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SYRIE. Damas a repris les attaques anti-kurdes

SYRIE / ROJAVA – Destructions des tombes des combattants kurdes, arrestations des jeunes, agressions des femmes…, ces derniers jours, les gangs de Damas ont intensifié les attaques ciblant les Kurdes.

Depuis la chute du régime d’Assad fin 2024 et l’arrivée au pouvoir du gouvernement transitoire dirigé par Ahmed al-Sharaa (ancien chef d’HTS, ex-branche d’Al-Qaïda), les tensions avec les Kurdes du Rojava (nord-est syrien, administré par les Forces démocratiques syriennes – FDS) se sont fortement aggravées. Des affrontements majeurs ont éclatet en janvier 2026, après l’échec des négociations d’intégration des FDS dans l’armée syrienne.

1. Attaques contre les Kurdes du Rojava et les FDS

Escalade militaire (janvier 2026) : Après des tensions à Alep (quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et Ashrafieh en octobre-décembre 2025), les forces gouvernementales et factions alliées ont lancé une offensive début janvier. Elles ont rapidement progressé à l’est de l’Euphrate, prenant de vastes zones arabes (Raqqa, Deir ez-Zor) et menaçant le cœur kurde (Kobané, Hasakah, Qamishli). Les FDS ont perdu une grande partie de leur territoire en quelques jours, en raison notamment de défections arabes locales.

Violations documentées : Exécutions sommaires (y compris décapitations filmées, comparées au style de l’EI), humiliations, violences sexuelles (menaces d’esclavage sexuel sur des combattantes), et tirs sur des convois médicaux. Des prisons contenant des détenus de l’EI (comme al-Shaddadi ou al-Aqtan) ont été attaquées, avec des risques d’évasions.

Vandalisme et profanation des tombes : Des vidéos vérifiées montrent des combattants affiliés à Damas en train de détruire des tombes de martyrs des FDS (à Shaddadi/Hasakah, Raqqa, Sheikh Maqsoud, etc.). Des stèles brisées, insultes, exhumations et actes de profanation ont été rapportés dans plusieurs cimetières de martyrs tombés contre l’EI et Al-Qaïda. Ces actes ont été condamnés comme des crimes de guerre ou atteintes à la dignité.

Ces opération ont provoqué des déplacements massifs (dizaines de milliers de personnes) et des craintes humanitaires en plein hiver.

2. Minorités syriennes (Alaouites, Druzes, Chiites, etc.)

Le gouvernement transitoire et les factions islamistes intégrées ont été impliqués ou accusés de violences sectaires contre plusieurs minorités :

Alaouites (côte méditerranéenne) : Massacres majeurs en mars 2025 (environ 1 400 à 2 000 morts selon les sources), avec exécutions porte-à-porte, incendies de maisons et insultes sectaires. Des représailles après des actions de loyalistes pro-Assad.

Druze (sud, Soueïda) : Violences importantes en avril-juillet 2025, avec plus de 1 000 morts estimés lors d’affrontements et interventions gouvernementales/tribales.

Autres incidents : Attaques contre des Chiites, chrétiens et sites religieux (destructions de mausolées, etc.). Des rapports (HRW, USCIRF) documentent des discriminations et violences identitaires persistantes.

Contexte géopolitique

Turquie : Soutien important aux factions anti-Kurdes (SNA) et pression pour dissoudre l’autonomie kurde (vue comme liée au PKK).

États-Unis / Tom Barrack (envoyé spécial US pour la Syrie et ambassadeur en Turquie) : A facilité des négociations d’intégration. Après les combats, il a déclaré que le rôle des FDS contre l’EI était « largement expiré » et poussé pour une intégration dans un État syrien unifié. Critiqué par certains pour un alignement perçu avec Ankara.

Le gouvernement de Damas (HTS et alliés) est souvent qualifié de « gouvernement d’Al-Qaïda » par ses détracteurs en raison des origines d’HTS, même si celui-ci affirme s’être réformé.

Bilan : Ces événements soulignent les défis de la transition syrienne : risque de fragmentation, revanche sectaire et fragilité des minorités. Les FDS, qui ont joué un rôle clé contre l’EI, se sentent trahies ; Damas cherche à réaffirmer son autorité centrale. Des cessez-le-feu fragiles ont été négociés sous médiation US, mais les violations persistent.