IRAK / KURDISTAN – Firyal Silêman Xalid, une femme politique kurde originaire du Rojava, a été assassinée aujourd’hui à Kirkouk. Les sources kurdes accusent les agents turcs d’être derrière cet assassinat car la Turquie a déjà tué d’innombrables personnalités politiques kurdes dans la région.
Faryal Suleiman Khaled (Zelal Zagros), membre du mouvement kurde Kongra Star, a été assassinée aujourd’hui par deux assaillants à moto devant le lycée Sêgirme, dans le quartier Rehimava de Kirkouk (Kerkuk). Les sources kurdes accusent les agents turcs d’être derrière cet énième assassinat ciblant une personnalité politique kurde.
SYRIE / ROJAVA – Les autorités judiciaires kurdes du Rojava ont appelé les forces internationales à agir face aux conséquences et répercussions des bombardements turcs qui compromettent le processus de réhabilitation et les mesures de sécurité prises pour protéger les prisons où sont détenus les mercenaires de l’EI.
Le Centre des médias de l’administration autonome démocratique du nord et de l’est de la Syrie a publié un communiqué (publié par le Bureau de la justice et des affaires de réforme), soulignant les répercussions des bombardements turcs sur la lutte contre l’Etat islamique et ce qui doit être fait dans le contexte de la préservation et de lutte pour éradiquer les dangers représentés par le groupe terroriste.La déclaration indiquait :« Le bombardement turc sur la prison d’Al-Sinaa à Hasaka crée des répercussions négatives dans tous les domaines et menace les procédures de sécurité utilisées pour protéger les prisons et les centres de réinsertion, notamment ceux qui comptent des milliers de détenus de l’organisation terroriste DAECH, dont des dirigeants très dangereux (…). Cette agression contre nos régions ouvre la voie à un état de chaos à l’intérieur des prisons et des centres de réhabilitation, d’autant plus que nous avons surveillé par nos propres procédures la présence d’une sorte de volonté parmi les terroristes de profiter des attaques turques.Nous, au Bureau de la justice et de la réforme, [alertons sur] les conséquences de cette escalade et ses répercussions, et nous appelons la communauté internationale et les forces participant aux opérations de lutte contre les organisations terroristes, y compris l’EI, à faire preuve d’un sérieux et à ne pas tolérer les conséquences et répercussions des bombardements turcs qui compromettent le processus de réhabilitation et les mesures de sécurité prises pour protéger les prisons où sont détenus les mercenaires de l’EI. Nous soulignons la nécessité de solidarité et de coopération pour éviter que l’organisation terroriste DAECH, à la lumière de ses efforts en cours et de ses cellules dormantes, ne profite (…) des attaques turques. »
ALLEMAGNE – Les organisations de défense des droits humains, le Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits de l’homme (ECCHR) et Les Syriens pour la vérité et la justice (STJ) ainsi que six victimes ont déposé une plainte pénale auprès du parquet fédéral allemand pour enquêter sur les crimes de guerre commis par les forces armées dans le canton kurde d’Afrin sous l’occupation de la Turquie depuis mars 2018.
Depuis 2018, des milices armées, soutenues par la Turquie, commettent des crimes relevant du droit international à Afrin, dans le nord de la Syrie. Pour lutter contre ces crimes, les organisations de défense des droits humains, le Centre européen pour les droits constitutionnels et humains (European Center for Constitutional and Human Rights-ECCHR) et Syriens pour la vérité et la justice (Syrians for Truth and Justice-STJ), ont déposé une plainte pénale auprès du parquet fédéral allemand.
Il y a six ans, en janvier 2018, la Turquie et les milices armées alliées de l’Armée nationale syrienne (SNA) ont commencé à bombarder la région d’Afrin dans le cadre de l’opération militaire dite du « Rameau d’olivier ». L’offensive militaire a duré plus de deux mois et a entraîné le déplacement de plus de 300 000 civils, dont une majorité de Kurdes. Avec le soutien de la Turquie, les milices armées ont établi un régime arbitraire qui perdure encore aujourd’hui.
