En quelques mois, le régime iranien a pendu près de 200 prisonniers, dont 51 kurdes et 42 baloutches, écrit l’ONG Hengaw.
Selon les données collectées par HENGAW, en Iran, au moins 199 prisonniers ont été exécutés au cours des 126 premiers jours de 2023. 51 prisonniers kurdes et 42 prisonniers baloutches figuraient parmi ceux qui ont été exécutés, ce qui équivaut à 55% de tous les prisonniers dont l’identité a été vérifiée par Hengaw. L’identité de 31 des prisonniers qui ont été exécutés n’a pas encore été clarifiée tandis que 5 des exécutés étaient des ressortissants étrangers. (via Gordyaen B.Jermayi)
Depuis le début des manifestations anti-régime déclenchées par le meurtre de Jina Mahsa Amini à Téhéran le 16 septembre 2022, des dizaines de milliers de civils ont été emprisonnés et certains d’entre eux risquent la peine de mort, tandis que les mollahs ont intensifié les exécutions des prisonniers politiques et du droit commun.
PARIS – La deuxième édition du Festival culturel kurde de Paris (FCKP) se poursuivra demain avec une pièce de théâtre jouée par la troupe kurde Teatra Arin à Sarcelle, en région parisienne.
Le lundi 8 mai, venez assister à la présentation de la pièce kurde, « Gûl Bê Strî Nabê » (Il n’y a pas de rose sans épines) jouée par la compagnie Teatra Arin fondée il y a trois ans par des comédiens membres du mouvement culturel kurde (TEV-ÇAND) à Paris. Il s’agit d’une comédie en un acte écrite par Şaliko Bêkes, un écrivain kurde de Russie.
« Gûl Bê Strî Nabê* » a été mis en scène par Saniye Tunç, une ancienne élève du centre culturel kurde Mezopotamya (Navenda Çanda Mezopotamya)
Avec les comédien.e.s:Baran YilmazPiya Colîne CelikSefiq Yildiz*Initialement, les organisateurs du festival culturel kurde avait invité la troupe Şanoya Bajêr a Amedê venue de Diyarbakir, la capitale du Kurdistan, pour une adaptation en kurde de « Tartuffe », la célèbre pièce de Molière. Mais les acteurs de la troupe Yavuz Akkuzu, Özcan Ateş, Hamsena Özbey et Sadettin İnal ont été arrêtés lors des rafles politiques menés par le régime turc le 25 avril dernier à Diyarbakir (Amed), contraignant un changement de programme à la dernière minute.
RDV le lundi 8 mai, à 19hSalle André Malraux29 rue Taillepied95200 Sarcelles
SYRIE / ROJAVA. Un commandant de l’armée nationale syrienne a violé une fillette kurde de 10 ans à Afrin, canton kurde occupé par la Turquie et ses gangs jihadistes depuis 2028, rapporte l’agence Mezopotamya.
Cet acte abject avait été signalé par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH / SOHR) qui a écrit : « Le chef du gang Al Amshat, qui appartient à la force d’occupation turque, Ahmed Mamdouh, a violé une fillette de 10 ans dans les quartiers Shih d’Afrin. Après son crime, ce gangster s’est enfui au village de Kura dans le district de Cindires. »
L’agence Mezopotamya ajoute que ce viol d’enfant n’est pas « le premier crime commis par la Turquie et ses gangs affiliés contre les femmes et les enfants dans l’Afrin occupé. Les viols, les massacres (…) et les enlèvements sont désormais devenus des événements ordinaires. Afrin est occupée depuis 5 ans et les pratiques inhumaines se poursuivent ici sans interruption. »
PARIS – Depuis le samedi 6 mai, la Société des Poètes Français accueille une expo des œuvres du couple d’artistes arméno-kurde, Annie Kouyoumdjian et Ziya Aydin.
L’artiste kurde originaire de Dersim, Ziya Aydin peint souvent des paysages de campagne de son enfance tandis qu’Annie Kouyoumdjian privilégie l’art abstrait monochrome, comme en témoigne sa dernière série « Les Lyrides d’avril » rouge-sang.
