TURQUIE / KURDISTAN – La Fondation des droits de l’homme de Turquie (TİHV) a publié un rapport compilant les violations des droits, dont torture et meurtre de civils, dans 10 provinces touchées par les séismes dévastateurs du 6 février qui a frappé le sud-est de la Turquie (régions à majorité kurde).
Les autorités ont empêché les livraisons d’aide dans au moins 20 cas, 17 personnes ont été soumises à la torture et les forces de l’ordre ont empêché 11 journalistes de faire leur travail, selon la Fondation des droits de l’homme de Turquie (TİHV).
Le rapport est basé sur des reportages et des déclarations d’organisations professionnelles et de défense des droits humains.
En décrétant un état d’urgence de trois mois dans les 10 provinces touchées par les séismes, le gouvernement « essaye de cacher la crise », a déclaré le TİHV dans un communiqué. « La déclaration de l’état d’urgence porte un coup aux efforts des citoyens pour surmonter la crise par la solidarité. »
Voici quelques faits importants cités dans le rapport :
Entraves et saisis de collecte d’aides
Les autorités ont gêné les citoyens, les ONG, les partis politiques et les municipalités qui ont collecté du matériel d’aide pour les survivants du tremblement de terre au moins 20 fois. Dans sept cas, les aides collectées ont été saisies.
Une personne a été blessée lors d’une attaque armée visant la collecte d’aide.
Les autorités ont saisi 100 camions d’aide envoyés par le Parti du futur (Gelecek) et 1 500 tentes, 10 camions, 30 conteneurs et 120 groupes électrogènes envoyés par le Parti démocratique des peuples (HDP).
Journalistes persécutés
Au moins 22 journalistes travaillant dans la région touchée par le séisme ont fait l’objet d’interventions, 11 d’agents des forces de l’ordre et 11 de civils. Au moins un journaliste a été blessé et quatre ont été arrêtés. Un journaliste étranger (Guillaume Perrier) n’a pas été autorisé à entrer en Turquie.
Torture et mauvais traitements
Dix-sept personnes ont été torturées et maltraitées dans neuf affaires distinctes. L’un d’eux est mort et 10 ont été blessés. Les auteurs étaient des policiers dans quatre cas et des gendarmes dans trois cas.
Trois prisonniers sont morts et neuf autres ont été blessés lors de l’intervention des forces de l’ordre dans les émeutes des prisons après les tremblements de terre.
Une personne a été tuée après avoir été torturée en détention.
Quatre-vingt-un enfants laissés sans soins après les tremblements de terre n’ont pas pu être identifiés.
Liberté d’expression bafouée
Des poursuites judiciaires ont été intentées contre 575 personnes pour leurs publications sur les réseaux sociaux au sujet des tremblements de terre. Quelque 141 d’entre eux ont été détenus et 27 ont été arrêtés.
Le Conseil suprême de la radio et de la télévision (RTÜK) a infligé des amendes à Halk TV, TELE1 et Fox Tv pour la couverture du tremblement de terre.
Les forces de l’ordre ont empêché 10 manifestations pacifiques contre le passage des universités à l’enseignement en ligne afin de réinstaller les survivants du tremblement de terre dans des dortoirs. Au cours de ces événements, 246 personnes ont été maltraitées et détenues.
Les tremblements de terre
Le 6 février, deux tremblements de terre d’une magnitude de 7,7 et 7,6 ont frappé la ville méridionale de Maraş. Le premier tremblement de terre dans le district de Pazarcık à 4 h 17 a été suivi du second à Elbistan environ neuf heures plus tard.
Les séismes ont touché 11 villes du sud et du sud-est de la Turquie, ainsi que le nord de la Syrie, où plus de 5 000 personnes ont été tuées.
Le bilan officiel des tremblements de terre s’élève à plus de 45 000 et devrait encore augmenter, car plus de 160 000 bâtiments ont été détruits ou gravement endommagés, selon les chiffres du gouvernement.
Près de deux millions de personnes ont été déplacées en raison des tremblements de terre.
