TURQUIE. Détention d’un couple kurde et leurs six enfants à Şirnak

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TURQUIE / KURDISTAN – Un couple kurde et leurs 6 enfants ont été arrêtés lors d’un raid policier à Şirnak/Cizre. La police turque a mené plusieurs raids ciblant le mouvement politique kurde à Cizre, dans la province de Şirnak. Huit membres d’une même famille ont été détenus dans le quartier de Sur. Parmi les détenus, il y a 5 mineurs de moins de 18 ans, en plus de leurs parents. Agence Mezopotamya

CEDH: Demirtaş et Yüksekdağ ont été privés de l’assistance effective de leurs avocats

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La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a statué sur la requête déposée par les anciens coprésidents du parti « pro-kurde » HDP, Figen Yüksekdağ et Selahattin Demirtaş au motif qu’ils n’avaient pas pu bénéficier d’une assistance effective pour contester leur détention en vertu du droit interne. La CEDH a jugé que Demirtaş et Yüksekdağ avaient subi une « violation de leurs droits » concernant la procédure d’appel contre leur détention en vertu du droit interne. Ils avaient demandé à faire appel de leur détention en vertu du droit interne au motif qu’ils n’avaient pas reçu d’assistance effective. Demirtaş et Yüksekdağ se sont plaints en particulier que les autorités pénitentiaires surveillaient leurs rencontres avec leurs avocats et confisquaient les documents qu’ils partageaient avec leurs avocats. Ces mesures ont été mises en œuvre en vertu d’un décret publié à la suite de la tentative de coup d’État militaire du 15 juillet 2016. Demirtaş et Yüksekdağ ont invoqué par ailleurs l’article 5 § 4 (droit à un examen rapide de la légalité de la détention) de la Convention qui n’a pas été appliqué dans leur cas.

TURQUIE. Une députée kurde condamne la présence d’un député polygame au parlement

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TURQUIE – Un député islamiste ayant trois épouses siège au parlement turc suite aux élections législatives controversées du 14 mai dernier. La député kurde du parti EMEP, Sevda Karaca a déclaré que l’élection au parlement d’un individu polygame est inacceptable car il s’agit d’une infraction pénale selon les lois du pays. Elle faisait référence à Ali Yüksel du parti islamiste Yeniden Refah Partisi (YRP), « marié » à trois femmes, un fait qui a provoqué l’indignation des organisations de femmes. La députée du Parti du travail (Emek Partisi) alliée au Parti de la gauche verte (Yeşil Sol Parti), Sevda Karaca a exprimé sa ferme opposition à la présence d’individus polygames au parlement turc lors de son discours aux médias au moment de son enregistrement au parlement turc jeudi dernier. Les propos de Karaca visait à Ali Yüksel du parti Yeniden Refah (YRP), qui est actuellement député de la province de Konya, dans le centre de la Turquie. Des révélations récentes ont fait surface indiquant que Yüksel avait trois épouses, un fait qui a suscité de nombreuses critiques de la part d’organisations de femmes et d’activistes plaidant pour l’égalité des sexes. Karaca a fermement affirmé que la polygamie n’est pas seulement une infraction pénale dans les limites du parlement, mais aussi un crime dans tout le pays. Elle a souligné les progrès significatifs accomplis par les femmes dans la garantie de leurs droits civils et a souligné l’importance de maintenir l’égalité entre les hommes et les femmes au sein de la cellule familiale. Karaca s’est opposé avec véhémence au fait de permettre aux individus qui commettent de telles infractions d’occuper des postes au sein du parlement. « Le fait qu’un individu engagé dans la polygamie puisse être député ou même chef dans ce pays est tout simplement inacceptable. Une action en justice doit être intentée et aucune immunité ne peut justifier une telle situation. Cela viole non seulement le Code civil, mais sape également les droits égaux des femmes en matière de citoyenneté », a déclaré Karaca. Les organisations de femmes ont fait écho aux préoccupations de Karaca et ont condamné la présence de Yüksel au parlement. Canan Güllü, présidente de la Fédération des associations de femmes de Turquie, a qualifié le rôle de Yüksel au parlement turc d’« erreur, de crime et de violation contre les femmes ». Güllü a également souligné la violation de la Constitution, notant l’absence d’une condition officielle de mariage pour les cérémonies religieuses depuis 2016. D’autres critiques ont été exprimées par Birsen Baş Topaloğlu, directrice du Centre des droits des femmes de l’Association du barreau d’Istanbul, qui s’est inquiétée de la montée en puissance de députés ayant des opinions opposées à la laïcité et prônant la polygamie. L’avocate féministe Hülya Gülbahar a en outre condamné le parlement, affirmant qu’il était devenu le plus misogyne de l’histoire en raison de la présence de partis tels que le YRP et l’extrémiste sunnite HÜDA-PAR. Gülbahar a fait valoir que la question de la polygamie dont jouissent les hommes est directement liée à la maltraitance des enfants, soulignant le besoin urgent de changement. En réponse aux critiques, Ali Yüksel a déclaré qu’il n’était pas polygame, affirmant que sa première femme est décédée en 2005 et qu’il a divorcé de sa deuxième femme en 2018. Medya News