« La population d’Afrin, et en particulier ses citoyens kurdes, sont confrontés à des violations généralisées et systématiques depuis 2018. Ces abus vont des disparitions forcées, des arrestations arbitraires et de la torture aux violences sexuelles. La saisie des biens de la population locale par le biais de pillages et d’occupations ainsi que de taxes exorbitantes empêchent les habitants déplacés d’Afrin de rentrer chez eux et visent à contraindre ceux qui restent à fuir », explique Bassam Alahmad, directeur exécutif du STJ.
Ces violations des droits humains commises par les milices pro-turques et islamistes constituent des crimes au regard du droit international et peuvent faire l’objet d’enquêtes partout dans le monde. Le 18 janvier 2024, avec six survivants des crimes, STJ, ECCHR et leurs partenaires ont déposé une plainte pénale auprès du parquet fédéral allemand, appelant à une enquête approfondie sur les auteurs.
« Trois ans après ma sortie de prison, je me retrouve toujours dans un cauchemar douloureux. Tout ce que j’ai vécu à Afrin a été cruel. Parce que je sais que la population doit encore vivre dans des conditions similaires, j’ai consacré ma vie à faire cesser l’injustice, attirer l’attention du monde entier, dans l’espoir que justice sera rendue et que les auteurs seront tenus pour responsables », déclare un survivant et plaignant.
Jusqu’à présent, les crimes du régime d’Assad et des groupes islamistes tels que Jabhat al-Nosra et DAECH ont fait l’objet d’enquêtes menées par le ministère public fédéral. Cependant, les souffrances endurées par la population civile majoritairement kurde du nord-ouest de la Syrie n’ont pas encore été prises en compte.
« Depuis 2011, le ministère public fédéral enquête sur de nombreux crimes contre les droits de l’homme commis en Syrie. Le procès pour torture commis par l’État syrien devant le tribunal régional supérieur de Coblence a été sans précédent. La Syrie a jusqu’à présent été un angle mort dans ces enquêtes. Cela doit changer, car les milices qui font la loi à Afrine fondent leur autorité sur la violence et l’arbitraire avec le soutien de la Turquie », a déclaré Patrick Kroker, l’avocat responsable de la Syrie pour ECCHR..
L’ECCHR travaille depuis 2012 pour répondre aux graves crimes commis en Syrie. En collaboration avec une centaine de survivants de la torture et des organisations partenaires syriennes et européennes, l’ECCHR a déposé un certain nombre de plaintes pénales en Allemagne, en Autriche, en Suède et en Norvège contre des membres de haut rang de l’appareil de sécurité syrien.
Afrin occupée depuis 2018
Afrin, également connue sous le nom de Çiyayê Kurmênc, est une ville située dans la partie occidentale du Rojava, à 63 km d’Alep et 90 pour cent de ses habitants sont des Kurdes (chiffres d’avant l’occupation turque de 2018). Avant son occupation par l’État turc en 2018, Yézidis, Arabes et Arméniens vivaient dans l’unité et la solidarité dans la ville qui compte 6 districts et près de 400 villages. Bien qu’elle ait été exposée à une vague migratoire massive en provenance d’autres villes syriennes telles qu’Alep, Deraa, Homs, Idlib, Hama et Raqqa en 2011, la ville a également maintenu la paix et la stabilité en Syrie. C’était aussi un pôle économique potentiel.
Les puissances hégémoniques, qui considéraient le modèle de gestion démocratique du nord-est de la Syrie comme une menace pour leurs propres intérêts, ont trouvé un prétexte et ont poussé la République fasciste turque à envahir Afrin le 20 janvier 2018, sous le nom d’« Opération Rameau d’Olivier ». Avec cette attaque, le chef fasciste Erdoğan envisageait d’envahir la ville avec son armée en quelques jours. Cependant, une résistance exceptionnelle a été opposée pendant 58 jours sous la direction des forces du YPG et du YPJ avec une large participation de la population.
Le canton d’Afrin était le canton le plus occidental du Rojava et du nord et de l’est de la Syrie, abritant 200 000 Kurdes de souche. Bien que la population soit majoritairement kurde, elle abritait divers groupes religieux, notamment des Yézidis, des Alaouites et des Chrétiens, aux côtés de musulmans sunnites.
Le 20 janvier 2018, la Turquie a lancé des frappes aériennes sur 100 sites à Afrin, au début d’une invasion qu’elle a surnommée « Opération Rameau d’Olivier ».
