ROJAVA. Il y a 9 ans, les Kurdes libéraient Kobanê des mains de DAECH

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SYRIE / ROJAVA – Il y a neuf ans jour pour jour, les combattants kurdes ont libéré la ville de Kobanê après 4 mois de combats acharnés face aux jihadistes de DAECH lourdement armés. Aujourd’hui, cette ville héroïque et l’ensemble des zones autonomes du Rojava sont dans le viseur de l’État turc qui veut envahir la région pour mettre fin à la révolution féministe et pluraliste dans le Nord et l’Est de la Syrie. La petite ville de Kobanê a été attaquée par les terroristes de DAECH le 15 septembre 2014. Alors que le monde entier s’attendait à une capitulation rapide des combattants kurdes, ces derniers ont livré une lutte acharnée, faisant subir aux terroristes islamistes leur première défaite depuis l’instauration du « califat islamique » en Syrie et en Irak. Dès lors, les femmes kurdes sont devenues le cauchemar des jihadistes qui pensent qu’ils ne peuvent aller au paradis s’ils sont tués par des femmes. Le 15 septembre 2014 au matin, l’EI a lancé une attaque sur le front sud. L’offensive menée jusque-là sur trois fronts s’est alors étendue sur les fronts sud-est et sud-ouest, avec un grand déploiement de combattants djihadistes lourdement armés. LE SIÈGE DE KOBANÊ Les mercenaires de l’Etat islamique ont lancé la première attaque contre la ville de Kobanê dans la nuit du 14 au 15 septembre. Le siège durera jusqu’au 26-27 janvier 2015. Ces mois de batailles verront une défense des valeurs de l’humanité avec un esprit épique d’abnégation qui est entré dans l’histoire. Le matin du 15 septembre, l’Etat islamique a lancé une attaque sur le front sud. Contrairement aux attaques simultanées précédentes sur les trois fronts, les gangs de l’Etat islamique ont désormais déployé des armes et des militants dans les parties sud-est et sud-ouest également, et ont lancé une offensive sur cinq fronts. « NOUS ALLONS GAGNER CETTE GUERRE » Il n’a pas fallu longtemps pour se rendre compte de l’ampleur de l’offensive et de l’immense inégalité des forces en présence. Les commandants des YPG (Forces de Protection du Peuple) et des YPJ (Forces de Protection des Femmes) ont compris qu’il ne s’agissait pas d’une attaque ordinaire. Ils/elles devaient combattre une armée colossale avec des moyens techniques et humains dérisoires. Les djihadistes qui avaient concentré toutes leurs forces et leurs armes autour de Kobanê comptaient occuper la ville en très peu de temps. « Ce ne sera pas une bataille ordinaire, mais une confrontation entre la sauvagerie à dominante masculine et la volonté spirituelle de la modernité démocratique. Nous allons gagner cette guerre », avait alors proclamé Meryem Kobanê, commandante des YPJ. ARÎN MÎRKAN DEVIENT UN SYMBOLE À MISHTENUR Après avoir attaqué avec des armes lourdes la colline de Mishtenur, au sud de Kobanê, un lieu sacré pour les habitants de la région, les gangs de l’EI en ont pris le contrôle le 5 octobre, non sans avoir affronté une résistance acharnée des combattants YPG/YPJ durant plusieurs jours. La commandante des YPJ Arîn Mîrkan était furieuse que la colline de Mishtenur soit tombée sous le contrôle des djihadistes. Convaincue qu’il fallait frapper durement les gangs qui assiégeaient Mishtenur, elle a réussi à atteindre leur point de rassemblement où elle a déclenché les explosifs qu’elle portait sur elle, tuant des dizaines de djihadistes. Les gangs de l’EI ont alors compris qu’ils ne pourraient pas prendre la ville en une semaine et qu’ils allaient vivre un enfer à Kobanê. UN ENFER POUR l’EI Après Mishtenur, les troupes de l’organisation terroriste ont