AccueilKurdistan80 ans de la signature du traité d’amitié kurdo-azerbaïdjanais

80 ans de la signature du traité d’amitié kurdo-azerbaïdjanais

Il y a 80 ans, Qazi Muhammad, président de la République du Kurdistan (Mahabad), arrivait à Tabriz à la tête d’une délégation kurde. Il y signait avec le Gouvernement populaire d’Azerbaïdjan un traité d’assistance mutuelle et d’amitié.

Le 23 avril 1946, une délégation kurde historique arrivait à Tabriz, capitale du Gouvernement populaire d’Azerbaïdjan. Dirigée par Qazi Muhammad, président de la toute jeune République du Kurdistan (proclamée à Mahabad en janvier 1946), cette visite marquait un moment clé dans l’histoire des peuples du nord-ouest de l’Iran.

Après des discussions intenses, les deux parties signaient un traité d’assistance mutuelle et d’amitié. Ce pacte visait à consolider l’autonomie des deux entités face au pouvoir central iranien. Une fois l’accord conclu, Qazi Muhammad retournait au Kurdistan, renforçant son image de leader visionnaire et de symbole de la lutte pour l’indépendance nationale kurde.

Aujourd’hui encore, Qazi Muhammad reste une figure profondément respectée dans la mémoire kurde. Sa rencontre à Tabriz demeure un exemple puissant de solidarité régionale entre Kurdes et Azéris.

Les dispositions clés du traité du 23 avril 1946

Ce traité était un pacte stratégique conçu pour protéger l’autonomie tant de la République du Kurdistan que du Gouvernement populaire d’Azerbaïdjan. Ses piliers principaux étaient les suivants :

Défense militaire mutuelle : Les deux gouvernements s’engageaient à se fournir une aide militaire en cas d’attaque de l’armée iranienne centrale contre l’un ou l’autre territoire.

Résolution territoriale : Un accord prévoyait de régler les questions de frontières et les litiges fonciers, notamment dans les zones à populations mixtes, par la négociation pacifique plutôt que par le conflit armé.

Solidarité diplomatique : Les deux parties s’engageaient à former un front uni lors des négociations avec Téhéran, en refusant toute paix séparée qui aurait pu désavantager l’autre.

Soutien administratif : Des dispositions permettaient l’échange de représentants et le développement conjoint de l’éducation en langue maternelle ainsi que de la gouvernance locale dans leurs régions respectives.

Coopération économique : Le pacte facilitait le commerce et le partage des ressources afin de contrer les effets des éventuels blocus économiques imposés par le centre.

Un précédent toujours d’actualité

Alors que l’Iran traverse à nouveau une période de fortes turbulences, le précédent historique de 1946 rappelle avec force le pouvoir de la coopération entre peuples voisins.

Dans ce contexte d’incertitude renouvelée, les deux grands peuples d’Azerbaïdjan et du Kurdistan ont l’occasion de s’inspirer de cet esprit de 1946 : déterminer leur propre destin dans un cadre de coexistence pacifique, de respect mutuel et de solidarité régionale.

L’histoire montre que, face aux pressions extérieures, l’unité et la confiance mutuelle constituent souvent la meilleure garantie pour préserver les droits et l’identité des peuples.

Sharif Behruz du parti PDK-I