L’armée de l’air turque a bombardé sans discernement des civils ainsi que des positions des YPG/YPJ, tandis qu’une attaque terrestre a été menée par des factions et des milices organisées sous l’égide de l’armée nationale soutenue par la Turquie.
Le 15 mars, les milices soutenues par la Turquie avaient encerclé la ville d’Afrin et l’avaient soumise à des bombardements d’artillerie. Une frappe aérienne turque a frappé le seul hôpital fonctionnel de la ville, tuant 16 civils.
Les civils ont fui et les FDS se sont retirés et, le 18 mars, la Turquie occupait de facto Afrin. Entre 400 et 500 civils sont morts lors de l’invasion, en grande majorité à cause des bombardements turcs. D’autres civils ont été sommairement exécutés sur le terrain.
Avant l’invasion turque, Afrin était l’une des régions les plus paisibles et les plus sûres de Syrie, n’ayant pratiquement jamais connu de combats pendant la guerre civile, à l’exception d’escarmouches occasionnelles entre les YPG/YPJ et les forces jihadistes à ses frontières. En conséquence, Afrin a offert un refuge paisible à plus de 300 000 personnes déplacées internes venant d’ailleurs en Syrie.
La Turquie possède plus de 50 bases militaires dans la ville occupée depuis plus de 5 ans. En outre, divers crimes, notamment l’enlèvement, le pillage, le vol, la torture, le viol, le génocide historique et culturel et le changement démographique, ont été commis dans presque toutes les rues de la ville. Environ 700 civils ont été torturés et tués, et environ 9 000 autres ont été kidnappés. Ces chiffres couvrent uniquement les crimes signalés. Il y a aussi ceux dont on ne sait pas où ils se trouvent. En outre, de nombreux médias et organisations de défense des droits de l’homme ont révélé que plus de 100 sites historiques avaient été pillés et que près de 400 000 arbres avaient été abattus dans la ville. (ANF)
TURQUIE / KURDISTAN – Le prisonnier politique kurde atteint d’un cancer, Abdullah Varışlı est décédé. Il a été enterré dans sa ville natale, Cizîra Botan.
Le prisonnier malade Abdullah Varışlı, détenu à la prison d’Erzurum Oltu et qui suivait un traitement contre le cancer depuis des années, est mort d’une hémorragie interne mardi dernier.Le corps de Varışlı a été emmené mercredi par sa famille et enterré dans sa ville natale, le village d’Emerîn, dans le district de Cizira Botan à Şirnak.Un prisonnier transporté à l’hôpital le jour de sa libérationLe prisonnier kurde malade Mesut Eksik, qui est resté dans la prison de type T d’Afyonkarahisar, a purgé sa peine et a été libéré le 16 janvier, après 17 ans d’emprisonnement.Le jour de sa libération, il a été transporté à l’hôpital pour une intervention chirurgicale d’urgence suite à un problème aux poumons.
Les Kurdes et les Baloutches sont colonisés par plusieurs États qui les massacrent, à défaut de pouvoir les assimiler. Les récentes attaques iraniennes qui ont tué plusieurs civils, dont des enfants, au Kurdistan irakien et au Baloutchistan*, ainsi que la guerre à Gaza nous rappellent l’urgence de mettre fin au colonialisme au Baloutchistan, au Kurdistan et en Palestine.
*Le journaliste kurde d’Iran, Ammar Goli a réagit aux récents meurtres de civils kurdes et baloutches par l’Iran au Kurdistan d’Irak et au Baloutchistan, en déclarant qu’« au cours des trois derniers jours, les armées iranienne et pakistanaise ont attaqué plusieurs zones du Baloutchistan occidental (Iran) [Sistan-et-Baloutchistan] et du Baloutchistan oriental (Pakistan) avec des missiles balistiques, entraînant la mort de plusieurs civils, dont plusieurs enfants baloutches. Le plus insignifiant dans de telles attaques est la vie des citoyens baloutches qui sont la cible des attaques incessantes de deux armées criminelles, tout comme la situation des Kurdes au Moyen-Orient. »
Photo: A gauche, deux enfants baloutches, à droite, Jina, tous tués lors des décentes attaques iraniennes ciblant le Kurdistan irakien et le Baloutchistan oriental
TURQUIE / KURDISTAN – Le 16 janvier, 165 personnes, dont des militants politiques, des artistes, des Mères de la Paix et des féministes, ont été arrêtées lors de raids policiers ciblant les milieux politiques et associatifs kurdes dans 28 villes.
