KURDISTAN – À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, le 5 juin, le Comité d’écologie de l’organisation kurde KCK a lancé un appel à la résistance contre la destruction de l’environnement et le pillage des ressources naturelles, tant au Kurdistan que partout dans le monde. L’organisation considère la crise écologique comme le résultat direct de la guerre, du capitalisme et de la domination étatique.
Dans un communiqué publié ce vendredi, l’Union des communautés du Kurdistan (KCK) déclare :
« Alors que les États et les mouvements écologistes qui leur sont affiliés réduisent cette journée à des événements symboliques comme la “Journée de l’environnement”, les mouvements écologistes anti-étatiques et anti-pouvoir doivent en faire une journée de lutte contre le système capitaliste qui l’a instituée et contre les politiques des États-nations au service de la rente et de l’exploitation.
Il ne suffit plus de dénoncer les conséquences de la destruction écologique. Nous devons nous attaquer aux causes et aux véritables responsables. S’isoler du monde sous prétexte de “rompre avec le système”, en s’installant dans un village pour pratiquer l’agriculture et l’élevage, ne constitue pas une solution. Si nous ne combattons pas la mentalité et les systèmes engendrés par le capitalisme, les problèmes écologiques ne feront que s’aggraver.
L’ampleur de la crise écologique montre que la lutte pour l’environnement n’est plus un choix, mais une nécessité vitale. Nous devons unir nos forces contre ceux qui pillent la nature et la vie, car nous périrons avec elle si nous restons passifs. Cet écocide ne pourra être stoppé par de simples manifestations symboliques une fois par an. Seule une lutte globale et continue pourra contrer l’assaut de la modernité capitaliste et des puissances étatiques contre la nature et la société. »
Le KCK rappelle que, en raison de la guerre menée depuis cinquante ans, le Kurdistan est devenu une véritable zone de génocide écologique. D’Afrin à Behdinan, de Botan à Serhat et Rojhilat, les massacres écologiques s’inscrivent dans la continuité de l’anéantissement physique et culturel du peuple kurde. Forêts rasées, villages submergés par des barrages, milliers de mines et de centrales électriques, politiques anti-agricoles : tout cela a détruit les moyens de subsistance, provoquant pauvreté, exode et dépeuplement.
L’organisation souligne enfin que le processus de paix et de société démocratique initié par Rebêr Apo vise à construire une nation démocratique, écologique et fondée sur l’émancipation des femmes. Elle appelle à ne pas laisser ce processus être détourné au profit de l’exploitation et du profit.
« Chaque forêt rasée, chaque terre et chaque ressource en eau accaparée, chaque barrage, centrale électrique ou mine doit devenir un champ de bataille pour défendre notre droit à la vie. Nous devons résister fermement partout et créer des alternatives. »