SYRIE / ROJAVA – Des habitants, des élèves et des enseignants de la ville de Derik ont manifesté pour dénoncer la décision du gouvernement intérimaire syrien de renommer plusieurs écoles, notamment celles portant les noms de martyrs kurdes tombés face au groupe terroriste DAECH / ISIS.
Les participants ont défilé en portant des portraits des martyrs et des banderoles sur lesquelles on pouvait lire :
« Les étudiants sont les gardiens d’une vie libre »,
« Notre droit à l’éducation doit être garanti par la Constitution »,
« Notre langue est notre identité »
et « Les noms de nos martyrs sont notre ligne rouge ».
Ils scandaient notamment le slogan : « Pas de vie sans langue ».
La marche a débuté sur la place de la Liberté avant de s’arrêter au cœur du marché, où l’étudiante Evelyn Ali a lu une déclaration au nom des élèves.
Dans ce texte, les étudiants ont réaffirmé leur attachement profond à leurs valeurs sociétales, culturelles, à leur langue et à leur histoire, qu’ils considèrent comme une « ligne rouge ». Ils ont souligné que la protection de ces éléments constitue un devoir humanitaire indissociable du secteur éducatif.
La déclaration dénonce les mesures récentes du gouvernement intérimaire, en particulier le changement de noms d’écoles honorant des martyrs et l’attitude négative envers les programmes scolaires en langue kurde. Ces décisions sont qualifiées de violation des droits de l’homme et de rupture avec les principes démocratiques ainsi qu’avec les accords précédemment conclus.
Les étudiants rappellent que l’éducation dans sa langue maternelle est un droit fondamental, qui commence dès l’enfance et concerne tous les segments de la société. Nommer des écoles en hommage aux martyrs reflète les objectifs du processus éducatif et permet de perpétuer leur héritage, car les avancées actuelles n’auraient jamais vu le jour sans leurs sacrifices.
Ils expriment fermement leur rejet de toute atteinte à leur droit d’apprendre dans leur langue maternelle et de toute profanation des noms des martyrs. Ils affirment leur aspiration à vivre dans la dignité, au sein d’une société libre et démocratique.
La déclaration conclut sur leur détermination à continuer de défendre le droit à l’éducation dans leur langue et la préservation des valeurs sociétales.
Contexte : Le gouvernement intérimaire syrien a récemment procédé au changement de noms d’écoles portant ceux de martyrs dans plusieurs villes, dont Raqqa et Tabqa, en leur attribuant de nouvelles appellations conformes à sa politique. Ces décisions ont suscité une vive colère parmi les populations locales.