Roman. « La vie au bout de la robe de ma mère »

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Journaliste et écrivain kurde basé à Bruxelles, Maxime Azadî annonce la sortie de son nouveau roman « La vie au bout de la robe de ma mère ».
Livres publiés par Maxime Azadî
Maxime Azadî, auteur de plusieurs ouvrages, a annoncé la nouvelle de la parution de son roman publié chez Amazon sur son compte Facebook :
« La vie au bout de la robe de ma mère ». Un récit où le passé chuchote à l’oreille du présent.
 
Car la mémoire ne meurt jamais.
Elle dort dans un tissu oublié, un souffle ancien, une lumière fragile.
Un rêve voyageant à travers le temps.
Né d’un massacre effacé, il s’éveille à Paris, hors du temps.
 
Comment vivre ici quand on vient d’ailleurs ?
Entre exil et héritage, entre désobéissance et amour,
ce roman tisse les fils d’une mémoire indocile.
 
Roni tient le bout de la robe de sa mère — c’est là que commence l’histoire.
Un saut à travers les âges.
Un réalisme traversé de symboles, une résistance entêtée,
un amour hors norme, guidé par les battements d’ailes d’un papillon
et la traîne d’une robe oubliée.

 
couverture du nouveau roman de Maxime Azadî

Table ronde au Parlement britannique : l’État turc doit assumer ses responsabilités