Réouverture partielle du poste-frontière entre le Kurdistan irakien et le Rojava

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Les autorités kurdes d’Irak ont annoncé hier la réouverture du poste-frontière reliant le Kurdistan irakien à la région autonome du Rojava / Syrie du Nord et de l’Est, après 26 jours de fermeture unilatérale. Cependant, le poste-frontière ne sera ouvert qu’à des unités de personnel spécifiques et à des ONG d’aide humanitaire, selon les autorités kurdes d’Irak. La réouverture du poste frontière de Semalka est un soulagement pour la région, qui est aux prises avec une pénurie de fournitures essentielles, notamment du lait maternisé et des produits de base. La fermeture du poste frontière le 11 mai par le gouvernement régional du Kurdistan (GRK), sans explication détaillée ni date de réouverture, a aggravé les inquiétudes et exacerbé la crise humanitaire dans la région. Selon la direction, le poste frontière de Semalka fonctionnera selon les règles en vigueur avant sa fermeture, c’est-à-dire qu’il sera ouvert trois jours par semaine : dimanche, lundi et mercredi. Alors que l’accent sera initialement mis sur la facilitation du travail des organisations impliquées dans les efforts d’aide humanitaire, on espère que la reprise du trafic commercial stabilisera progressivement les prix et allégera la pression économique sur les communautés locales. Au cours des dernières semaines, plusieurs réunions ont eu lieu entre médiateurs et responsables du Kurdistan irakien visant à trouver une solution à la fermeture soudaine du point de passage. Le point de passage de Semalka sert de lien crucial entre l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES) dirigée par les Kurdes et le Gouvernement Régional du Kurdistan en Irak. Environ 60% des denrées alimentaires et des produits entrant dans le nord et l’est de la Syrie passent par Samalka / Faysh Khabur. Outre son importance pour la circulation des biens et des personnes entre les deux régions, la traversée joue également un rôle essentiel pour transporter les patients atteints de maladies incurables et faciliter les visites, notamment de l’étranger. Le Kurdistan irakien avait déjà fermé unilatéralement le poste-frontalier de Samalka / Fish Khabur pendant 40 jours fin de 2021. Medya News    

