TURQUIE. Manifestations contre la pratique des dépouilles rendues à leurs familles dans des colis
TURQUIE / KURDISTAN – Dans de nombreuses villes du Kurdistan et de Turquie, des partis politiques et des associations kurdes ont organisé des manifestations contre les pratiques inhumaines des autorités turques qui rendent les dépouilles des combattants kurdes tués lors d’affrontements dans des colis / boîtes à leurs familles.
A Istanbul/Şirinevler, la police turque a arrêté 46 manifestants, dont de nombreuses femmes, qui ont été remises en liberté dans la soirée.
Les personnes remises en liberté sont: Co-président du HEDEP Istanbul, Murat Kalmaz, Turan Kizilkaya, Gülsüm Dağ, Mehmet Aydemir, Gülsün Öztürk, Mihriban Aydın, co porte-parole de l’Assemblée des jeunes du HEDEP Edanur İbrahimoğlu, Faysal Özdeş, Aslan Demir, Mehmet Arınç, Veysel Öztaş, İbrahim Uzun, Dilek Demir, Şafi Erol, Rıza Kaplan, Mehmet Şirin, Hüseyin Akbaş, Fatma Yılmaz, Makbule Yılmaz, Sinem Yıldırım, Behiye Dağ, Saadet Aksu, Sipan Çoban, Türkan Acar, Asiye Aslan, Kumri Akgün, Abdülmelik Esenboğa, Selma Yılmaz, Rojda Yılmaz, Hüseyin Atbaş, Sedat Sönmez, Zeki Orhan, Pınar Kandal, Hülya Güler, Sinem Karabaş, Netice Aydemir, Reşit Ertuğrul, Nurten Varlık, Cahide Avşar.
TURQUIE. Les femmes kurdes privées de soins à cause de la barrière linguistique
TURQUIE / KURDISTAN – Une enquête menée par le Syndicat des travailleurs de la santé et des services sociaux (SES) à Diyarbakır (Amed), en Turquie, a révélé que les femmes kurdes ne peuvent pas se rendre aux centres de diagnostic précoce, de dépistage et d’éducation du cancer (KETEM). Cette restriction, qui découle de la barrière linguistique due au refus du gouvernement turc de fournir des services en kurde, la deuxième langue parlée en Turquie, retarde considérablement leur diagnostic, en particulier pour le cancer du sein et du col de l’utérus.
À Diyarbakır, l’incapacité de parler turc a empêché de nombreuses femmes kurdes, en particulier celles des zones rurales, d’accéder aux services de diagnostic du cancer. L’enquête SES portant sur 347 femmes kurdes âgées montre que 58 % d’entre elles ne pouvaient pas bénéficier de ces services, nécessitant souvent que des membres masculins de leur famille les accompagnent, créant un inconfort et empêchant une communication efficace avec les médecins.
Les KETEM ont été créés par le département de lutte contre le cancer de la direction de la santé publique du ministère turc de la Santé, dans le but de « permettre aux femmes des villages les plus reculés de vivre sans le cancer ».
De plus, une femme kurde de 84 ans d’Istanbul s’est vu refuser un traitement médical dans un hôpital en raison du manque d’interprètes kurdes, malgré l’offre de son fils de traduire. Cet incident survenu à l’hôpital d’éducation et de recherche Fatih Sultan Mehmet met en évidence le problème plus large des barrières linguistiques dans les soins de santé turcs qui affectent la population kurde.
En outre, le ministre turc de la Santé, Fahrettin Koca, a été critiqué pour avoir exclu les Kurdes du service de prescription en ligne E-Reçetem. Malgré la présence de citoyens parlant le kurde, le service propose d’autres langues destinées au tourisme de santé, au mépris des droits linguistiques de millions de Kurdes en Turquie. Cette décision a été condamnée par divers groupes, dont le HDP et SES, car elle néglige les besoins de santé de la communauté kurde.