Bianet
PARIS – Le parti « pro-kurde », HDP est menacé de fermeture par la justice turque instrumentalisée par le gouvernement d’Erdogan. Réagissant aux pressions et aux attaques contre le HDP, le Parti communiste français (PCF) a exigé l’annulation du procès en cours, ajoutant que « Le HDP agit avec détermination et créativité pour le progrès social et écologique, la liberté, l’égalité des citoyens quelle que soit leur origine ethnique et confessionnelle mais aussi en faveur de l’émancipation des femmes. »Voici le communiqué du PCF daté d’hier:« Turquie : Non à l’interdiction du parti démocratique des peuples !Alors que la Turquie crie encore sa douleur après le tremblement de terre dévastateur du début de ce mois et exprime sa colère devant l’incurie et les discriminations révoltantes des responsables politiques de l’AKP, R.T. Erdogan a un autre agenda, celui de sa réélection coûte que coûte.Pour cela, le président turc entend se débarrasser de ses adversaires les plus déterminés. Depuis 2015, il a accéléré la répression et la criminalisation du Parti démocratique des peuples (HDP) en incarcérant ses parlementaires, en destituant ses maires et en emprisonnant les militants de cette formation notamment lors du procès Kobanê. Il y un peu plus d’un an, une procédure d’interdiction du HDP était diligentée devant la Cour constitutionnelle. Celle-ci arrive à son terme et la Cour, aux ordres du pouvoir, est amenée à se prononcer à partir du 14 mars 2023.Il s’agit ni plus ni moins d’interdire un parti démocratique qui réunit des millions de voix et qui est un acteur majeur de la vie politique turque. La décision qui sera prise ne peut être qu’arbitraire et viole en tout état de cause la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH).La précipitation de R.T. Erdogan est à la mesure de son inquiétude pour les scrutins législatif et présidentiel de mai-juin. L’autocrate d’Ankara a en effet plongé son pays dans le chaos et, par sa politique agressive, déstabilise la région.Le Parti communiste français (PCF) condamne fermement la procédure d’interdiction du HDP devant une Cour constitutionnelle illégitime. Il assure le HDP de sa solidarité totale dans la mesure où il œuvre pour une Turquie démocratique et pluraliste. Le HDP agit avec détermination et créativité pour le progrès social et écologique, la liberté, l’égalité des citoyens quelle que soit leur origine ethnique et confessionnelle mais aussi en faveur de l’émancipation des femmes.Nous exigeons, conformément à la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH) l’annulation du procès en cours, le respect de l’État de droit ainsi que la liberté pour tous les peuples de Turquie. »
Parti communiste français
Paris, le 2 mars 2023
IRAN / ROJHILAT – En deux mois, les mollahs iraniens ont exécuté plus d’une centaine de personnes, dont la moitié étaient des Kurdes et des Baloutches, selon l’ONG Hengaw.
102 personnes ont été exécutées en Iran depuis le début de l’année selon un rapport de l’organisation HENGAW basée à Oslo.
La peine de mort a été particulièrement utilisée contre des membres de groupes ethniques persécutés et marginalisés, rapporte Hengaw. Depuis le début de l’année, les autorités du régime ont exécuté au moins 33 Kurdes, 15 membres de la minorité baloutche, un Gilak et un Arabe d’Ahwaz. Dans 94 cas, les condamnations à mort ont été prononcées en relation avec des accusations liées au trafic de drogue et à des meurtres.
Les prisons de la province d’Alborz, dans le nord de l’Iran, ont enregistré le plus grand nombre d’exécutions (27) tandis que six condamnations à mort ont été exécutées dans un centre de détention à Kirmaşan (Kermanshah). Selon Hengaw, au moins cinq des personnes exécutées étaient des prisonniers politiques. Parmi eux se trouvaient Arash Sarkawt Ahmadi et l’ancien dirigeant anglo-iranien Ali Reza Akbari.
Amnesty international: Frénésie d’exécutions et recours croissant à la peine de mort contre des minorités ethniques persécutées
Dans un communiqué daté d’hier, Amnesty international a dénoncé ainsi le recours massif de la peine de mort contre les minorités ethniques persécutées d’Iran:
« Le 20 février, Hassan Abyat, un homme arabe ahwazi, a été exécuté à la prison de Sepidar, dans la province du Khuzistan. Arash (Sarkawt) Ahmadi, un homme kurde, a quant à lui été exécuté le 22 février à la prison de Dizel Abad, dans la province de Kermanshah. Des sources bien informées ont indiqué à Amnesty International qu’après les arrestations des deux hommes, des agents chargés de leurs interrogatoires les avaient soumis à des actes de torture et d’autres mauvais traitements en vue de les forcer à faire des « aveux ». Leurs « aveux » forcés ont été diffusés par les médias d’État, ce qui bafoue leur droit à la présomption d’innocence et constitue une tentative des autorités de les diaboliser et de justifier leur exécution. Ils ont en outre été privés d’assistance juridique et ont été exécutés en secret, sans bénéficier d’une dernière visite et sans que leurs familles n’aient été prévenues. »
TURQUIE – Lors d’un match du 25 février dernier, des supporters de Fenerbahçe avaient scandé « Mensonges, tricheries, ça fait vingt ans, démission! » en réaction aux séismes mortels du 6 février qui ont fait plusieurs dizaines de morts dans le sud-est du pays (régions à majorité kurde-alévie). Le lendemain, des supporters de Beşiktaş faisaient de même, attirant la colère de la coalition politique AKP-MHP qui a demandé aussitôt l’interdiction des supporters de ces équipes d’assister aux matchs.
