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Un triomphe kurde au Théâtre du Gymnase

PARIS — Ce soir, au Théâtre du Gymnase Marie Bell, le concert de clôture de la 5e édition du Festival culturel kurde de Paris a été un véritable triomphe. Devant une salle comble et enthousiaste, Ulaş Kelaşin, Işık Berfin et Murad Demir ont offert une soirée magique, empreinte d’émotion, de virtuosité et de grande fierté culturelle.
 
Une soirée où l’émotion est montée en crescendo
 
D’abord, Ulaş Kelaşin a ouvert le concert avec une prestation solide et engagée, mettant d’emblée le public dans l’ambiance et le faisant vibrer dès les premières notes.
 
 
Puis, la très jeune et lumineuse Işık Berfin est montée sur scène. Dotée d’une voix à la fois veloutée et puissante, elle a enchanté l’auditoire en interprétant des chants traditionnels dans les dialectes « zazaki » et « kurmancî ». Accompagnée de musiciens exceptionnels, notamment un joueur de zurna et un percussionniste au tambour, sa présence rayonnante et sa voix exceptionnelle ont fait frissonner toute la salle qui l’a accompagnée pour les refrains. Lors de sa dernière chanson, Ciwan Elibeg de la compagnie Bien à vous a fait son apparition sur la scène pour danser avec elle la govend (ronde kurde).
 
 
Enfin, Murad Demir, venu spécialement du Kurdistan, a pris le relais et a littéralement chauffé à blanc une salle déjà en extase. Accompagné de trois musiciens, dont une virtuose du violon et le talentueux percussionniste Ali Kutlutürk, il a alterné chants d’amour et chants de résistance kurde. Vers la fin de sa prestation, il a invité Isik Berfin à ses côtés pour un pot-pourri très rythmé. Il a ainsi clôturé la soirée en apothéose, emmenant le public dans un voyage intense entre tradition et modernité.
 
Isik Berfin et Murad Demir
 
Mêlant avec brio chants traditionnels, compositions originales et influences contemporaines, les trois artistes ont magnifiquement mis en lumière la richesse et la vitalité du répertoire kurde — un authentique pont entre héritage ancestral et création actuelle.
 
Cette soirée restera gravée comme l’un des moments les plus forts du Festival culturel kurde de Paris : une célébration vibrante, émouvante et fière d’une culture qui résiste à l’effacement colonial en cours dans les trois parties du Kurdistan. Malgré la guerre existentielle menée contre le peuple kurde, sa musique rayonne sur la scène internationale grâce à une jeune génération d’artistes talentueux qui modernisent le patrimoine sans jamais le dénaturer, chacun y apportant sa profondeur et sa touche unique. Même en musique, les Kurdes renaissent de leurs cendres, tels des phénix.

 

A la fin du concert qui a clôturé les trois jours du festival culturel kurde de Paris, les organisateurs* ont donné rendez-vous pour la 6e édition du Festival qui doit avoir lieu au printemps 2027.

 

*Le Festival culturel kurde de Paris (en kurde : Festivala Çand û Hunera Kurdî Parisê) est organisé par le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F), en collaboration avec avec la fondation Danielle Mitterrand, la Mairie de Paris, la Mairie du 10e arrondissement, l’Association de Solidarité France-Kurdistan, l’Institut de Réflexion et d’Études sur le Kurdistan (IREK) et l’association Arts et Culture du Kurdistan (ACK).