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LONDRES – Aujourd’hui, une conférence intitulée « Le processus de paix en Turquie, évolution actuelle et perspectives d’avenir » s’est tenue au Parlement britannique. Les intervenants ont déclaré que l’État et le gouvernement turcs devaient prendre des mesures concrètes pour résoudre la question kurde. Le Centre d’études turques (CEFTUS) a organisé une table ronde intitulée « Le processus de paix en Turquie, les développements actuels et les perspectives d’avenir » au Parlement britannique. Parmi les intervenants figuraient le député du parti DEM et ancien coprésident du HDP, Mithat Sancar, Nurhayat Altun (ancienne maire de Dersim récemment libérée de prison), et le député du parti DEVA, Mehmet Emin Ekmen. La table ronde a été animée par Lord Matthew Elliott et a réuni de nombreux écrivains, universitaires et hommes politiques. Le député du CHP Sezgin Tanrukulu et le député de l’AKP Galip Ensarioğlu n’ont finalement pas assisté à la table ronde pour différentes raisons. Le député du DEM Parti et ancien coprésident du HDP, le professeur Dr. Mithat Sancar, qui est une figure importante dans le domaine des conflits et des processus de résolution, a parlé du processus qui a commencé avec l’appel du leader du MHP Devlet Bahçeli le 1er octobre et s’est poursuivi avec l’appel d’Abdullah Öcalan pour la paix et la société démocratique le 27 février. Mithat Sancar a souligné que ce processus ne ressemble à aucun autre processus de résolution de conflit et de paix connu jusqu’à présent dans le monde et a déclaré : « Il est difficile de le nommer pour l’instant, et c’est une situation dans laquelle cette discussion pourrait devenir plus claire. Le fait que ce processus soit différent de tous les précédents dans le monde, mais qu’il soit au contraire exemplaire, a des conséquences importantes. Le plus important est qu’il a confié la résolution et la construction de la paix à la sphère politique et aux acteurs sociaux. »
Qui établira cette paix et cette société démocratique ? Faisant référence à l’« Appel à la paix et à une société démocratique » d’Öcalan, Sancar a déclaré : « Tout d’abord, le PKK déposera les armes et se dissoudra. Mais qui instaurera cette paix et cette société démocratique ? Le principal interlocuteur et acteur est alors la société tout entière, en particulier les forces politiques. Ainsi, de nombreux milieux qui jusqu’alors ne se considéraient pas comme les principaux acteurs et les principaux responsables se sont soudainement retrouvés au cœur de cette problématique. » « Le PKK veut rester en contact avec son leader fondateur » Sancar a souligné que si ce processus réussissait, il constituerait un premier exemple dans l’histoire de la résolution des conflits et des processus de paix dans le monde. Notant que le PKK doit convoquer son congrès afin de décider de déposer les armes et de se dissoudre, Sancar a souligné que le PKK souhaite entrer en contact avec son leader fondateur afin de convoquer son congrès et que telle est la nature de ce travail. Sancar a poursuivi : « Il y a des choses à faire pour parvenir à ‘déposer les armes et se dissoudre’. Après avoir franchi une étape aussi importante, il n’est en réalité pas difficile, dans les conditions actuelles, de passer à l’étape suivante ou de réussir. Créer les conditions et l’environnement propices à cela est une nécessité naturelle. Et là aussi, le gouvernement et l’État ont des devoirs et des responsabilités. » « Il est nécessaire de socialiser le processus et d’accroître sa légitimité démocratique » Sancar a fait remarquer que pour que la paix devienne permanente, les processus politiques doivent se poursuivre afin d’éliminer les causes du conflit, à savoir la question kurde. « La lutte politique démocratique doit également être la principale dynamique d’une paix positive, c’est-à-dire d’une paix permanente. La paix kurde est importante. Des difficultés et des obstacles surgiront sans aucun doute au fur et à mesure de son déroulement. Ce processus est mené avec un pied en Syrie et l’autre dans les équilibres politiques internes de la Turquie. Divers acteurs et forces, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, cherchent à perturber ce processus. Afin de surmonter ces obstacles, il est essentiel de socialiser le processus et d’accroître sa légitimité démocratique. » Sancar a déclaré qu’il pensait que les segments sceptiques et inquiets de la société voudraient approfondir le processus avec des contributions plus constructives à mesure qu’il progresse vers la paix. « Le nouveau procédé a une méthode unique et originale » Le député du parti DEVA, Mehmet Emin Ekmen, a présenté un exposé intitulé « Cadre juridique et politique pour la résolution des conflits ». Il a déclaré que le parti DEVA soutenait le recours à des moyens de résolution des conflits pour mettre fin aux conflits armés et qu’il soutenait ce processus, comme les 13 autres initiatives mises en œuvre par la Turquie à différentes époques. Il a affirmé que ce nouveau processus s’appuyait sur une méthode unique et originale, différente des 13 autres. Il a ajouté que le parti estimait que ce dernier processus était plus susceptible de porter ses fruits que les tentatives précédentes, compte tenu du rôle joué par Bahçeli et des évolutions régionales. Ekmen a souligné que les causes profondes de la violence doivent être éliminées et a ajouté : « Tant que les causes profondes subsistent, nous craignons que même dans les cas où une organisation est éliminée, de nouvelles émergent à sa place. » Soulignant l’importance du cadre juridique et politique, Ekmen a déclaré qu’il était précieux que Devlet Bahçeli ait rendu le processus visible. Ekmen a déclaré que la principale caractéristique de ce processus était le soutien apporté par tous les partis parlementaires, sauf un, à différents niveaux. Il a souligné que la confiance et la légitimité du processus, qui a été médiatisé par une personnalité aussi contrastée que Bahçeli, se sont développées non pas grâce à Erdoğan, mais grâce à Bahçeli. Il a ajouté que le DEM Parti a rempli avec succès le rôle de passerelle qui lui a été assigné depuis le 1er octobre, date à laquelle le processus est devenu visible. « Le Parlement aura des rôles différents dans un tel processus » Ekmen a souligné l’importance du cadre juridique du processus et a évoqué le rôle du Parlement. Notant que le Parlement jouera différents rôles dans un tel processus, Ekmen a formulé les suggestions suivantes : « Premièrement, il faudrait prévoir une loi-cadre sur la gestion du processus et des garanties juridiques pour les responsables de la mise en œuvre. Deuxièmement, il faudrait établir un cadre juridique pour la liquidation des cadres de l’organisation, comme la loi sur le retour au pays. Troisièmement, il faudrait prendre des dispositions juridiques et constitutionnelles qui élargiront les espaces politiques et démocratiques et renforceront les droits et les libertés. » « Les conflits armés causent non seulement des pertes en vies humaines et en biens, mais érodent également les valeurs sociales » Nurhayat Altun, ancienne maire de Dersim, a prononcé un discours sur le rôle des collectivités locales dans le processus de résolution des conflits. Soulignant que les conflits armés entraînent non seulement des pertes humaines et matérielles, mais aussi une érosion des valeurs sociales, Nurhayat Altun a expliqué l’approche du mouvement politique kurde en matière de gouvernance locale. Elle a déclaré que les collectivités locales ont la responsabilité de créer une société morale et politique pour remplacer les valeurs sociales érodées et a ajouté : « Nous avons entrepris un travail pionnier de démocratisation de la société et nos politiques de gouvernance locale ont transcendé les interdictions et les dénigrements observés pendant les conflits. » Nurhayat Altun a déclaré que leur paradigme de gouvernement local est une ligne démocratique, écologique et libertaire des femmes et que dans le cadre de ce paradigme, ils tissent un nouveau système dans les gouvernements locaux dans de nombreux domaines, tels que le système de coprésidence, les départements des femmes, les institutions des femmes, le multilinguisme, le droit à l’autoreprésentation des différences et les droits humains.   « La volonté du peuple est usurpée par les administrateurs » Altun a évoqué les politiques d’administrateurs (kayyim ou kayyum) et l’oppression exercée par le système central dans le pays alors qu’ils tentaient de mettre en pratique ce paradigme. Elle a fait remarquer que la volonté du peuple était usurpée par les administrateurs, car leur travail perturbait l’administration centrale, qui allait jusqu’à les arrêter sur la base d’accusations infondées et les emprisonner. Nurhayat Altun a également souligné le rôle des collectivités locales dans la construction d’un processus pacifique : « Ce ne sont pas seulement les productions d’un parti qui sont pillées, mais les valeurs fondamentales de tout un peuple. À cet égard, notre arrestation signifiait : ‘Vous n’êtes pas des nôtre’. Nous avons été traités comme des ‘ennemis’ et la loi a été appliquée en conséquence. J’ai purgé sept ans et demi de prison et aucune accusation n’a été portée contre la municipalité. Notre procès était également illégal. » (ANF)