Depuis, le conseil de sécurité de Kayseri a interdit aux supporters de Fenerbahçe d’assister au match Fenerbahçe-Kayserispor du 4 mars invoquant des raisons de « sécurité ».
Un tribunal turc saisi par le club Fenerbahçe concernant l’interdiction de ses supporters du stade le 4 mars a refusé la requête de l’équipe. Par ailleurs, le conseil de sécurité de Kayseri a affirmé qu’ils avaient des informations fiables prédisant que des troubles majeures anti régime pourraient emmailler tout le pays.
IRAN / ROJHILAT – 650 écolières auraient été empoisonnées par le régime depuis novembre pour avoir joué un rôle majeur dans les manifestations suite au meurtre de la jeune Kurde Jina Mahsa Amini par la police des mœurs à Téhéran en septembre 2022.
Les autorités iraniennes ont lancé une enquête concernant l’empoisonnement de 650 écolières par des gaz toxiques depuis novembre, a rapporté mardi la BBC.
Aucune des filles n’a perdu la vie à la suite de l’empoisonnement, mais des dizaines ont souffert de problèmes respiratoires, de nausées, de vertiges et de fatigue, a-t-il ajouté.
Les informations disponibles sur l’empoisonnement indiquent « la possibilité d’actes criminels et prémédités », selon le vice-ministre de la Santé du pays.
La plupart des empoisonnements ont eu lieu à Qom, le cœur religieux du pays qui abrite le clergé et les séminaires théologiques iraniens.
Selon la BBC, certains Iraniens soupçonnent que l’empoisonnement était une forme de punition contre des écolières qui ont joué un rôle majeur dans les manifestations nationales qui ont suivi la mort de Jina (Mahsa) Amini, une jeune femme kurde de 22 ans.
Amini est décédée lors d’une visite à Téhéran après avoir été arrêtée par la police religieuse du pays pour avoir enfreint le code vestimentaire. Amini aurait subi des lésions cérébrales dues aux tortures subies pendant sa détention.
Après sa mort, de nombreuses femmes, en particulier des écolières, en Iran ont envahi les rues pendant des mois en retirant leur foulard et en se coupant les cheveux pour montrer leur défi à la règle religieuse du pays.
Certains spéculent également que l’empoisonnement a été perpétré par des extrémistes qui veulent terroriser les parents pour qu’ils cessent d’envoyer leurs filles à l’école, a déclaré la BBC.
Medya News
PARIS- Une conférence de presse s’est tenue au Centre culturel kurde Ahmet Kaya concernant le meurtre de trois militants kurdes à Paris le 23 décembre 2022.
L’attentat du 23 décembre à Paris a coûté la vie à une membre éminente du mouvement des femmes kurdes, Emine Kara, à l’artiste kurde Mir Perwer et à Abdurrahman Kızıl. Alors que le tueur, William Malet, a été arrêté, le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) rejette l’argument des autorités françaises selon lequel l’attentat serait à « caractère raciste ».
Le CDK-F soutient que cette attaque n’est pas seulement un incident raciste, mais plutôt politique et devrait faire l’objet d’une enquête par le parquet « anti-terroriste ».
Conférence de presse – Centre culturel kurde à Paris
En réponse à l’enquête, les porte-parole du CDK-F Berivan Fırat et Agit Polat et les avocats Christian Charrière-Bournazel, David Andic et Jean-Louis Malterre ont tenu une conférence de presse au Centre culturel kurde Ahmet Kaya. Les avocats se sont inquiétés de l’enquête inerte, des questions sans réponse et des soupçons.
L’avocat Christian Charrière-Bournazel a déclaré que l’État turc est hostile aux Kurdes, rappelant la répression qui dure depuis des années contre ses citoyens kurdes.
En référence au massacre de Paris, Charrière-Bournazel a noté que « toutes les relations passées du tueur devraient faire l’objet d’une enquête ». L’avocat a souligné qu’il fallait enquêter pour savoir si le tueur avait reçu des instructions de l’Etat turc.
Pourquoi le procureur anti-terroriste n’a pas été saisi ?
L’avocat David Andic a souligné que si le bureau du procureur anti-terroriste s’occupe généralement des affaires contre la jeunesse kurde, aucun procureur anti-terroriste n’est intervenu dans l’affaire du massacre.