commencé à entrer dans le quartier de Kaniya Kurda par l’est. À l’ouest, la colline Izae était tombée sous leur contrôle, et les combattants des YPG/YPJ avaient pris position dans les tranchées creusées dans la colline Til Sheir. Au sud, les gangs avaient atteint le cimetière de Martyr Dicle, près de l’entrée de la ville. La commandante des YPJ Meryem Kobanê avait alors déclaré : « Daesh va maintenant entrer dans la ville par Kaniya Kurda. Mais cette ville sera un enfer pour lui. » Voyant que Kobanê n’était pas tombée après une semaine, les médias turcs et le gouvernement AKP (Parti de la Justice et du Développement du président turc Erdogan) ont tenté de faire croire que la ville tomberait « automatiquement » si les terroristes atteignaient le centre. « Kobanê est sur le point de tomber », s’était d’ailleurs félicité le Premier ministre de l’époque, l’actuel président Recep Tayyip Erdoğan, lorsque l’EI a pénétré dans la ville. Alors qu’Erdoğan se frottait les mains à cette idée, la commandante générale des YPJ, Meysa Ebdo, lui a répondu : « Kobanê ne tombera que dans ses rêves. La résistance ne fait que commencer, Kobanê sera un enfer pour Daesh et ses partisans. » La promesse de Meysa Ebdo s’est concrétisée au fur et à mesure de la résistance inouïe des YPG/YPJ contre l’avancée des hordes de Daesh. Après deux mois de résistance, les combattants kurdes sont passés à l’offensive. À partir du début du mois de décembre, ils ont progressivement nettoyé le centre-ville de la présence des djihadiste et fini par récupérer la colline de Mishtenur, réalisant ainsi le rêve d’Arîn Mîrkan et de nombreux autres combattantes et combattants kurdes tombés dans cette lutte contre l’obscurantisme. Après Mishtenur, la seconde opération de grande envergure a été menée sur le front sud. Elle a permis d’éradiquer totalement les djihadistes de cette zone. LE COUP FINAL Le deuxième jour de l’opération, le commandant du front est, Mazlum Kobanê, a déclaré : « Nous annoncerons très bientôt la libération », et c’est ce qui s’est passé. Le troisième jour de l’opération, les préparatifs ont été achevés pour donner le coup final, fatal, aux bandes de Daesh. L’annonce de la libération de la ville devait avoir lieu le jour anniversaire de la déclaration du canton, le 27 janvier. L’opération Kaniya Kurda a alors commencé. Quelques heures après le début de l’opération, des chants de victoire ont commencé à retentir, retransmis par la radio. « Bijî Serok Apo » (vive le leader apo), « Bijî Berxwedana Kobanê » (vive la résistance de Kobanê), criaient les combattants. Puis l’un d’eux a laissé échapper sa joie : « Les amis ont pris Kaniya Kurda ! » Kobanê devait être déclarée libre après la prise de Kaniya Kurda. Les combattants étaient agités par l’excitation. Ce n’était pas facile. Pendant plus de quatre mois, ils s’étaient battus bec et ongles, le doigt sur la gâchette en permanence, dans le froid, sans sommeil, avec peu de nourriture, des munitions insuffisantes. Insistant toujours pour vivre librement, affrontant la mort, une résistance défiant presque les lois de la nature. LE DRAPEAU DES YPG FLOTTE AU-DESSUS DE KANIYA KURDA Les combattants kurdes se sont précipités sur la colline de Kaniya Kurda (fontaine kurde) pour y planter un drapeau géant des YPG. « Sur la colline de Kaniya Kurda d’où ils [les djihadistes] sont entrés dans la ville, nous annoncerons au monde entier que Kobanê est un enfer pour Daesh ». Ces paroles de Meryem Kobanê sont devenues réalité au 134e jour de la résistance acharnée. La résistance kurde a marqué un tournant crucial dans l’histoire. Il y a désormais un « avant Kobanê » et un « après Kobanê ». ANF