Demirtas: « Je suis jugé à cause de mon identité kurde »
TURQUIE – L’homme politique kurde tenu en otage depuis novembre 2016, Selahattin Demirtas a déclaré lors d’un récent procès que sa détention prolongée était le résultat de son identité kurde et de ses convictions politiques. La Grande Chambre de la CEDH avait précédemment confirmé que l’emprisonnement de Demirtaş était politique et avait exigé sa libération immédiate.
L’éminent homme politique kurde Selahattin Demirtaş a déclaré mardi lors d’une audience au tribunal que sa longue détention en Turquie était le résultat de son identité kurde et de ses opinions politiques.
L’ancien coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP) pro-kurde de Turquie est derrière les barreaux depuis sept ans, accusé de « dénigrer publiquement le gouvernement et les organes de l’État » lors de discours lors de rassemblements en 2015 et 2016, et risque jusqu’à 20 ans de prison. années de prison.
Demirtaş a rejeté les accusations, déclarant que s’il était un « chef de gang raciste et fasciste », il ne serait pas jugé aujourd’hui. Il a souligné son devoir de représenter les millions de personnes qui ont voté pour lui.
Dans son discours devant le tribunal, Demirtaş a commenté ce qu’il a appelé « les crimes contre le peuple kurde » lors des opérations militaires menées par les forces de sécurité turques. Présentant des photos de personnes torturées dans différentes provinces, il a exhorté le tribunal à donner la priorité à l’humanité plutôt qu’à la protection des responsables de tels actes.
Demirtaş a également critiqué le procureur pour avoir négligé son rôle politique, alléguant la politisation du système judiciaire et la promotion des juges qui l’avaient condamné dans une affaire précédente, ainsi que d’autres personnalités de l’opposition.
La Cour a rejeté la plupart des demandes formulées par ses avocats et a fixé la prochaine audience au 15 mai 2024.
Les démêlés juridiques de Demirtaş ont commencé avec son arrestation en 2016 à Diyarbakır, lors d’opérations visant des dirigeants du HDP. Outre sept accusations criminelles, il a été condamné séparément à quatre ans et huit mois de prison pour « propagande terroriste » liée à un discours qu’il a prononcé lors de l’éphémère processus de paix entre la Turquie et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
La Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a confirmé en 2020 que l’emprisonnement de Demirtaş était « politiquement motivé » et a exigé sa libération immédiate. Mais la Turquie ne s’y est pas conformée.
L’audience de mardi était une consolidation de dix affaires distinctes. En raison de l’échec de la mise en œuvre de l’arrêt de la CEDH, le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a fixé au mois de septembre la date limite pour la libération de Demirtaş. Avertissant de « nouvelles mesures » si le délai n’est pas respecté, la commission réexaminera la question lors de sa réunion de décembre, si les autorités turques ne parviennent pas à libérer Demirtaş conformément aux exigences de la CEDH.
TURQUIE. Une journaliste kurde emprisonnée jugée aujourd’hui
TURQUIE / KURDISTAN – La première audience de la journaliste kurde détenue depuis 7 mois, Dicle Müftüoğlu a eu lieu aujourd’hui devant la 5ème cour d’assises de Diyarbakır (Amed).
Müftüoğlu est accusée de « création et direction d’une organisation illégale » et « d’être membre d’une organisation illégale » et risque jusqu’à 37,5 ans de prison. L’acte d’accusation allègue que sa vie sociale était une couverture pour ses activités terroristes. Ses conversations téléphoniques avec des journalistes sont présentées comme des preuves d’activités terroristes.
IRAK. Une base américaine d’Erbil visée par des drones
IRAK / KURDISTAN – Une attaque de drone a été menée mercredi contre la base aérienne américaine d’Al-Harir dans la région kurde d’Erbil (Hewler), au Kurdistan d’Irak.
