KCK rend hommage à Seyid Rıza et ses compagnons de lutte

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Le 15 novembre 1937, une figure religieuse des Kurdes alévis et le leader du mouvement kurde pendant la rébellion Dersim de 1937-1938, Seyid Riza fut pendu à l’âge de 74 par l’État turc. Au début de la création de l’Etat turc, le pouvoir a essayé d’assimiler les Kurdes en les opprimant, en interdisant les publications en kurde, en persécutant ceux qui parlaient kurde, en expulsant de force les gens des régions fertiles du Kurdistan pour les régions non cultivées d’Anatolie où beaucoup ont péri. Les prisons étaient pleines de non-combattants, les intellectuels étaient fusillés, pendus ou exilés dans des endroits reculés. L’Union des communautés du Kurdistan (KCK) a publié un communiqué à l’occasion du 82e anniversaire de l’exécution de Pir Seyit Rıza, son fils et de nombreux chefs tribaux de Dersim. Seyid Riza et la révolte de Dersim   
Le massacre de Dersim a eu lieu suite à la rébellion de Dersim, soulèvement des Kurdes alévis contre le gouvernement turc dans la région du Dersim. La rébellion a été dirigé par Seyid Riza, un notable kurde alévi. À la suite de la campagne militaire turque de 1937 et 1938 contre la rébellion, des dizaines de milliers de Kurdes alévis ont été tués et de nombreux autres ont été déplacés à l’intérieur du pays.
 
Seyit Riza (1863-1937) était un dirigeant politique de la région de Dersim, au Kurdistan du Nord. Il est reconnu par le Mouvement de libération kurde comme le chef de la rébellion de Dersim, un soulèvement armé qui a eu lieu pendant les années 1937 et 1938 pour protester contre l’oppression du peuple kurde par l’Etat turc. Cette révolte fut le 27ème soulèvement kurde depuis la création de l’Etat turc en 1923 et le dernier du 20ème siècle jusqu’à l’apparition du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et le début de sa lutte armée en 1984.
 
La révolte de Dersim s’inscrit dans la continuité des multiples soulèvements kurdes qui ont suivi le processus de formation de l’Etat-nation turc après la chute de l’empire ottoman. Tous ces soulèvements ont été causés par la turcification du pays par son premier président Mustafa Kemal Ataturk. En effet, de son accession au pouvoir en 1923 jusqu’à sa mort en 1928, ce dernier a poursuivi une politique répressive d’homogénéisation du pays en imposant l’identité ethnique turque dans tous les aspects de la vie sociale : de la langue que les gens parlent dans la rue à la langue à enseigner à l’école, de l’éducation à la vie industrielle, du commerce aux cadres des fonctionnaires, du droit civil à l’installation des citoyens dans certaines régions. De nombreuses minorités ont contesté ces mesures, mais leurs révoltes ont toutes été noyées dans le sang.
 
Néanmoins, jusqu’en 1936, la région montagneuse de Dersim, connue pour son caractère rebelle (11 révoltes au cours des 40 dernières années) avait été peu affectée par les campagnes d’assimilation de l’Etat turc. Les tribus kurdes et zazas qui y vivent rejettent l’autorité turque et refusent également de payer des impôts. Leur ingérence était telle qu’Atatürk considérait Dersim comme le problème intérieur le plus important du pays.
 
Pour mettre fin à la résistance de Dersim, Atatürk nomme le général Abdullah Alpdoğan responsable de la région en lui donnant le pouvoir d’exiler les gens si quelqu’un refuse l’assimilation. Pour ce faire, plusieurs postes d’observation militaire ont été construits autour de Dersim et de plus en plus de soldats turcs ont été amenés dans la région. On dit que des avions survolaient Dersim tous les jours.
 
Alors que la tension entre les soldats turcs et la population augmentait de plus en plus, Seyit Reza a décidé d’envoyer un de ses fils négocier avec le général Alpdoğan afin d’éviter une guerre et de protéger la population et ses droits. Mais ce dernier a tué l’émissaire. En réponse à la mort de son fils, Seyit Reza décida d’appeler les chefs du clan Dersim et, au début de 1937, ils unirent leurs forces pour contrer l’attaque turque. La première action a été l’attaque d’un convoi de police.
 
L’armée turque, sous l’ordre direct d’Atatürk, essaya de briser les rebelles par la force et envoya plus de 25.000 soldats soutenus par des bombardements aériens. Mais les combattants de Seyit Riza ont résisté farouchement et ont refusé de se rendre. Ils se sont battus si farouchement que l’armée turque a dû les tromper pour mettre fin à la résistance.
 
À l’automne 1937, le général Alpdoğan invite Seyit Riza à discuter d’un accord de paix. Lorsque Seyit Riza s’y rendit, il fut fait prisonnier avec son fils de 16 ans et 8 de ses hommes. Un tel acte de trahison était si inconcevable dans les règles d’honneur et la tradition de l’époque qu’il est dit que Seyit Riza n’a fait que cracher les mots suivants :
 
« Gouvernement sans honneur et trompeur ! »
 
Après huit jours, ils ont tous été pendus. Avant sa pendaison, les derniers mots de Seyit Riza étaient :
 
« J’ai maintenant 75 ans. Je vais tomber martyr et rejoindre les martyrs du Kurdistan. Dersim a perdu, mais les Kurdes et le Kurdistan vont gagner. La jeunesse kurde se vengera pour moi. Ainsi mourront des hommes cruels, ainsi mourront des hommes infâmes et trompeurs. »
 
Après sa mort, la résistance s’est poursuivie pendant un an. Mais l’atrocité de la répression qui a frappé Dersim, où des hommes, des femmes et des enfants ont été massacrés par des soldats turcs, a mis fin aux troupes rebelles. Selon les rapports officiels, plus de 10 000 civils ont été massacrés et plus de 11 000 ont été contraints à l’exil, dépeuplant la province. De nombreux rebelles qui se sont rendus ont été exécutés et des femmes et des enfants ont été brûlés vifs. Au total, 40 000 Kurdes ont été tués.

ROJAVA. Clôture du 2ème Festival littéraire de Kobanê

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SYRIE / ROJAVA – La deuxième édition du Festival littéraire de Kobanê s’est achevée mardi au Centre Baqi Khedo pour la culture et l’art de la ville kurde du nord de la Syrie. Le 12 novembre, la deuxième édition du festival, qui porte le nom du poète kurde Faqir Ahmad, a été lancée sous le thème « Pour la parole qui n’a pas encore été prononcée, nous sommes là ». Ahmad Dalli, le directeur du Festival littéraire de Kobanê (Festîvala Kobaniyê ya Wêjeyê), a déclaré à North Press que les activités et événements du festival, qui ont duré trois jours, comprenaient des séances de discussion sur divers sujets clés. Il a ajouté que la première journée du festival était axée sur le thème de la traduction en langue kurde pour explorer les cultures d’autres peuples. Le deuxième jour, l’accent a été mis sur les livres publiés par l’Organisation de la langue kurde (SZK) concernant la standardisation des règles de grammaire et de la terminologie kurde. Le troisième jour, l’attention s’est portée sur les efforts des habitants de la région pour collecter et préserver le patrimoine folklorique et littéraire kurde. Il a ajouté que le festival était accompagné d’une foire du livre tout au long de trois jours, avec la participation de cinq maisons d’édition du nord et de l’est de la Syrie, ainsi que d’une cérémonie de signature de livres. Dalli a en outre déclaré que le festival comprenait également des lectures de nouvelles et de poésie en arabe et en kurde. Il a noté que le dernier jour du festival a été marqué par l’annonce des gagnants des concours de nouvelles et de poésie en langues arabe et kurde. Les gagnants ont été récompensés dans le cadre de l’événement. Dalli a déclaré que pendant la cérémonie de clôture du festival, deux personnes qui ont joué un rôle important dans la production littéraire ont été remerciées pour leurs travaux. Il s’agit du chercheur en folklore Saleh Haido de la ville d’Amuda, à l’ouest de la ville de Qamishlo, pour son rôle et ses activités dans la collecte du patrimoine et du folklore kurdes, et du professeur Khalil Abdi de Kobanê pour son rôle et sa contribution à la littérature.

