chimiques par la Turquie contre des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l’Irak, a déclaré Chomsky dans une interview accordée à Selahattin Işıldak de Medya Haber TV. « Une protestation efficace devra venir d’une organisation internationale ou d’un État suffisamment crédible pour atteindre le grand public », a-t-il déclaré. Lorsqu’on lui a demandé les raisons pour lesquelles la Turquie n’accepte pas une enquête internationale, Chomsky a répondu : « Ils ne le feront pas. Ils devraient également accepter l’enquête sur les crimes odieux qu’ils ont commis dans les années 1990, les crimes plus récents, les crimes à Afrin et leur invasion des zones kurdes en Syrie. » « Il y a beaucoup de choses qu’ils devraient faire. Mais vous ne pouvez pas vous attendre à ce que des États criminels mènent des enquêtes sur leurs propres crimes », a-t-il déclaré, ajoutant qu’une telle attitude n’était pas propre à la Turquie, soulignant que les États-Unis n’enquêtent pas sur leurs propres crimes, mais appellent à l’enquête. des crimes des autres, et suggérant que d’autres pays se comportent de la même manière. Depuis le mois dernier, des militants des droits humains appellent les organisations internationales à prendre des mesures contre l’utilisation d’armes chimiques par la Turquie, tandis que le gouvernement turc persiste à nier ces accusations. Medya News

IRAN. En 50 jours, 61 civils kurdes tués par les forces gouvernementales

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IRAN / ROJHILAT – L’ONG kurde, Hengaw a publié le bilan humain de 50 jours de manifestations anti-régime au Kurdistan, mais aussi le nombre de Kurdes tués dans d’autres villes d’Iran. Selon, les données recueillies par Hengaw, au moins 61 civils kurdes ont été tués, dont 4 sous la torture. Parmi les victimes, il y a 8 femmes et 11 enfants. Toujours au Kurdistan iranien, plus de 5 000 civils ont été blessés par les tirs directs des forces gouvernementales tandis que 4000 autres ont été arrêtés. Voici les détails du rapport publié par Hengaw Victimes tuées par : – Tir direct des forces gouvernementales : 51 cas – Meurtre dû à la torture : 5 cas – Tué à coups de matraque ; 4 cas – Mort par suffocation due au gaz lacrymogène: 1 Parmi les citoyens kurdes tués, 53 personnes ont été tuées dans les villes du Kurdistan et 8 autres ont été tuées dans d’autres villes. Sur un total de 61 personnes tuées, 8 étaient des femmes et 11 des enfants. Statistiques des tués selon la ville Sanandaj (Sînê) : 1- Dariush Alizadeh 2- Peyman Manbari 3- Mohammad Amini 4- Yahya Rahimi 5- Aziz Moradi 6- Ramin Fatehi 7- Mohammad Shariati (de Muchesh) 8- Kivan Darvishi 9- Mohammad Lotfalahi 10- Sarina Saedi (16 ans ) 11- Ibrahim Mirzaei (de Dehgolan) 12- Momin Zandkrimi Kermanshah : 1- Mino Majidi (de Qasr-Shirin) 2- Reza Shahparnia 3- Amir Hossein Basati, 15 ans 4- Armin Sayadi, 18 ans 5- Sina Naderi 6- Ramin Karmi (de Sarpol Zahab) Mahabad: 1- Ismail Moloudi 2- Kobri Sheikh Saqqa 3- Zaniar Abu Bakri 4- Shahu Khazri 5- Farishte Ahmadi (de Sardasht) 6- Masoud Ahmadzadeh Ashnoye : 1- Amin Marafet, 16 ans, 2- Milan Haghighi, 3- Sadruddin Litani, 4- Abdulsalam Qadir Galvan, 5- Saman Qadirpour Urmia : 1- Farjad Darvishi 2- Abdullah Mohammadpour, 16 ans 3- Danesh Rahnama 4- Nima Shafiqdoost (de Salmas) 5- Nasim Sediqi (de Shahindej) Islamabad Ouest : 1- Saeed Mohammadi, 2- Amir Fuladi, 16 ans, 3- Iman Mohammadi Piranshahr : 1- Zakaria Khayal, 16 ans, 2- Samad Barginia, 3- Kumar Darfatadeh, 16 ans Baneh : 1- Saeed Pirou 2- Fereydon Faraji 3- Histoire de Rasool Muhammad Agha (de la région du Kurdistan) Sanghar et Kaliai : 1- Alireza Fathi 2- Rouzbeh Khademian 3- Mohammad Zarei Qochan : 1- Ali Mozaffari Salanqoch, 17 ans 2- Mehdi Babranjad Diwandre : 1- Fouad Al-Gadi 2- Mohsen Mohammadi Saqqez : 1- Fereydon Mahmoudi 2- Ismail Dzwar Ilam : 1- Mohsen Kaysari 2- Mohammad Abdullahi Marivan : 1- Mukhtar Ahmadi 2- Nasrin Qaderi Dehgolan : 1- Reza Lotfi Salas Babajani : 1- Arin Moridi Bukan : 1- Kamal Faqihi Gemmes : 1- Nagin Abdul Maliki Qasrshirin : 1- Afshin Asham Citoyens tués par province Province du Kurdistan 21 tués Sanandaj (Sînê) ; 12 morts, Baneh 3 morts, Divandre 2 morts, Saqqez ; 2 tués, Marivan; 1 tué, Dehgolan; 1 tué Province de l’Ouest de l’Azerbaïdjan (Urmia); 19 tués Mahabad ; 6 morts Urmia 5 morts Ashnoye (Shno) 4 morts Piranshahr 3 morts Bukan 1 mort Province de Kermanshah (Kermashan); 11 tués Kermanshah ; 6 morts, Islamabad Ouest (Shabad); 3 tués, Qasr Shirin; 1 tué, Salas Babajani 1 tué province d’Ilam ; 2 tués Ilâm ; 2 tués Citoyens kurdes tués dans d’autres villes, 8 cas Quchan ; 2 tués, Téhéran ; 3 tués, Hamadan ; 1 tué, Qazvin; 1 tué, Karaj ; 1 tué Statistiques relatives aux détenus : Après 50 jours de protestations, plus de 4 000 citoyens kurdes ont été kidnappés par les agences de sécurité, et dans la situation actuelle, Hengaw a pu vérifier l’identité de 940 d’entre eux. Sur ces 942 personnes, 133 sont des femmes et 79 des enfants. Hengaw a pu vérifier que les détenus sont soumis à des tortures physiques et mentales de manière systématique et au moins cinq de ces détenus sont morts des suites de tortures dans les villes d’Ourmia, Saqqez, Ilam, Sanandaj et Téhéran. État des blessés : Au cours de ces manifestations, on peut estimer qu’environ 5 000 citoyens kurdes ont été blessés, dont 20 gravement, par des tirs directs des forces gouvernementales. L’équipe juridique de Hengaw, chargée d’enquêter et de vérifier les rapports reçus, souligne que les statistiques disponibles n’incluent que les cas vérifiés, ajoutant que les chiffres réels sont probablement beaucoup plus élevés car certaines familles ont peur de dévoiler le meurtre de leurs proches car elles ont été menacées par le régime iranien en plus de pouvoir enquêter librement sur le meurtre de civils.