L’attaque a été revendiqué par les milices de la « Résistance islamique en Irak », des milices affiliés au Hachd al-Chaabi pro-Iran, qui ciblent les baes militaires américaines dans la région depuis la guerre à Gaza. Les confirmé plusieurs frappes menées en Irak contre des combattants pro-Iran. Les Etats-Unis auraient répondu aux attaques par des frappes ciblant les combattants pro-Iran en Irak.
Viol, l’arme de guerre du régime iranien pour réprimer la contestation
IRAN / ROJHILAT – Amnesty International a annoncé que 7 hommes, 6 femmes, une fille de 14 ans et deux garçons âgés de 16 et 17 ans, arrêtés lors des récentes manifestations en Iran, ont été violés par les forces de sécurité iraniennes.
« Les forces de sécurité iraniennes ont commis des viols, des viols collectifs et d’autres violences sexuelles à l’encontre de femmes, d’hommes et d’enfants âgés d’à peine 12 ans qui participaient au soulèvement « Femme, Vie, Liberté » [traduction française du slogan féministe kurde « Jin, Jiyan, Azadî »] », déclare Amnesty International qui a recueilli plusieurs témoignages et restitué les méthodes glaçantes de répression des autorités iraniennes.
Voici l’extrait de l’article publié par Amnesty International le 5 décembre 2023:
« 120 pages d’horreur. Notre rapport intitulé « Ils m’ont violée : les violences sexuelles utilisées comme arme pour écraser le soulèvement iranien Femme, Vie, Liberté » décrit les terribles épreuves traversées par 45 personnes, parmi lesquelles 26 hommes, 12 femmes et sept mineur.es, qui ont subi des viols, des viols collectifs ainsi que d’autres formes de violences sexuelles aux mains des services de renseignement et des forces de sécurité iraniennes.
Des viols commis pour torturer, intimider et punir les manifestant·es qui remettaient en question des décennies d’oppression du régime, dans le cadre du soulèvement populaire déclenché suite à la mort de Mahsa Amini.
UN AN DE RÉPRESSION DU SOULÈVEMENT
Les témoignages bouleversants que nous avons recueillis révèlent les atrocités que les forces de sécurité iraniennes ont infligées aux manifestant·es et personnes qui se trouvaient dans l’espace public lors du soulèvement. L’objectif premier est la répression des personnes qui manifestent afin de les briser de l’intérieur et de les faire taire. C’est la double peine : des personnes sont victimes de violences sexuelles et doivent ensuite se taire par crainte de représailles des autorités. En Iran, il n’y a ni vérité, ni justice, ni réparation.
Attention, les témoignages de notre rapport sont difficiles à lire, ils décrivent des viols, d’autres violences sexuelles et les traumatismes psychologiques. Nous remercions toutes celles et ceux qui ont eu le courage et la confiance de partager leur témoignage. »
TURQUIE. Des prisonnières politiques kurdes demandent à être transférées à Imrali
TURQUIE – Des femmes politiques détenues dans l’affaire Kobanê ont saisi le ministère de la Justice concernant la situation du leader de la guérilla kurde après le tremblement de terre de Gemlik et ont demandé à être transférées à la prison d’Imralı.
Les prisonnières politiques de la prison de Sincan, où la grève de la faim tournante commencée le 27 novembre avec la revendication de « Liberté pour Abdullah Öcalan, solution à la question kurde », se poursuit, ont demandé justice pour la situation du leader du PKK Abdullah Öcalan, qui est détenu à la prison d’İmralı. Elles ont envoyé une demande au ministère suite du tremblement de terre survenu à Bursa/Gemlik le 4 décembre.
Les prisonnières, dont l’ancienne coprésidente du Parti des régions démocratiques (DBP), Sebahat Tuncel, et la militante de Tevgera Jinen Azad (TJA), Ayla Akat Ata, emprisonnées dans l’affaire Kobanê, ont demandé à ce que la famille et les avocats d’Öcalan puissent le rencontrer dans les plus brefs délais. Elles ont également demandé à être transférées à la prison de haute sécurité d’Imrali où se trouvent Ocalan et trois autres détenus kurdes.