Le symbolisme mythique des oiseaux chez les Kurdes

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Les oiseaux ont depuis longtemps une valeur symbolique importante dans de nombreuses mythologies et cultures à travers l’histoire, incarnant des rôles aux multiples facettes qui représentent un large éventail de thèmes. Ceux-ci incluent la liberté, la spiritualité, l’orientation, la protection, la transformation, la sagesse, la création et la fertilité. Bien que la signification des oiseaux varie selon les cultures, leur importance symbolique reste un élément important et durable dans les traditions mythologiques de nombreuses sociétés, y compris celle du peuple kurde. Cet article présente une introduction à la riche symbolique des oiseaux chez les Kurdes. Premièrement, il est utile de réfléchir aux observations historiques de personnes extérieures. L’orientaliste français Thomas Bois a observé que les Kurdes se livrent à diverses formes de panthéisme, notamment des prières dirigées vers les oiseaux, les chevaux et même la neige. [1] Le kurdologue russe MB Rudenko a noté que « selon les croyances des Kurdes, les oiseaux communiquent librement avec le royaume de l’au-delà. Cela se reflète dans les contes populaires kurdes dans lesquels les oiseaux apparaissent comme des intermédiaires entre les vivants et les morts, ainsi que comme des signes avant-coureurs d’une mort imminente. » [2] OL Vilchevskii, en étudiant les Kurdes de Mukriyan, a observé que : « les oiseaux magiques et les lions miraculeux aux propriétés surnaturelles sont parmi les personnages les plus courants dans les contes populaires kurdes. Parmi les représentations zoomorphes gravées sur les pierres tombales, répandues dans la plupart des régions du Kurdistan, aux côtés de chevaux et de moutons, les images de lions sont également répandues. De plus, bien que moins fréquemment, il existe des représentations de Léontocéphales et de lions ailés. » [3] Dans les croyances kurdes, comme le fait remarquer Bois : « Les oiseaux servent de modèles de vertus et de vices, et si l’on veut connaître ses vrais amis, ceux qui lui seront toujours fidèles, il ne sert à rien de se tourner vers l’Étourneau, la Cigogne, la Grue, ni même vers la Perdrix, mais vers la Pie, qui n’est pas un oiseau saisonnier qui s’envole lorsque les mauvais temps arrivent. Dans toutes ces histoires, il y a souvent une morale délicatement sous-entendue, à la manière de La Fontaine. » [4] Lors des cérémonies de mariage traditionnelles kurdes, l’entrée de la mariée dans sa nouvelle maison s’accompagne de divers rituels, comme le franchissement d’un seuil parsemé de pièces de monnaie et de bonbons, ou dans certains cas, le lâcher d’un oiseau. On pense que cet acte apporte chance et bonheur. [5] De plus, les Kurdes ont diverses croyances concernant les oiseaux, notamment l’utilisation de leurs plumes dans des rituels de guérison et comme symboles de pouvoir. Parfois, de petits trous sont pratiqués dans la tombe et remplis d’eau, afin que les oiseaux et les animaux puissent boire aux défunts. Lors des élections des chefs, on croyait que si un oiseau se posait sur la tête d’un candidat, celui-ci était considéré comme le choix de Dieu. [6] La croyance profondément enracinée dans le pouvoir spirituel des oiseaux se reflète également dans la tradition consistant à relâcher des oiseaux dans le but de rechercher la guérison des malades. [7] Outre les oiseaux sacrés, il existe également des oiseaux mythiques comme le simsiyār, un oiseau de proie blanc aux ailes noires qui atteint l’âge de mille ans. [8] Les oiseaux occupent une place importante dans les contes et légendes populaires kurdes, qui sont « le genre préféré des Kurdes »[9] Ces récits englobent un large éventail d’histoires, y compris celles qui décrivent de manière réaliste les caractéristiques sociétales d’une période historique spécifique, ainsi que des contes magiques et fantastiques. De plus, il existe des contes d’animaux, souvent de nature didactique, ressemblant à des paraboles. [10] Dans le conte populaire kurde de l’Aigle et du Paon , qui aborde le thème du pouvoir et de la survie, il est dit que : « Une société d’oiseaux se réunissait pour choisir son roi. Chaque oiseau souhaitait régner. L’un des oiseaux, plus sûr de lui que les autres, fier de sa beauté, entra sur la place et, déployant ses ailes colorées, déclara : « Je suis un beau paon, et comme je suis plus beau que tous les autres oiseaux , je suis digne de devenir le roi de tous les oiseaux. » Quand les oiseaux aperçurent le paon, seul sur la place, avec ses ailes déployées et multicolores qui rivalisaient avec les rayons du soleil, ils s’écrièrent tous : « En effet, le paon est digne de la royauté à cause de sa beauté, et nous le choisissons comme notre roi ! » Les oiseaux ont commencé à féliciter le paon pour son prochain règne. A ce moment, une dinde sortit sur la place et, s’inclinant devant le paon, dit : « Mon roi, puis-je poser une question à Votre Majesté ? Le paon déploya ses ailes et dit : « Vas-y, demande. » La dinde a déclaré : « Dans notre société, il est de coutume d’offrir toutes nos richesses et nos biens au roi parce que le roi protège notre société et nos biens. Mais si nous étions attaqués par un aigle et un faucon, comment Votre Majesté nous conseillerait-elle de nous défendre ? » A cette question de la dinde, le paon resta silencieux. Alors les oiseaux se rendirent compte que la vantardise du paon était inutile et que sa beauté était impuissante. Les oiseaux avaient besoin d’un puissant protecteur capable de les défendre aussi bien au combat que dans les moments difficiles. C’est pourquoi les oiseaux ont décidé de faire d’un aigle intrépide et puissant leur roi. » [11] Les oiseaux sont également richement représentés dans les tapis kurdes, TF Aristova a souligné que « les modèles de tapis kurdes conservent de nombreux motifs thématiques anciens, avec des éléments reflétant les croyances religieuses des Kurdes, leurs activités quotidiennes comme l’élevage, l’agriculture et l’artisanat, ainsi que leur environnement naturel. Par exemple, les motifs solaires se retrouvent principalement dans les tapis fabriqués par les Kurdes yézidis, symbolisant les croyances religieuses des adorateurs du feu du passé. Des symboles solaires apparaissent parfois sur les tapis fabriqués par des Kurdes musulmans, indiquant un héritage culturel commun et potentiellement religieux ancien. Les figures symboliques d’oiseaux sont également fréquentes, parfois représentées de manière réaliste et d’autres fois stylisées de manière géométrique. » [12]
La pièce maîtresse d’un tapis kurde Bijar, représentant plusieurs oiseaux différents.
Les oiseaux gardiens Dans les années 1880, l’anthropologue français Ernest Chantre parcourt les terres kurdes et fait le constat suivant sur le culte des oiseaux :   « Dans chaque village habité par des Kurdes au Kurdistan et en Mésopotamie, il y a des oiseaux sacrés. Par exemple, à Biredjik, ce sont les ibis qui ornent la région de leur présence au printemps, de mars à juin ; plus précisément, la virgule Ulbis, que l’on trouve généralement en Abyssinie. Près d’Urfa, les cigognes sont les résidents honorés, tandis qu’à Sooverek, ce sont les corbeaux. Ailleurs, vous découvrirez des rouleaux, des étourneaux ou divers passereaux nichant dans les murs en terre des maisons, à moins qu’ils ne soient enfouis à même le sol. Ce respect pour les oiseaux gardiens du village est si sérieux qu’un naturaliste risque un réel danger en tuant ne serait-ce que quelques échantillons de ces oiseaux, même à une grande distance des villages. »  [13] L’un des oiseaux gardiens les plus vénérés parmi les Kurdes est la cigogne. Peter Lerkh a rapporté en 1856 que les Kurdes considèrent la cigogne ( leklek en kurde) comme un oiseau sacré. Ils croient qu’au moment des récoltes, ils se rendent à La Mecque et à Médine. Lorsqu’ils partent, on pense qu’ils se rendent dans un endroit éloigné, où ils se rassemblent tous dans un temple. Ici les vieux meurent, et les jeunes retournent seuls dans leurs