Amnesty International: Un nombre record d’exécutions au Moyen-Orient en 2024

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L’ONG de défense des droits humains, Amnesty International déclare qu’on a assisté à un nombre record d’exécutions (1 518), notamment en Iran (au moins 972 exécutions, dont de nombreux Kurdes) en 2024. Le nombre d’exécutions a atteint son plus haut niveau depuis 2015, avec plus de 1 500 personnes exécutées par les autorités de 15 pays en 2024, constate Amnesty International à l’occasion de la publication de son rapport annuel sur le recours à la peine de mort dans le monde.

Ces chiffres, en hausse, ne comprennent pas les milliers de personnes très probablement exécutées en Chine, ainsi qu’en Corée du Nord et au Viêt Nam. Ces pays recourent massivement à la peine de mort mais refusent de communiquer le moindre chiffre officiel. Nos équipes n’ont pas non plus été en mesure de vérifier les données pour la Palestine et la Syrie en raison des conflits en cours.

À noter que si aucune exécution n’a été enregistrée au Bangladesh (une première depuis 2018), le sultanat d’Oman a en revanche procédé à ses premières exécutions connues depuis 2021.

Globalement, même si le nombre d’exécutions augmente, le nombre de pays ayant procédé à des exécutions n’a jamais été aussi bas pour la deuxième année consécutive. D’après nos données, 15 pays pratiquent encore la peine de mort dans le monde.