Après l’arrestation de militants, d’hommes politiques et d’artistes kurdes à Istanbul, l’association Kadın Zamanı (Le temps des femmes) a déclaré qu’elle poursuivrait la lutte contre la violence d’État masculine et ne se laisserait pas intimider.
De nombreux militants, hommes politiques et artistes ont été arrêtés mardi à Istanbul. Parmi les 21 personnes arrêtées et accusées d’« actes terroristes », figurent la présidente de l’association Kadın Zamanı (Le Temps des Femmes), Dilek Başalan, des militantes du mouvement des femmes kurdes TJA et de l’Initiative des Mères de la Paix, des politiciennes du DEM et deux artistes du Centre culturelle kurde MKM (İstanbul Mezopotamya Kültür Merkezi). L’association Kadın Zamanı a tenu hier une conférence de presse dans ses bureaux du quartier de Beyoğlu à Istanbul et a clairement déclaré que le mouvement des femmes ne pouvait pas être réduit au silence. L’association milite pour les droits des femmes kurdes et travaille avec le mouvement féministe en Turquie.« La lutte des femmes ne peut pas être arrêtée »« La lutte des femmes ne peut pas être arrêtée » était écrit sur la banderole derrière laquelle Berivan Saruhan et l’avocate Esra Biber ont lu la déclaration de l’association sur la répression contre les militants kurdes en Turquie. La déclaration a été lue en kurde et en turc. Esra Biber, qui représente l’association en tant qu’avocate, a expliqué que le système judiciaire turc a perdu son indépendance et agit « bras dessus bras dessous » avec le gouvernement dominé par les hommes. L’avocat a qualifié ces arrestations de criminalisation du travail des femmes, ainsi que de toutes celles qui luttent pour une vie égale, libre et humaine contre la politique sexiste et misogyne du gouvernement. Ceux qui luttent contre cette politique sont qualifiés de « terroristes » par le gouvernement.Biber a déclaré : « Les arrestations de Dilek Başalan, président de notre association, défenseur des droits humains et des droits des femmes qui travaille depuis des années pour garantir que les femmes kurdes vivant à Istanbul aient accès à des mécanismes de lutte contre la violence à l’égard des femmes, nos amis du TJA, qui jouent un rôle actif dans la lutte des femmes kurdes et les femmes qui défendent les droits culturels des femmes kurdes au Centre culturel mésopotamien tentent de faire taire la lutte contre les diverses violations des droits dont sont victimes les femmes kurdes. »
IRAN / ROJHILAT – Les trois alpinistes kurde Reza Kayishi, Mohsen Azizi et Mohammad Royan ont été enterrés ce matin, au cimetière du Mont Sultan Yaqoob en présence d’une foule immense.
Funérailles de trois alpinistes kurdes morts à Ochnaviyeh
Hier, les corps de ces trois alpinistes ont été retrouvés après six jours de recherches des habitants et des alpinistes dans la montagne Randola, à Ochnaviyeh (Shno ou Şino en kurde).
Le vendredi dernier, cinq alpinistes kurdes ont été pris dans une avalanche dans la montagne Randola.
Le mercredi 17 janvier 2024, après six jours de recherches intenses impliquant des alpinistes, des équipes de bénévoles et des habitants des villages de Zami et Alkawi Oshnovieh, les corps de trois alpinistes portés disparus ont été retrouvés.
Les victimes, faisant partie du groupe d’escalade Kanyav Naghadeh, ont été portées par une avalanche survenue le 12 janvier sur le mont Randoleh, à Oshnovieh.
Les institutions gouvernementales ont refusé de collaborer avec des groupes de bénévoles pendant toute la durée des opérations de recherche, qui ont duré six jours.
IRAK / KURDISTAN – L’agence kurde, ANF déclare que les autorités du parti KDP du clan Barzanî font évacuer trois villages d’Amadiya, une des régions attaquées par la Turquie.