Annie Kouyoumdjian est une peintre et sculptrice passionnée par l’art abstrait et enseigne la musique et joue à perfection du bandonéon.
Peintre et maître verrier, Ziya Aydin dédicacera par ailleurs son livre de recueils Contes kurdes de Dersim – Sanikê Kirmanciya Dêsimî (livre bilangue zazakî-français) le jeudi 11 mai. Il s’agit de 27 contes anciens que la mère de Ziya Aydin racontait en zazakî, un des dialectes kurdes parlés dans la région de Dersim.
Voici quelques images du vernissage d’hier soir qui a attiré du monde
Photo de couverture via Yakup Karademir
Expo à visiter du mardi au samedi, de 14h à 18h
Adresse:Espace MOMPEZAT – Société des poètes français16 rue Monsieur Le Prince75006 PARIS
PARIS – Le samedi 6 mai, le centre kurde de Paris a inauguré la deuxième édition de son Festival culturel kurde de Paris par un défilé folklorique suivi d’une cérémonie d’accueil à la salle des fêtes du 10e arrondissement en présence de plusieurs élu.es français.es. Cette année, le festival culturel kurde est dédié à la militante Evîn Goyî, au chanteur Mir Perwer et Abdurrahman Kızıl, victimes de l’attentat terroriste du 23 décembre 2022 de la rue d’Enghien.
Un défilé folklorique haut en couleur dans les rues de Paris
Des centaines d’hommes, femmes et enfants, la majorité habillée de tenues traditionnelles kurdes, ont arpenté les rues de Paris depuis le Centre Démocratique Kurde de France (CDK-F) de la rue d’Enghien, jusqu’à la Mairie du 10e arrondissement au son de la musique kurde jouée par des zurnas*, davuls et defs, coupée par des youyous femmes, avec des haltes fréquentes pour des rondes musicales (govend) en pleine rue.
Cérémonie d’accueil en présence d’élu.es français.es
Arrivée devant la Mairie du 10e, la foule joyeuse a dansé en ronde pendant plusieurs dizaines de minutes en bas des marches du bâtiment municipal avant de se rendre dans la salle des fêtes pour la cérémonie d’accueil.
Séance photo dans le hall de la mairie du 10e
La cérémonie d’inauguration a débuté par un hommage à Mîr Perwer, Evîn Goyî et Abdurrahman Kizil, avec la diffusion d’une chanson de la voix de Mîr Perwer. Berivan Fırat, membre du Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F), a parlé brièvement la culture kurde.
De nombreuses personnalités politiques, dont le sénateur de Paris Rémi Féraud, la sénatrice Laurence Cohen, le député insoumis Hadrien Clouet, le député écologiste Julien Bayou, les adjoints à la Maire du 10e arrondissement de Paris Pauline Joubert et Elie Joussellin, la présidente de l’Association France-Kurdistan Sylvie Jan, le président d’Acort Ümit Metin, le coprésident du Conseil de Coordination des Assyro-Chaldéens de France (CCACF) George Yaramis, des représentantes de la Fédération des femmes Kabyles, des militants de l’Association culturelle des travailleurs immigres de Turquie (ACTIT) et de élus de la ville de Sarcelles ont assisté à la cérémonie d’ouverture du festival culturel kurde.
Le sénateur parisien, Rémi Féraud a déclaré que : « Le 10 arrondissement est la patrie des Kurdes. C’est un honneur d’accueillir un tel événement. »
Lors de la cérémonie d’ouverture, le groupe de danse Govenda Rojbîn, les musicien.es Meral Alkan et Ulaş Kelaşin ont enflammé la salle avec leurs danses et chants accompagnés par le public. La salle a également rendu hommage aux martyrs de la lutte kurde en scandant les slogans « Şehîd namirin » (Les martyrs sont immortels) et « Jin, Jiyan, Azadi » (Femme, Vie, Liberté).