KURDISTAN. Un champ gazier de Souleimaniyeh ciblé par des roquettes

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IRAK / KURDISTAN Les tirs de roquettes de type Katioucha qui ont visé le champ gazier de Khor Mor dans la province kurde de Souleimaniyeh le 25 janvier ont provoqué des coupures d’électricité. Étant donnée les attaques répétées menées contre la région autonome kurde d’Irak par l’Iran, on soupçonne les groupes affiliés à l’Iran d’être derrière cette nouvelle attaque qui n’a pas encore été revendiquée.
Suite à l’attaque du champ gazier de Silêmaniyê hier, un incendie s’est déclaré sur une partie du champ la production qui a provoqué une coupure d’approvisionnement en gaz des centrales électriques et plongé dans le noir plusieurs localités.
Une attaque de roquettes a été menée hier soir contre le champ de gaz naturel de Kor Mor, dans le district de Çemçemal de la ville de Silêmaniyê, au sud du Kurdistan. Alors que la production dans le champ s’est temporairement arrêtée après l’attaque, de nombreuses maisons sont restées sans électricité en raison du manque d’approvisionnement en gaz vers les centrales électriques.
La société énergétique basée aux Émirats arabes unis (EAU), Dana Gas, a annoncé dans son communiqué que la production du champ s’était temporairement arrêtée après l’attaque. Le ministère de l’Électricité de la région du Kurdistan a déclaré dans un communiqué que la production d’électricité s’est également arrêtée en raison de l’arrêt de la production de gaz.
Aucun groupe ni individu n’a pour l’instant revendiqué la responsabilité de cette attaque.
 

Levée du secret-défense concernant le triple assassinat de militantes kurdes à Paris

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PARIS – Par une question écrite, le sénateur Ian Brossat interpelle le ministre de la justice au sujet de la levée du secret défense concernant l’assassinat de trois militantes kurdes tuées à Paris le 9 janvier 2013. Voici la question écrite de Ian Brossat et publiée dans le JO Sénat le 25 janvier 2024 M. Ian Brossat interroge M. le garde des sceaux, ministre de la justice au sujet de la levée du secret défense concernant le triple assassinat de militantes kurdes à Paris, Fidan Dogan, Sakine Cansiz et Leyla Söylemez, membres du parti des travailleurs du Kurdistan, dans la nuit du 9 au 10 janvier 2013 dans le 10e arrondissement de Paris. Cette affaire continue de susciter des interrogations et des inquiétudes, notamment en raison du poids du secret défense qui semble entraver l’enquête. Les familles des victimes ont été reçues par le juge d’instruction antiterroriste en mai 2023 et il est impératif que les éléments nécessaires à la manifestation de la vérité soient mis à disposition de la justice. Les circonstances de ces assassinats, la possible implication des services secrets turcs, le décès du principal suspect Omer Güney en détention, ainsi que de nouveaux éléments provenant de Belgique, soulèvent des questions cruciales quant à la résolution de cette affaire. Dans ce contexte, il lui demande s’il souhaite enfin donner suite aux demandes de levée du secret défense sur les informations susceptibles d’éclairer l’enquête en cours. Il est de la plus haute importance que la justice puisse avoir accès à toutes les données pertinentes, y compris celles relevant des ministères de la défense (direction générale de la sécurité extérieure et direction du renseignement militaire) et de l’intérieur (DGSI), afin de faire toute la lumière sur cette affaire et d’apporter une réponse satisfaisante aux familles des victimes.