Andic a déclaré : « Nous voulons que les institutions judiciaires soient autorisées à faire leur travail. »
L’avocat Jean Luis Malterre a déclaré que s’il était heureux de voir la France reconnaître les Kurdes, certains partenariats gouvernementaux avec l’État turc sont inquiétants.
Secret d’État
Malterre a souligné que l’obstacle du secret d’État dans le premier massacre de Paris avait eu un impact négatif sur l’affaire en cours. Il a dit qu’ils ne pouvaient pas comprendre pourquoi l’attaque du 23 décembre 2022 n’était pas considérée comme une attaque terroriste. Sakine Cansız, membre fondatrice du PKK, Fidan Doğan, représentante du KNK à Paris, et Leyla Şaylemez, membre du mouvement de jeunesse kurde, ont été assassinées lors d’un autre triple massacre le 9 janvier 2013. Les avocats de la famille exhortent le gouvernement français à lever le secret d’État, citant l’implication avérée du Service de renseignement turc (MIT) dans le massacre.
Malterre a souligné que les relations des policiers français chargés de l’enquête avec l’Etat turc sont suspectes.
L’enquête traine
Le porte-parole du CDK-F chargé des relations extérieures, Agit Polat, a souligné que l’enquête progressait très lentement.
Polat a demandé pourquoi la maison du meurtrier avait été fouillée un mois après son arrestation.
Insistant sur le fait qu’il y avait de nombreuses questions auxquelles il fallait répondre, Polat a déclaré qu’ils souhaitaient que l’enquête progresse correctement et plus rapidement.
Le tueur a un lien politique avec la Turquie
Polat a révélé que le meurtrier continuait de jouir de son droit de garder le silence, mais lors de la séance de psychiatrie, il a clairement justifié l’attaque, invoquant son intolérance envers les « Kurdes » et le « PKK ». Polat a ajouté que pour eux le caractère « politique » et « terroriste » de cet attentat évident : « Lors de sa rencontre avec le service psychiatrique, personne ne lui a rien demandé sur les Kurdes. Il a dit qu’il n’aimait pas les Kurdes et le PKK parce que le PKK avait perpétré des attentats en Turquie. Cela montre que le tueur a un lien politique avec la Turquie. Je veux attirer l’attention sur ceci : le PKK ne fait pas d’attentats en France et Mallet (William Malet) n’en parle pas du tout. Donc, il a le même parti pris contre les Kurdes que le régime d’Erdogan. »
Polat a insisté sur le fait que le tireur a avoué pendant sa détention qu’il avait pris pour cible le centre culturel kurde Ahmet Kaya, et demandé « Qui a engagé William Malet ? ».
ANF
SYRIE / ROJAVA – Le 8e Festival de littérature et d’art féminin (en kurde: Mîhrîcana Wêje û Hunera Jinan) s’achève aujourd’hui avec la remise des prix.
Le 8e Festival de littérature et d’art féminin promu par le Comité de la culture et de l’art de la région de Cizre a débuté à Qamishlo.
Le festival, qui se tient au Centre culturel et artistique Mihemed Şêxo à Qamishlo, depuis mercredi s’achève aujourd’hui avec la remise des prix.
Le festival est divisé en trois parties et comprend des sections telles que les activités de soutien et de patrimoine culturel, la peinture, la littérature, le théâtre et le cinéma.
Le festival a débuté par une exposition de peinture organisée par le Serdem Art Group. Axîn Siwêd, coprésidente du Conseil exécutif de l’administration autonome démocratique de la région de Cizre, a parlé de l’importance du festival et a déclaré: « La lutte des femmes est difficile et elles se heurtent à de nombreux obstacles. Avec unité et solidarité, nous surmonterons tous les obstacles, réaliserons notre liberté et gagnerons nos droits. »
Botan Hoşî, membre du comité d’organisation du festival, a déclaré que tout l’art et la littérature représentant les femmes et leur réalité auront lieu au festival et a ajouté : « Le festival sera coloré aux couleurs du printemps (…). En raison du tremblement de terre qui a frappé notre région en février, nous avons décidé qu’il n’y aurait ni chants ni ronde musicale au festival. »
Mercredi, la pièce « Jin, jiyan » de l’équipe de théâtre féminin Darsin a été jouée. Plusieurs poétesses ont récité des poèmes et des nouvelles en arabe et en kurde. La première journée s’est terminée par la projection du film Berbu de Sevinaz Evdike.
Le 8e Festival de littérature et d’art féminin s’est terminé jeudi par une cérémonie de remise des prix. Le Festival s’est tenu au Centre culturel et artistique Mihemed Şêxo à Qamishlo avec le slogan « Nous apporterons l’art de la révolution avec Jin, jiyan, azadi » . Le festival a vu la participation de 100 femmes artistes et écrivains et a été parrainé par le Comité de la culture et de l’art de la région de Cizre.