La suite de l’article d’Amnesty International à lire ici  

IRAN. Cri d’une mère kurde pour stopper l’exécution de son fils innocent

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IRAN / ROJHILAT – Hamid Huseynnejad Heyderanlu est un prisonnier kurde condamné à mort en Iran pour un crime qu’il n’a pas commis pour la simple raison qu’il ne se trouvait pas dans le pays à la date du soi-disant crime. Sa mère a lancé un appel public, relayé par un influenceur sur les réseaux sociaux, appelant les organisations internationales de défense des droits humains à agir rapidement pour empêcher l’exécution de son fils innocent. Son appel met en lumière de graves inquiétudes quant aux violations des garanties procédurales et à la répression de cas comme celui de son fils jusqu’à ce qu’ils soient révélés au grand jour grâce à la pression publique. La condamnation à mort prononcée contre Hamid Hosseinnejad Heyderanlu, originaire du village de Segrik dans le district de Chaldiran de la province d’Urmia, a été approuvée par la Cour suprême iranienne. Sa mère, Qezbest Ruzdar, a publié le 7 avril un appel vidéo émouvant à l’intention du grand public et des organisations de défense des droits humains, demandant une intervention urgente pour sauver la vie de son fils. C’est la première fois que son cas est porté à l’attention du public. Dans sa déclaration, Ruzdar a expliqué que son fils était emprisonné depuis deux ans, dont une année entière au secret. Elle insiste sur le fait qu’il se trouvait en Turquie avec elle et ses enfants à la date des faits présumés. À l’appui de ses dires, elle cite son passeport, qui porte un tampon de sortie, et des relevés téléphoniques indiquant qu’il se trouvait hors d’Iran à ce moment-là. Dans la vidéo, Ruzdar a déclaré :
« Je m’appelle Qezbest Ruzdar et je suis la mère de Hamid Huseynnejad Heyderanlu. Nous sommes originaires de Çaldıran d’Iran. Le jour où les faits se sont produits, mon fils, ses enfants et moi étions ensemble en Turquie. Son passeport porte un tampon de sortie et les données de son signal téléphonique indiquent qu’il se trouvait hors d’Iran. Pourtant, ils l’ont arrêté. »
 
Ruzdar affirme que son fils a été torturé pendant son interrogatoire et forcé de signer des aveux qu’il ne pouvait pas lire en raison de son analphabétisme.
  « Il ne savait même pas ce qu’il signait. Une condamnation à mort a été prononcée contre un innocent. Son avocat a prouvé son innocence », a-t-elle déclaré. « Je suis une mère. Je meurs de douleur. Mes petits-enfants se retrouvent sans leur père. Nous voulons justice. Aidez-nous. »   Çaldıran, dans la province de Van, près de la frontière turco-iranienne, se situe dans une région historiquement peuplée de communautés kurdes. Cette région illustre les effets durables des frontières des États-nations du XXe siècle, qui ont divisé la population kurde entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie. Un exemple frappant est la division entre le sud-est de la Turquie, à majorité kurde, connu sous le nom de Bakûr, et l’ouest de l’Iran, à majorité kurde, connu sous le nom de Rojhilat, où les liens culturels et familiaux de longue date ont été rompus par des frontières militarisées et des politiques étatiques oppressives. Les populations kurdes fragmentées ont été soumises à des systèmes politiques distincts, caractérisés par la surveillance, la restriction des déplacements et des efforts plus vastes d’assimilation culturelle. Des informations locales confirment que la condamnation à mort d’Heyderanlu a récemment été confirmée. Ce jugement serait fondé sur des aveux extorqués et aurait été rendu en l’absence de représentation juridique adéquate. Il est accusé d’appartenance à une organisation interdite, une allégation fréquemment utilisée par les autorités iraniennes dans les affaires à motivation politique. Le recours à la peine de mort en Iran, notamment dans les affaires impliquant des minorités ethniques et des accusations politiques, suscite depuis longtemps des critiques internationales. Selon les organisations de défense des droits humains, les exécutions ont fortement augmenté ces dernières années, souvent à l’issue de procès manquant de transparence et ne respectant pas les normes juridiques internationales. L’affaire Heyderanlu a été révélée après qu’un influenceur sur les réseaux sociaux a partagé l’appel émouvant de sa mère, rendant son arrestation et sa condamnation publiques. Parallèlement, trois femmes kurdes – Warisheh Mohammedi, Pakshan Azizi et Sharifeh Mohammedi – risquent également une exécution imminente en Iran. Amnesty International et Human Rights Watch ont lancé des appels urgents à l’action dans ces affaires, s’inquiétant des violations des procédures régulières, des allégations de torture en détention et des procès inéquitables.   Article original (anglais) à lire sur le site Medya News: Urgent plea of a Kurdish mother to halt execution of son in Iran sparks outcry

IRAN. Mohammadi, prix Nobel de la paix emprisonnée, écrit un message de soutien à Warisha Moradi

