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IRAK. Quel avenir pour les forces kurdes ?

IRAK / KURDISTAN — Les forces peshmergas n’ont reçu aucune information officielle concernant un projet d’intégration au sein de l’appareil sécuritaire fédéral irakien, a affirmé samedi un haut responsable kurde, alors que Bagdad multiplie les efforts pour consolider le monopole étatique sur les armes et les forces armées.

Bakhtiyar Mohammed, secrétaire général du ministère des Peshmergas du Gouvernement régional du Kurdistan, a déclaré à Rudaw :

« Si une telle proposition est formulée, elle doit d’abord être transmise au Parlement et au gouvernement régional afin que des analyses juridiques soient menées et des experts consultés. Cette question doit être traitée par la voie légale, et non par de simples discussions ou réunions. »

Il a rappelé que les Peshmergas constituent une force officielle et légitime, reconnue par le Parlement irakien, et que leur existence est explicitement protégée par la Constitution irakienne — contrairement aux Hachd al-Chaabi (FMP). L’Article 121, paragraphe 5 stipule en effet que le gouvernement régional est responsable de « la mise en place et de l’organisation des forces de sécurité intérieure, telles que la police, les forces de sécurité et les gardes régionaux ».

De son côté, Abdulrahman al-Jazaeri, chef du Mouvement tribal national et haut responsable au sein des Forces de mobilisation populaire, a indiqué que des responsables sécuritaires fédéraux et kurdes devraient se rencontrer dans les prochains jours pour discuter des modalités d’une possible intégration des Peshmergas au sein des forces d’intervention rapide et de lutte contre le terrorisme.

Contexte régional tendu

Ces déclarations interviennent après l’annonce par Moqtada al-Sadr, la semaine dernière, de la « séparation totale » de son bras armé, Saraya al-Salam, et de son intégration complète à l’État. Le Premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, a salué cette décision et appelé les autres groupes armés à suivre cet exemple.

La question kurde reste sensible. Selon un militant kurde, le projet d’intégration — voire de dissolution progressive — des Peshmergas commence à émerger publiquement, particulièrement depuis la décision de Sadr. Ankara suivrait ce dossier de près et souhaiterait réserver aux Peshmergas le même sort que celui imposé aux Forces démocratiques syriennes (FDS/YPJ) dans le Rojava.

Un militant kurde a par ailleurs affirmé que l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Tom Barrack, continuerait d’exercer ses fonctions dans ce dossier selon les exigences du président turc Recep Tayyip Erdoğan.

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