IRAK / KURDISTAN – Jeudi, malgré un cessez-le-feu fragile entre les États-Unis et l’Iran, Téhéran a encore frappé la Région du Kurdistan irakien : deux drones et un missile ont touché des bases kurdes près d’Erbil et de Souleimaniye, portant à 16 le nombre d’attaques depuis la trêve.
Ces frappes interviennent alors qu’une jeune combattante kurde est morte mardi soir des suites d’une précédente attaque, et qu’un combattant a été tué la veille près de Souleimaniye. Depuis le début du conflit, plus de 700 drones et missiles iraniens ont pilonné la région, faisant au moins une douzaine de morts et 90 blessés.
Les Kurdes irakiens se retrouvent tragiquement pris en étau entre la Turquie et l’Iran. Ankara et Téhéran profitent du chaos actuel pour accentuer la pression et affaiblir l’autonomie kurde : la Turquie multiplie les opérations militaires dans le nord, tandis que l’Iran poursuit ses bombardements répétés.
À cela s’ajoute la perte de Kirkouk, ville historiquement kurde, passée sous le contrôle d’un groupe turkmène hostile aux Kurdes et ouvertement pro-Turquie.
Pris entre deux feux, bombardés, marginalisés et privés de territoires stratégiques, les Kurdes voient leur rêve d’autonomie et leur sécurité s’effriter un peu plus chaque jour dans une région déjà ravagée par des années de conflits.