Meral Alkan
Le festival qui s’achèvera le 12 mai par un grand concert à la salle Gaveau se poursuit ce dimanche par un brunch kurde au centre kurde de Paris, au 16 rue d’Enghien. (Le programme du festival à consulter ici)
*LexiqueGovend: ronde folklorique kurde effectuée lors de mariages, fêtes ou d’autres événements joyeux Def: grand tambour sur cadreZurnas: instruments à ventDavuls: tambours à deux faces
TURQUIE – ISTANBUL – Pour le 3e samedi consécutif, la police turque a attaqué la veillée hebdomadaire du collectif Mères du samedi (Cumartesi Anneleri) réunis sur la place Galatasaray / Istanbul. Plus de 20 personnes, dont Şebnem Korur Fincancı, présidente de l’Association médicale turque (TTB), ont été détenues lors de l’attaque.
Les personnes détenues aujourd’hui lors du 945e rassemblement des Mères du samedi sont:Hanife Yıldız, Mikail Kırbayır, İrfan Bilgin, Maside Ocak, Hasan Karakoç, Faruk Eren, Filiz Karakuş, Sebla Arcan, Şebnem Korur Fincancı, Gülseren Yoleri, Ümit Efe, Leman Yurtsever, Meryem Göktepe, Gamze Hızlı, Mümtaz Murat Kök, Meriç Eyüboğlu, Erhan Pekçe, Sinan Gökçen, Ali Tosun, Yaşar Demircan
Les mères du Samedi se rassemblaient depuis mai 1995 sur la place Galatasaray, sous la forme d’une veillée pacifique, réclamant la vérité sur le sort de leurs proches enlevés par les forces paramilitaires dans les années 1990. Aujourd’hui, sous le règne du dictateur Erdogan, même cette veillée pacifique et légale des Mères du Samedi est attaquée par la police turque qui viole la loi de son propre pays.
TURQUIE / KURDISTAN – Dans le cadre des arrestations politiques visant le mouvement kurde à la veille des élections présidentielles et législatives turques du 14 mai, plus de 150 politiciens, féministes, avocats, journalistes ou de simples sympathisants du parti politique HDP ont été arrêtés depuis 25 avril à travers le pays tandis que des dizaines d’autres sont encore recherchés.
Dans l’enquête ouverte par le bureau du procureur général de Diyarbakır (Amed), 145 des 216 personnes qui ont reçu des mandats d’arrêt dans le cadre de l’opération, dont des journalistes, des politiciens, des artistes et des avocats, ont été arrêtées le 25 avril.
Les avocats Bahar Oktay, Fırat Yıldız, Muhittin Muğuç, Şerzan Yelboğa et Adile Salman, qui ont appris qu’ils avaient des mandats d’arrêt lancés contre eux, se sont rendus au bureau du procureur général de Diyarbakır pour êtres entendus.
Oktay, Yıldız, Muğuç et Salman ont été placés sous contrôle judiciaire et Yelboğa a été envoyé au tribunal avec une demande de détention.
Le tribunal a ordonné la détention de Yelboğa, tandis que Yıldız, Muğuç et Salman ont été libérés sous contrôle judiciaire, et Oktay a été libéré sans qu’aucune mesure ne soit prise contre lui.
Au cours de l’enquête, les avocats Serhat Hezer, Burhan Arta et Özüm Vurgun ont été arrêtés, et avec Yelboğa, le nombre d’avocats détenus est passé à 4.
Depuis le 25 avril, 52 des prévenus politiques kurdes ont été écroués pour terrorisme, tandis que 98 autres ont été remis en liberté.
Alors que les électeurs turcs et les Kurdes du Kurdistan « turc » s’apprêtent à se rendre aux urnes pour les élections présidentielles et législatives turques du 14 mai, une enquête récente montre que près de 80% des jeunes de Turquie sont dans une situation de pauvreté relative, 54% sont mécontents des conditions de vie et 43% des jeunes veulent vivre à l’étranger, tandis que 52% des jeunes femmes ne se sentent pas en sécurité dans un pays où les violences faites aux femmes et les féminicides ne cessent d’augmenter.
Voici les données de l’enquête réalisée par l’Association Habitat publiées par le site Bianet:
La proportion de jeunes satisfaits de leur vie a chuté à 46% au cours des cinq dernières années, et jusqu’à 80% des jeunes connaissent une pauvreté relative, indique un nouveau rapport de l’Association Habitat.
