SHENGAL – Dix ans après le meurtre de 19 femmes yézidies par l’État islamique, le Mouvement de libération des femmes yézidies (en kurde: Tevgera Azadiyê ya Jinên Êzidî – TAJÊ) a commémoré les victimes à Shengal (Sinjar). Ces femmes avaient été brûlées vives en public à Mossoul en 2016 pour avoir résisté à l’esclavage.

Rassemblement à Shengal pour le dixième anniversaire
À l’occasion du dixième anniversaire de cette atrocité perpétrée le 3 juin 2016, des militants se sont rassemblés devant le bâtiment du Conseil populaire à Shengal. Ils ont lancé un appel pour que justice soit rendue aux victimes du génocide qui a frappé la communauté yézidie.
Ces 19 femmes faisaient partie des milliers de Yézidis enlevés par l’organisation terroriste après le génocide de Shengal, déclenché le 3 août 2014. Elles ont été enfermées dans des cages de fer et brûlées vives sur une place publique du centre de Mossoul, devant des centaines de personnes. Par ce supplice, l’État islamique punissait leur refus d’abjurer leur foi et de se soumettre à l’esclavage sexuel, tout en cherchant à terroriser la population.
Un appel à la mobilisation internationale des femmes
L’immolation publique de ces 19 femmes reste l’un des crimes les plus brutaux commis par Daech au cours du génocide yézidi. Lors de la cérémonie, la porte-parole du mouvement, Rîham Hesen, a réaffirmé l’exigence de justice de l’organisation :
« En tant que TAJÊ, nous commémorons ces femmes assassinées et renouvelons notre engagement : nous ne les oublierons jamais et nous ne permettrons jamais qu’elles tombent dans l’oubli. »
Rîham Hesen a également insisté sur la dimension historique de ces violences et sur la nécessité d’obtenir des comptes :
« Ce qui a été fait à notre communauté est sans précédent dans l’histoire. Nous appelons les organisations de femmes à se mobiliser pour que justice soit faite. Il ne faut pas faire taire la voix des femmes assassinées. »
Elle a conclu en réitérant la détermination du mouvement à poursuivre la lutte pour que les auteurs du génocide soient traduits en justice.
La commémoration s’est achevée par la reprise collective des slogans « Vive l’héritage des femmes martyres », « Vive la résistance des femmes » et « Femme, Vie, Liberté (jin, jiyan, azadî) ».