Le deuxième jour du festival, Fewziya El Mirhi et Fairuz Reşık ont récité des poèmes en arabe et Reşa Şemon en syriaque. Neriman Evdike a également lu ses histoires.
Remise de prix aux femmes artistes dans diverses disciplines
Lauréates :Nouvelles arabes : Azad Hesen, Fatme Ehme et Xatun İbrahim.Poésie arabe : Sema Isa, Eya Hemid et Zekiye Musa.Prose arabe : Leyla Xalid.Petite histoire en kurde : Medya Berekat, Zilan Hemo, Hind Ebdullah.Poésie kurde : Aljin Hemo, Silava Ararat et Anahita Sîno.Peinture : Jinda Xoce, Yara Hisko et Yasmin Hesen
ANF
PARIS – De nombreux collectifs, associations de femmes, syndicats et partis politiques appellent à la grève féministe le 8 mars en solidarité avec les femmes du monde entier à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.
Voici leur appel:Le 8 mars, ce n’est ni la fête des mères, ni la fête des femmes, c’est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.Nous appelons à la grève féministe en solidarité avec nos sœurs du monde entier, notamment iraniennes, afghanes et kurdes qui subissent une remise en cause de leurs droits fondamentaux et qui payent parfois de leur vie leur résistance acharnée à l’oppression. Nous soutenons nos sœurs ukrainiennes confrontées à une guerre cruelle et meurtrière dont un grand nombre vit en exil ou ont à affronter la peur des bombardements et les exactions des soldats russes. Nous soutenons nos sœurs féministes russes qui manifestent contre ces menées militaristes au prix souvent de leur liberté.
Nous appelons à la grève féministe pour gagner l’égalité au travail et dans nos vies, pour garantir notre indépendance économique.
En France, le gouvernement s’attaque de nouveau et frontalement aux femmes avec une réforme des retraites, qui va les percuter de plein fouet. Au cœur de la lutte contre cetteréforme, le 8 mars est l’occasion de mettre sur le devant de la scène la situation et les revendications des femmes et d’amplifier la mobilisation.Le 8 mars 2020 a été la dernière manifestation avant l’enterrement de la réforme des retraites à points ! Faisons du 8 mars 2023 celui du retrait de cette nouvelle réforme de régression sociale majeure. Ensemble, nous gagnerons !
Toujours payées un quart en moins, concentrées sur les emplois moins bien rémunérés et à temps partiels, les femmes sont de plus en plus nombreuses à ne pas pouvoir boucler les fins de mois. Au lieu de sanctionner les entreprises qui discriminent, au lieu d’augmenter les salaires et les pensions,de lutter contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes, ce gouvernement et le patronat veulent imposer une réforme des retraites violente et injuste. Contraintes par des salaires plus faibles et des carrières plus courtes du fait de la prise en charge des enfants et des aîné·es, nous touchons déjà aujourd’hui une pension en moyenne inférieure de 40% à celle des hommes. Reporter encore l’âge de départ, alors que nous sommes nombreuses à partir en retraite avec une carrière incomplète dégradera encore notre situation. Nous refusons de travailler plus pour gagner moins ! Au contraire, mener des politiques volontaristes pour l’égalité des salaires et des taux d’emploi procurerait des cotisations supplémentaires supérieures au déficit invoqué par le gouvernement pour justifier la réforme des retraites.
Handicapées, nous subissons d’autant plus les violences sexistes, y compris sexuelles, qu’elles soient privées, institutionnelles, médicales, ou économiques. Nous ne voulons plus être invisibles, privées de nos droits à l’auto-détermination, à l’éducation, à l’autonomie, à l’emploi, aux soins, et à la procréation pour celles souhaitant devenir mère. Nous voulons notre indépendance économique, l’accessibilité universelle de l’ensemble de l’espace public, des logements, des écoles et lieux de formations, professionnels ou de loisirs.
Travailleuses sans papier, nous voulons être déclarées et pouvoir cotiser. Pas question, comme le fait le projet de loi asile immigration, de donner les pleins pouvoirs aux patrons pour décider de notre régularisation !
Privées d’emploi, nous ne voulons pas que la durée de notre indemnisation, comme le prévoit désormais la loi, dépende des aléas de la conjoncture économique.
Nous refusons de subir les effets du projet de loi sur le logement Kasbarian-Bergé actuellement en discussion qui criminalise les locataires et occupantes précaires mises dans l’illégalité en accélérant les mises à la rue, précarisant encore davantage celles qui subissent des violences et des inégalités.
