RENNES – Le 3 juin prochaine, l’Espace Ouest-France aura le privilège d’accueillir l’autrice Nasim Kadirpoor pour une rencontre littéraire exceptionnelle autour de la mémoire et des luttes du peuple kurde à l’occasion de la parution de son livre « Souvenez-vous… Le Kurdistan brûle encore et toujours » (Éditions Hedna – 348 pages – 26 €)
Dans ce récit puissant, intime et rigoureux, Nasim Kadirpoor livre un témoignage capital sur l’histoire douloureuse, la résistance héroïque et l’injustice systémique subies par le peuple kurde. Entre transmission de la mémoire et analysis d’une actualité brûlante, l’autrice donne une voix essentielle à un combat universel pour la dignité. La rencontre et les échanges avec le public seront suivis d’une séance de dédicace. (Entrée libre dans la limite des places disponibles)
RDV le 3 juin, à 18h30, à Espace Ouest-France, 38 Rue du Pré Botté, 35000 Rennes
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« Écrire, c’est empêcher les morts de mourir deux fois »
Le Kurdistan brûle encore et toujours : ce livre nous demande de nous souvenir de quoi ? des violences, des massacres des combats dont vous avez été témoin ou victime ?
Nasim Kadirpoor : Souvenez-vous… Le Kurdistan brûle encore et brûlera toujours. Ce livre est une invitation à ne pas oublier : ne pas oublier les guerres, les répressions, les déplacements forcés, les massacres et les blessures que différentes générations successives de la nation kurde ont vécus et continuent de vivre ; que ce soit en Iran, en Irak, en Syrie ou en Turquie.
Quand je dis que le Kurdistan brûle encore, je ne parle pas du feu d’une guerre militaire ; mais du feu permanent de la violence, de la discrimination, de la peur et de l’injustice qui, même après la fin des combats, demeure dans la mémoire et dans le corps des êtres humains.
Et de la guerre contre Daesh en Irak ?
Nasim Kadirpoor : Une partie importante du livre concerne la guerre contre Daesh et ses conséquences humaines. En tant que journaliste kurde indépendante, j’ai été un très proche témoin de la souffrance des populations, en particulier des femmes et des enfants. Mais ce livre ne parle pas seulement de la mort ; il parle aussi de résistance et de vie. D’une résistance et d’un espoir de vivre si puissants que Daesh, lourdement armé et bénéficiant d’un soutien direct et indirect de pays, de régions et de différents groupes du monde et du Moyen-Orient, n’a pas pu les vaincre.
Finalement, ceux qui étaient venus soit pour aller au paradis et obtenir leurs 72 houris, soit pour hisser sur la terre du Kurdistan le drapeau de l’ignorance et de la terreur, soit pour vendre des filles et des femmes comme esclaves sexuelles sur les marchés des Émirats arabes, furent condamnés et contraints à la fuite ou à la mort.
Voulez-vous aussi nous faire partager ce feu, cette rage de vivre, cette flamme qui brule au fond de vous ?
Nasim Kadirpoor : J’ai toujours dit et je dis toujours : l’espoir, la foi dans la vie et sa persévérance au Kurdistan sont si puissants qu’ils entraînent toutes les forces mortifères vers les profondeurs de la mort et de l’anéantissement. Au milieu des destructions, je voulais aussi parler de cette force qui pousse les gens à continuer à vivre, à aimer et à lutter. Ce feu peut également être une métaphore de l’espoir, de la colère, de la dignité et du désir de liberté.
Propos recueillis pas André Métayer, fondateur de l’Association Amitiés Kurdes de Bretagne