SYRIE / ROJAVA – La Turquie colonialiste continue à creuser des tranchées le long de la frontière artificielle imposée par l’accord Sykes-Picot entre le Kurdistan d’Ouest (Rojava) et le Kurdistan du Nord (Bakûr). Elle a repris le chantier des tranchées entre Nusaybin-Qamishlo, Kobanê-Suruc, et Cizire-Derik.
La Turquie poursuit le renforcement de sa frontière sud en creusant des tranchées profondes face aux zones kurdes du nord-est syrien. Ces travaux, visibles notamment dans le secteur de Cizîrê (Cizre) face à Dêrîk, s’inscrivent dans une logique de militarisation accrue le long d’une frontière qui divise historiquement le peuple kurde.
Selon des informations locales, la Turquie a entamé le creusement de tranchées d’environ sept mètres de profondeur à l’aide d’excavatrices, avec des opérateurs portant parfois des uniformes militaires. Les travaux ont débuté près du centre-ville de Cizîrê, dans la province de Şırnak, et s’étendraient sur plus de deux kilomètres dans ce secteur. Le ministère turc de la Défense aurait adressé des circulaires aux gouvernorats frontaliers (Şirnex, Mêrdîn, Riha/Urfa, Dîlok/Antep, Kilis et Hatay) pour lancer des appels d’offres et généraliser ces opérations.
Ces tranchées viennent compléter un mur de béton déjà imposant, long d’environ 760 à 900 km selon les sources, construit entre 2015 et 2018. Ce mur, composé de blocs de 2 mètres de large et de 3 à 4 mètres de haut, est surmonté de barbelés et précédé d’une zone militaire tampon et d’une seconde clôture.
Des travaux similaires ont déjà été observés par le passé, notamment lors des offensives turques et des attaques contre le Rojava, comme au poste-frontière de Mürşitpınar (près de Suruç-Kobanê).