AccueilMoyen-OrientIrakIRAK. Kawthar, 15 ans, assassinée pour avoir refusé un mariage forcé

IRAK. Kawthar, 15 ans, assassinée pour avoir refusé un mariage forcé

IRAK — Le meurtre de Kawthar Bashar Al-Husayjawi, une adolescente de 15 ans, a provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et relancé le débat sur les féminicides appelés « crimes d’honneur » dans le pays, signale le site kurde Kurdistan24.

Selon la Plateforme irakienne de défense des droits des femmes, Kawthar a été tuée après avoir refusé un mariage arrangé avec son cousin. La jeune fille aurait été fiancée contre son gré, avant de disparaître mercredi soir. Elle a été retrouvée morte le lendemain dans une zone isolée.

La plateforme a publié des documents et des images choquantes accusant des membres de sa famille et de sa tribu d’avoir organisé le meurtre dans le but de « laver l’honneur ». Des vidéos montrant des proches célébrant le crime ont circulé sur les réseaux sociaux, provoquant une très vive émotion et de nombreuses condamnations.

Les militants dénoncent un assassinat prémédité, perpétré avec la complicité de plusieurs personnes, suivi d’une mise en scène publique jugée particulièrement glaçante.

Contexte et réactions

Cette affaire remet une fois de plus en lumière la persistance des violences basées sur l’« honneur » en Irak, particulièrement dans les zones rurales et tribales où les coutumes traditionnelles priment souvent sur la loi.

Bien que le droit irakien criminalise les meurtres, y compris ceux commis au nom de l’honneur, les organisations de défense des droits des femmes dénoncent une application très inégale de la loi, une certaine clémence judiciaire dans ces dossiers et une forte réticence des familles à porter plainte.

Des centaines de cas de violences liées à l’honneur seraient recensés chaque année par la société civile, même si les statistiques officielles restent peu fiables en raison d’une sous-déclaration massive et d’un manque de transparence.

La Plateforme irakienne pour les droits des femmes a appelé les autorités à traduire en justice tous les responsables et à renforcer urgemment les mécanismes de protection des femmes et des filles face à la violence tribale et familiale.