nids où ils ont été élevés. [14] Selon la croyance populaire kurde, lek signifie « à Toi » ; et leklek signifie « À toi louange, à toi merci »[15] Les oiseaux gardiens symbolisent la prospérité et sont censés apporter la bonne fortune à la communauté dans laquelle ils résident. Un voyageur traversant le Kurdistan de Mukri en 1890 a écrit que dans la région située entre Sainkala et Mianduab, les cigognes ont construit leur nid « sur tous les points d’observation disponibles, de sorte que l’endroit entier soit vivant de ces oiseaux sacrés – un signe certain de paix et de prospérité »[16] Plus tard, un observateur écrivait en 1955 que dans les régions situées au sud du lac d’Ourmia « Les Kurdes considèrent la cigogne comme le signe avant-coureur du printemps ; personne ne ferait de mal à une cigogne. Il n’est pas rare de nourrir ces animaux, et il arrive même qu’une patte de cigogne cassée soit habilement attelée. Les cigognes, quant à elles, entretiennent des relations amicales avec les habitants du quartier : elles marchent derrière le laboureur dans les champs et accompagnent le berger au pâturage. » [17] Les oiseaux comme guérisseurs divins Dans le conte kurde « Shaisma’il et Arabi-Zangi », un héros aveugle cherche de l’aide sous un arbre où atterrissent deux colombes. Ces colombes, conscientes de sa situation, lui proposent une méthode pour retrouver la vue. Après qu’une des colombes lui ait conseillé d’utiliser une plume tombée pour restaurer sa vision, le héros suit les instructions et réussit à retrouver la vue. Ce thème de la guérison grâce à la guidance des colombes trouve un écho dans d’autres contes kurdes tels que « Ahmad, celui qui connaît les gens, les chevaux et les armes ». [18] Dans « Le gobelet-révélateur du monde » , des fées sous la forme d’oiseaux perchés sur un arbre aident à la résurrection de deux individus. [19] Dans un autre conte kurde « Derviche », une situation similaire se répète, impliquant une plume miraculeuse : trois colombes ressuscitent les fils tués de trois frères. Pour rendre la plume miraculeuse, il faut la tremper dans une source située sous une montagne. [20] Dans un autre conte de fées kurde, « Benger », raconte l’histoire d’un héros qui reçoit une plume du « roi » Padishah des oiseaux pour avoir nourri tout le troupeau pendant une période de famine. Le héros étend sa nappe, la frappe avec un bâton et toutes sortes de nourriture apparaissent. Les oiseaux se rassemblent pour la fête et sont enfin satisfaits. Ils s’envolent, et le roi des oiseaux arrache une plume de son aile et dit à Benger : « Garde cette plume dans ta poche. Lorsque vous êtes en difficulté, appelez-moi et je serai à votre service. » De même, dans le conte kurde « Rostam, fils de Zal », l’oiseau Sīmurgh sert de protecteur au foyer familial de Zal. La femme de Zal était incapable de porter un enfant, mais Sīmurgh a aidé à l’accouchement et a guéri une blessure avec sa plume. Dans le même conte, Sīmurgh aide le héros Orindj, le transporte de l’autre côté d’une rivière, lui donne une de ses plumes et lui promet de venir à lui chaque fois qu’il la heurtera contre une pierre. [21] Ces différents contes mettent en avant le thème récurrent du pouvoir mystique des plumes, notamment celles des oiseaux magiques. Ces plumes agissent comme des agents de guérison, de résurrection et d’aide, soulignant le rôle sacré des oiseaux dans ces récits culturels kurdes. Le coq L’image d’un coq est communément associée aux divinités de l’aube, du soleil et du feu divin dans de nombreuses traditions. Chez les Kurdes, le coq blanc est considéré comme un symbole vigilant, celui qui veille et qui appelle à la prière, [22] semblable aux rituels du mithraïsme où un coq réveille le dévot pour la prière. Dans le zoroastrisme, le coq [connu sous le nom de Parōdarsh, l’épiphanie animale du prêtre-assistant, un acolyte du dieu Srōsh sous la protection duquel l’âme est placée dans les trois jours après la mort, puis au matin du quatrième jour lorsqu’est célébré le čaharōm] est affilié à Sraosha, la Yazata (divinité) de l’obéissance. Selon le Vendīdād, un livre de l’Avesta consacré à la bataille contre les démons, pendant la dernière partie de la nuit, moment où le feu est le plus menacé par les puissances des ténèbres, Ātar, le dieu du feu, appelle Sraosha à l’aide, incitant les fidèles à ramasser du bois. Sraosha, à son tour, réveille l’oiseau Parōdarsh ​​(« celui qui voit devant ») pour l’appeler à la prière. On pense qu’au cours de cette mission, Parōdarsh ​​assume le rôle de Sraošāvarez, le prêtre assistant de Sraosha. [23]
Une illustration Yarsani représentant des coqs, des instruments saz kurdes et des grenades.
L’aigle divin Dans un mystérieux conte kurde, l’ arbre zāy (« arbre de naissance ») et le faucon tāy redonnent la vue au roi, ayant été obtenus d’un pays lointain de fées au-delà du mont Qāf, gardé par des démons. [24] Le conte est significatif pour sa représentation de l’aigle comme une créature puissante et divine. De plus, ce conte est probablement un vestige mutant des histoires de création kurdes encore présentes dans les traditions yarsan et yézidie, dans lesquelles la divinité suprême sous la forme d’un oiseau se perche sur l’arbre de vie. Les Kurdes Yarsan vénèrent particulièrement l’aigle. Ils croient que Dieu s’est incarné dans l’aigle et que le Roi-Aigle, ou Shāh-bāz, représente la Divinité comme le Roi universel qui a choisi d’habiter la forme vivante d’un aigle car cette forme, avec ses caractéristiques spécifiques, est le mieux adapté pour manifester la théophanie et révéler la puissance divine sous une apparence physique. Dieu est également appelé Shāh-i Shāhbāzān, le roi des aigles royaux. Les théophanies (rencontres avec une divinité) sont toujours associées à un aigle blanc. Même si quelqu’un ose se comparer à la manifestation de Dieu pour se vanter de sa propre puissance, on parle de lui comme d’un aigle noir et non d’un aigle blanc. Le blanc était la couleur réservée à l’aigle divin, ce qui s’explique par la pureté qu’il symbolise, ce qui en fait la seule couleur adaptée au Divin. [25] Mokri a souligné que les symboles de l’aigle, du Sīmurgh et du soleil partagent la caractéristique commune d’évoquer la sublimité et la majesté, attributs naturellement associés à Dieu. Dans divers contes populaires, un magicien affiche sa domination sur les autres en se transformant en aigle. Les anciennes pharmacopées (catalogues de médicaments) attribuent des pouvoirs surnaturels à l’aigle, prescrivant la consommation de sang d’aigle pour la force et le courage.
Un motif d’aigle sur un tapis kurde.
Humaï Selon les croyances kurdes, la responsabilité d’envoyer la pluie incombe à Dieu, qui utilise Salomon, le souverain de tous les animaux, comme intermédiaire. Salomon transmet l’ordre à Humai, un oiseau mythique semblable au Phénix. La tâche de Humai est de rassembler tous les oiseaux et de leur demander de collecter l’eau de la mer ou de l’océan, en la dispersant sur la zone désignée. La différence de taille entre les oiseaux explique la variation de la taille des gouttes de pluie, tandis que la grêle et la neige sont attribuées aux oiseaux volant trop haut dans les régions les plus froides du ciel. [26] De plus, dans la poésie classique kurde, l’oiseau Humai est souvent représenté comme un symbole de joie et d’abondance. Alors que la mythologie persane associe l’ombre ou l’atterrissage de l’oiseau Huma sur la tête ou l’épaule d’une personne à la prédiction de la royauté, ce motif particulier n’est pas connu dans la tradition kurde. Sīmir, une divinité oiseau Sīmir, [27] également connu sous le nom de Sī, est à la fois un oiseau mythique et divin dans la tradition kurde, souvent appelé le « roi des oiseaux ». [28] Il prend différentes formes d’oiseaux, notamment le paon (tāwūs), le coq, l’aigle et la cigogne. Sīmir « l’oiseau Sī » est l’équivalent kurde de l’oiseau iranien Sēnmurw ou Simorgh, qui prend différentes formes selon les cultures et le même nom était utilisé pour les oiseaux réels et les composites fabuleux ainsi que pour les