Nous appelons à la grève féministe pour défendre le droit à l’avortement toujours menacé ou criminalisé dans le monde. En France, ce droit doit être inscrit dans la Constitution ! Il doit aussi être effectif sur l’ensemble du territoire avec le maintien et la réouverture de maternités et hôpitaux de proximité.
#MeToo a mis en lumière que les violences contre les femmes et les filles étaient partout. Nous voulons enfin en tous lieux être respectées et 2 milliards pour l’accompagnement des victimes, la mise en œuvre des politiques de prévention pour assurer la fin des violences sexistes et sexuelles. Nous en avons assez de l’impunité des agresseurs ! Nous voulons une réelle solidarité avec les victimes ! Nous voulons que les lois existantes soient complétées et appliquées !
De bons salaires, de bonnes retraites, c’est la garantie de notre indépendance économique. Pas question, de dépendre de nos pères, de nos conjoints ou de toute forme de patriarcat !
Nous voulons du temps pour vivre, un vrai partage des tâches domestiques et parentales, une réduction du temps de travail pour toustes ! Nous voulons des services publics pour socialiser ces tâches et prendre en charge nos enfants et nos parents !
Nous voulons avoir les moyens de faire nos choix de vie et de vivre librement notre orientation sexuelle et nos identités. Nous voulons mettre fin aux attaques et discriminations misogynes, racistes et LGBTQIAphobes. Celles-ci sont relayées par les discours de l’extrême droite dont l’ADN est la haine de l’« autre ».
Nous voulons une éducation non sexiste, la mise en place effective d’une éducation à la sexualité et au consentement, la fin des stéréotypes dans les manuels scolaires et une orientation scolaire et professionnelle non genrée.
Le 8 mars, on s’arrête toutes et on manifeste. On fait la grève féministe.
On montre la solidarité et la force des femmes. Le 8 mars, on grève, on débraye, on agit. Faisons du bruit à 15h40, heure à laquelle chaque jour les femmes arrêtent d’être payées. Le 8 mars, toustes ensemble, on envahit les rues contre la réforme des retraites, pour l’augmentation des salaires, contre les violences sexistes et sexuelles et en solidarité internationale avec les femmes du monde entier.
Ras le bol du patriarcat !
1ères signataires :
Organisations nationales : Association Nationale des Études Féministes (ANEF), Association Mémoire Traumatique et Victimologie, ActionAid France, APEL-Egalité, Attac France, CCFD-Terre Solidaire, CGT,Collectif National Droit des Femmes, Collectif pour une Parentalité Féministe, CNT-Solidarité Ouvrière, Collectif « féministes tunisiennes », la FAGE, Fédération Nationale Solidarité Femmes, Femmes Égalité, Femmes Solidaires, Femmes de la résistance, Fondation Copernic, FSU, Fédération Nationale des centres d’information sur les droits des femmes et des familles (FNCIDFF), Fédération des Associations des Marocains en France, Las Rojas, La Relève Féministe, les Effronté-es, Ligue des femmes iraniennes pour la démocratie (LFID) L’Assemblée des Femmes, La Place des Grenouilles, Las Rojas, Les Rosies, Marche Mondiale des Femmes France, Mémoire traumatique et victimologie, Mouvement des Femmes Kurdes (TJK-F), Mouvement des mères isolées, #NousToutes, On arrête Toutes !, Organisation de Solidarité Trans (OST), Osez le féminisme, Planning familial, People’s Health Movement France (PHM), Réseau féministe « Ruptures », Stop aux Violences Obstétricales et Gynécologiques France, Union des femmes socialistes (SKB)France, UNEF (union nationale des étudiant•e•s de France ), Union Syndicale Solidaires,
Organisations locales : Assemblée Féministe Paris-banlieues, Collectif CIVG Tenon, Collectif 65 pour les Droits des Femmes, Collectif Féministe Les Dionysiennes, Collectif féministe narbonnaise, CGT ÉDUC’ACTION 75, Interorga féministe de l’Hérault, Maison des Femmes Thérèse Clerc Montreuil, Le Planning Familial 94, ZORA Paris, Fédération Régionale des Centres d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles du GrandEst, Fédération Régionale des CIDFF d’Auvergne Rhône-Alpes, La Taverne Ludique (Caen)
En soutien : Europe Ecologie Les Verts (EELV), Ensemble!, Gauche Eco Socialiste, Génération S, Humains et dignes, La France Insoumise (LFI), Les Jeunes Écologistes, Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF), NPA, Parti Communiste des Ouvriers de France, Parti communiste français, Parti de Gauche, Parti Socialiste (PS), Place publique, Rejoignons-nous, Union Communiste Libertaire
IRAK / SHENGAL – Malgré le séisme mortel qui a frappé la Turquie, Erdogan continue à attaquer la Syrie et l’Irak où il massacre les Kurdes et les Yézidis. Ce midi, une frappe aérienne turque a ciblé les forces de sécurité yézidies à Shengal, tuant le combattant Şêrzad Şemo Kasım.
