AccueilJournalismeJournaliste : Les médias kurdes doivent se libérer de leur dépendance partisane

Journaliste : Les médias kurdes doivent se libérer de leur dépendance partisane

KURDISTAN – À l’occasion de la Journée du journalisme kurde, le 22 avril, l’agence ANHA a interviewé le journaliste kurde Hawkar Izzat, originaire du Kurdistan du Sud (Başûr).

Selon lui, les médias kurdes traversent une crise profonde et doivent impérativement se réformer en s’affranchissant de leur dépendance partisane pour retrouver leur crédibilité et servir l’intérêt public.

Une crise de liberté et de vocation

Hawkar Izzat estime que le journalisme kurde souffre de restrictions importantes en matière de liberté administrative et de liberté de publication.

« Ces dernières années, les médias se sont éloignés de leur véritable mission : éclairer la société sur tous les plans culturels, sociaux et humains. Ils se sont réduits à des outils politiques au service d’agendas partisans étroits », déplore-t-il.

Il pointe également du doigt certains médias financés par des fonds étrangers, qui ont perdu le contact avec la réalité des citoyens ordinaires, entraînant une forte baisse de confiance du public kurde.

« Quand un parti échoue politiquement, militairement ou électoralement, il se cache derrière ses médias pour justifier ses défaites. C’est la preuve de sa faiblesse, et non de sa force », affirme-t-il.

Contre le langage de la haine et des accusations de trahison

Le journaliste critique vivement le ton incendiaire et diffamatoire employé par certains médias partisans, qu’il qualifie d’« expression d’incapacité ».

« Ce langage ne fait pas que tromper la société, il brise les liens sociaux et détruit même les familles. Le véritable langage des médias devrait être bien plus élevé que cela », insiste Hawkar Izzat.

Vers des médias nationaux unifiés

Hawkar Izzat appelle à une véritable refondation : construire des médias nationaux qui placent l’intérêt du peuple kurde au-dessus des intérêts partisans.

Il regrette le manque d’unité dans le discours médiatique kurde, contrairement aux médias arabes qui parviennent souvent à parler d’une seule voix sur des questions comme Gaza.

Il plaide pour une solidarité médiatique concrète entre les quatre parties du Kurdistan :

« Quand notre peuple du Rojava souffre, les médias de Başûr et des autres régions doivent être sa voix, et vice versa. Les questions nationales ne doivent pas s’arrêter aux frontières artificielles. »

Il conclut en soulignant que la cause du peuple kurde doit rester le principal guide de tout journaliste digne de ce nom, loin de la polarisation partisane qui « a épuisé la société ». Il appelle à l’établissement de références institutionnelles solides pour l’avenir du journalisme kurde.