L’Association Habitat a publié son cinquième rapport sur le « Bien-être des jeunes en Turquie ». L’étude, en cours depuis 2017, a révélé que les conditions d’emploi avaient un impact considérable sur la satisfaction et l’espoir des jeunes quant à l’avenir.
L’organisation a interrogé 1 228 jeunes âgés de 18 à 29 ans dans 28 provinces de Turquie. Selon l’étude de 2017, 70,8 % des jeunes étaient satisfaits de leur vie, mais les recherches de cette année ont révélé que ce ratio était tombé à 45,6 %.
De même, en 2017, 66,6 % des jeunes étaient optimistes quant à leur avenir, alors que le chiffre de cette année était de 43,7 %.
Bianet a parlé avec plusieurs jeunes de leur situation.
« Je ne suis pas satisfait de ma vie »« Je ne suis pas satisfait de ma vie. Vous êtes jeune, mais vous ne pouvez pas vous amuser. Vous êtes jeune, mais vous ne pouvez pas explorer le monde. Vous êtes jeune, mais vous ne pouvez pas vous adonner à de nouveaux passe-temps. Vous êtes jeune, mais vous n’êtes pas jeune du tout », Yusuf B., un jeune de 25 ans qui travaille dans un agence de publicité.
Deniz G., une spécialiste des réseaux sociaux de 25 ans, est également pessimiste quant à leurs conditions de vie : « Je ne suis pas satisfaite de ma vie, mais j’aime la vie pour pouvoir être heureuse dans mes conditions de vie que je sais très Je rencontre quotidiennement des dizaines d’événements qui réduisent ma motivation. Pourtant, je dois endurer pour maintenir mes conditions actuelles. »43% des jeunes veulent vivre à l’étranger
28 % des jeunes souhaitent poursuivre leurs études à l’étranger, tandis que 43 % aspirent à résider dans un autre pays. La moitié d’entre eux pensent qu’ils ont le potentiel pour concrétiser ces ambitions, indique la recherche.
Dilara Y., une jeune femme qui a du mal à obtenir un visa pour voyager à l’étranger, estime qu’elle ne pourra pas vivre dans un autre pays même si elle le souhaite : « J’aimerais vivre dans un endroit où je pourrai être récompensée de mes efforts, l’éducation et le travail acharné. Je veux me sentir bien et en sécurité, mais il est même difficile d’obtenir un visa pour voyager à l’étranger. J’ai payé 3 800 lires (176,80 euros) pour un passeport, mais je ne sais pas si je peux obtenir un visa. Cela semble être une demande difficile dans ces conditions. »
Deniz G. exprime que ces conditions de vie rendent difficile la vie en Turquie : « Je ne veux pas vivre dans un autre pays, j’aime beaucoup mon pays, mais je ne suis pas satisfaite de mon niveau de vie dans mon pays. Je veux vivre dans une Turquie où les gens sont heureux et positifs, et ma famille et moi pouvons vivre dans des conditions humaines avec un niveau de vie élevé. (…) Je ne veux pas être forcée de fuir mon pays. »Le plus grand problème des jeunes : le coût de la vie
Seuls 38 % des jeunes sont satisfaits de leur situation financière. Ce taux est passé de 61 % en 2017 à 38 % aujourd’hui.
L’inflation et le coût de la vie sont les principaux problèmes auxquels les jeunes sont actuellement confrontés, suivis du chômage et des difficultés à trouver un emploi. D’autres préoccupations communes sont le coût élevé des loyers et la violence dans la rue, selon le rapport.
ENAG Inflation Research Group, une institution indépendante créée en 2020 pour surveiller l’inflation dans le pays, a indiqué que le taux d’inflation annuel des prix à la consommation de la Turquie était de 105,19 % en avril 2023, nettement supérieur aux affirmations officielles de 43,68 %.