Ocalan en isolement carcéral depuis près 23 ans
Depuis près de 23 ans, le chef historique du PKK, Abdullah Öcalan est détenu sur l’île-prison d’Imrali, en Turquie. Au cours des 10 dernières années, Öcalan a été autorisé à recevoir de rares visites de sa famille et de ses avocats. Comme plus de 10000 prisonniers politiques croupissant dans les geôles turques, Ocalan est détenu en isolement carcéral strict en violation des conventions internationales et européennes des droits humains, dont la Turquie est pourtant signataire. Malgré plusieurs rapports du Comité pour la Prévention de la Torture du Conseil de l’Europe (CPT) qui dénonce ces conditions de détention et appelle les autorités turques à mettre fin à l’isolement du dirigeant kurde et de ses trois codétenus, en vain.
IRAN. Un enseignant kurde condamné à 11 ans de prison
IRAN / ROJHILAT – Seyvan Ebrahimi, enseignant de la langue kurde et cadre de l’organisation socioculturelle Nojîn (Nozhin) de Sanandaj (Sînê) a été condamné à 11 ans de prison pour « formation de groupes et de factions dans le but de porter atteinte à la sécurité nationale » et « propagande contre l’État ».
Au début de l’année, Ebrahimi a été arrêté deux fois pour ses activités contribuant à renforcer la société kurde, marginalisée et opprimée par le gouvernement central iranien. Une autre fois, il fut arrêté pour ses initiatives visant à libérer son épouse Zara (Zahra) Mohammadi, qui était encore emprisonnée à l’époque.
La chercheuse Hawzhin Azeez déclare que « s’en prendre à la famille de vos ennemis est un signe de désespoir. Une action prise dans la panique en réponse aux craintes que les murs que vous avez construits autour de votre réalité ne se referment. C’est l’état de l’Iran d’aujourd’hui et le cas de Seyvan Ebrahimi ».
Voici la suite de l’article d’Hawzhin Azeez publié sur le site The Kurdish Center For Studies :
Le 2 décembre, Seyvan Ebrahimi, professeur de langue kurde et membre du conseil d’administration de l’association socioculturelle Nozhin à Sanandaj, a été condamné à un total de 11 ans de prison pour crime d’activisme culturel. Alors que des milliers d’autres hommes et femmes kurdes sont actuellement en détention arbitraire, Seyvand se distingue par le fait qu’il est le mari de la célèbre militante kurde des droits humains Zahra Mohammadi. Le cas de Seyvan Ebrahimi démontre trois points clés sur la situation des Kurdes en Iran : premièrement, être kurde est un crime, deuxièmement, avoir un membre de sa famille politiquement actif constitue un motif d’arrestation, et troisièmement, le caractère arbitraire du traitement infligé par le régime. des minorités telles que les Kurdes est telle que, malgré les documents juridiques autorisant à mener un travail humanitaire et culturel, ils peuvent néanmoins être arrêtés à volonté et sans procédure légale régulière.
Le cas de Zahra
L’épouse de Seyvan, Zahra, est la directrice et membre fondatrice de l’association socioculturelle Nozhin, créée en 2011. L’association a été légalement certifiée par le ministère iranien de l’Intérieur en 2013. L’association s’engage dans plusieurs activités culturelles, notamment l’éducation et la sensibilisation à l’environnement, en apportant une aide aux victimes de catastrophes naturelles telles que les inondations et les tremblements de terre et à celles touchées par la pandémie de Covid et en sensibilisant aux droits juridiques et culturels des minorités.