Ce midi, l’État envahisseur turc a effectué une frappe aérienne sur un véhicule de la force de sécurité locale yézidie (Ezidxane Asayish) dans le centre de la ville yézidie de Shengal (Sinjar) au Kurdistan d’Irak.
L’attaque d’aujourd’hui est survenue après une attaque de drone turc qui a visé un véhicule appartenant aux YBŞ (unités de résistance de Shengal) à Khanasor (Xanesor) le 27 février. L’attaque a coûté la vie aux commandants de YBŞ Pîr Çeko et Agir Cefri.
SYRIE / KURDISTAN – Le séisme dévastateur du 6 février n’a pas fait obstacle à la machine de guerre turque, qui a comme objectif principal l’anéantissement des Kurdes et des peuples de la région. Les forces armées turques et leurs alliés jihadistes ont attaqué les rescapés du séisme par des obus, drones et des armes chimiques interdites.
Après le tremblement de terre dévastateur du 6 février qui a frappé le Kurdistan du Nord et la Turquie, et touché plusieurs zones en Syrie, le Commandement général des Forces démocratiques syriennes (FDS) a annoncé aussitôt qu’elles sont prêtes à fournir une assistance immédiate pour les rescapés du séisme sur le territoire syrien, et le 10 février, l’administration autonome a appelé à mettre de côté les divergences politiques et à se concentrer sur la situation humanitaire.
D’autre part, le coprésident de l’organe exécutif de l’Union de la communauté du Kurdistan (KCK, aile militaire du PKK), Cemil Bayik, a annoncé le 10 février un cessez-le feu unilatéral à cause du séisme qui a frappé la région. Cependant, l’État turc occupant, qui a comme projet principal l’extermination du peuple kurde et des habitants de la région au lieu de sauver la vie des millions de rescapés du séisme, a commis davantage de meurtres.
Le 6 février, l’armée d’occupation turque a bombardé les environs du district de Tal Rifaat avec des armes lourdes.
Le 8 février, le centre des médias des Forces de sécurité intérieure dans le nord et l’est de la Syrie a annoncé que leur membre Abd al-Rahman al-Jalmud a été tu dans un attentat terroriste.
Le 9 février, l’armée d’occupation turque a bombardé le village d’Al-Khalidiyah, la ville d’Al-Hishah et la route internationale M4 dans le district d’Ain Issa. Elle a également bombardé les position de la guérilla à proximité du village de Saida et de Jamjo, à Sheladize, dans la région d’Amediyah, au Kurdistan irakien, avec des armes chimiques interdites deux fois de suite, tout en utilisant des obus de chars et des soldats au sol.
Le 10 février, l’armée d’occupation turque a bombardé les fronts de résistance près de la région de Jamjo, au Kurdistan irakien avec des armes lourdes. Les combattants se sont défendus et ont tué un soldat de l’occupation.
Le 11 février, les villages de Saida, Al-Khalidiyah, Taiba et la route internationale ont été soumis à d’intenses bombardements par l’armée d’occupation turque. Les tranchées de la guérilla ont également été bombardées 27 fois avec des canons et des armes lourdes par l’armée d’occupation.
Le 12 février, un drone d’occupation turque a pris pour cible une voiture sur la route menant au village de Manaz, dans la campagne ouest de la ville. Un membre du Mouvement pour une société démocratique, Mahmoud Bashar (nom de guerre Mahmoud Kobani), a été assassiné. Les soldats de l’armée d’occupation turque ont également tué 3 jeunes hommes (Ismail Hamdi Al-Abdullah et Alaa Hussein Al-Omar (20 ans) de la ville d’Azaz, et Muhammad Rami Rustam (24 ans) de la ville de Darat Azza, en de manière brutale, alors qu’ils tentaient d’entrer sur le territoire turc pour secourir leurs familles coincées sous les décombres, près du village de Deir Sawan, dans le district de Shera, dans la campagne occupée d’Afrin.
Le 14 février, les avions de querre turcs ont bombardé la place de la plaine de Kafia à Gara, à 5 reprises.
Le 15 février, l’armée d’occupation a bombardé à l’arme lourde la place de la Résistance au Mont Cudi et a bombardé les tranchées de la résistance près du village de Saida avec des armes interdites dans le district de Sheladize.
Le 16 février, l’armée d’occupation turque a bombardé le district de Tal Rifaat du canton d’al-Shahba, tuant le vieil homme Youssef Abed (70 ans) et blessant un autre civil.