La flambée de l’inflation et le coût élevé de la vie sont une préoccupation majeure pour les jeunes électeurs lorsqu’ils voteront aux élections législatives et présidentielles du 14 mai, les autres préoccupations étant le chômage et l’incapacité à trouver un emploi, souligne l’Association Habitat.
L’association a indiqué que 80 % des jeunes vivent dans une pauvreté relative, ce qui signifie que leurs revenus ne suffisent pas à subvenir à leurs besoins.
Le revenu des jeunes se situe entre 3 000 lires et 9 000 lires (environ 140 à 418 euros), tandis que le montant dont ils ont besoin se situe entre 9 000 lires et 18 000 lires (environ 418 à 837 euros).
« Je travaille et je ne dépense que de l’argent pour moi. Je n’ai aucune responsabilité car je vis avec ma famille, mais malgré cela, je suis en détresse psychologique car nous travaillons pour de maigres salaires. Je compare les écoles que j’ai fréquentées, l’examen stresse, les effort que j’ai fait pour en arriver là, et mon salaire à la fin du mois. Cela me démoralise encore plus », explique Dilara Y., ajoutant que le manque de sécurité financière est également un problème important, empêchant les jeunes de regarder vers l’avenir et avoir du courage.
Les revenus de Deniz G. sont également insuffisants.« Je ne suis pas satisfaite de ma situation financière. J’ai un revenu qui correspond presque aux exigences minimales de la vie humaine. Même si je vis avec ma famille et que je n’ai pas à payer les dépenses de la maison-cuisine-facture, en tant que jeune à 25 ans, même aller à un concert ou à une pièce de théâtre avec mes amis pèse sur mon budget », explique Deniz.
Les jeunes au cœur des prochaines élections
De plus, la recherche indique que les jeunes femmes ne se sentent pas en sécurité dans leur quartier.
Alors qu’en 2017, 55 % des femmes se sentaient en sécurité, ce nombre est maintenant tombé à 48 %. Bien que ce pourcentage ait également diminué chez les jeunes hommes, il reste supérieur à celui des jeunes femmes. En 2017, 70 % des jeunes hommes se sentaient en sécurité dans leur quartier résidentiel et sont tombés à 60 % à ce jour.
« Je ne me sens pas en sécurité dans un pays sans justice. Je suis terrifiée. Je suis très inquiète pour ma sécurité, celle de ma famille, de mes proches et de milliers de personnes que je ne connais même pas », remarque Deniz G.
Le mécontentement général des jeunes électeurs pourrait être crucial le jour du scrutin. Environ 5,2 millions de jeunes, soit 8 % de l’électorat, qui ont atteint l’âge de voter depuis l’accession au pouvoir du président sortant Erdoğan en 2003, voteront pour la première fois.
Selon un récent sondage , seuls 20 % des 18-25 ans voteront pour le chef de l’État en exercice et son parti au pouvoir.
Article original à lire ici: Turkey’s youth deprived, disillusioned and discontent ahead of May 14 elections, report shows
TURQUIE / KURDISTAN – Près de 300 personnes ont été arrêtées à travers la Turquie dans le cadre de quatre enquêtes distinctes visant les partis politiques, les organisations et les médias kurdes à la veille des élections présidentielles et législatives turques du 14 mai, empêchant le bon déroulement de la campagne électorale du parti kurde mais également mettant en danger le bon déroulement du scrutin.
L’agence Bianet rapporte que près de 300 personnes ont été arrêtées lors des récentes rafles politiques visant les partis politiques et diverses organisations kurdes.
Voici l’article de Bianet qui cite une responsables du parti HDP:
Quelque 295 personnes ont été arrêtées en Turquie au cours du mois dernier dans le cadre d’enquêtes et d’opérations visant le Parti démocratique des peuples (HDP), a déclaré aujourd’hui une responsable du parti.
Soixante et un des détenus ont été placés en détention provisoire, a déclaré Nuray Özdoğan, co-porte-parole de la Commission des lois et des droits de l’homme du parti, lors d’une conférence de presse.
Quatre enquêtes distinctes ont récemment été lancées contre le HDP et d’autres organisations centrées sur les Kurdes, notamment des partis politiques, des médias et des groupes d’avocats.