En mai 2019, Zahra a été arrêtée et condamnée à cinq ans de prison dans la prison de Sine (Sanandaj), située dans la province du Kurdistan iranien. Elle a fait l’objet d’allégations de violations de la sécurité nationale en relation avec son militantisme au sein de la société civile, visant en grande partie à responsabiliser la population du Rojhilat (Kurdistan oriental), notamment par l’enseignement de la langue kurde. Zahra a depuis été libérée de prison à la suite des soulèvements massifs des « Jin, Jiyan et Azadi » [slogan féministe kurde signifiant « femme, vie, liberté »] en Iran. Comme la plupart des décisions prises par les forces de sécurité iraniennes, Zahra a été libérée soudainement et sans préavis le 10 février 2023. Plus tôt, alors que les soulèvements étaient en plein essor, elle a été désignée par la BBC comme l’une des 100 femmes les plus inspirantes et les plus influentes au monde.
Zahra aurait été libérée dans le cadre d’une amnistie générale accordée par le système judiciaire iranien dans le cadre de la célébration du 44e anniversaire de la révolution iranienne de 1979. Cependant, alors que des centaines de prisonniers étaient libérés par le régime dans le cadre de cette amnistie, des milliers d’autres étaient détenus pour avoir participé à des manifestations antigouvernementales. Il semble qu’au moment où elle était libérée, son mari était détenu à peu près au même moment.
Même si l’Iran est signataire de diverses lois internationales relatives aux droits de l’homme, qui exigent que le régime veille à ce que tous les détenus bénéficient de leurs droits légaux, aient accès à une procédure régulière et soient traités avec humanité et dignité, la réalité de nombreux prisonniers politiques est radicalement différente.
Par conséquent, Seyvan a été arrêté pour la première fois le 18 janvier 2023, alors qu’il suivait le cas de son épouse au tribunal révolutionnaire du Sine. Il a ensuite été remis en liberté le 5 janvier . Le 18, il a été de nouveau arrêté par les forces de sécurité et est resté en détention jusqu’à sa condamnation le 2 décembre. Ce jeu de chaise musicale d’arrestations et de libérations est une politique typique appliquée par le régime (…) [engagé] dans une guerre psychologique contre les minorités et les dissidents.
Comme la plupart des prisonniers politiques, l’arrestation de Seyvan comprend plusieurs violations des droits humains au niveau national et international, notamment le fait d’être détenu avant la prononciation de la peine, le fait que les forces de sécurité n’ont pas présenté de mandat légal, les visites familiales ou les appels téléphoniques refusés, le fait d’être soumis à un isolement cellulaire prolongé et interdit d’avoir un avocat.
Un cauchemar dystopique
Après presque un an de détention arbitraire, Seyvan a été condamné le 2 décembre, le verdict étant une peine supplémentaire dévastatrice de 11 ans de prison. Ses accusations comprenaient 10 ans de prison pour le crime de « formation de groupes et de factions dans le but de porter atteinte à la sécurité nationale » et un an supplémentaire pour le crime de « propagande contre l’État ». La peine supplémentaire d’un an comprend 40 coups de fouet prononcée par la Cour d’appel de la province du Kurdistan.
Le traitement illogique, barbare et illégal de Seyvan est malheureusement le récit de nombreux autres prisonniers politiques kurdes ainsi que d’autres minorités telles que les Baloutches, les Lor et les Ahwazis. Les prisons iraniennes sont également tristement célèbres pour leurs méthodes sophistiquées de torture. En outre, des périodes prolongées et indéfinies d’isolement cellulaire, des prisons souterraines et illégales et des agents de sécurité « infiltrés » en civil errant dans les rues contribuent à une atmosphère intense et sombre de peur et de terreur dans le pays, en particulier dans les zones fortement militarisées telles que comme les provinces kurdes et baloutches.
En effet, selon Human Rights Watch :
« Les Iraniens utilisent le terme « nahad-eh movazi » littéralement « institutions parallèles » pour désigner les divers agents extralégaux de coercition étatique qui ont grandi en termes de formalité, d’organisation et de capacité. Les journaux iraniens utilisent régulièrement les termes « institutions parallèles » et « institutions en civil » pour désigner les réseaux des Basiji [milices], d’Ansar-e Hezbollah [partisans du parti de Dieu], de divers services de renseignement extérieurs au ministère du Renseignement et les prisons secrètes et les centres d’interrogatoire à leur disposition. »
Plus tôt cette année, un rapport d’ Amnesty International a souligné que des enfants détenus avaient été soumis à des flagellations, à des décharges électriques et à des actes brutaux de violence sexuelle à la suite de la répression massive des manifestations. Des enfants âgés d’à peine 12 ans auraient été victimes d’actes horribles et inavouables de violence physique et sexuelle. De tels rapports ne font qu’effleurer la surface de l’avalanche d’horreurs qui se produisent quotidiennement aux mains des différentes branches des forces de sécurité et de renseignement du régime dans les prisons iraniennes.