bêtes bienveillantes et malveillantes. [29] La double nature de Sīmir dans les croyances kurdes devient plus évidente lorsqu’il est identifié comme un « paon » tāwūs. Alexandre Jaba a noté qu’en kurde tāwūs signifiait le « nom du diable ». Il mentionne une malédiction kurde en kurde du nord, « sois tawusé ici » , signifiant « va au diable (l’enfer) ». [30] En kurde central, tawas signifie « enfer », conduisant à la malédiction « wa tūn ū tawas », signifiant « aller en enfer »[31] Hazhar Mukriyani mentionne également une autre malédiction en kurde central « tawāsiyāy tawas », qui se traduit par « au diable » [32] Chez les Kurdes yārsān, l’équivalent de cette expression est « wa tūn-ī tawas »[33] En revanche, l’oiseau Tāwūs ou Sīmir est une figure divine dont la signification signifie Dieu. Chez les Yézidis, Melekê Tawûs (Tawûsî Melek) est souvent appelé Sīmir lorsqu’il est adressé dans les prières. Mohammed Mokri a noté que parmi les Yarsans, le nom Sīmorgh (Sīmir) est souvent utilisé pour désigner « Dieu »[34] Dans la mythologie kurde, le motif Sīmir ou Sīmurgh (Sîna-Mrû) est généralement associé à diverses autres histoires qui n’ont pas nécessairement quelque chose à voir avec celui-ci. Le héros a été envoyé, pour une raison ou une autre, dans un voyage dangereux et il est arrivé dans un lieu inhabité. Là, il se repose sous un grand arbre et voit qu’un serpent ou un dragon est sur le point de manger les petits d’un gros oiseau. Le héros tue le serpent et s’endort. L’oiseau arrive et voit le héros endormi. Il pense que c’est l’ennemi qui a mangé ses petits au cours de plusieurs années précédentes, mais les petits disent à l’oiseau que le héros les a, au contraire, sauvés. L’oiseau est reconnaissant et promet de faire pour le héros tout ce qu’il souhaite. Le héros a une tâche ardue à accomplir et il doit se rendre dans un endroit lointain. Les difficultés sont si grandes que même l’oiseau s’exclame : « Se pourrait-il que mes petits aient été dévorés cette fois aussi ? Cela me serait plus agréable que de vous aider à y arriver ! » Mais en raison du vœu solennel que l’oiseau a prononcé, il transporte le héros jusqu’à sa destination et, dans certaines versions, lui donne également une plume qu’il doit brûler à un moment critique pour que l’oiseau puisse à nouveau venir l’aider. [35] Les motifs trouvés dans les contes kurdes sont partagés avec des traditions iraniennes, mésopotamiennes et juives plus larges. Dans un conte, Sīmir emmène le héros hors du monde souterrain ; ici, elle nourrit ses petits avec ses mamelles, un trait qui concorde avec la description du Sēnmurw par Zādspram. L’oiseau nourrit également le héros pendant le voyage tandis qu’il la nourrit avec des morceaux de graisse de mouton et de l’eau. [36] Une connexion mésopotamienne a été discutée par Jussi Aro, écrivant que « dans les contes populaires kurdes, l’aigle Sīmurgh aide le héros comme dans les épopées mésopotamiennes Lugalbanda et dans le mythe d’Etana »[37] À la suite d’Aro, Schmidt soutient que « la correspondance de ces motifs [méspotamiens] avec les histoires simorḡ du Šāhnāma et les contes populaires kurdes est évidente, montrant qu’ils appartiennent à un héritage commun du Proche-Orient »[38] De même, la spécialiste du Proche-Orient ancien Stephanie Dalley soutient que les contes kurdes et persans sur Sīmurgh portent des traces de la tradition mésopotamienne : « Il existe également des contes populaires kurdes dans lesquels l’oiseau Simurgh se fait manger ses petits dans son nid en un arbre par un serpent et devient alors l’assistant gardien d’un héros. Comme l’aigle du mythe babylonien d’Etana, l’oiseau Simurgh des récits kurdes transporte le héros vers le ciel sur son dos. [39] Un lien entre les contes kurdes et le gigantesque oiseau pušqanṣā de la tradition talmudique a également été discuté par DE Gershenson. [40] Sīmurgh représente l’union entre la terre et le ciel, servant de médiateur et de messager entre les deux. Dans le folklore kurde, la grue (cigogne) sert souvent de médiateur, remplaçant ainsi Sīmurgh. On peut supposer qu’une telle interchangeabilité était un phénomène conscient. Dans le Bundahishn, la grue est mentionnée parmi les oiseaux qui volent, comme Sēnmurw. [41] Comme chacun le sait, le paon Melekê Tawûs est largement vénéré dans les religions kurdes. C’est l’oiseau le plus sacré du yazidisme. Irina I. Moskalenko a fait remarquer que : « Le monde des oiseaux représente le monde des esprits célestes dans l’univers symbolique des Kurdes. L’image du Paon, parfois taboue au nom de la mort, reflète la transition entre la vie et la mort, gardée par le gardien du paradis et remplaçant vraisemblablement l’archange de lumière, Gabriel. Au niveau conceptuel de cette transition, les anciens Iraniens avaient des idées sur les juges des âmes humaines, Mithra, et ses assistants Rashnu et Sraosha. » [42] Aristova a noté : « Les Kurdes, en particulier les Yézidis, associaient l’image de l’oiseau à leur objet de culte religieux, le paon Melekê Tawûs. Les représentations de Melekê Tawûs sur les tapis ne sont souvent pas tout à fait claires. Parfois, il ressemble à un corbeau ou à un coq, tandis que d’autres fois, il est représenté comme un oiseau stylisé. » [43] Dans certains contes kurdes, elle est identifiée comme une figurine féminine et appelée la « reine paon » de Malīka Tāwūs. [44] Selon une légende très répandue parmi les Kurdes sur le paon Melekê Tawûs : « cet oiseau sacré était censé apporter le bonheur aux gens. Mais les siècles ont passé et l’oiseau magique Malek-Taus n’est pas apparu. « Un archer a abattu les ailes du paon », disaient-ils. « Et le paon est resté quelque part au-delà des montagnes, au-delà des mers. » Petit à petit, les Kurdes ont compris qu’ils devaient se battre pour leur propre bonheur. » [45] En 1879, Friedrich von Hellwald a enregistré une chanson de deuil parmi les Kurdes sunnites déplorant la brutale oppression turque, qui se termine par les lignes suivantes : « Maudit soit celui qui sépare deux cœurs aimants ! Maudit soit le meurtrier qui ne connaît aucune pitié, La tombe n’abandonnera jamais ses morts, Seule la malédiction est entendue par Melek Taus (l’ange paon ou le roi paon). » [46] Il était de coutume pour les Kurdes ayant accompli des exploits sur le champ de bataille de porter des plumes, en particulier celles d’un paon. Au XIIIe siècle , un voyageur italien remarquait que les Kurdes « remarquent des plumes rouges sur leurs chapeaux, signe de puissance et de fierté ». [47] Un voyageur français observait en 1838 que « des récompenses attendent ceux qui se sont distingués par leur bravoure après l’action. La plus glorieuse de ces distinctions est une plume de paon ; chaque ennemi tué en rapporte un au vainqueur. Ils attachent ce brillant trophée à leur couvre-chef. Par conséquent, ne dites pas à un cavalier kurde que son turban est brûlé par le soleil faute de plumes pour le protéger, car ce serait l’insulte la plus injurieuse. » [48] ​​Mokri a noté que « dans les contes populaires, les plumes du Sīmurgh sont généralement utilisées comme ornements de guerriers. Le héros, paré de son armure, ajoutait une plume Sīmurgh à son casque pour en rehausser l’éclat. » [49] Au début du XXe siècle, le missionnaire américain FM Stead, mentionne les adorateurs de Tāwūs parmi les Kurdes Yarsani/Ali Ilahi : « Une des branches du culte d’Ali Ilahi, connue sous le nom de Tausi, ou secte du Paon, va encore plus loin, et vénère le diable. Bien que ces gens n’adorent pas réellement Satan, ils le craignent et l’apaisent, et personne en leur présence n’ose dire quoi que ce soit de irrespectueux envers sa majesté satanique (…) Il existe trois divisions principales de la secte `Ali Ilahi, à savoir, les Davudi, les Tausi et les Nosairi. Stead explique le nom de Tâwûsî en relatant la tradition bien connue selon laquelle le Paon était le gardien du Paradis, qui laissait entrer Satan pour qu’il puisse séduire Adam et Ève. » [50] Dans un texte Yarsani qui raconte divers mythes cosmologiques, lorsque le Jour de la Résurrection arriva, les djinns se tournèrent vers leur roi, Malak Tâ’us et dirent : « Ô Roi, il est clair que le Jour de la Résurrection est arrivé. Malak Tâ’us regarda dans le coffre de confiance, vit que le Jour de la Résurrection était arrivé et dit à Mostafâ : ’emmène-moi chez le Roi d’Amour.’ » [51] John Verzeau (1656-1735), chef des missions syriennes dans la ville de Saïda à Alep, a documenté en 1699 un groupe distinct de Kurdes syriens, distinct des Yézidis : « Ils ont aussi des relations avec le diable. Au cours des derniers mois, certains d’entre eux sont arrivés à Saïda avec une cage contenant le diable sous la forme d’un oiseau, grâce à laquelle ils ont appris les événements à venir. » [52] Bien qu’il ne mentionne pas le nom de la secte ni celui de l’idole de l’oiseau, il est évident qu’il s’agissait de Tāwūs (coq ou paon) en raison de son association avec le diable. Samuel Clarke rapportait en 1689 que dans les parties nord de la Syrie, « habitent les Cardi, ou Coerdes, un peuple qui vénère le Diable, et la mince excuse qu’ils invoquent pour cela est d’empêcher qu’il ne leur fasse du mal, ils étant au contraire assuré que Dieu étant bon dans sa nature, il ne leur nuira pas. » [53] Il s’agissait probablement des adorateurs du soleil kurdes, connus en arabe sous le nom de Shamsiyya , que l’on trouvait en Haute Syrie et au Kurdistan jusqu’au 19 e siècle. Le voyageur italien, l’abbé Giovanni Mariti, qui parcourut la Syrie dans les années 1760, écrit dans une section intitulée « Des Kurdes » que les Kurdes syriens suivent trois religions ( Di tre religioni sono i Curdi di Soria ) et qu’il existe des Kurdes musulmans ( Curdi Maomettani ), les Kurdes yézidis ( Curdi Iasidi ) et les Kurdes Shamsiya ( Curdi Sciamsi ). De la dernière secte, écrit-il, ils ont « la même croyance et le même culte que les Iasidis »[54] Il décrit en outre la secte comme suit : « Leur premier culte consistait principalement à adorer le soleil ; qui, dans leur idée, était le seul créateur de l’univers. Ils s’inclinaient devant ses premiers rayons, et se retiraient quand il se couchait ; évitant soigneusement l’approche de la nuit, qu’ils disaient être l’empire du démon. Ceux des Kurdes qui ont conservé cette religion de leurs ancêtres sont appelés Chamsis ou Solarins. » [55] Dans de nombreuses cultures, le paon représente le symbole solaire. En Iran, il existe un nom métaphorique pour le Soleil – Tāvus-e Falak (« Le Paon du Ciel »). Dans l’Egypte ancienne, le paon était considéré comme un symbole d’Héliopolis, la ville où se trouvait un temple du Soleil. De même, dans la Grèce antique, le paon était également considéré comme un symbole du Soleil. Melekê Tawûs est associé aux débuts solaires. Représenter Melekê Tawûs comme un paon s’aligne sur le symbolisme solaire attribué à cet oiseau dans d’autres mythologies, y compris celle des premiers chrétiens. [56] Certains groupes kurdes vénérés représentés sous la forme d’un coq, comme le rapportait le missionnaire chrétien HJ Van-Lennep en 1875, « il existe des vestiges encore plus distincts de l’idolâtrie antique, qui est maintenant pratiquée en secret, car impliquant tous les participants à la peine » de la mort. Tels sont les rites particuliers des Yézidies et des Koords païens. Il a observé que parmi les Yézidis «quand ils parlent du diable, ils le font avec révérence, comme Melek Taoos (le roi Paon) ou Melek el Koot (l’ange puissant)». Quant aux « Koords païens », il écrit : « Il y a aussi d’autres tribus qui s’accrochent à ce même Melek Taoos, mais ils ne sont pas des « adorateurs du diable », et ils ne croient pas non plus au dualisme Parsi… Ils semblent croire en une sorte de du panthéisme, et de la transmigration des âmes… Nous avons connu parmi ces gens une femme qui s’est convertie au christianisme et baptisée… Nous avons compris d’elle que le Melek Taoos y était installé et adoré ; qu’un coq lui fut tué en sacrifice ; que le vin était bu en abondance par toutes les personnes présentes… L’illustration qui l’accompagne [ci-dessous à gauche] est une copie fidèle de l’une des curieuses images vénérées à la fois par les Koords et les Yézidies, qui jouent un rôle si important dans cet ancien et presque superstition obsolète. Il est fait de laiton, grossièrement sculpté et n’a jamais, croyons-nous, été offert au public auparavant. [57]
[À gauche] Une idole d’oiseau kurde du XIXe siècle représentant Melekê Tawûs (Van-Lennep, 1875, p. 710). [À droite] Des animaux, dont un coq et un paon, sont représentés sur un tapis kurde.
Ce groupe kurde était presque certainement les Kurdes de Tirahiya, mentionnés par Ethel Drower [58] et Woolnough Empson, qui visita le Kurdistan dans les années 1910 et écrivit que « Yazid, une divinité de la tribu Tarhoya des Kurdes, qui ne sont pas des adorateurs du diable, est censé être identifié au culte des arbres ». [59] Il convient de noter que les Yézidis d’aujourd’hui s’opposent à ce faux stéréotype néfaste et souvent répété selon lequel ils sont des « adorateurs du diable », car cette ignorance a été utilisée par l’Etat islamique pour justifier leur génocide et leur esclavage en 2014. En résumé En explorant les sources historiques ainsi que les croyances et le folklore entourant les oiseaux sacrés, trois types distincts ont pu être identifiés. La première catégorie concerne un oiseau vénéré traité comme une divinité, appelé Sīmir ou Tāwūs, souvent représenté comme un paon ou un coq. La deuxième catégorie est constituée d’oiseaux mythiques. La troisième catégorie comprend les véritables oiseaux sacrés qui reçoivent des formes spéciales de culte, d’adoration ou de vénération qui ne sont généralement pas étendues aux oiseaux ordinaires. Ces oiseaux sacrés sont considérés comme des symboles d’orientation et de protection et sont censés posséder des qualités protectrices et de bon augure pour les communautés qu’ils habitent. Leur symbolisme mythique donne un aperçu du profond héritage spirituel de la culture kurde, soulignant le respect culturel pour les oiseaux en tant que sources de réconfort et d’assistance divine en cas de besoin. Pour cette raison, les oiseaux doivent être considérés comme des symboles culturels importants des Kurdes, au même titre que le soleil et les arbres dans le panthéon mythologique kurde. Références:
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  4. Bois, op. cit., p. 117. 
  5. ibid, p. 51. 
  6. Ibid, pp. 34, 82. 
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  10. Ibid. 
  11. Translation by Z. A. Yusuloyeva, in I.V. Bazilenko (ed.), op. cit.,, s.43-44. 
  12. Aristova, T. F. (1958). “Poyezdka k Kurdam Zakavkaz’ ya” (A Visit to the Kurds of Transcaucasia), Sovetskaya Etnografiya, No. 6. Cf. “The Kurds of Transcaucasia,” Central Asian Review, Vol.7, 1959, pp.169-170. 
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  20. Dzhalil, op. cit., s. 271. 
  21. Rudenko, ibid. 
  22. Clark, W. (1864). “The Kurdish Tribes of Western Asia,” New Englander and Yale Review 23, p. 46. 
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  24. Tofiq, M. H., op. cit., pp.51-57. 
  25. Mokri, op. cit., pp. 32, 40. 
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  28. Prym, E., ibid. 
  29. Schmidt, H. ibid. 
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  36. Schmidt, ibid, 
  37. Aro, op. cit., 25-28. 
  38. Schmidt, ibid, 
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  51. Ibid, p.24. 
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  59. Empson, R.H.W. (1928). The Cult of the Peacock Angel: A Short Account of the Yezidi Tribes of Kurdistan. H.F. & G. Witherby: London. p. 178. 
Par Himdad Mustafa, chercheur indépendant basé au Kurdistan du Sud. Ses principaux intérêts incluent les études kurdes et iraniennes, avec un accent particulier sur l’histoire kurde de l’Antiquité tardive. Il a publié un certain nombre d’articles sur les études culturelles et politiques dans KurdSat et le Middle East Media Research Institute (MEMRI). Texte originale The Mythical Symbolism of Birds Among the Kurds publié sur le site The Kurdish Center for Studies