Les 15 et 16 février, l’armée d’occupation turque a bombardé les tranchées de la résistance dans la colline FM près du village de Saida et de la place Jamjo avec des bombes, des chars et des armes lourdes 43 fois.
Le 17 février, l’armée d’occupation a poursuivi ses attaques contre la guérilla, bombardant leurs zones avec des hélicoptères de combat, des chars, des obus et des armes lourdes à 38 reprises.
Le 18 février, l’armée d’occupation turque a bombardé la route M4, la maison de repos d’Al-Nakhil, le village de Saida et l’ancien camp d’Ain Issa dans la campagne orientale du district d’Ain Issa. Le même jour, les tranchées de la résistance sur la place de la résistance de la colline Cudi près du village de Saida et la place Jamjo ont été bombardées avec des canons, des chars et des armes lourdes 63 fois.
Le 19 février, l’armée d’occupation a bombardé les zones où les combattants de la guérilla étaient stationnés, 6 fois avec des avions de combat et 63 fois avec des chars, de l’artillerie et des armes lourdes.
Le 20 février, l’armée d’occupation turque a poursuivi son attaque sur les sites de la guérilla, et elle a été bombardée 46 fois avec des chars, de l’artillerie, des armes lourdes et des dizaines de fois avec des avions de combat.
Le 20 février, l’armée d’occupation turque a bombardé les villages de Hawija, Fatsa et la partie orientale du district d’Ain Issa à l’arme lourde.
Le 22 février, une voiture sur la route entre Qamishlo et Tirbe Spi a été attaquée par un drone de l’armée d’occupation turque près du village de Bweira, à l’est de la ville de Qamishlo, tuant Khalil Manjeh et en blessant une autre personne.
Le 23 février, l’armée d’occupation turque a bombardé 25 fois les tranchées de la résistance près du village de Saida avec des bombes interdites et des matériaux au phosphore lancés à partir de chars. Il a également bombardé les collines d’Amidiya et Judy 83 fois avec des bombes, des canons, des chars et des armes lourdes.
Le 24 février, un attentat à la voiture piégée perpétré par les services de renseignement turcs (MIT), dans la région d’Al-Shaqif, au nord du quartier Sheikh Maqsoud à Alep, a entraîné la mort d’un membre du Comité économique, Hamza Kobani (Mehmet Yildirim), et la blessure de 3 autres. Le même jour, l’armée d’occupation turque a bombardé 17 fois des sites de résistance près du village de Saida avec des bombes au phosphore et des bombes interdites. La région de la colline FM et la région de Jamjo ont également été bombardées 65 fois avec des canons et des chars.
Le 25 février, les Forces de sécurité intérieure ont annoncé la mort de l’un de ses membres (Mutashar Al-Ahmad) lors d’une attaque terroriste alors qu’il accomplissait son devoir national de défendre sa terre. Le camp d’Ain Issa et la route internationale 4M ont également été bombardés à l’arme lourde. Les zones de guérilla ont également été bombardées deux fois par des avions de combat, 6 fois par des hélicoptères, 65 fois par des chars et des obus et 17 fois par des armes contenant du phosphore et des produits chimiques interdits.
Le 26 février, les positions de la guérilla kurde ont été bombardés une fois par des avions de combat de l’armée d’occupation, et 43 fois par des chars, des obus d’artillerie et des armes lourdes. Les tranchées de la guérilla près du village de Sida ont été bombardées à 15 reprises par des obus chargés de phosphore. L’armée d’occupation turque a également bombardé le village d’Al-Kouzeliya dans la campagne sud du district le long de la route internationale M4 et le village d’Umm Al-Kif dans la campagne ouest avec de l’artillerie lourde.
Le 27 février, une voiture a explosé près de l’école primaire, Rufaida Al-Aslamiya, dans le quartier Al-Kallasa de la ville d’Al-Hasakah, blessant un combattant et deux citoyens, dont une femme de 70 ans nommée Amina Khalil Darwish (70 ans). Le camp d’Ain Issa et les villages de Sidon et Khalidiya ont été bombardés à l’arme lourde.
Les unités de résistance de Şengal ont également annoncé la mort de deux de ses commandants, Bir Gekko (Saad Ali Badal) et Aker Jafri (Khairy Khidr Khalaf), et un autre blessé après avoir été pris pour cible par les drones de l’État d’occupation turc dans le village de Bahrava, à Shengal.
Une femme (Wadha Ali Al-Fares) a également été blessée au pied gauche après avoir été ciblée par l’armée d’occupation turque à proximité du village d’Al-Dardara, à l’est du district de Tal Tamr, canton d’Al-Hasakah, alors qu’elle faisait paître ses moutons.
ANHA