Bien entendu, nous devons également noter la nature genrée de l’oppression étatique et de la violence systémique lorsqu’il existe des cas de femmes kurdes, comme le meurtre de Jîna Amini alors qu’elle était en détention qui a déclenché un soulèvement mondial, ou Zeynab Jalalian arrêtée depuis 2008 et condamnée à mort (commutée à la prison à vie) à l’issue d’un procès qui n’a duré que quelques minutes et sans droit à l’accès aux services médicaux en raison des tortures étendues et prolongées en prison. Selon l’Organisation Hengaw pour les droits humains, « le cas de Zeynab Jalalian, une prisonnière politique kurde de Mako, suffit à invalider l’ensemble du système judiciaire de la République islamique d’Iran ». Seuls les courageux devraient lire l’histoire des tortures répétées de Zeynab en prison.
Plus récemment, d’autres cas, comme la disparition de Werîşe Muradî [Varisheh Moradi] (connue sous le nom de Juana Sine), le 1er août, enlevée en plein jour par des agents en civil, témoignent du ciblage délibéré des femmes, et bien sûr des enfants, comme une approche systémique de instaurant une atmosphère de peur, de terreur et d’incertitude. Les personnes arrêtées savent qu’un avenir sombre les attend dans les tristement célèbres prisons iraniennes. Les nombreux systèmes de catacombes de prisons et de centres de détention en Iran sont gérés par diverses forces, notamment les Gardiens de la révolution, la police de la sécurité publique, le ministère du Renseignement, l’unité d’enquête de la police iranienne (Agahi) ou la force paramilitaire Basij. Par conséquent, lorsque des militants politiques ou des droits de l’homme disparaissent, il est presque impossible de les localiser ou de savoir où ils se trouvent à moins que le régime lui-même n’agisse avec magnanimité.
Emprisonnement arbitraire
Une partie de la raison de l’arrestation de Seyvan était liée à son travail au sein de l’association Nozhin, notamment son travail d’enseignement du kurde. Cependant, l’association Nozhin a reçu un permis explicite du ministère de l’Intérieur lui donnant le droit d’enseigner le kurde dans diverses villes de la province du Kurdistan. Le fait que Seyvan ait été arrêté soudainement alors qu’il se présentait au tribunal pour s’enquérir du sort de sa femme indique non seulement le caractère aveugle des forces de sécurité, mais également l’illégalité de l’absence de mandat d’arrêt. L’impunité totale avec laquelle les forces de sécurité iraniennes arrêtent des citoyens met en évidence le mépris total du régime pour les droits humains fondamentaux, sans parler des lois et de l’éthique internationales en matière de droits humains. Sa détention pendant près de 12 mois sans verdict, son manque d’accès à un avocat et le refus de son droit de visite à sa famille et à ses proches témoignent d’un système judiciaire et sécuritaire ridicule qui a complètement écarté ne serait-ce qu’un semblant de respect des normes juridiques fondamentales et pratiques judiciaires.
Bien entendu, compte tenu de la certification gouvernementale de l’association Nozhin, l’arrestation de Seyvan pour avoir enseigné le kurde ou participé à des activités culturelles pour lesquelles l’association a demandé et obtenu l’accord du gouvernement ne peut que signifier qu’il a réellement été arrêté pour le crime d’être kurde. Un Kurde issu d’une famille éminente, politiquement active et connue. Compte tenu de la promotion par le gouvernement iranien de lois et de relations de genre extrêmement patriarcales et oppressives dans le pays, il y aurait un semblant de logique s’il avait accusé Seyvan du crime inacceptable de « permettre » à sa femme la liberté d’être politiquement active et d’enseigner le kurde aux enfants.