Quand mai rivalisait avec les plus belles mariées du Kurdistan…

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Le chercheur Himdad Mustafa signale qu’autrefois, dans certaines régions kurdes, on avait interdit les mariages en mai pour ne pas offenser cette belle mois drapé de fleurs depuis les plaines jusqu’aux montagnes qui rivalisait avec les plus belles des mariées du Kurdistan… Voici le texte d’Himdad Mustafa rendant hommage au mois de mai chez les Kurdes et croyances « païennes » qui en découlent: Selon une ancienne tradition kurde, il était interdit de se marier pendant le mois de Gulan (mai), qui signifie « les roses », le deuxième mois du calendrier kurde (22 avril-22 mai). Ce mois est vénéré comme la plus belle période de l’année, avec toutes les plantes en fleurs et les animaux qui mettent bas. En 1916, Vladimir Gordlevskii, un kurdologue russe, rendit visite aux Kurdes résidant près du mont Sipan et observa que « les Kurdes du mont Sipan semblent avoir oublié les restrictions rituelles associées à ce mois. Les Kurdes de Motki soutiennent que les mariages sont interdits pendant le mois de Gulan. Les Kurdes de Bitlis m’ont expliqué l’interdiction de manière pittoresque : « Je suis en fleurs », comme si la nature disait : « Regardez comme je suis belle ». Pourquoi as-tu besoin de prendre une épouse ? ». » La raison derrière l’interdiction du mariage était la croyance que ce mois-ci, le ciel épouse la terre. Un voyageur, faisant référence aux Kurdes [alévis] de Koçgiri, a noté : « En religion, je les perçois comme des panthéistes avancés qui vénèrent la nature comme un principe féminin et Dieu comme un principe masculin. » Un autre observateur a écrit que les Kurdes croyaient que « le mois lui-même déclare : « Je suis la mariée, je n’accepterai pas d’autre mariée ». Célébrer un mariage au cours de ce mois est considéré comme un guneh (péché). Des vestiges du culte de la nature au printemps ont également été observés chez les Kurdes Sherwani qui, avec les Barzani, pratiquaient une secte religieuse syncrétique connue sous le nom de Diwane. Cette secte croyait au culte des saints et à la réincarnation, entre autres pratiques. L’archéologue Ralph S. Solecki a noté que cette tribu kurde était des « amoureux des fleurs », dont les pratiques ressemblaient à celles des peuples anciens, ajoutant que : « Les Kurdes mettaient des fleurs dans leurs turbans et dans leurs écharpes, et à l’occasion de la visite de Rose à la grotte, un de nos ouvriers est monté au-dessus du bord de la grotte pour lui rapporter des anémones. » Dans la mythologie kurde, Gûlxendan (orthographe alternative Gūllkhandān) est une figure féminine mythique censée laisser des traînées de fleurs partout où elle va. À chaque pas qu’elle fait, le sol se transforme en un jardin fleuri. On dit que les fleurs qui épanouissent sur ses traces possèdent des propriétés curatives capables de guérir toutes les maladies.