Voice l’article détaillé de l’ANF:
Selon des informations sur le terrain, les forces du PDK, le parti au pouvoir dans la région du Kurdistan irakien, ont évacué les villages de Spîndarê, Mijê et Kevne Mijê à Amadiya sur instructions de l’État turc occupant.Selon les informations fournies par des sources locales, le PDK a établi des points de contrôle sur les routes menant aux villages évacués afin de préparer le terrain aux attaques d’invasion de l’État turc et les villages ont été fermés à l’entrée et à la sortie.L’État turc occupant, les Asayish (forces locales de l’ordre public) et les forces peshmergas affiliées au PDK ont jusqu’à présent évacué et dépeuplé près de 600 villages du sud du Kurdistan.Le PDK, contrôlé par la famille Barzani, est largement dépendant et étroitement allié du régime AKP/MHP. L’État turc tente d’utiliser le PDK comme outil pour déclencher une guerre civile interne kurde. Le récent déploiement de troupes par le PDK montre l’ampleur du danger. Ces dernières années, le PDK a tendu à plusieurs reprises des embuscades contre les guérilleros, désigné des cibles pour les frappes aériennes turques, capturé des guérilleros et les a même « fait disparaître ». Le service de renseignement du PDK, Parastin, soutient le service de renseignement turc MIT dans ses attaques contre des militants kurdes dans le sud du Kurdistan. Jusqu’à présent, une escalade majeure n’a pu être évitée que grâce à l’attitude patiente des guérilleros qui tentent de construire une unité kurde. Cependant, étant donné que l’armée turque semble de nouveau sur la défensive lors de son attaque à grande échelle contre les zones de défense de Medya, tenues par la guérilla, une attaque de secours du PDK devient de plus en plus probable.Le 13 septembre 2023, le PDK a envoyé des centaines de véhicules blindés et d’armes lourdes à Bradost après avoir évacué de force les nomades de la région par le biais de menaces, de répression et de recours à la force. Une partie des forces du PDK a attaqué le lendemain les positions des guérilleros à Gewriya Zînê dans la région de Goşîne.Au cours des deux dernières années en particulier, l’État turc, avec l’aide du PDK, a tenté de relier de nombreuses zones d’où la population civile a été déplacée et de créer une zone tampon le long de la frontière du Kurdistan du Sud. Cette zone s’étend de Behdînan à Bradost. De nombreuses bases ont été établies le long du front Amêdîyê. Bien qu’il s’agisse apparemment des forces du PDK, des troupes turques sont présentes dans ces bases. L’armée turque, qui a récemment établi une nouvelle base dans la région de Bradost, tente d’accroître encore ses activités dans cette région. Elle a établi de nombreuses nouvelles bases dans la région de Balekayetî. Les forces du PDK ont fait tous les préparatifs à cet effet. L’État turc a également établi de nouvelles bases dans la région de Mehmudiyê, aux frontières du Rojava avec le Kurdistan du Sud ainsi qu’aux frontières de Zaxo et Batûfa. L’objectif est d’étendre cette zone tampon et de préparer un arrière-pays à une nouvelle opération d’invasion contre le Rojava. Ceux qui s’opposent à l’occupation sont attaqués et assassinés sur la base des renseignements fournis par les troupes du PDK. À l’heure actuelle, des tentatives sont faites pour encercler complètement les zones de défense de Medya au Kurdistan du Sud et créer une zone tampon militaire avec ces bases et bases déjà construites auparavant.La Turquie attaque depuis des années les zones de défense de Medya, dans le sud du Kurdistan (nord de l’Irak). En avril 2022, une opération globale a été lancée dans les régions de guérilla de Zap, Metîna et Avaşîn. L’invasion n’ayant pas obtenu le succès escompté, l’Etat turc tente de s’implanter dans la zone via le PDK (Parti démocratique du Kurdistan), parti au pouvoir dominé par le clan Barzani. Les forces du PDK établissent de nouvelles bases et construisent des routes militaires pour les troupes turques. Afin de garantir le libre accès à la Turquie, les villageois sont chassés des zones touchées.Selon le journaliste Baran Germiyanî, qui vit dans la région du Kurdistan irakien et s’est entretenu avec l’agence de presse Mezopotamya (MA) en novembre, 158 villages ont