AccueilEuropeAllemagneUne scientifique kurde à la pointe de la robotique en Allemagne

Une scientifique kurde à la pointe de la robotique en Allemagne

SCIENCE – À Hanovre, en Allemagne, la chercheuse kurde Rojin Muftizadeh dirige un projet de robotique ambitieux à l’Université Leibniz.

Son objectif : développer des algorithmes avancés permettant aux robots de se déplacer de manière totalement autonome, afin de les rendre utiles dans le secteur de la construction.

Rojin travaille notamment avec un robot quadrupède baptisé GeoPawe. Ce nom combine « geo » (géographie) et « paw » (patte en anglais), en référence à la patte d’un chien. Bien que le grand public l’appelle souvent « robot-chien », les scientifiques préfèrent le terme plus précis de « robot à quatre pattes ».

Un robot inspiré du monde animal

« La conception de ce robot s’inspire des animaux », explique Rojin Muftizadeh. « Notre objectif est de le rendre intelligent : il doit être capable de franchir des obstacles de manière autonome, de créer des cartes de son environnement et de s’adapter à différentes tâches. »

Son travail se concentre principalement sur les systèmes de navigation. Elle développe des algorithmes sophistiqués qui permettent au robot d’analyser son environnement grâce à divers capteurs et de fusionner ces données en temps réel.

Une application concrète dans la construction

À long terme, Rojin souhaite déployer ces robots sur les chantiers de construction :

« Ils pourront effectuer des contrôles de qualité, vérifier la conformité des murs et détecter d’éventuels défauts de construction. Pour cela, il faut des algorithmes très avancés capables d’intégrer les informations provenant de multiples capteurs. »

Intelligence artificielle : entre craintes et confiance

Face aux inquiétudes du public concernant l’intelligence artificielle, Rojin Muftizadeh reste mesurée :

« Personnellement, je n’ai pas peur de l’IA. Je crois que lorsque des experts maîtrisent parfaitement le système et en gardent le contrôle, celui-ci reste sûr. L’intelligence artificielle et les humains doivent collaborer. Je ne pense pas qu’il y aura un jour où ces robots échapperont totalement au contrôle humain. »

Parcours d’une chercheuse en diaspora

Rojin Muftizadeh vit en Allemagne depuis 2016. Après un master, elle a entamé un doctorat en 2019, qu’elle a soutenu en 2023. Elle poursuit aujourd’hui ses recherches en tant que postdoctorante.

Au quotidien, elle travaille 8 à 9 heures par jour à l’université, où elle encadre des étudiants en master et en doctorat. Elle occupe également le poste de responsable de l’égalité au sein de son groupe de recherche, afin de garantir le respect des droits de chacun.

« Peu importe la charge de travail, j’essaie de maintenir un bon équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle », conclut-elle.