Un médecin exige l’arrestation d’Erdoğan lors de sa visite à Berlin

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ALLEMAGNE – Le médecin kurde du Rojava résidant en Allemagne, Akram Naasan a officiellement déposé une plainte demandant l’arrestation du président turc Recep Tayyip Erdoğan lors de sa prochaine visite à Berlin. Naasan reproche à Erdoğan d’avoir orchestré les violations du droit international lors de l’invasion turco-jihadiste d’Afrin en 2018. Akram Naasan, un médecin kurde syrien vivant en Allemagne, a déposé une plainte demandant l’arrestation du président turc Recep Tayyip Erdoğan lors de sa prochaine visite à Berlin. Naasan rappelle que les forces turques d’Erdogan ont commis de graves violations du droit international après s’être emparées d’Afrin (Efrîn), dans le nord de la Syrie, en 2018.
Akram Naasan, un médecin kurde résidant en Allemagne
Dans une plainte pénale officielle envoyée lundi au procureur général allemand, Naasan a déclaré que des centaines de personnes avaient perdu la vie lors de la campagne militaire turque à Afrin et que sa famille, ainsi que des milliers de concitoyens, avaient été forcés de fuir, résidant à conditions désastreuses dans le camp de réfugiés de Shahba, près d’Alep. Comme preuves de violations du droit international, Naasan a cité les changements de noms de villes, la fermeture des écoles kurdes remplacées par des écoles turques et la création de prisons illégales où la torture était systématique. Il a en outre raconté une tragédie personnelle, déclarant que pendant les opérations turques, une femme de 28 ans qui lui était apparentée a été kidnappée, violée et emmenée en Turquie. Le médecin a en outre accusé Erdoğan de tenter de modifier la démographie de la région, soulignant que seulement 20% de la population kurde reste à Afrin, contre 96% avant 2018. La plainte, soutenue par l’Association de la communauté kurde d’Allemagne (Kurdische Gemeinde Deutschland) et la Société pour les peuples menacés (Gesellschaft für bedrohte Völker), implore le parquet fédéral de prendre des mesures contre Erdoğan lors de sa visite d’État prévue lundi et de le détenir à cause des crimes contre le droit international humanitaire commis par les forces turco-jihadistes à Afrin.
Alors qu’Erdoğan a lancé des accusations de crimes de guerre contre Israël à Gaza, la Turquie est depuis longtemps sous surveillance, confrontée à des allégations de crimes de guerre pour ses attaques en cours contre le nord et l’est de la Syrie, en mettant l’accent sur les infrastructures civiles.
La prochaine visite d’Erdoğan a suscité la controverse, non seulement en qualifiant le Hamas de « libérateurs luttant pour leur terre », mais aussi en raison des attaques de la Turquie contre les zones kurdes en Syrie. Alors qu’Erdoğan a lancé des accusations de crimes de guerre contre Israël à Gaza, la Turquie est depuis longtemps sous surveillance, confrontée à des allégations de crimes de guerre pour ses attaques en cours contre l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES), en mettant l’accent sur les infrastructures civiles. Depuis la prise d’Afrin par la Turquie en 2018, l’enclave autrefois paisible contrôlée par les forces kurdes est passée sous le contrôle de divers groupes armés affiliés à l’armée turque. Les rapports des organisations internationales de défense des droits de l’homme ont fait état de graves violations, notamment la confiscation de récoltes, le pillage de maisons, les déplacements forcés, les enlèvements et la création d’installations militaires sur des propriétés civiles.
Depuis la prise d’Afrin par la Turquie en 2018, l’enclave autrefois paisible contrôlée par les forces kurdes est passée sous le contrôle de divers groupes armés affiliés à l’armée turque.
Les autorités turques continuent d’expulser les réfugiés syriens de Turquie et de les réinstaller dans des logements nouvellement construits en Syrie, dans le cadre de ce que les groupes de défense des droits humains considère comme une stratégie visant à modifier la démographie de la région. Cette stratégie controversée comprend notamment la turquification des noms de lieux et la modification de la signalisation dans les zones anciennement kurdes sous contrôle turc.

TURQUIE. Profanation de la tombe d’un enfant kurde tué par des soldats turcs

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TURQUIE / KURDISTAN – « Même les tombes des Kurdes ne sont pas laissées en paix », déclare la mère d’Uğur Kaymaz qui fut tué avec son père il y a 19 ans. Uğur Kaymaz, 12 ans, et son père, Ahmet Kaymaz, ont été tués par des militaires devant leur maison dans le quartier de Kızıltepe à Mardin le 21 novembre 2004. Uğur portait des pantoufles aux pieds au moment de sa mort. Treize balles ont été retrouvées dans son corps et huit balles dans celui de son père, comme l’a révélé l’autopsie. Le gouverneur de Mardin a déclaré après le meurtre que des terroristes étaient impliqués dans la planification d’un attentat. Pour étayer cette affirmation, une Kalachnikov a été placée à côté des corps et la scène a été photographiée. L’arme était presque plus grosse que le corps de l’enfant de douze ans. Ce n’est que grâce aux efforts de la famille qu’une enquête a finalement été ouverte. Comme d’habitude dans de tels cas, les meurtriers ont été protégés par la justice turque. Alors que justice n’a pas encore été rendue pour Uğur et son père, leurs tombes dans le quartier de Pireketa ont été profanées à l’approche du 19e anniversaire de leur meurtre. Les pierres tombales des deux tombes ont été détruites par des inconnus.