déjà été évacués et au moins 600 villages sont menacés d’expulsion en raison des pressions exercées par le PDK pendant la guerre en cours. Attaques turques. Germiyanî a déclaré que la Turquie n’a pas obtenu les résultats souhaités dans la région et que le PDK ouvre la voie à la Turquie avec sa politique de dépeuplement.Dans une interview en novembre, Cemil Bayık, coprésident du Conseil exécutif du KCK (Union des communautés du Kurdistan), a commenté le rôle du PDK dans la campagne génocidaire de l’État turc contre le peuple kurde, déclarant ce qui suit : « Ceux du PDK qui sont actuellement qui dominent la région de Behdînan sont du côté de la famille Massoud Barzani. Ils travaillent uniquement pour leurs propres intérêts et ceux de leurs familles, servant ainsi la politique génocidaire de l’État turc. Cela se passe sous les yeux de l’opinion publique. Quiconque se prétend kurde, patriote, politiquement consciencieux et moral doit le voir. Ce n’est pas une politique que tout le monde peut accepter. Servir la politique des génocidaires ne profite pas au peuple kurde. Par conséquent, les démocrates, les patriotes, les gens politiquement consciencieux et moraux doivent voir qui sert le peuple kurde et qui sert la politique du génocide. Le patriotisme signifie s’opposer à la politique du génocide. L’État turc mène cette guerre avec le soutien du PDK. Non seulement dans les zones de défense de Medya, mais aussi au Kurdistan du Nord et du Sud, ainsi qu’au Rojava et dans différentes parties du monde. La politique de l’État turc contre le peuple kurde est menée avec le soutien du PDK et notamment de Masoud Barzani. S’ils ne les soutenaient pas, l’État turc ne serait pas en mesure de mener à bien cette politique de génocide contre le peuple kurde. »
SYRIE / ROJAVA – La Turquie et ses mercenaires jihadistes attaquent la campagne nord-ouest de Manbij sous contrôle des forces arabo-kurdes.
L’État turc et ses mercenaires ont bombardé à l’arme lourde les villages de Qirtwêran, Kawklî, Boxaz, Til Torîn, Siyade, Yanlî, Cat et Tûxar au nord-ouest de Manbij.
Le Conseil militaire de Manbij a indiqué que des dégâts matériels ont eu lieu dans les villages ciblés.
PARIS – Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) signale qu’un jeune militant kurde risque d’être expulsé vers la Turquie.
Voici le communiqué du CDK-F appelant à les organisations de défense des droits humains à empêcher que le jeune Kurde ne soit pas livré au régime turc:
« Faisant l’objet d’une OQTF, un jeune militant kurde est menacé d’expulsion imminente vers la Turquie où il court de graves risques pour sa sécurité.Fin décembre, Serhat Gültekin s’est vu notifier une OQTF, alors même qu’il était en possession d’un récépissé en cours de validité, ayant déposé auprès de l’OFPRA une demande de réexamen motivée par sa condamnation récente à 15 ans de prison par la justice turque du fait de ses activités militantes en faveur de la cause kurde.Emmené en centre de rétention, le jeune homme y a été maintenu pendant deux jours, avant d’être assigné à résidence dans le Val de Marne suite à une décision du Juge des libertés et de la détention. Entre temps, il a fait un recours contre l’OQTF. Cependant, le juge administratif vient de rejeter son recours, faisant fi des graves risques encourus en cas d’expulsion vers un pays connu pour ses violations systématiques des droits humains. En outre, le jeune homme de 28 ans est atteint du syndrome de Marfan et souffre de graves problèmes d’estomac, des affections qui nécessitent des soins immédiats et continus. La France ne peut expulser M. Gültekin, au risque de bafouer les valeurs fondamentales qui sont aux fondements de son histoire et de sa constitution. Aucune mesure migratoire ne peut justifier la mise en danger de la vie et de la sécurité d’une personne.Le CDK-F demande instamment à la préfète du Val de Marne d’abroger cette mesure inique qui déshonore les valeurs de la République française.Nous appelons les organisations de défense des droits humains et toutes les personnes attachées au respect des droits et libertés fondamentaux à agir d’urgence auprès des autorités françaises pour empêcher l’expulsion de Serhat Gültekin. »
Conseil Démocratique Kurde en France