SYRIE / ROJAVA. Des sources locales rapportent que le service de sécurité de la faculté d’éducation de l’Université de Gaziantep, à Afrin, a interrogé des diplômés kurdes et leurs familles après la cérémonie de remise des diplômes, en raison de la présence de symboles kurdes, dont le drapeau du Kurdistan.
L’antenne d’Afrin de l’Université de Gaziantep, établie dans le canton kurde d’Afrin après son invasion par la Turquie en mars 2018, a émis une décision interne convoquant plusieurs étudiants kurdes et leurs proches pour un interrogatoire, plusieurs jours après la cérémonie. La raison invoquée : le port de symboles kurdes par certains diplômés.
Selon les familles concernées, les convocations ont été transmises via les groupes de communication de l’université, sans aucune explication officielle. À ce jour, ni l’administration locale d’Afrin, rattachée au gouvernement intérimaire syrien, ni les autorités de sécurité n’ont communiqué sur la nature exacte de ces mesures ni sur leur fondement juridique.
La cérémonie s’est déroulée avec la levée des drapeaux des États colonialistes turc et syrien, conformément au protocole imposé. Les questions de sécurité sur le terrain étaient gérées par les forces affiliées à l’administration mise en place par l’occupation turque.
Cette affaire a provoqué une vive inquiétude au sein de la population. De nombreuses familles craignent que les diplômes de leurs enfants ne soient retirés ou que les diplômés soient déférés aux services de sécurité sur la base d’accusations jugées infondées. Elles s’interrogent également sur l’absence d’explication officielle concernant l’imposition du drapeau turc sur le sol syrien et le silence du gouvernement intérimaire.
Aucune disposition légale officielle ne criminalise l’affichage de symboles kurdes dans les zones kurdes.
Ce climat de répression intervient alors que l’accord du 29 janvier entre le gouvernement intérimaire syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS) prévoit des garanties pour la spécificité des régions kurdes. Par ailleurs, le décret n° 13 du Premier ministre Ahmad al-Sharaa reconnaît les Kurdes comme une composante essentielle de la société syrienne, interdit toute discrimination ethnique et garantit la protection de la diversité culturelle.
Rappelons que la faculté d’éducation d’Afrin, rattachée à l’Université de Gaziantep, a été ouverte en 2019, un an après la prise de contrôle de la ville par l’armée turque et ses groupes affiliés.