Une autre leçon clé que le régime iranien souhaite transmettre à travers des cas tels que Seyvan Ebrahimi et son épouse encore plus active et célèbre politiquement est que, malgré les sanctions infligées par les mollahs à Téhéran, même après avoir purgé sa peine, même après avoir été libéré, la famille, les amis d’un militant politique, et les connaissances ne sont pas en sécurité et peuvent également être arbitrairement punies au gré de la volonté et du caprice du gouvernement.
Régime de terreur
Les cas de Seyvan, Zahra, Zeynab, Werîşe et bien d’autres comme eux démontrent que chaque fois qu’un Kurde est arrêté par décret de dirigeants religieux autoritaires et par conséquent exécuté, condamné aux coups de fouet, soumis à la torture, à la disparition et à l’isolement cellulaire, ainsi qu’à une série d’autres violations des droits de l’homme, leur crime le plus immédiat est avant tout celui d’être un Kurde qui ose être actif, qui ose parler contre les régimes occupant le Kurdistan et qui ose participer à la sphère civique pour l’amélioration de la situation. leur peuple opprimé.
Le régime iranien a dirigé plus de quatre décennies de discrimination fondée sur le sexe, de répression, de régime fondamentaliste et d’inégalité, et il semble que malgré les vaillants efforts du soulèvement « Jin, Jiyan, Azadi » et les milliers de personnes blessées, mutilées, arrêtées , et assassinés, les mollahs puritains sont là pour rester pour le moment. Mais tant qu’ils le feront, aucune minorité – notamment les Kurdes – ne sera en sécurité. C’est pourquoi chaque cas d’arrestation illégale, d’exécution, de disparition et d’autres actes d’oppression contre des citoyens courageux doit être cité, doit occuper le devant de la scène dans les médias et doit être honoré avec l’indignation appropriée qu’il mérite vraiment. Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles ce régime théocratique a survécu malgré les soulèvements répétés et périodiques de son peuple, mais l’adoption d’une approche douce ou humaine n’en fait pas partie.
ALLEMAGNE. Une députée demande la libération de Zeynab Jalalian
ALLEMAGNE – La députée de Hambourg Cansu Özdemir a condamné le traitement réservé à Zeynab Jalalian par Téhéran et a demandé sa libération immédiate. La prisonnière politique kurde a de nouveau été malmenée par ses bourreaux qui lui ont demandé de faire des faux aveux afin d’avoir droit à des soins.
La députée de Hambourg Cansu Özdemir a condamné le traitement réservé par Téhéran à la prisonnière politique Zeynab Jalalian et a appelé à sa libération immédiate. « Il est impossible que le régime islamiste en Iran veuille forcer Zeynab Jalalian à avouer afin qu’elle puisse recevoir les soins médicaux nécessaires », a déclaré lundi la coprésidente du Parti de gauche au parlement de Hambourg. « Il s’agit d’une autre violation des droits des droits humains », a-t-elle ajouté.
Au cours du week-end, on a appris que Zeynab Jalalian avait été maltraitée alors qu’elle était interrogée par des responsables du ministère iranien de la Santé qui voulaient la forcer à avouer devant la caméra pour lui prodiguer des soins médicaux. Dans une émission diffusée à la télévision d’État, la femme kurde était censée « avouer » ses actes répréhensibles, exprimer ses remords pour ses activités politiques antérieures et accepter de coopérer avec le régime des mollahs. Ce n’est qu’à ce moment-là que le ministère du Renseignement sera prêt à prodiguer les soins médicaux nécessaires à la prisonnière de 41 ans.