IRAN. Les femmes détenues soumises aux fouilles rectales et vaginales

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IRAN – Les manifestations provoquées il y a près de 9 mois suite au meurtre de Jina Mahsa Amini, une jeune Kurde tuée par la police des mœurs pour un voile « mal porté », ont été sévèrement réprimées par le régime et plusieurs milliers de jeunes, adolescents et enfants détenus par le régime sont victimes de traitements inhumains, dont des violences sexuelles et meurtres sous la torture qui ont été documentés à plusieurs reprises. Dans l’article suivant, le site IranWire publie le témoignage d’une activiste qui dénonce les fouilles rectales et vaginales subies par les femmes détenues. De nombreux rapports continuent de faire état de femmes soumises à des traitements inhumaines dans les centres de détention iraniens, notamment des actes de torture, des violences sexuelles et des humiliations. Une militante des droits des enfants de la ville de Tabriz, au nord-ouest, a déclaré à IranWire que de nombreuses femmes détenues ont été contraintes d’exposer leur corps nu devant des caméras, sans connaître le but de ces vidéos et qui aurait accès aux enregistrements. Les interrogateurs ont également soumis les détenues à des contacts physiques invasifs, y compris des examens rectaux et vaginaux, pour s’assurer que les prisonnières ne cachaient rien, a déclaré Nargis, qui est un pseudonyme pour protéger son identité. Nargis, qui a été détenue lors de manifestations à l’échelle nationale l’année dernière, est elle-même victime de fouilles corporelles aussi invasives et humiliantes. Elle a déclaré que les autorités soumettent les détenues à des traitements « illégaux » et « inhumains » pour les « briser mentalement ». Nargis a déclaré qu’elle avait été soumise à un total de huit déshabillages et fouilles corporelles avant son transfert entre le centre de détention et les services de renseignement. « Chaque matin, tout au long de mon interrogatoire, lorsqu’ils m’ont transportée du centre de détention au département du renseignement et vice-versa, j’ai subi le même type de fouille physique. Au cours des deux derniers jours, lorsque j’ai été emmenée en prison, j’ai subi deux autres fouilles physiques. Ils ont méticuleusement fouillé nos vêtements et inspecté nos soutiens-gorges et nos culottes. Ils ont vidé les poches de nos pantalons et autres vêtements, et si nous portions une ceinture, ils l’examinaient aussi. » Narges a déclaré que la fille de trois ans de l’une des agents avait assisté à au moins une des fouilles à nu. « J’ai protesté, refusant de me déshabiller devant l’enfant, et [la mère] m’a ordonné de m’écarter. Certaines femmes, arrêtées pour des accusations liées à la drogue, ont également été soumises à des inspections avant moi. » Narges a déclaré que certaines fouilles à nu ont été filmées : « J’ai été transférée d’un service de renseignement à un autre. Le bureau du renseignement disposait d’un petit espace dépourvu de caméras où nous avions pour instruction de nous déshabiller. Une fois entièrement nues, nous devions nous asseoir et jouer des mouvements spécifiques pour s’assurer que si nous avions dissimulé quoi que ce soit, il serait expulsé. J’ai protesté avec véhémence contre cette pratique dégradante. » Narges a déclaré que de telles inspections physiques contrevenaient à l’article 53 du code régissant l’organisation des prisons. L’activiste a déclaré que cet article exige que ces inspections aient lieu dans une pièce désignée et que, dans la mesure du possible, des appareils électroniques doivent être utilisés pour les fouilles corporelles. « Le règlement interdit explicitement les inspections corporelles sans vêtements ou les examens intimes… Pourtant, ces violations persistent. J’ai été fouillée sans appareils électroniques (…). » Article en anglais à lire ici: Activist Exposes “Inhumane” Rectal, Vaginal Searches In Iran Jails

IRAN. Décès suspect d’une policière qui avait démissionné

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IRAN / ROJHILAT – Mansoure Segund, une policière kurde qui a démissionné en protestation des attaques ciblant ls manifestants est morte à Abdanan (province d’Ilam). Avant sa mort (meurtre), les renseignements iraniens avaient menacé la jeune femme déclarant qu’elle pourrait être assassinée par les forces gouvernementales. Suite aux menaces, Mansoure Segund s’était cachée mais avait déclaré que « tôt ou tard, on me retrouvera et me tuera »… Les autorités iraniennes ont prétendu que la jeune femme était morte suite à une crise cardiaque. #jinjiyanazadi #iranrevolution #iranwomen #iranterrorist

IRAN. Les forces armées iraniennes ont abattu un kolbar kurde

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IRAN / ROJHILAT – Les forces iraniennes ont abattu Hoshyar Hasanzada, un kolbar kurde de 20 ans, en le visant à la tête et à la poitrine. Le jeune homme a perdu la vie à l’hôpital Salahadin Ayubi, à Banêh. Les kolbars (ou kolbers) sont des porteurs qui transportent des marchandises sur le dos à travers les frontières de l’Iran et sur de longues distances, principalement dans les zones kurdes pauvres et montagneuses adjacentes à l’Irak. Tous les ans, des dizaines de kolbars sont abattus par les forces iraniennes et turques impunément. D’autres perdent la vie en tombant lors du trajet sur les sentiers dangereux à travers les montagnes ou meurent gelés dans la neige.  