IRAN. Au moins 22 femmes exécutées en 2023

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IRAN – En 2023, 829 prisonniers, dont 183 Baloutches et151 Kurdes, ont été exécutés en Iran. Parmi mes prisonniers exécutés figurent également 22 femmes et cinq enfants. En 2023, au moins 22 femmes ont été exécutées dans diverses prisons iraniennes, ce qui représente 2,7 % du nombre total d’exécutions. Selon le Centre de statistiques de l’ONG de défense des droits humains Hengaw, 68 % de ces femmes ont été condamnées à mort par le système judiciaire de la République islamique d’Iran pour homicide. Les accusations comprenaient une femme condamnée à mort pour espionnage au profit d’Israël et trois femmes condamnées à mort pour des crimes liés à la drogue. Malheureusement, aucune information détaillée sur les accusations portées contre les trois autres femmes n’est disponible. Les prisons d’Ispahan et de Birjand ont connu le plus grand nombre d’exécutions de femmes, chacune avec quatre cas. En outre, deux femmes ont été exécutées chacune dans les prisons de Mashhad, Rajaei Shahr, Karaj et Kerman, et une femme chacune dans les prisons de Rasht, Zahedan, Qom, Kahnuj, Hamadan, Yasuj, Urmia et Ghezel Hesar.

Comment la Turquie annexe plusieurs zones du Rojava

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SYRIE / ROJAVA – La Turquie grignote les territoires du Nord de la Syrie depuis que ses forces armées et ses mercenaires islamistes ont mis le pied dans la région. Cette annexation illégale des territoires du Rojava se fait à l’ombre de massacres et d’expulsions des populations kurdes/yézidie, assyrienne, arménienne qu’elle remplace par des colons, dont des Palestiniens, déportés d’ailleurs. La Turquie étend ses frontières sur 15 kilomètres dans le nord-est de la Syrie, notamment à Ras al-Ayn, Tell Abyad et Afrin. Des mesures de sécurité, telles que des tranchées et des murs, sont en cours et ont un impact sur les zones autonomes dirigées par les Kurdes. La Turquie a entamé le processus d’établissement de nouvelles frontières, s’étendant sur 15 kilomètres de profondeur dans les régions du nord-est de la Syrie sous son contrôle, comme l’a rapporté jeudi l’agence de presse Hawar (ANHA).
Ces régions, frontalières avec la Turquie, comprennent Ras al-Ayn (Serêkaniyê), Tell Abyad (Girê Spi), Suluk, Jarabulus, al-Bab et Afrin (Efrîn). Des sources de sécurité de ces territoires sous contrôle turc font état d’activités continues de creusement de tranchées et de construction de murs. La première phase consiste à construire ces murs et tranchés à l’est de la ville de Ras al-Ayn, avec des plans d’extension vers Tell Abyad.   L’effort de construction fait partie d’un plan plus large qui comprend des développements similaires à Jarabulus, Al-Bab, Azaz et Afrin. Les tranchées, s’étendant du nord au sud, délimitent les frontières entre les régions sous contrôle turc et les zones d’administration autonome dirigées par les Kurdes.   Selon l’ANHA, le gouvernement turc aurait confié la protection de ces tranchées à la première brigade de la soi-disant armée nationale. Ce groupe est dirigé par Abu Ahmed Zakour, un des hauts cadres du groupe terroriste Hay’at Tahrir al-Sham (HTS).   Récemment, Zakour a été accusé par Abu Muhammad al-Julani, le chef du groupe, d’avoir divulgué des informations au Sultan Murad, une organisation affiliée aux services de renseignement turcs. À la suite d’une opération militaire contre lui, Zakour s’est enfui à Azaz et s’est rendu aux services de renseignement turcs. Il commande désormais un contingent de 500 hommes qui est entré dans les zones occupées de Tell Abyad et Ras al-Ayn le 17 janvier.   Les réactions locales à ces évolutions ont été extrêmement préoccupantes. Dans le village de Daudiyeh, à l’est de Ras al-Ayn, des images ont montré des villageois exprimant leur mécontentement et leur colère envers les forces turques et les mercenaires associés.

