TURQUIE / KURDISTAN – Les finales de la Super League de lutte se tiennent cette année sur le plateau et dans la vallée de Spîxane, dans la province kurde de Hakkari (Colemêrg). La construction d’une tribune de 800 places dans la vallée menace de causer des dommages irréversibles à l’écosystème extrêmement fragile de la région.
Parmi les joyaux naturels de Colemêrg, le plateau et la vallée de Spîxane (également appelée vallée du Ciel et de l’Enfer), situés à environ 45 km du centre-ville, au pied du mont Cîlo et à près de 3 500 mètres d’altitude, figurent parmi les sites les plus spectaculaires et les mieux préservés de la région.
Une partie de la vallée abrite des glaciers vieux de 20 000 ans, tandis que l’autre se distingue par une grande biodiversité : espèces florales rares, plantes endémiques et vastes pâturages alpins. Le Çiyayê Reşko (4 132 mètres), deuxième plus haut sommet du Kurdistan, domine cet écosystème unique.
Des experts ont déjà constaté une fonte accélérée des glaciers due à l’afflux récent de visiteurs. Longtemps interdite d’accès pour des raisons de sécurité, la vallée et son plateau accueillent désormais les finales de la Super League de lutte libre et gréco-romaine (saison 2025-2026), organisées conjointement par le ministère de la Jeunesse et des Sports, le gouvernorat de Hakkari et la Fédération turque de lutte.
Pour l’occasion, une tribune d’environ 800 places a été construite directement dans la vallée. L’organisation d’un événement de cette ampleur représente une menace majeure pour les glaciers et l’ensemble des espèces vivantes.
Des études scientifiques montrent que les glaciers de la région reculent déjà sous l’effet du changement climatique. L’intense activité humaine, les structures temporaires, l’empreinte carbone, le bruit et la pression environnementale supplémentaire risquent d’aggraver considérablement cette situation et d’altérer durablement cet écosystème d’une grande fragilité.