SUEDE. Manifestation contre la criminalisation des Kurdes à la demande d’Erdogan

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STOCKHOLM – Sous la devise « Non à l’OTAN, pas de lois Erdoğan en Suède », des centaines de personnes ont défilé à Stockholm contre l’introduction de lois « antiterroristes » ciblant les Kurdes et l’entrée prévue du pays nordique dans l’OTAN. Dimanche après-midi, des centaines de manifestants ont défilé à Stockholm contre le durcissement des lois suédoises sur le terrorisme. Le réseau « Alliance contre l’OTAN » (NEJ TILL NATO) ; une alliance d’organisations kurdes, du mouvement suédois pour la justice climatique et de groupes de gauche, anarchistes et féministes. Leur devise était : « Non à l’OTAN, pas de lois Erdoğan en Suède ». Il y avait de nombreuses personnalités politiques, des militants des droits de l’homme et des intellectuels parmi les manifestants. De nouvelles lois antiterroristes sont entrées en vigueur en Suède la semaine dernière, criminalisant la participation, la promotion, le renforcement et le soutien d’une « organisation terroriste » dans le pays et à l’étranger et passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à huit ans de prison. La modification de la loi était une exigence clé de la Turquie pour accepter l’adhésion de la Suède à l’OTAN. Sous l’impression de la guerre d’agression russe contre l’Ukraine, Stockholm a demandé son admission dans l’alliance de défense occidentale en 2022. Le chef de l’État turc Recep Tayyip Erdoğan accuse le pays scandinave d’être un refuge pour les « terroristes », notamment les personnalités de l’opposition kurde et les membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Depuis un an, il oppose son veto à l’adhésion de la Suède à l’OTAN. Erdoğan appelle à une position plus dure contre les militants kurdes, qu’il considère comme des « terroristes », Stockholm parie maintenant sur le fait que la législation plus stricte peut résoudre le blocus turc de l’adhésion de la Suède à l’OTAN. ANF

IRAN. Deux séismes ont frappé la province kurde de Kermanchah

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IRAN / ROJHILAT – Deux séismes se sont produits aujourd’hui dans la province kurde de Kirmashan (Kirmaşan), au Kurdistan « iranien ». On ne sait pas encore si les séismes ont fait des victimes ou des dégâts. Le Centre d’enregistrement des tremblements de terre de l’Université de Téhéran a annoncé que le tremblement de terre d’une magnitude de 4,7 sur l’échelle de Richter s’est produit dans la ville de Gaware du district de Dalaho à l’ouest de la province de Kermashan. Selon les informations, une demi-heure après le premier séisme, un autre séisme d’une magnitude de 4 s’est produit dans le district de Dalaho. Dalaho a population de plus de 40 000 personnes et se trouve à 100 km du centre de la ville de Kirmashan. (Via Rûdaw)

KURDISTAN. L’armée irakienne lève le siège du camp de réfugiés de Makhmour

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IRAK / KURDISTAN – L’armée irakienne encerclait le camp de réfugiés kurdes de Makhmour depuis 16 jours pour prendre le contrôle du camp qui est autogéré depuis des décennies et qui fait grincer les dents de la Turquie. La résistance acharnée des réfugiés de Makhmour a fait reculer l’armée irakienne qui vient de lever son siège ce dimanche 4 juin. L’Assemblée populaire démocratique de Maxmur a déclaré ce soir qu’à la suite d’un accord conclu, l’armée irakienne s’est retirée des alentours du camp. Le coprésident de l’Assemblée populaire démocratique, Yusuf Kara, a déclaré : « Notre peuple résiste au siège de l’armée irakienne depuis 16 jours. Ce siège n’était pas nouveau. En 2021, ils voulaient entourer notre camp de clôtures grillagées. Les attaques en question se développent sous la pression de l’État turc et de la famille Barzani. Le PDK et l’État turc veulent évacuer le camp de Maxmur. Jusqu’à présent, les habitants du camp n’ont pas violé les lois irakiennes. Lors de nos réunions avec l’Irak, nous leur avons constamment rappelé qu’ils ne devaient pas agir conformément aux souhaits de l’État turc et du PDK ». MAKHMOUR DANS LE VISEUR DE LA TURQUIE Le camp, qui abrite environ 12 000 réfugiés kurdes, a été la cible de plusieurs frappes aériennes turques ces dernières années. Cependant, ni le gouvernement irakien, ni le gouvernement régional du Kurdistan (KRG) ni l’ONU n’ont condamné ces attaques, provoquant la consternation parmi les résidents du camp.