SYRIE / ROJAVA – Tout comme des milliers d’arbres sont abattus dans d’autres régions kurdes, les groupes armés affiliés à l’État turc poursuivent à Afrin une destruction massive du couvert forestier et oléicole. Cette exploitation systématique menace l’équilibre environnemental de tout le canton.
Dans les zones rurales d’Afrin, les opérations d’abattage d’arbres et le transport de bois de chauffage se poursuivent activement. Des vidéos diffusées ces derniers jours montrent des camions chargés de bois circulant dans plusieurs villages de la campagne, tandis que les experts craignent une aggravation rapide des dommages écologiques. Selon diverses sources locales et organisations de défense des droits humains, plus d’un million d’arbres (oliviers, fruitiers et forestiers) auraient été coupés depuis l’occupation turque de 2018.
Des citoyens ont récemment filmé des individus en train de transporter du bois fraîchement coupé dans les zones boisées des villages de Basouta et Ghazi. Ces scènes illustrent une pratique qui dure depuis plus de huit ans : une exploitation commerciale intensive qui a déjà fait disparaître une grande partie des zones forestières et boisées de la région.
Un pillage documenté depuis 2018
Lors de l’occupation d’Afrin par l’armée turque et ses groupes affiliés en mars 2018, des mercenaires ont procédé à une coupe massive d’arbres. Les estimations varient selon les sources, mais elles convergent sur une ampleur dramatique :
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Plusieurs centaines de milliers à plus d’un million d’arbres abattus (oliviers, fruitiers et forestiers) ;
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Des dizaines de milliers d’hectares de terres agricoles et forestières endommagées ou brûlées ;
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Une perte estimée à plus de la moitié du couvert forestier dans certaines zones, confirmée par des analyses satellitaires.
Ces arbres sont principalement transformés en bois de chauffage ou en charbon de bois, vendus sur les marchés locaux ou exportés. Cette destruction n’est pas seulement environnementale : elle s’inscrit dans une logique de pillage économique, de changement démographique et d’affaiblissement des communautés locales kurdes, dont l’olivier constitue un pilier culturel et économique ancestral.
La mentalité prédatrice envers la nature est évidente. Au-delà des profits immédiats tirés du bois, cette déforestation accélère l’érosion des sols, réduit la biodiversité, aggrave les risques d’inondations et de sécheresse, et prive les populations locales de leurs moyens de subsistance.
Afrin paie aujourd’hui un lourd tribut environnemental. La communauté internationale et les organisations écologiques doivent documenter ces faits et exiger l’arrêt immédiat de cette destruction systématique du patrimoine naturel syrien. La préservation des forêts restantes à Afrin est une urgence tant écologique qu’humanitaire.