L’armée turque a brûlé ses soldats morts au Kurdistan irakien

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Un site kurde vient de publier des images choques de soldats turcs brûlant les cadavres de leurs camarades tués lors de combats contre le PKK au Kurdistan irakien. La Turquie ne commet pas de crimes de guerre uniquement contre les Kurdes, elle en fait de même avec ses propres soldats morts qu’elle brûle pour cacher ses pertes dans sa guerre visant le PKK. Le site ANF a publié les images confirmant les déclarations des HPG (branche armée du PKK), qui affirmait que l’armée turque avait bombardé, parfois jeté et même brûlé les cadavres de soldats lors des attaques d’invasion en cours. Les images glaçant le sang seraient prises dans la zone de résistance de Girê Cûdî, à l’ouest de la Zap le 11 septembre 2022. Bien que HPG ait partagé les noms et images des soldats turcs tués, l’armée turque, qui dissimule ses pertes, a cette fois brûlé les corps de ses propres soldats pour les faire disparaitre. Le Centre de presse des HPG (BİM) a annoncé dans son communiqué du 12 septembre que l’armée turque avait brûlé les corps de ses propres soldats. BIM avait écrit: « Les soldats turcs qui ont tenté de pénétrer dans les tunnels de guerre Martyr Çekdar de la zone de résistance de Girê Cûdî le 11 septembre ont été neutralisés; Ils ont été pris en embuscade à 10h00 puis frappés par des tactiques de sabotage. Dans cette action, qui a été menée simultanément et en coordination avec nos forces dans les tunnels de guerre et nos équipes mobiles, les envahisseurs ont ensuite été frappés avec des grenades, des armes individuelles (…). Dans ces frappes, au moins 10 envahisseurs, dont 1 gradé, ont été punis et 4 envahisseurs ont été blessés ; Il a été déterminé que leurs noms étaient Savaş, Fatih, Gökhan, Serkan, Burak, Naci, Harun, Mert, Oğuz et Fuat. L’armée turque brûle ses propres soldats morts L’armée turque a bombardé l’endroit où se trouvaient les cadavres des envahisseurs punis avec des avions de guerre et des obus afin que les armes et le matériel qu’ils contenaient ne tombent pas entre les mains de nos forces. 1 drone survolant la zone d’action a été touché par nos équipes mobiles. (…) Roquettes incendiaires Après l’avoir bombardé avec des avions de guerre et des obus, l’armée turque a brûlé les cadavres de soldats en les bombardant et en mettant le feu à l’endroit où se trouvaient les corps de ses propres soldats, avec des roquettes incendiaires lancées par d’hélicoptères d’attaque. La zone d’action et les corps de certains des soldats turcs tués sont toujours sous le contrôle des HPG. (…) »