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IRAN – Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix et défenseure des droits humains, a publié un message de soutien à Warisha Moradi, prisonnière politique kurde condamnée à mort par les mollahs iraniens. La Prix Nobel de la paix Narges Mohammadi a condamné la peine de mort infligée à Warisha Muradi, affirmant qu’il s’agit d’une « violation des droits humains les plus fondamentaux, en particulier dans un système judiciaire qui a perdu son indépendance ». Par conséquent, appelant à la solidarité pour l’abolition de la peine de mort, Mohammadi a ajouté : « Étant donné que le système judiciaire des régimes oppressifs se soumet à la structure autoritaire, s’opposer à la peine de mort devrait être l’affaire de tous. » Mohammadi a souligné l’importance de la lutte contre la peine de mort, partie intégrante de la résistance au régime autoritaire en Iran. Elle a déclaré que « le régime utilise l’exécution comme un outil d’oppression » et a ajouté que « l’opposition sociale ne devrait pas seulement viser un changement politique, mais aussi l’abolition complète de la peine de mort ». La défenseure des droits humains a conclu son message en déclarant : « Pour poursuivre ce combat, nous devons démanteler la machine à exécutions et mettre fin à la condamnation à mort. J’espère qu’un jour, nous aussi, nous proclamerons l’abolition totale de la peine de mort. Ce jour marquera une étape importante et ouvrira la voie à de nouvelles victoires. » (ANF)

TURQUIE. Une artiste kurde a été interdite d’assister à son expo organisée à Marseille

TURQUIE / KURDISTAN – La jeune artiste kurde, Dilan Cudi Saruhan a passé plus de 7 ans dans les geôles turques pour « terrorisme » (accusation invalidée par la Cours suprême turque). Elle a pourtant été interdite de quitter le pays. C’est pourquoi, elle n’a pas pu assister au vernissage de ses œuvres présentées lors de l’inauguration de la 3e édition du Festival « Newroz Marseille » du 21 mars 2025 à la Mairie 2/3.
 
Dilan Cudi Saruhan a été arrêtée en 2017 pour « atteinte à l’unité de l’État » et a passé 7 ans en prison. A l’issue du procès, qui s’est poursuivi à Istanbul, l’accusation de « atteinte à l’unité de l’État » a été abandonnée, mais une peine de 9 ans a été prononcée pour appartenance à une organisation terroriste. La Cour suprême a également annulé cette décision. Le tribunal a ensuite ordonné sa libération en mai 2024. Saruhan a été emprisonnée 8 mois de plus que la peine initiale annulée par la Cour suprême. Malgré cela, le tribunal a prononcé une « interdiction de voyager à l’étranger » en même temps que la décision de sa libération. Cette jeune artiste indomptable est persécutée par le régime turque, même quand on ne trouve rien à lui reprocher…

TURQUIE. Des enfants chassés d’une crèche par l’administrateur nommé à la tête de la municipalité de Van