Jalalian a rejeté ces allégations. « Je n’ai rien à regretter », aurait déclaré la prisonnière politique aux interrogateurs du régime iranien, malgré la pression psychologique et les violences physiques dont elle a été victime. Ce n’était pas la première fois que le régime, dans le cas de Jalalian, conditionnait l’accès à des soins médicaux adéquats à des « aveux » devant la caméra. Le ministère iranien du Renseignement a également procédé à plusieurs reprises au transfert vers une prison plus proche du domicile de la famille de Jalalian et à la fin de la répression contre elle et ses proches sur la base d’aveux.
ALLEMAGNE. Des femmes kurdes victimes d’agressions dans un centre d’asile de Berlin
Les attaques contre le centre d’urgence pour réfugiés à Berlin-Tegel se poursuivent. Après les attentats islamistes de ces derniers jours, des femmes kurdes dénoncent le harcèlement sexuel de la part des agents de sécurité d’origine arabe.
De nouveaux rapports faisant état d’attaques, de violences physiques et de conditions inhumaines provenaient presque chaque jour du refuge d’urgence de Tegel à Berlin. Comme le rapportent des habitants, il y a eu un cas de harcèlement sexuel contre deux femmes kurdes par des agents de sécurité samedi soir. Les deux femmes avaient brièvement quitté la tente dans laquelle les demandeurs d’asile kurdes sont isolés après les attentats islamistes de ces derniers jours lorsqu’un agent de sécurité s’est approché d’elles et leur a dit via son programme de traduction téléphonique : « Vous êtes très belle, allez devenir mes amantes ? » Le harcèlement ne s’est pas arrêté là. Le gardien a tenté de toucher les deux femmes et une dispute a éclaté lorsqu’elles ont repoussé l’homme. Dans cette situation chaotique, l’agent de sécurité de la désormais tristement célèbre société TeamFlex s’est enfui. Bien que les personnes concernées aient exigé que la police soit appelée pour retrouver l’auteur, rien n’a été fait. Les demandeurs d’asile kurdes ont donc passé toute la nuit à chercher en vain l’auteur de ce crime.
Rapports répétés d’attaques par TeamFlex Security
Les gardes de sécurité de TeamFlex ne sont pas seulement connus pour leur personnel sympathisant avec les djihadistes. Des rapports répétés font état de harcèlement sexuel de la part des services de sécurité. En septembre, 130 femmes ukrainiennes ont demandé le remplacement des équipes de sécurité, notamment en raison du harcèlement sexuel. Selon la lettre de plainte, des membres masculins des équipes de sécurité ont fouillé les sacs des femmes qui sortaient des cabines de douche et ont examiné attentivement les sous-vêtements féminins dans les sacs. Des attaques similaires sont également signalées contre des demandeurs d’asile kurdes dans le logement.
Les habitants rapportent que des femmes kurdes ont été suivies et harcelées à plusieurs reprises dans leurs chambres ou dans les douches par des « racistes et djihadistes anti-kurdes ». Ces derniers jours, les demandeurs d’asile kurdes ont contacté à plusieurs reprises la direction sociale du centre et d’autres organismes, en vain.
« Nous sommes contraints à une existence inhumaine »
La Kurde Ayşegül Bulut (28 ans) a déclaré : « Nous sommes détenus au centre d’arrivée de Tegel depuis un mois et sommes constamment confrontés aux regards, au harcèlement social et aux attaques verbales. Nous sommes principalement harcelés par des racistes d’origine arabe. Nous ne pouvons pas laisser nos enfants seuls. Nous vivons dans la peur constante que quelque chose puisse leur arriver à tout moment. Nous sommes obligés de vivre d’une manière inhumaine et nous ne trouvons personne vers qui nous tourner. Nous ne savons pas ce qui va se passer ensuite et nous sommes constamment dans un état de panique. Nous nous trouvons dans un environnement dans lequel nous sommes exposés aux attaques et au harcèlement racistes. »
Bulut a appelé l’opinion publique à suivre la situation à Tegel avec la plus grande attention.