TURQUIE. Un réalisateur kurde victime d’une fouille à nue

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TURQUIE / KURDISTAN – Le réalisateur kurde – néerlandais Reber Dosky a été arrêté à Mardin le 8 novembre et détenu au centre de rapatriement d’Urfa. Il a attiré l’attention sur la torture subit ici en déclarant qu’un migrant marocain avait été gardé au réfrigérateur pendant la nuit. Le journaliste, producteur et réalisateur néerlando-kurde Reber Dosky, connu pour des films comme « Radio Kobanî », « Sıddık et la Panthère » et « Filles du Soleil », a été arrêté le 8 novembre à Mardin, où il était venu travailler sur un projet de film. Ayant son passeport confisqué et envoyé au Centre de rapatriement (GGM) d’Urfa, Dosky a entamé une grève de la faim pour protester contre les conditions qu’il jugeait « inhumaines » au Centre de rapatriement et contre sa détention. Dosky, qui a déclaré avoir été soumis à une fouille à nu, a partagé avec bianet ses expériences tant au commissariat qu’au centre de retentionIl a également informé qu’il intenterait des poursuites judiciaires contre les pratiques auxquelles il a été confronté : « Je suis venu à Mardin le 8 octobre pour un projet de film, et après être resté ici pendant un mois, je me suis rendu à l’aéroport de Mardin le 8 novembre pour retourner à Amsterdam pour terminer mon projet de film. Après avoir terminé le processus d’enregistrement, un policier en civil s’est approché de moi et m’a pris mon passeport. Quand je lui ai demandé la raison, il a répondu : « Il y a une information à votre sujet ». J’ai dit : « Et si c’était un faux tuyau ?  » Ils n’ont pas répondu à ma question. De là, ils m’ont emmené au commissariat de police du district de Kızıltepe. Après un interrogatoire de trois heures, ils m’ont emmené au bureau des migrations de Mardin et de là au centre de rapatriement (GGM) d’Urfa. La police de Mardin a été respectueuse et m’a bien traité ; cependant, la situation a changé à l’Urfa GGM.  À Urfa GGM, du personnel de cuisine aux policiers et soldats en civil, tous les employés traitent les migrants de manière inhumaine. Ils ne considèrent en aucun cas les migrants comme des êtres humains. Je ne peux pas décrire les conditions de vie là-bas en quelques phrases. Des vers sortaient de la nourriture, et un membre du personnel de cuisine montrait les vers aux migrants en leur disant : « Prends ceci, mange-le ». Seules trois bouteilles d’eau de 250 millilitres ont été distribuées par personne et par jour.  Presque tous les migrants du centre sont malades. Ils ont constamment des démangeaisons et ont de larges blessures sur le corps. Les demandes des médecins ne sont pas satisfaites. Les fonds destinés à ces GGM proviennent d’Europe et ont pour objectif de répondre aux besoins humanitaires. Les centres doivent être soumis à des inspections et les droits de l’homme sont indispensables ; malheureusement, ce n’est pas le cas ici. Les salles de bains et les toilettes sont loin d’être hygiéniques. J’ai séjourné dans une chambre pour 16 personnes et certains migrants dormaient par terre. La situation d’un étudiant somalien était assez tragique. Il est venu à Istanbul pour étudier, a payé ses frais d’université. , mais des policiers en civil l’ont arrêté à Istanbul et amené ici. Ils l’ont traité comme un migrant illégal, même s’il avait un casier judiciaire et était officiellement entré. Il est détenu ici simplement à cause de problèmes de communication. De même, de nombreux citoyens du Rojava, bien qu’ils soient enregistrés, sont arbitrairement détenus dans ce centre où règnent des traitements inhumains. Les conditions ici n’ont aucun lien avec l’humanité. Non seulement il n’y a pas d’approche humaine, mais il y a aussi des cas de torture. Un soir, ils ont emmené un migrant marocain simplement parce qu’il s’était disputé avec quelqu’un, et ils l’ont mis au réfrigérateur et l’y ont gardé jusqu’au lendemain matin. Lorsqu’ils sont venus pour le décompte le lendemain matin et ont constaté qu’une personne manquait, ils Nous avons demandé où il se trouvait. Quand je leur ai répondu « Dans le réfrigérateur », ils l’ont fait sortir et ils ne nous l’ont pas ramené. Les migrants du centre disent que la torture la plus grave ici est la « torture au réfrigérateur ». ‘ Lorsque j’ai interrogé les responsables de GGM à ce sujet, ils ont répondu : « Si nous ne faisons pas cela, ils n’apprendront pas. »  Je n’ai pas été agressé physiquement, mais j’ai vécu la torture d’être déshabillé. Lorsqu’ils m’ont emmené pour la première fois à GGM, ils ont mis des gants et m’ont demandé de me déshabiller. Ils allaient procéder à une fouille d’armes, même si j’avais déjà été J’ai été fouillé au poste de police. Quand je me suis opposé, ils ont dit qu’ils me fouilleraient de force. J’ai réagi à cela et je me suis déshabillé. Ils voulaient que je sois complètement nu, alors je me suis déshabillé complètement pour leur faire honte, et je ne me suis pas habillé pendant un moment pour leur faire honte. Le deuxième jour à GGM, j’ai entamé une grève de la faim pour protester contre les conditions de détention. J’ai clairement indiqué que je ne mettrais pas fin à la grève de la faim tant qu’ils ne m’auraient pas libéré. ​​Le directeur est venu vers moi et m’a dit : « Nous je vous relâcherai demain. J’ai continué ma grève jusqu’à ce que je sache avec certitude que je serais libéré et que j’obtiendrais mon ticket. Ma situation était encore relativement bonne car, comme je l’ai mentionné, des dizaines de migrants en situation d’impuissance vivent dans ces conditions. « Terroristes » ou pas, ils ont des droits, mais un régime différent est appliqué au GGM. « Nous avons retardé l’annonce de ma procédure de détention pour des raisons de sécurité. Après d’intenses efforts diplomatiques de la part du ministère néerlandais des Affaires étrangères et du consulat, j’ai pu retourner aux Pays-Bas dans la soirée du 10 novembre. Contre les pratiques auxquelles j’ai été confronté, je déposerai une plainte. compensations et actions en justice, et je poursuivrai le processus jusqu’au bout. »   Bianet

IRAN. Inquiétudes pour un jeune Kurde blessé et arrêté par les mollahs

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IRAN / ROJHILAT – Mehrab Kosha, un Kurde de 27 ans originaire de la ville de Karzan, dans la province d’Ilam, a été arrêté après avoir été blessé par balle par les forces de sécurité iraniens. La gravité de ses blessures met sa vie en danger. Le 11 novembre 2023, Mehrab Kosha a été blessé par des agents du Département des renseignements sur une route de Karazan. Malgré de graves blessures à la jambe, Mehrab Kosha a été arrêté par les services de renseignement puis emmené dans un lieu tenu secret. À l’heure actuelle, aucune information n’est disponible concernant son état de santé ou les conditions de sa détention. Mehrab Kosha avait déjà été convoqué au bureau des renseignements de Karzan et avait été menacé au moins une fois lors des protestions « Femmes, Vie, Liberté » (slogan kurde Jin, Jiyan, Azadi) déclenchées par le meurtre de Jina Mahsa Amini.

IRAN. Le prisonnier kurde Kaiwan Dehghan tué sous la torture

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IRAN / ROJHILAT – Kaiwan Dehghan a été tué sous la torture des agents de sécurité iraniens. Dehghan, 46 ans, est le septième prisonnier kurde mort sous la torture depuis le début de cette année.

Selon les informations obtenues par l’Organisation de défense des droits humains Hengaw, le samedi 11 novembre 2023, Kaiwan Dehghan est mort dans la prison centrale de Sardasht, soumis à la torture par les agents de sécurité de la prison.

Le corps de Kaiwan Dehghan a été rendu à sa famille le lundi 13 novembre, après un séjour de trois jours à la morgue de l’hôpital de Sardasht et au médecin légiste d’Urmia. La cérémonie funéraire s’est déroulée à Sardasht plus tard dans la soirée.

Selon une source fiable, Kaiwan Dehghan a été appréhendé par des agents de sécurité, jeudi 9 novembre, puis incarcéré à la prison de Sardasht. Les informations détaillées concernant les motifs de son arrestation et les accusations portées contre lui ne sont toujours pas disponibles.

Il convient de noter que Kaiwan Dehghan avait déjà été arrêté pour des infractions liées à la drogue et avait été libéré de la prison centrale de Mahabad le mois dernier après avoir purgé une longue période d’emprisonnement.

Selon les données recueillies par Hengaw, depuis le début de l’année 2023 jusqu’à aujourd’hui (10 mois et 10 jours), un bilan inquiétant d’au moins 9 prisonniers ont perdu la vie sous la torture dans les prisons et centres de détention supervisés par l’Organisation Hengaw pour les droits de l’homme. les institutions de sécurité de la République islamique d’Iran, sept d’entre eux étant kurdes.

CINEMA. Un film réalisé par une cinéaste du Rojava primé au Portugal

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Berbû de Sevinaz Evdike a remporté le prix Travessias à Olhares do Mediterrâneo – Festival du film de femmes. La réalisatrice de Serekaniye, Sevinaz Evdike, a remporté le prix Travessias (Traversées) à Olhares do Mediterrâneo – Festival du film de femmes au Portugal avec son long métrage Berbû. « Berbu » (The Wedding Parade ou Le Défilé des Noces), montre la façon dont la guerre à Serekaniye et l’invasion de la Turquie ont affecté la vie de trois jeunes femmes. Le jury a déclaré : « C’est avec grand plaisir que nous, le Jury, annonçons le Prix de la Compétition TRAVESSIAS pour le film The Wedding Parade de Sevinaz Evdike, son premier long métrage, pour être un film de politique résistance, un film de traversées humaines et géographiques sur les histoires de vie du peuple kurde du nord de Syrie, des histoires de mort, de perte et de douleur, mais aussi de lutte et de résistance. Images choquantes de femmes souffrant de la culture patriarcale, de martyrs et de tragédies de personnes vivant dans un paysage déchiré par la guerre et qui, face aux incertitudes, aux menaces et aux risques constants, face à la quasi-impossibilité d’avoir quelque chose à célébrer, s’efforcent de bouger et de donner du nouveau. des directions vers leurs rêves, leurs souhaits et leurs espoirs à chaque nouvelle attaque de bombes turques fuyant sous un ciel qui ne peut pas les protéger. »
Sevinaz Evdike
  Une séquence du film « Beru », Bande annonce à voir sur Youtube