Les Kurdes de Turquie exigent une enquête sur les disparitions forcées

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TURQUIE / KURDISTAN – Les hommes politiques kurdes Ebubekir Deniz et Serdar Tanış ont été arrêtés par des gendarmes turque dans la province de Şırnak en 2001. Depuis, leurs proches ne les ont plus jamais revus. Les forces armées et paramilitaires turcs sont tenus responsables des disparitions forcées des milliers de Kurdes dans les années 1990. Les députés kurdes du Parlement turc exigent une enquête sur les disparitions forcées d’hommes politiques, d’hommes d’affaires et de dirigeants communautaires kurdes au plus fort du conflit entre le pays et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans les années 1990.
Au moins 1 353 personnes ont disparu après avoir été placées en détention, ont déclaré les députés du Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (Parti DEM) de la province de Şırnak (Şirnex), dans le sud-est du pays, dans l’enquête qu’ils ont soumise au Parlement. Il y a plus de 17 000 meurtres non résolus dans l’histoire du pays au cours de la même période, dont une part importante est attribuée aux forces de l’État au cours du même conflit.
Une femme porte la photo des hommes politiques kurdes Ebubekir Deniz et Serdar Tanış
L’enquête a été lancée à l’occasion du 23e anniversaire de la disparition de deux hommes politiques kurdes, Ebubekir Deniz et Serdar Tanış, qui avaient fait l’objet de menaces après avoir créé la branche locale d’un parti pro-kurde depuis fermé dans le district de Silopi (Silopiya) de Şırnak. Deniz et Tanış sont sans nouvelles depuis le 25 janvier 2001 et ont été vus pour la dernière fois alors qu’ils se dirigeaient vers l’avant-poste de gendarmerie. Alors que les autorités ont d’abord nié avoir arrêté ces hommes politiques, la pression de la société civile a conduit le gouverneur de Şırnak de l’époque à admettre qu’ils avaient brièvement « visité » le commandement de la gendarmerie. Une précédente enquête s’est soldée par un non-lieu en février 2004, ont déclaré les députés Ayşegül Doğan, Mehmet Zeki İrmez et Nevroz Uysal Aslan. « Des milliers de disparitions et de meurtres, y compris ceux de Tanış et Deniz, n’ont toujours pas été mis en lumière et ont malheureusement été passés sous le tapis. Les crimes contre l’humanité ne peuvent être dissimulés par des politiques d’impunité et de prescription », ont déclaré les députés. « Il existe divers réseaux illégaux au sein de l’État qui se sont organisés en mafia, et ces gangs ont eu recours à toutes sortes d’actes inhumains afin de détruire la volonté des habitants de cette région », a déclaré Adnan Kaplan, coprésident du parti DEM Silopi, lors d’une manifestation dans la province pour marquer cet anniversaire. Le Parti de la démocratie du Peuple (HADEP) avait à l’époque obtenu un soutien massif au sein de la communauté, et ses membres, dont Tanış et Deniz, ont été pris pour cible « afin de l’empêcher de faire de la politique », a ajouté Kaplan. « Ils ont été soumis à des traitements inhumains, leurs familles ont été menacées et emprisonnées. »