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TURQUIE / KURDISTAN – L’administrateur nommé illégalement à la tête de la municipalité kurde de Van a chassé de la crèche municipale Perperok plusieurs enfants au prétexte que les familles ne payaient pas les frais de garde. Avant la confiscation de la mairie kurde, les frais des enfants des familles pauvres de la crèche étaient entièrement pris en charge par la municipalité tandis que les autres familles payaient une petite somme pour la garde de leurs enfants dans cette crèche où l’équipe pédagogique parlait en kurde (la langue maternelle des enfants) dans la crèche. La municipalité métropolitaine de Wan, dirigée par un administrateur, a expulsé de nombreux enfants de la crèche de Perperok, donnant un enseignement en langue kurde, au motif de « non-paiement des frais de garde ». Le régime turc attaque systématiquement les acquis des femmes et du peuple kurdes. Les crèches, les centres pour femmes, les centres culturels… inaugurés par les municipalités kurdes sont confisqués / fermés par les autorités turques tandis que les élu-e-s kurdes sont jeté-e-s en prison pour avoir servi le peuple… Le gouverneur Ozan Balcı, nommé à la tête de la municipalité métropolitaine de Wan le 15 février, et son équipe suspendent ou annulent les projets mis en œuvre par les élu-es du Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (DEM Parti). L’administrateur nommé à la tête de la municipalité de Van a d’abord annulé JINKART, carte de transports gratuits pour femmes, ainsi que les cartes d’aide sociales accordées aux femmes pauvres. Il a également stoppé deux projets d’emplois pour femmes. En outre, il a suspendu de nombreux travaux d’infrastructures (routes, réseaux de distribution d’eau…)  projets culturel et ceux pour des femmes et aux jeunes. L’administrateur a également commencé à retirer les enfants de la chèche de Perperok, où l’enseignement était dispensé dans la langue maternelle. La crèche a été mise sous tutelle et de nombreux enfants de la crèche ont été chassés de la chèche au motif que leurs frais de garde n’étaient pas payés. La crèche, qui a été ouverte sous l’administration du DEM Parti, ne demandait pas de frais aux familles qui n’avaient pas de moyens financiers. D’autres familles payaient une petite somme. Réaction des familles Reyhan Bahadır, dont l’enfant a été retiré de la crèche, a déclaré que sa fille était allée à la crèche pendant 10 mois et qu’aucun frais ne lui avait été facturé. Reyhan Bahadır a déclaré : « Après la mise sous tutelle, de nombreux enfants ont été expulsés des crèches. Lorsque la municipalité était sous administration du DEM Parti, l’éducation de nos enfants en maternelle se poursuivait sans problème. » Reyhan Bahadır a également déclaré que la personne désignée comme directrice de la crèche les avait menacés en leur disant : « Je suis allée voir la personne désignée comme directrice de la crèche. Je lui ai demandé pourquoi ils avaient expulsé nos enfants de la crèche. Il a répondu que nous n’avions payé aucun frais jusqu’à aujourd’hui. Lorsque j’ai protesté, il a menacé de m’arrêter. » « Nous ne voulons pas de kayyim » Reyhan Bahadır, qui a déclaré avoir été victime de violences parce que leurs enfants avaient été retirés de la crèche, a déclaré : « Quand nos enfants allaient à la crèche, nous pouvions faire notre travail. Je faisais le ménage et je ne pouvais laisser ma fille nulle part. En tant que familles victimes de violences, nous déplorons cette situation. Nous ne voulons pas d’administrateur et nous ne voulons pas d’une municipalité dirigée par un kayyim [administrateur]. » (Agence Mezopotamya) 

TURQUIE. Un rapport documente la censure de la langue kurde dans l’espace public

TURQUIE / KURDISTAN – Le plus grand nombre de restrictions ciblant la langue kurde a été observé dans les domaines des médias, de la culture et des arts. Ce rapport, préparé par Kurdish Monitoring – la plateforme de suivi et de reporting sur les droits linguistiques kurdes – révèle 24 incidents distincts de restrictions à l’usage du kurde dans l’espace public, les médias, les domaines culturels et artistiques, et les prisons au cours du premier trimestre 2025. Kurdish Monitoring observe et signale les violations des droits linguistiques kurdes et informe le public. Ces incidents mettent une fois de plus en évidence les pressions auxquelles les Kurdes sont confrontés dans la vie sociale. Répartition des restrictions par catégorie : Espace public : 5 cas • Médias : 8 cas • Culture et Arts : 7 cas • Prisons : 4 cas Les restrictions les plus nombreuses ont concerné les médias, la culture et les arts. L’accès à des médias tels que l’agence Mezopotamya et JINNEWS, entre autres, a été bloqué. Lorsque les pages en turc de ces médias sont censurées, leurs sections en kurde hébergées sous les mêmes noms de domaine sont également affectées. De plus, les artistes et universitaires kurdes ont subi d’importantes pressions. Les détails incluent : • Le slogan « Jin, Jiyan, Azadî (femme, vie, liberté) » étant délibérément exclue du procès-verbal officiel de l’Assemblée générale du Parlement • Interdiction des banderoles kurdes ou retrait forcé de ces matériels • Annulation des concerts kurdes et sanction des artistes impliqués • Interdiction de parler kurde ou d’envoyer/recevoir des lettres en kurde dans les prisons • Suspension des comptes diffusant en kurde sur les plateformes médiatiques Tous ces incidents témoignent d’une répression systématique des Kurdes dans l’espace public.  Cliquez pour lire le rapport complet Bianet