Özdoğan a noté que la répression est survenue des semaines après les élections cruciales, affirmant que « le gouvernement poursuit sa campagne électorale avec ses propres méthodes ».Elle a énuméré les incidents suivants :*Le 4 mars, 12 membres de notre parti, dont le coprésident de la province HDP d’Urfa, ont été arrêtés. Le même jour, 16 personnes, dont des membres du Conseil des jeunes du HDP, ont été arrêtées à Istanbul.*Le 25 avril, deux membres du HDP du Conseil exécutif central, 25 avocats qui travaillaient sur la sécurité des élections et 143 personnes qui travaillaient sur la campagne électorale et en tant que préposés aux urnes ont été arrêtés à Diyarbakır. Il y a encore des personnes recherchées en lien avec ces détentions. Dans ces détentions, 48 personnes, dont 5 avocats et 4 journalistes, ont été arrêtées. Des dizaines de personnes qui voulaient faire une déclaration à la presse contre cette opération de génocide politique ont également été arrêtées.*Le 26 avril, le candidat du Parti de la gauche verte à Kocaeli a été arrêté.*Après le rassemblement électoral tenu à Muş le 27 avril, de nombreuses personnes ont été arrêtées.*Le 29 avril, 19 personnes, dont deux journalistes et membres du parti, ont été arrêtées à Ankara.*Le 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse, deux journalistes et cinq autres personnes ont été arrêtés.*Le 30 avril, le coprésident du district de Gebze et quatre employés du parti ont été détenus et arrêtés.*Le 29 avril également, notre convoi électoral a été intervenu par la police anti-émeute à Ankara et trois personnes, dont l’avocat de notre parti, ont été battues.*Le 30 avril, 23 personnes, dont M. Şahin Tümüklü, le coprésident de notre parti constitutif ESP [Parti socialiste des opprimés], des candidats du Parti vert de gauche, des membres de l’ESP et des journalistes de l’opposition ont été arrêtés à Eskişehir et à Istanbul. M. Tümüklü, le candidat du Parti de la gauche verte et un journaliste faisaient partie des six personnes arrêtées.*Le 1er mai, lors de la campagne électorale à Kocaeli, nos candidats au parlement, Ömer Faruk Gergerlioğlu et Arzu Eylem Kayaoğlu, ont été victimes de violences physiques et verbales en présence policière. »
Version anglaise de l’article à lire ici: Nearly 300 people detained in operations targeting HDP in a month, says official
PARIS – Ce samedi 6 mai, le centre culturel kurde de Paris inaugure la deuxième édition du festival culturel kurde de Paris, dont le programme a été modifié à la dernière minute à cause d’arrestation d’un comédien kurde par le régime turc lors des rafles politiques du 25 avril dernier à Diyarbakir (Amed).
Voici le programme inaugural du festival culturel kurde de Paris du samedi 6 mai:
13h, manifestation culturelle et défilé traditionnel
Le Festival commencera en musique et couleurs avec un défilé folklorique depuis le 16 rue d’Enghien jusqu’à la Mairie du 10e arrondissement de Paris. Tout au long du parcours, le Govend (danse folklorique) et la musique seront au rendez-vous pour animer la parade. Tenues traditionnelles kurdes conseillées pour celles et ceux qui en ont ou qui peuvent s’en procurer.
RDV à 13h, au centre culturel kurde Ahmet Kaya16 rue d’Enghien, 75010 Paris15h, cérémonie d’inauguration, Mairi du 10e
La cérémonie d’inauguration aura lieu dans la salle des fêtes de la Mairie du 10ème arrondissement de Paris. Elle débutera par un discours d’accueil, suivi d’un concert de musique avec la chanteuse et musicienne Meral Alkan et le chanteur Ulaş Kelaşîn. La soirée se poursuivra avec une représentation théâtrale et musicale mettant en scène la danse folklorique kurde (govend).
RDV à 15, à la Mairie du 10e arrondissement de Paris72 Rue du Faubourg Saint-Martin, 75010 Paris
Le programme complet du festival à consulter ici: Programme du festival culturel kurde de Paris, édition 2023