IRAN. Grève de la faim de 61 prisonnières politiques de la prison d’Evin

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IRAN – 61 prisonnières politiques de la prison d’Evin lancent une grève de la faim pour protester contre l’exécution de Mohammed Qabadlo et Farhad Salimi. La grève de la faim des prisonniers a reçu le soutien de militants des droits humains et d’artistes. Le 23 janvier, Mohammed Qabadlo et Farhat Salimi, captifs depuis 14 ans, ont été exécutés par le régime iranien. Alors que les réactions contre le régime iranien se sont multipliées en raison des exécutions, 61 prisonnières politiques de la prison d’Evin ont annoncé lors d’un appel téléphonique avec leurs familles qu’elles entameraient une grève générale de la faim le 25 janvier contre l’exécution de deux jeunes. Suite à la décision des prisonnières d’entamer une grève de la faim, de nombreux artistes et militants ont annoncé qu’ils soutiendraient la grève de la faim par des déclarations faites sur leurs comptes de médias virtuels. Parmi ceux qui ont fait des déclarations figurent l’artiste Mehdi Yarrahi, le journaliste Masih Alinejad, le poète Hassan Homayun et la prisonnière politique kurde, Zainab Jalalian. Stop aux exécutions Mehdi Yarrahi, qui a été arrêté le 30 août 2023 après avoir protesté contre l’obligation du foulard en Iran avec la chanson qu’il a composée, et qui a ensuite été libéré sous condition, a déclaré sur les réseaux sociaux : « Moi, avec 61 femmes prisonnières d’opinion à Evin, pour protester contre l’exécution de Mohammed Qabadlo, « je vais entamer une grève de la faim. » L’artiste rap Tomaj Salehi, emprisonné pour les chansons qu’il a écrites et composées, a annoncé qu’il entamerait une grève de la faim pour soutenir les membres de sa famille à travers un message qu’il a envoyé. La déclaration faite par la famille de Salehi sur son compte officiel est la suivante : « Après le meurtre de Mohammad Qabadlo et Farhad Salimi, Salehi entamera une grève de la faim avec 61 prisonniers politiques dans le quartier des femmes de la prison d’Evin. Arrêtez les meurtres. » Havana Tamisi, épouse du prisonnier politique kurde Muhsin Mazlum, a déclaré : « En tant que libertaire et opposant au régime de la République islamique, je déclare ma grève de la faim avec 61 prisonnières à Evin. Désormais, non seulement mon époux Muhsin Mazlum, mais aussi des centaines des prisonniers dans tout l’Iran attendent d’être exécutés. Ce gouvernement et ses meurtres inhumains doivent cesser. » Le poète Hassan Homayun a fait la déclaration suivante sur les réseaux sociaux  : « Je ne mangerai ni ne boirai le jeudi 25 janvier pour soutenir les 61 prisonnières de la prison d’Evin. »

APCE: La torture systématique dans les prisons turques contredit l’affirmation de « tolérance zéro »

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L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a publié un rapport soulignant une augmentation significative de la torture et des mauvais traitements dans les centres de détention turcs, y compris dans les régions kurdes. Cette augmentation contraste fortement avec la politique de tolérance zéro affichée par le pays à l’égard de telles pratiques. Les conclusions appellent à une action et à des réformes immédiates, mettant en évidence une tendance inquiétante qui s’étend également à d’autres pays comme la Russie et l’Azerbaïdjan. Dans un récent rapport, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a souligné une augmentation significative des incidents de torture et de mauvais traitements dans les centres de détention turcs, en contradiction avec la politique de tolérance zéro déclarée par le pays. La résolution, adoptée le 24 janvier, souligne la tendance inquiétante en Turquie et met en lumière des problèmes similaires dans d’autres pays, notamment en Russie et en Azerbaïdjan.
Le rapport, préparé par le parlementaire chypriote Constantinos Efstathiou, révèle une augmentation déconcertante des cas de torture en Turquie, notamment dans les processus impliquant des arrestations, des détentions, des interrogatoires et des contrôles de foule par les forces de sécurité. Cette recrudescence contraste fortement avec la position officielle des autorités turques contre la torture et les mauvais traitements. Les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) dans des affaires impliquant le chef du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) Abdullah Öcalan et d’autres sont cités comme des exemples nécessitant une surveillance étroite de la part du Conseil de l’Europe. Après l’accent mis sur la Turquie, le rapport met également en lumière les problèmes systémiques en Russie et en Azerbaïdjan. L’APCE a condamné le recours généralisé à la torture dans ces États, citant des exemples tels que l’« Affaire Terter »* en Azerbaïdjan et les abus commis dans les prisons russes. La résolution souligne la nécessité urgente d’une action concrète, recommandant des réformes juridiques pour criminaliser la torture et les mauvais traitements, garantir la responsabilité et protéger les plaignants. Il plaide en faveur de garanties procédurales fondamentales dès le début de la détention, notamment l’accès à un avocat indépendant et à un examen médical. (*) L’affaire Terter fait référence à une série de violations présumées des droits de l’homme en Azerbaïdjan, en particulier dans la ville de Terter, qui ont été révélées en avril 2021. Selon l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), au moins 78 citoyens azerbaïdjanais ont été arrêté et condamné à des peines de prison allant de 12 à 20 ans. De nombreuses allégations de torture ont été formulées, notamment de nombreux cas de torture commise contre des détenus par des militaires et des civils azerbaïdjanais. Il semblerait que 11 personnes soient mortes en détention suite à la torture. Le nombre total de détenus et de personnes décédées sous la torture est inconnu et l’affaire a été classée secret d’État.