TURQUIE. Tollé contre un maire CHP pour ses propos anti-arméniens

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TURQUIE – Le maire CHP de Bolu connu pour ses propos racistes, Tanju Özcan a provoqué la colère cette fois-ci en s’en prenant au chef de la guérilla kurde qu’il a qualifié d’« Arménien » de manière désobligeante. Tanju Özcan, maire de Bolu, dans le nord-ouest de la Turquie et membre du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), a été critiqué pour avoir tenu des propos désobligeants à l’encontre des Arméniens. Dans une publication sur les réseaux sociaux publiée le 5 avril, Özcan a qualifié Abdullah Öcalan, le chef emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK),  d’« Arménien », employant ce terme de manière péjorative. Dans sa publication sur l’anniversaire d’Öcalan, qui comportait plusieurs fautes de grammaire, Özcan a écrit : « Si seulement ton père arménien avait été deux secondes plus rapide, tu ne serais pas né, Öcalan ! J’espère que c’est ton dernier anniversaire, traître. » Le message a suscité une vague de réactions mitigées en ligne. Si certains utilisateurs ont salué la position d’Özcan, d’autres l’ont condamné, le qualifiant de raciste.  En réponse aux critiques, Özcan a réitéré sa colère avec un autre message : « Amis et sympathisants du PKK, ne commentez pas mes publications. La Turquie appartient à ceux qui disent : « Heureux celui qui se dit Turc ! » »

« C’est du racisme pur et simple »

Luys Medya, un média arménien, a publié une déclaration ferme condamnant le maire : En tant qu’Arméniens, l’un des peuples les plus anciens de ce pays, nous sommes profondément attristés et indignés par le message raciste et haineux publié par le maire de Bolu, M. Tanju Özcan. Le mot « Arménien » ne peut être utilisé comme une insulte. Ces discours ne peuvent être justifiés par la politique ou la liberté d’expression. Il s’agit d’un racisme flagrant, d’un crime de haine et d’une atteinte manifeste à la dignité humaine. Nous, Arméniens, vivons sur cette terre depuis des siècles. Nos joies, nos peines et nos espoirs sont indissociables de ceux de tous les autres citoyens de notre patrie. Nous faisons partie de ce pays par notre travail et nos contributions. Aujourd’hui comme hier, nous aspirons à coexister dans la paix et la dignité. Nous refusons d’être traités comme des « étrangers » et des « autres » par de tels discours. Utiliser l’identité arménienne comme une insulte de la part d’une autorité censée représenter tous les segments de la société ne fait qu’encourager la discrimination, les discours de haine et l’hostilité. Nous condamnons M. Özcan pour ces propos haineux et l’exhortons à reconsidérer ses propos. Le célèbre rappeur Ezhel a également condamné Özcan sur les réseaux sociaux, critiquant le CHP pour son inaction disciplinaire. « Quiconque insulte un peuple, une communauté ou une race ne peut insulter personne, surtout en se cachant derrière mon identité turque ! », a écrit Ezhel.

Des critiques de longue date

Özcan est depuis longtemps critiqué pour ses propos incendiaires, notamment à l’encontre des réfugiés. En 2021, le conseil municipal de Bolu a adopté une motion, soutenue par Özcan, visant à augmenter drastiquement les tarifs de l’eau pour les résidents étrangers. Cette réglementation a ensuite été annulée par un tribunal administratif. En 2022, l’adhésion d’Özcan au parti a été suspendue pour un an en raison de propos sexistes tenus à l’encontre d’une femme portant le foulard. Il a été exclu du CHP en 2023, mais a été réintégré avant les élections locales de 2024 et a été réélu. Plus tôt cette année, Özcan a publiquement admis avoir illégalement révoqué des licences commerciales détenues par des réfugiés et imposé des tarifs d’eau plus élevés aux étrangers. Suite à ses propos, le parquet de Bolu a ouvert une enquête pénale à son encontre. Malgré cette enquête, Özcan a maintenu ses propos. (Bianet)

TURQUIE. Comment contrôler la dictature ?