KURDISTAN. Les peshmergahs du PDK accusés d’avoir attaqué la guérilla kurde

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IRAK / KURDISTAN – Les forces du parti au pouvoir au Kurdistan irakien, le PDK, ont été rejointes par des avions turcs dans une attaque contre une unité de guérilla kurde, au cours de laquelle deux membres de la guérilla ont été blessés. Deux membres des Forces de défense du peuple (HPG, branche armée du PKK) ont été blessés mercredi dans la région de Zap, au Kurdistan irakien, lorsque leurs véhicules ont été attaqués par des peshmergags (combattants) affiliés au Parti démocratique du Kurdistan (PDK) au pouvoir dans la région, a rapporté Roj News citant une déclaration du HPG.
Les forces de Zerevani du PDK ont ciblé deux véhicules HPG en route vers Girê Amediyê à l’aide de mitrailleuses montées sur véhicule, qui ont ensuite été rejoints par des avions de reconnaissance turcs armés, a indiqué le groupe. L’attaque fait suite à un ordre du commandant du commando Zerevani, le général Aziz Veysi, qui a ordonné à ses soldats de tirer à vue sur tout membre du HPG ou du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), selon les médias locaux. « Il est honteux qu’une force kurde serve à ce point les puissances envahissantes, alors que nous continuons à lutter contre l’État turc qui a envahi le Kurdistan », a déclaré la HPG. HPG a également déclaré que les troupes turques avaient ciblé leurs forces dans la partie occidentale de la même région, à l’aide de drones armés. Entre le 21 et le 25 janvier, la région de Gare a été bombardée 13 fois, Metina cinq fois, Xakurké cinq fois et Zap trois fois.

IRAN. Confirmation de la peine de mort du prisonnier politique kurde Yousuf Ahmadi

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IRAN / ROJHILAT – La Cour suprême d’Iran a confirmé la condamnation à mort de Yousuf Ahmadi, un prisonnier politique kurde, en prison depuis quatre ans. La condamnation à mort de Yousuf Ahmadi, un habitant de Baneh âgé de 38 ans, a été confirmée par la 39e chambre de la Cour suprême de la République islamique d’Iran. Yousuf Ahmadi avait déjà été condamné à mort par la première branche du tribunal révolutionnaire de Sanandaj pour sa prétendue « insurrection armée » en raison de son appartenance au Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDK-I).

Avec Yusuf Ahmedi, trois coaccusés dans la même affaire ont été condamnés à des peines totalisant 65 ans, Mohammad Karimi étant condamné à 25 ans et Basat Karimi et Mohammad Feizi à 20 ans chacun pour « assistant dans l’insurrection ».

Ces verdicts sévères, communiqués le 1er septembre 2023, faisaient suite à des accusations de « collaboration et d’appartenance au Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDK-I) ».

Tout au long de leur détention, Ahmadi et ses coaccusés ont enduré de graves tortures physiques et psychologiques, sans accès à un avocat. Ahmadi, arrêté le 26 avril 2020, a subi d’intenses violences pendant sa détention et s’est vu refuser une permission de sortir depuis son arrestation. Après une période prolongée dans le centre de détention du département des renseignements de Sanandaj (Sînê), il est actuellement détenu à la prison centrale de Sanandaj.