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Par Ragip Duran
L’arrestation le 19 mars du maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, principal rival du Président Erdogan pour les élections de 2028 a eu un effet boomerang contre le régime du Palais. Les grands meetings politiques avec la participation de millions de citoyens mécontents n’ont pas été bien accueillis par le pouvoir. « Vous semez le désordre », « Vous êtes tous des vauriens!», « La loi vous punira! », « La rue n’est pas l’endroit de l’expression démocratique », disent les porte-paroles d’Erdogan.
 
La principale formation de l’opposition, le CHP (Parti Républicain du Peuple, fondé par Atatürk) organise l’ensemble des actions pour affaiblir le pouvoir, désire l’organisation des élections anticipées. Ce parti a pris la décision d’organiser un grand meeting tous les samedis dans différentes villes d’Anatolie.
 
Par ailleurs, le président Ozgur Ozel du CHP a réussi à organiser un mouvement de boycott le 2 avril dernier contre les sociétés proche d’Erdogan. Plus de 70% des citoyens ont participé au boycott selon le CHP. Paradoxe actuel, la majorité des citoyens n’ont plus désormais assez d’argent pour faire des achats même les plus élémentaires.
 
Ce boycott a bien touché la cible : Erdogan lui-même et plusieurs autres représentants du pouvoir ont violemment critiqué ce mouvement de masse: « Vous voulez détruire l’économie turque! », « Vous désirez voir les petits et grands commerçants faire faillite! », « Vous serez sanctionnés! », ont-ils rétroqué.
 
Les appels au boycott prononcés par Erdogan, quand il était dans l’opposition, c’est-à-dire avant 2002, circulent sur les réseaux sociaux.
 
Les procureurs du régime ont ouvert une information contre plus de 50 personnes qui, sur la Toile, appelait au boycott, y compris des actrices et acteurs des séries télévisées populaires.
 
Ce boycott d’une seule journée contre plus de 30 sociétés dont les noms ont été annoncés par le CHP peut être repris dans les jours à venir.
 
Plusieurs autres méthodes de lutte contre la dictature, des actions de désobéissance civile sont à l’ordre du jour de l’opposition. Par exemple la Grève Générale. Cette option n’est pas, selon la majorité de la classe politique, réaliste et faisable, car la classe ouvrière turque n’a pas une culture et tradition de grève et de plus une partie des travailleurs est sous le contrôle des syndicats pro-Erdogan.
 
Certains parlent d’un boycott des impôts, mais la grande partie des milieux d’affaires ont peur de s’opposer contre le régime. Car ce dernier peut très facilement nommer un administrateur à la place des PDG de ces sociétés et holdings.
 
Erdogan, qui voit la montée du mécontentement, essaie maintenant de diviser le front de l’opposition. Il continue à donner de l’espoir aux Kurdes au sujet de la soi-disant solution pacifique du problème kurde. Ces deux ailes de l’opposition, à savoir les Turcs de l’opposition et les Kurdes, n’arrivent toujours pas à réunir leurs forces et énergies contre le régime. L’anti-kurdisme d’une grande partie des Turcs et le nationalisme pro-Ocalan [sic!] des Kurdes obligent ces deux forces à se tenir loin l’un de l’autre.
 
Enfin, le débat sur la vraie nature du régime d’Erdogan commence à être plus clair. Des idéologues, théoriciens de rue parlent « d’une démocratie illibérale » ou bien d’une avancée « vers une autocratie non-compétitive », c’est-à-dire de type Poutine. Plusieurs représentants de l’opposition admettent enfin qu’il s’agit d’une dictature pure et dure et que l’existence théorique de la probabilité de l’organisation des élections n’est pas du tout un acquis déterminant. « Il ne sert à rien aujourd’hui de parler de la loi, du droit, de la Constitution voire des élections. Car ces piliers de la démocratie n’existent plus en Turquie depuis longtemps. La démocratie turque n’est pas malade. Car les morts ne tombent jamais malades », estime le Prof. Cengiz Aktar, de l’Université d’Athènes.
 
Ragip Duran, TVXS, 7 avril 2025